par Marie-Adrienne Carrara | Août 23, 2012 | Conseils d'écriture
Voici comment augmenter massivement votre vitesse d’écriture, en 7 étapes faciles.

# Étape 1 : Trouvez votre meilleur temps d’écriture
Ce point est crucial. Ne vous leurrez pas, toutes les heures sont inégales.
Vous devez savoir quand vous êtes le plus productif.
Pour moi, c’est le soir, quand tout le monde est couché et que la maison plonge dans le silence.
Pour vous, cela pourrait être le matin, le midi ou le soir. Vous avez probablement déjà une idée de vos meilleures heures de travail. Bien sûr, rien n’est simple, car la vie se charge de nous happer et de nous prendre tout notre temps. Mais si vous voulez écrire, il faudra s’astreindre à un planning de travail régulier. Si vous peinez à vous libérer dans la semaine ou n’avez pas réussi à déplacer certaines obligations, vous pouvez toujours utiliser vos meilleures heures les week-ends.
Maintenant, si vous n’êtes pas sûrs de votre temps favori d’écriture, essayez différents moments et voyez celui qui vous rendra plus productif !
# Étape 2: Réduire au minimum le risque d’interruptions
Ça y, vous avez établi que votre moment favori pour écrire, c’est le samedi de 10 à 12h.
Samedi donc vous vous asseyez à l’ordinateur, prêt à taper…
Et le téléphone sonne. Personne ne décroche et la sonnerie insiste. Résigné(e)s, vous répondez. Il s’agit d’un appel de démarchage. Après quelques phrases, vous raccrochez nerveusement. Tout cela pour cela !
Pas dix minutes passent quand votre mari ou votre femme arrive et vous demande ce qu’il (ou elle) peut préparer pour le déjeuner. Rien… tout est déjà dans le frigidaire !
Il (ou elle) repart et vous voilà enfin prêt à vous lancer quand une fenêtre de chat s’ouvre sur votre ordinateur. C’est un ami dont vous n’avez pas de nouvelles depuis un moment.
…Après tout cela, comment s’étonner que vous n’arriviez pas à écrire beaucoup ?
Au lieu gémir et de raccrocher nerveusement au nez du la personne qui tente de vous vendre son produit ou de renvoyer vertement votre conjoint (e), voici ce qu’il faut faire:
- Éteignez votre téléphone mobile. Débranchez le téléphone fixe (ou assurez-vous que votre mari/ femme ou enfants sachent que ce sera à eux de répondre si le téléphone sonne
- Prévenez votre entourage que vous allez écrire. Expliquez que vous serez libre seulement après midi, et vous seriez reconnaissant(e) de ne pas être interrompu(e) avant cette heure.
- Travailler dans votre pièce favorite, votre espace, et fermez la porte. Attention si c’est dans la cuisine, vous risquez vraiment d’être interrompu(e)s.
- Si vous ne pouvez vraiment pas trouver un moment de quiétude à la maison, prenez votre bloc-notes ou votre ordinateur portable et trouvez-vous un endroit où travailler au calme. Les bibliothèques par exemple sont ouvertes à tous et gratuitement. La plupart offrent des zones de travail.
# Étape 3: Éloigner les distractions
Réduire les interruptions aide beaucoup. Mais les distractions restent l’ennemi de l’écriture. Voilà à quoi elles peuvent ressembler :
- Vous décidez que vous devez vraiment ranger votre bureau avant de commencer à écrire.
- Lorsque vous butez sur les mots et les phrases, au lieu de rester concentré(e)s, vous ouvrez votre messagerie histoire d’y trouver quelque chose d’excitant.
- Après les 200 premiers mots, péniblement alignés, vous cliquez sur un lien qui mène à une vidéo amusante sur YouTube ou un billet de blog que vous vouliez lire. Une heure plus tard, vous vous demandez où votre temps est allé.
- Vous vous remettez au travail, mais une publicité pour ordinateurs portables bon marché arrive dans votre messagerie et attire votre œil instantanément…
Certaines distractions peuvent sembler légitimes. Après tout, votre bureau est en désordre. Mais vous n’avez pas besoin d’un nouvel ordinateur, et pourtant, vous ne pouvez pas résister à la tentation de regarder cette nouvelle offre !
