10 points à soigner pour améliorer son style

Il y a deux ou trois semaines, un lecteur du blog me demandait comment améliorer son style d’écriture.La question est récurrente. Voyons ensemble quels points essentiels, il faut soigner pour améliorer son style d’écriture

 

Au fil des articles, j’ai plus ou moins répondu à la question. Mais vous trouverez ci-dessous la liste des points à travailler pour faire progresser son style d’écriture.

 

1 / Les verbes faibles 

 

Mieux vaut employer des verbes porteurs de sens et précis plutôt que des verbes vides, passe-partout et totalement incolores comme les verbes faibles (être, avoir , faire, aller…).

Pourquoi ?   Parce qu’ils affadissent votre texte.

 

Chassez-les de vos textes, ils prendront plus de couleur et de force.

 

2 / La longueur des phrases 

 

 Des phrases longues peuvent gêner le lecteur. Segmentez vos idées et évitez les phrases « poupées russes » qui comptent un grand nombre d’enchâssements propositionnels.

 

Pour réduire la longueur d’une phrase, il faut la scinder en plusieurs phrases ou revoir la pertinence de tous ses compléments.   La longueur de phrase qui convient le mieux compte entre 15 et 20 mots. Croyez-moi, cette brièveté n’enlève rien aux idées ni aux sensations, aux émotions et aux sentiments. Sans compter qu’une phrase de 15 mots se mémorise plus facilement !

 

Ainsi, allégez vos phrases en n’employant que les mots nécessaires à l’expression de votre pensée sans sacrifier la beauté littéraire. Attention, la concision ne doit pas se confondre avec une écriture télégraphique. Pas question de tout réduire à quelques mots. Ne dit-on pas que l’art majeur de l’écriture consiste à dire l’essentiel avec relief et couleur et de laisser suggérer le reste. Mots justes et expressifs doivent donc être dans votre palette.

 

Épurez votre écriture. Évitez les remplissages inutiles. Plus court veut souvent dire meilleur.

 

3 / Évitez les conjonctions

 

 Si vous voulez avoir un style dynamique, réduisez les conjonctions : en effet, certes, du reste, car, pour sa part… La transition relève plus de l’esprit d’une phrase que d’une conjonction mécanique !

 

4 / Évitez les conjonctions de subordination

 

Elles servent à unir une proposition subordonnée à un verbe ou parfois à un nom. Les plus fréquentes : comme, si, que quand, puisque, lorsque, quoique. Auxquelles on peut ajouter : parce que, pourvu, que, tandis que, de peur que, au cas où, au moment où…

 

5 / Évitez les répétions

 

 Deux termes identiques de même famille dans un voisinage peuvent alourdir votre texte.  Évitez les répétitions de mots et d’idées.   Répéter peut avoir de l’intérêt pour insister, mais répéter sans raison peut aussi devenir très gênant pour le lecteur. La répétition se retrouve dans les noms, les adjectifs et les verbes, mais aussi dans les prépositions, des verbes auxiliaires pour des conjonctions comme “et “.

 

6 / Les pronoms démonstratifs

 

 En général, si on utilise un pronom démonstratif pour remplacer une proposition, on alourdit le texte, on freine le rythme. Alors évitez ceci, cela, et ce, et cela, c’est que, celui, celui-ci, celui-là, ceux, ceux-ci, ceux-là, celle, celle-ci, celle-là, celles, celles-ci, celles-là…

 

7 / les pronoms relatifs

 

  L’une des plus grosses lourdeurs de style est causée par l’emploi trop fréquent des « que » et des « qui » qui gâchent la fluidité.

 

8 / les prépositions

 

La préposition est un mot invariable qui sert à introduire un complément. Ce complément est très souvent un nom, un adjectif, ou un verbe. L’excès de prépositions dans une phrase alourdit le style.

 

Voilà les principales prépositions : à, après, avant, avec, chez, contre, dans de, depuis, derrière, dès, devant, durant, en, entre, envers, hors, jusque, malgré, outre, par, parmi, pendant, pour, sans, sauf, selon, sous, vers…

 

9 / La voix passive – La phrase impersonnelle

 

 Une fois que vous aurez supprimé redondances, répétitions, participes présents et autres, votre écriture va respirer. Mais il faut aller plus loin pour gagner en fluidité. En autre, il faut éliminer la voix passive et les phrases impersonnelles de vos textes.

 

Dans son recueil « Écriture : Mémoires d’un métier » déconseille fortement de les utiliser. La voix active donne de la force à l’écriture. Elle est plus directe que la voix passive.

 

La phrase intemporelle… Quand le sujet « il » ne renvoie ni à un objet ni à une personne, la phrase est à la forme impersonnelle. Exemple :

  • Il pleut des cordes.
  • Il faut être patient.
  • Il neige.

Mieux vaut utiliser ces tournures avec parcimonie.

 

10 / Les paragraphes

Ce dernier point est très important car les paragraphes donneront le rythme et l’accélération à votre texte. Ce sont eux qui vont ordonner vos idées.   Relisez cet article https://www.aproposdecriture.com/mise-en-page-dun-texte

 

Finissons cet article avec un exemple. Voilà comment réécrire un texte en appliquant ce qui précède :

 

Avant :

Les balles continuaient de siffler autour de lui. La fusillade faisait rage et Jack fut jeté au sol par le souffle d’une explosion. Il regarda l’ordinateur à son poignet. Il ne lui restait plus que vingt pour cent de champ de force. Il n’en avait que faire. Il se releva et continua sa course en jetant des regards tout autour de lui. Où était-il ?

