par Marie-Adrienne Carrara | Fév 13, 2013 | Conseils d'écriture

Quelles sont les règles typographiques du dialogue ?
En français, un dialogue s’écrit avec :
C’est souvent ce point qui pose problème : quel tiret utiliser pour les dialogues ?
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par Marie-Adrienne Carrara | Fév 6, 2013 | Conseils d'écriture

Le dialogue est un des outils parmi ceux dont dispose l’écrivain. Il peut le manier habilement ou louper son objectif sans se rendre compte de tout ce qu’il pourrait en tirer pour mettre en valeur chacun des éléments de son œuvre. Car il y a une grande richesse dans les dialogues et c’est d’ailleurs ce qui en fait leur grand intérêt.
Voici les trois règles de base du dialogue :
1/ Écrire un dialogue s’il est utile
N’oubliez jamais que chaque dialogue doit être utile. Son but sera donc de :
- donner des informations,
- indiquer ce que les personnages ont prévu de faire,
- permettre aux locuteurs de résoudre une énigme;
- montrer les relations entre les personnages,
- exprimer leurs sentiments,
- détendre le lecteur par l’échange de répliques humoristiques
- ou au contraire accentuer l’intensité dramatique en faisant ressortir les tensions entre les personnes ou en permettant au héros d’exprimer ses sentiments : son chagrin, sa peur, sa frustration…
Exemple de dialogue à éviter :
— Tu viens manger ? demanda Jacques.
— Oui, répondit Émile.
Ce dialogue n’apporte rien. Autant écrire simplement : Jacques et Émile partirent déjeuner à midi.
2/ Manier les incises et les adverbes avec prudence et parcimonie
L’autre défaut que l’on peut avoir quand on débute en écriture, c’est de toujours devoir faire preuve d’une créativité particulière dans les incises, en croyant que les « dit-il », « dit-elle » répétés manquent de force et de personnalité alors que « dit » est le petit mot miracle que personne ne doit abandonner.
En réalité, quand un auteur écrit « dit-il », le regard du lecteur glissera dessus sans s’y attarder. Le cerveau note le nom du locuteur et ignore tout simplement le verbe qui l’accompagne. Ce sera ainsi pour dit, fit, demanda et répondit…Mais ça ne sera pas le cas des incises plus compliquées comme gémit, lança, pleurnicha, gronda, ricana, grommela, hurla…qui toutes arrêteront le regard du lecteur.
Sauf si vous savez les utiliser judicieusement, je vous déconseille d’y recourir. De toute façon, si vous jouez bien votre rôle d’auteur, le lecteur doit savoir quand le personnage tempête, gémit, ricane ou crie.
L’auteur n’a pas à utiliser de mots évidents pour préciser de quelle manière s’exprime celui qui parle… Ça doit se voir dans la scène !
Il arrive que les adverbes puissent vous être d’un grand secours, mais comme les incises énumérées plus haut, les adverbes sont à manier avec prudence.
Soyons clairs, je ne conseille pas de renoncer à toutes les incises ou aux adverbes mais au cas ou vous les utilisez, ils doivent apporter une précision utile. Alors utilisez-les avec parcimonie.
Si votre dialogue est suffisamment clair pour comprendre qui prononce chaque réplique, vous pouvez écrire une scène complète sans incises.
3/ Dégraisser le dialogue des scories du langage
De la même façon, méfiez-vous aussi des mots inutiles et supprimez-les. Dans la vie quotidienne, on commence souvent ses phrases par « Écoute », « Tiens,…» « Tu vois ce que je veux dire… » ou on les truffe de « OK » par exemple. Ce sont des scories du langage.
Dans un roman, ils risquent d’alourdir les dialogues et d’agacer très vite le lecteur. Utilisez-les seulement s’ils illustrent le caractère d’un personnage. Sinon, je vous recommande vraiment de les éviter totalement.
En tout état de cause, quel que soit le dialogue que vous écrirez, vous devez toujours veiller à maintenir l’intérêt du lecteur et éviter qu’il se perde par exemple en rédigeant un long discours.
