Écrivaine entourée de conseils et de livres cherchant sa propre voie dans l’écriture.Depuis quelques semaines, j’ai commencé une série d’articles autour d’une question simple : Si je devais me lancer dans l’écriture aujourd’hui

Cet article est le cinquième de cette série…

Au début, on veut tellement bien faire…

qu’on finit parfois par écouter beaucoup trop de voix à la fois.

Des conseils.
Des méthodes.
Des règles.
Des habitudes “indispensables”.

Et plus on veut progresser vite…
plus on risque parfois de s’éloigner de son propre mouvement d’écriture.

 

Avec le recul, il y a plusieurs choses qu’on présente souvent comme essentielles…
et que j’ignorerais volontairement aujourd’hui.

Pas parce qu’elles sont inutiles.

Mais parce qu’elles arrivent parfois beaucoup trop tôt.

Je n’essaierais plus de publier rapidement

Quand on commence à écrire, on rêve souvent très vite du moment où quelqu’un nous lira “pour de vrai”.

Alors on pense publication.
Maison d’édition.
Visibilité.
Résultats.

Et honnêtement ?
Je comprends totalement cela.

Le problème, c’est qu’on peut facilement commencer à écrire avec une pression énorme avant même d’avoir construit une relation solide avec son propre travail.

 

Aujourd’hui, je crois que beaucoup d’auteurs cherchent parfois à être vus…
avant même d’avoir eu le temps de vraiment se construire intérieurement comme écrivains.

Si je recommençais aujourd’hui, je laisserais davantage de place à l’apprentissage.
À l’exploration.
À l’imperfection.

Parce qu’un texte a parfois besoin de grandir avant d’être exposé au regard du monde.

Je ne chercherais plus mon style aussi tôt

Je crois que c’est l’un des pièges les plus fréquents au début.

On veut avoir “une voix”.
Une identité.
Une écriture reconnaissable.

Alors on se compare énormément.

On regarde comment écrivent les autres.
On essaie d’être plus littéraire.
Plus original.
Plus marquant.

Et peu à peu…
quelque chose se crispe.

 

Avec le recul, je crois que le style apparaît souvent beaucoup plus tard qu’on ne l’imagine.

Pas parce qu’on le force.

Mais parce qu’on écrit suffisamment longtemps pour laisser apparaître ce qui nous ressemble vraiment.

Je ne montrerais plus mes textes à tout le monde

Au début, on cherche souvent des avis pour se rassurer.

Le problème…
c’est que tous les retours ne nous aident pas à avancer.

Certains regards éclairent un texte.

D’autres ajoutent surtout du bruit et du doute.

Je crois qu’un auteur débutant peut facilement perdre confiance en laissant entrer trop de voix différentes dans son écriture.

 

Aujourd’hui, je choisirais beaucoup plus attentivement les personnes capables de lire un texte avec justesse et bienveillance.

Parce qu’un bon retour ne sert pas à écraser une voix.

Il sert à l’aider à grandir.

Je n’attendrais plus la confiance pour écrire

Pendant longtemps, j’ai cru que les auteurs “sûrs d’eux” écrivaient plus facilement.

Alors j’attendais parfois cette sensation étrange :
le moment où je me sentirais enfin légitime.

Le problème…
c’est que cette confiance recule souvent à mesure qu’on avance.

Parce que le doute ne disparaît pas magiquement.

Même après des années.

 

Aujourd’hui, je crois que beaucoup d’auteurs progressent justement parce qu’ils continuent malgré leurs hésitations.

Pas après.

Je chercherais moins à optimiser… et davantage à écrire

Celle-ci, honnêtement, je crois qu’elle touche énormément d’auteurs aujourd’hui.

On organise.
On prépare.
On regarde des conseils.
On réfléchit à la méthode idéale.
À la routine parfaite.
Au bon logiciel.
À la bonne stratégie.

Et parfois…
on passe tellement de temps autour de l’écriture qu’on finit par écrire beaucoup moins.

Avec le recul, je crois qu’un auteur avance rarement grâce à une organisation parfaite.

Il avance surtout grâce au lien vivant qu’il construit avec son écriture au fil du temps.

Même imparfaitement.

Même lentement.

Même dans le doute.

Dans le prochain article, je parlerai justement d’une chose essentielle :
pourquoi je continuerais à écrire… même quand cela semble ne servir à rien.

 

Et honnêtement ?

C’est probablement l’une des différences les plus importantes entre les auteurs qui abandonnent…
et ceux qui finissent par aller au bout.

A vos succès d’écriture…

 

Retrouvez les autres articles de la série :

– l’article 1 : https://www.aproposdecriture.com/si-je-devais-me-lancer-dans-lecriture-aujourdhui/
– l’article 2 : https://www.aproposdecriture.com/je-pensais-bien-commencer-jetais-deja-perdue/
– l’article 3 : https://www.aproposdecriture.com/ces-erreurs-mont-appris-beaucoup-mais-je-ne-les-referais-pas/
– l’article 4 : https://www.aproposdecriture.com/le-plus-grand-declic-quand-on-commence-a-ecrire/
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