Le truc, c’est que vous n’avez pas besoin de ranger votre bureau ou de regarder les choses tout de suite. Tout cela peut attendre une heure ou deux. Il y a beaucoup de façons de réduire les distractions. Vous pouvez :
- Débranchez votre câble Internet (ou éteignez votre réseau sans fil).
- Dégagez tous les objets de distraction de votre lieu de travail. Avez-vous vraiment envie de passer deux heures à essayer de trouver la solution de ce fameux Rubik’s cube posé sur l’étagère ?
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 20, 2012 | Conseils d'écriture
Définir l’incipit
Dans le seul domaine du roman, on désigne par incipit (masculin, du latin incipire) la première phrase du texte, aussi nommée « phrase-seuil ».
Plus que la simple amorce d’un texte, cette première phrase d’un roman ouvre la porte de l’imaginaire de l’auteur. Elle n’est pas forcément belle, ni originale. Mais elle est toujours précieuse et émouvante, car elle symbolise le seuil du livre, le point de passage entre deux mondes, la main tendue de l’auteur au lecteur.
On parle souvent du syndrome de la page blanche, mais on pense moins à ces satanés mots d’ouverture qui doivent donner le ton d’une histoire et l’envie de lire la suite.
L’incipit informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit. Autrement dit, c’est le « la » d’un livre, dans sa forme, son, son rythme le choix des mots, sa précipitation ou sa lenteur, son intention à décrire ou sa tendance à l’ellipse, sa volonté de séduire ou sa curieuse banalité.
Incipit célèbres
Certains incipit sont restés furieusement célèbres à commencer par :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure », une première phrase par laquelle Marcel Proust ouvre le chemin de À la recherche du temps perdu. Sur dix personnes interrogées au hasard dans la rue, cinq ont entendu cette phrase, deux l’attribuent à Proust.
Pourtant, avouons-le, ces huit mots n’ont rien de particulier. On a beau les lire et les relire, les déclamer, les chuchoter, il ne s’agit jamais rien d’autre qu’une formulation sans charisme. Pourquoi cette phrase demeure-t-elle alors l’une des plus fameuses de notre littérature ?
Certains voient en ce « longtemps » un côté hypnotique prenant d’emblée le lecteur par la main pour le renvoyer à son propre « longtemps », son propre passé.
Mais on constate le même effet avec Albert Camus et son Étranger : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
Une phrase à rebond. Une première phrase à deux étages avec un vrai point au milieu. La première phrase enferme le récit dans un événement donné, singulier sur lequel l’auteur s’expliquera. La deuxième s’annonce comme un électrochoc moral. Tout est dit dans ces quelques mots « peut-être », « je ne sais pas ». Et étrangement, ce sont ces mots les plus doux qui se révèlent les plus violents.
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 13, 2012 | Conseils d'écriture
Quelques mots sur la vue
Bizarrement, j’ai gardé ce dernier sens pour la fin. Serait-ce un vieux reste de mon ancienne vie professionnelle ? Pour celles et ceux qui l’ignoreraient, j’ai exercé vingt ans mon métier d’opticienne… Mais ça, c’était avant !
La vue est le sens qui permet d’observer et d’analyser l’environnement par la réception et l’interprétation des rayonnements lumineux.
L’œil est l’organe de la vue mais la perception visuelle, nécessite l’intervention de zones spécialisées du cerveau (le cortex visuel) qui analysent et synthétisent les informations collectées à propos de la forme, la couleur, la texture, le relief, etc.
Avec le temps, le regard que nous portons sur ce qui nous entoure devient vite indifférent, plus rien n’étonne. Cultiver un «savoir-voir» est indispensable si l’on veut éviter qu’une certaine cécité nous gagne, face à l’habituel et au quotidien. Chaque fois que quelque chose vous paraît ordinaire, regardez-la comme si vous la découvriez pour la première fois. Votre regard redeviendra novateur.