Il arrive toutefois qu’un long discours soit utile mais que le traduire dans un long dialogue ne marche pas.
Quelles sont alors les possibilités pour ne pas décourager le lecteur ?
1/ Montrer que ce qui va être dit est important en commençant de façon tonitruante.
2/ Interrompre le discours par un moment d’action intégré à la narration :
- Un bruit de voix derrière la porte de la pièce où le personnage raconte l’histoire,
- Un coup de vent qui fait claquer une porte
- Un chat qui traverse la pièce
- Une chanson qui passe sur l’autoradio d’une voiture
…autant de trucs qui peuvent contribuer à maintenir l’intérêt d’un lecteur ce qui est la mission première de l’auteur à tout moment.
Gardez tout de même à l’esprit que le dialogue ne s’impose pas forcément.
Il n’est pas forcément nécessaire même si l’information transmise l’est.
Appliquez ces trois règles de base, vos dialogues gagneront en puissance.
J’ai encore beaucoup à dire sur le dialogue. L’outil est si important que j’y consacrerai d’autre article. Avez-vous des difficultés à écrire un dialogue ? Si oui, lesquelles ?
À bientôt…
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par Marie-Adrienne Carrara | Jan 23, 2013 | Conseils d'écriture
Dans l’article Comment construire ses personnages de roman, je vous ai proposé une fiche très détaillée pour construire vos personnages. Mais j’ajoute une précision au sujet du choix des nom et prénom des personnages.
Dans un roman, le nom d’un personnage est souvent la première chose que l’on apprend de lui. Il ne faut donc pas les choisir à la légère.
Voici donc 5 conseils pour vous aider à choisir les noms et prénoms de vos personnages de roman :
1 / Inventez d’abord une vie au personnage et définissez son profil
Avant de donner un nom à votre personnage, inventez-lui une vie. Sexe, personnalité, lieu de naissance, emploi, habitudes, traits de caractère, etc.
Puis donnez-lui un nom et un prénom. Dans vos choix, gardez bien à l’esprit l’époque à laquelle vous situerez l’action de votre roman. Prénommer une jeune fille Adélaïde pourrait paraître étrange dans un roman contemporain.
Évitez les noms mixtes (Dominique, Camille, Claude) sauf si cela sert dans votre roman, car ils peuvent prêter à confusion.
2 / Évitez les noms trop semblables
Établissez la liste des personnages de votre roman et veillez à ne pas choisir des prénoms commençant tous par la même lettre, ce n’est pas très heureux.
Évitez également les prénoms qui riment.
N’hésitez pas à faire varier le nombre de syllabes.
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par Marie-Adrienne Carrara | Jan 16, 2013 | Conseils d'écriture
Les personnages font l’histoire
Le souvenir que l’on retire de la lecture d’un bon roman tourne principalement autour des personnages. C’est humain, mettez des visages sur une catastrophe et vous toucherez davantage les gens.
La règle est valable dans le réel, dans la fiction et aussi dans tous les grands livres. C’est ainsi que les noms de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants demeurent dans les esprits autant que les histoires où ils se sont illustrés. Je pense à Gavroche, Javert ou Jean Valjean du roman Les Misérables de Victor Hugo ; à Elizabeth Bennet et M. Darcy, les héros de Orgueil et Préjugés de Jane Austen ; à David Copperfield de Charles Dickens ; à Lantier de Germinal ; à Hercule Poirot personnage d’Agatha Christie ; au commissaire Maigret de Simenon…
La liste serait interminable. Pas un seul de ces personnages n’a vraiment existé. Et pourtant tous sont réels grâce aux auteurs qui leur ont donné une existence.
Si on poursuit la lecture d’un roman, c’est en grande partie parce que l’on s’intéresse à ce qui arrive aux personnages. Et pour cela, il faut qu’ils deviennent réels pour les lecteurs. Un événement ne peut à lui seul faire une histoire. Même pas une suite d’événements. Seuls les protagonistes de ces événements et les événements qui les affectent peuvent y parvenir.
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