Décortiquons un peu ce texte. On trouve :

  • 8 répétitions : continuaient, tout autour, jeté, regarda, continua, jetant, regards, tout autour.
  • Une phrase passive : Jack fut jeté au sol par le souffle d’une explosion.
  • Une phrase impersonnelle : Il ne lui restait plus que vingt pour cent de champ de force.
  • 3 verbes faibles : avait faire, était
  • 9 prépositions qui alourdissent le texte : de tout, atour, de par, d’, à, de, de, en tout autour de.

 

Après :

Les balles sifflaient autour de lui. La fusillade crépitait. Le souffle d’une explosion projeta Jack au sol. Il consulta l’ordinateur à son poignet. Son champ de force affichait vingt pour cent de résistance. Une autre déflagration le tuerait. Qu’importe. Il se releva et reprit sa course. Il jetait des regards affolés. Où se trouvait-il ?

***

Vous voyez qu’en appliquant ces 10 points, on arrive à un texte, plus dynamique, plus ramassé. Plus agréable à lire. Sur quelques lignes, le gain de fluidité est moins visible, mais je vous garantis que sur une page, on voit vite la différence. Testez : prenez une page au hasard d’un de vos textes. Décortiquez et revoyez chaque point. Ensuite, réécrivez.

PS : Aproposdecriture s’est refait une beauté ! C’est mon premier article avec ce nouveau théme, et je dois m’habituer. Mais dans quelque temps, la galère sera oublée. J’espère que cette nouvelle version du blog vous plait.

À vos succès d’écriture…
Jouons avec les mots…

Jouons avec les mots…

Aujourd’hui, c’est relâche ! Le soleil est de retour et ça met des idées de vacances dans la tête…

 

 

 

 

 

J’ai pensé que quelques jeux de mots vous feraient plaisir.

Qu’en dites-vous, ça change, non ?

 

Jeu 1 : Des fautes fréquentes

Les commettez-vous ?

Vérifiez-le en choisissant, à chaque fois, entre deux propositions.

Diriez-vous, écririez-vous :

 

Il faut mieux ou il vaut mieux ?

L’eau bouillera ou l’eau bouillira ?

Avoir à faire à quelqu’un ou avoir affaire à quel qu’un ?

Je vous rends votre livre tel que ou je vous rends votre livre tel quel ?

Mets-toi au travail de suite ou mets-toi au travail tout de suite

Corn ment les pallier ? ou comment y pallier ?

Je m’époumone et je détonne ou je m’époumonne et je détone?

Un athé courbattu ou un athée courbatu ?

Il ne sait que faire, il ne sait pas quoi faire ou i Il ne sait quoi faire, il ne sait que faire

On cause à une personne ou on cause avec une personne

Je le ferai de façon que ou je Ie ferai de façon à ce que ?

En égard à la situation ou eu égard à la situation ?

Je me rappelle un détail ou je me rappelle d’un détail ?

 

 

Jeu 2 : Le jeu du gisement de mots

 

Vous pouvez jouer seul, contre un adversaire, ou à deux contre deux.

Choisissez un mot.

Avec ses lettres, fabriquez d’autres mots de 2, 3, 4, 5 lettres ou plus, autant que vous pourrez.

Vous pouvez, si nécessaire, accentuer les lettres qui ne le sont pas dans le mot de départ. Fixez des délais : 30, 45 ou 60 minutes.

Alors… combien fabriquerez-vous de mots avec les lettres du mot, exceptionnellement ?

 

Jeu 3 : D’où viennent ces mots ?

 

La langue française a accueilli au cours des siècles bien des termes issus de langues étrangères, et continue de le faire ! Savez-vous de quelles langues sont originaires les mots de ce texte suivis d’un astérisque ?

 

Assise sur son fauteuil*, vêtue de gris* et de bleu*, jupe* et jaquette* en coton* doux, babouches* blanches*, elle buvait son sirop* à la vanille*.

Elle mangea du crabe* avec du bon pain frais livré par le boulanger* et des beignets d’aubergine*. Tant pis pour le caviar* hongrois*, grommela*-t-elle !

Un vrai banquet* quand même, avec un fond de musique de luth*, terminé par de la marmelade* d’ananas* et des cajous* pilés. Elle refusa les mangues* et les bananes*.

C’était une sentimentale*. Elle adorait ses trois chérubins*, de vrais anges, des séraphins*. Quel tohu-bohu* ils faisaient, fantasques* et batifolants*!

 

Jeu 4 : La formation du pluriel

 

À vous de mettre au pluriel les noms qui suivent. Pas toujours simple !

Chandail :

Épouvantail:

Gouvernail :

Soupirail :

Bonhomme :

Gentilhomme :

Monseigneur :

Mademoiselle :

Landau :

Tuyau :

Clou :

Bijou :

Réveille-matin :

Abat-jour :

Aide-mémoire :

Garde-fou :

Maximum :

Erratum :

Soprano :

Solo :

Méhari :

Targui :

 

Pas si simple, hein ?

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À vos succès d’écriture… (Profitez bien des beaux jours!)