Écrivaine écrivant seule la nuit sous une lumière douce malgré le doute et la fatigue.

Il y a des périodes en écriture où tout devient étrangement silencieux.

On écrit moins.
On doute davantage.
On relit des pages qui semblent soudain très loin de ce qu’on voulait faire.

Et parfois, une question finit par apparaître :

“Est-ce que cela sert encore à quelque chose de continuer ?”

 

 

Cet article est le sixième de ma série :
“Si je devais me lancer dans l’écriture aujourd’hui…”

Et honnêtement…

je crois qu’il aurait pu énormément m’aider plus tôt.

Parce qu’il y a longtemps, j’ai cru que ces périodes signifiaient que quelque chose était cassé dans mon écriture.

Alors qu’avec le recul…
je crois que ces moments où tout semble inutile font souvent partie du chemin.

On écrit…
mais on doute.

On avance…
mais lentement.

On travaille un texte…
sans savoir s’il deviendra un jour quelque chose de bon.

Et dans ces moments-là, une autre question finit souvent par apparaître :

“À quoi bon continuer ?”

 

Je crois que beaucoup d’auteurs abandonnent ici.

Pas forcément parce qu’ils n’aiment plus écrire.

Mais parce qu’ils ont l’impression de ne plus avancer.

 

Avec le recul, je crois pourtant qu’une grande partie du travail invisible d’un auteur se construit précisément dans ces périodes-là.

Quand rien ne semble spectaculaire.

Quand personne n’applaudit.

Quand aucun résultat immédiat ne vient rassurer.

J’ai longtemps cru qu’écrire devait “mener quelque part”

Un projet terminé.
Une publication.
Une validation.
Une progression visible.

 

Je crois que j’avais besoin de preuves pour sentir que mon écriture avait de la valeur.

Alors quand un texte stagnait…
quand je doutais…
quand je traversais une période plus vide…

je pensais parfois que cela signifiait que je reculais.

 

Aujourd’hui, je crois que beaucoup de choses mûrissent silencieusement en écriture.

Même quand on ne le voit pas encore.

Une sensibilité.
Une voix.
Une manière de regarder le monde.
Une endurance intérieure aussi.

Et honnêtement…
tout cela ne se construit pas uniquement dans les périodes brillantes.

Certains jours, écrire consiste seulement à rester en lien avec soi

Je crois que cette idée m’aurait fait énormément de bien plus tôt.

Parce qu’au début, on imagine souvent que chaque séance d’écriture devrait produire quelque chose d’important.

Une bonne scène.
Une avancée claire.
Un texte réussi.

Mais parfois…

écrire sert simplement à ne pas abandonner complètement cette partie de soi.

Quelques lignes.
Une page moyenne.
Un paragraphe hésitant.

Et malgré leur apparente petitesse…
ces moments comptent énormément.

Parce qu’ils maintiennent quelque chose vivant.

Les auteurs qui avancent ne sont pas toujours les plus confiants

Avec le recul, je crois même que beaucoup d’auteurs avancent longtemps dans le doute.

Mais ils continuent malgré tout.

Pas parfaitement.
Pas avec une motivation constante.
Pas avec une certitude absolue.

Ils continuent parce qu’ils ont compris quelque chose d’essentiel :

 

L’écriture n’est pas seulement une performance.

C’est aussi une relation.

Et comme toutes les relations importantes…
elle traverse parfois :
des silences,
des fatigues,
des périodes plus fragiles.

Mais cela ne signifie pas forcément qu’elle est terminée.

Aujourd’hui, je regarderais ces périodes autrement

Je chercherais moins à mesurer immédiatement mes progrès.

Je paniquerais moins quand un texte avance lentement.

Et surtout…

je continuerais à écrire même quand cela semble ne servir à rien.

 

Parce qu’avec le recul, je crois que beaucoup d’auteurs abandonnent juste avant des transformations importantes.

Pas parce qu’ils manquent de talent.

Mais parce qu’ils interprètent le doute comme une preuve d’échec.

Alors qu’il fait souvent partie du chemin.

 

Dans le prochain article, je parlerai justement d’un autre piège :
pourquoi j’ai longtemps cherché au mauvais endroit.

Et honnêtement ?

Je crois que beaucoup d’auteurs se trompent de combat pendant des années sans le savoir.

A vos succès d’écriture…

 

Retrouvez les autres articles de la série : 

 

– l’article 1 : https://www.aproposdecriture.com/si-je-devais-me-lancer-dans-lecriture-aujourdhui/
– l’article 2 : https://www.aproposdecriture.com/je-pensais-bien-commencer-jetais-deja-perdue/
– l’article 3 : https://www.aproposdecriture.com/ces-erreurs-mont-appris-beaucoup-mais-je-ne-les-referais-pas/
– l’article 4 : https://www.aproposdecriture.com/le-plus-grand-declic-quand-on-commence-a-ecrire/
– l’article 5 : https://www.aproposdecriture.com/les-conseils-decriture-que-jignorerais-aujourdhui/

 

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