Pourquoi les jeunes enfants s’intéressent-ils à tout ? Parce que leur regard est neuf, et que tout est nouveau pour eux. Regardez avec ses « yeux d’enfant » permet de mettre sa curiosité en appétit devant un monde dont les autres sont rassasiés. Car il faut l’avouer, notre regard d’adulte est souvent blasé par le quotidien. Garder un regard curieux, c’est rester actif et greffé sur le réel, l’éveil au monde et aux êtres qui nous entourent.
Mais attention, nous avons tendance regarder, non pas avec nos yeux, mais avec nos pensées. Méfiez-vous toujours de cette subjectivité. Elle occulte le réel.
Un bon moyen de s’en rendre compte, c’est qu’à ce moment-là, on pense ou on dit souvent : « On dirait la… », « Ça ressemble à… »
Sachez vous étonner !
S’étonner pour mieux voir et mieux donner à voir. Après chaque rencontre, promenade, voyage, lecture, spectacle… habituez-vous à rédiger quelques lignes :
Qu’est-ce que j’ai vu, entendu, senti, touché, goûté de nouveau ?
Qu’est-ce que ça m’a apporté de plus ?
Où que vous vous trouviez, ayez toujours l’esprit en alerte, habituez-vous à observer attentivement les gens, les animaux, les paysages, et les choses. Demandez-vous ce que vous pourriez écrire de nouveau sur le sujet. Faites-en votre règle et je vous garantis que votre écriture s’enrichira.
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 8, 2012 | Conseils d'écriture
Quelques mots sur le toucher
Les sensations tactiles tiennent une place importante dans notre vie. Voir, sentir, entendre les êtres, les animaux ou les choses ne nous suffit pas. Pour entrer en contact avec leur réalité, nous avons besoin de les toucher. Ne dit-on pas d’un sujet que l’on possède parfaitement, qu’on le connaît sur le bout du doigt ?
La peau est extrêmement sensible aux textures. Quand nous touchons un objet, un animal ou quelqu’un, notre cerveau est fortement stimulé et s’enrichit de sensations diverses.

Habituez-vous à ressentir ces sensations. Entraînez-vous à différencier « tactilement » une matière d’une autre et écrivez, avec le maximum de détails, ce que vous ressentez lorsque vos mains les palpent.
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 5, 2012 | Conseils d'écriture
Quelques informations sur l’odorat
L’odorat constitue sans doute notre sens le plus mystérieux. Ses mécanismes restent d’ailleurs pour une part encore incompris.

Le pouvoir évocateur d’une odeur est bien plus fort que celui d’une image ou d’un son. Pourquoi ? Parce que l’odeur atteint directement le cerveau et provoque immédiatement une reconnaissance, un souvenir, un signal (odeur du gaz) ou une alarme. Étroitement lié au goût, l’odorat nous sert aussi à mieux apprécier les saveurs des aliments que nous consommons.
Si notre odorat n’est pas aussi développé que celui de certains animaux, le nez d’un adulte, pourvu de cent millions de cellules olfactives, est quand même capable de distinguer entre deux mille et quatre mille odeurs. Marcel Proust l’a montré, les empreintes laissées par les odeurs dans notre mémoire sont de formidables réserves d’émotions. Ainsi chaque fois que vous le pourrez, « assaisonnez » vos textes, la mémoire olfactive de vos lecteurs appréciera.
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 1, 2012 | Conseils d'écriture
Le goût en perdition
Au fil du temps, nos gouts se sont endormis et nos papilles ont été pasteurisées par les années. Le goût a son histoire et si cela vous intéresse, je vous recommande la lecture du petit document ici de Jean-Louis Flandrin, historien français, qui s’est, entre autres, intéressé à l’histoire de l’alimentation et donc du goût.
Aujourd’hui pour décrire un met qu’on a apprécié, on se contente souvent de dire qu’il était délicieux et les plus jeunes, qu’il était « trop bon ! ». Mais l’un ou l’autre n’apporte aucune information et encore moins de sensation.
Transmettre les effets d’un aliment dans la bouche ou l’excitation sur les papilles, ou bien encore l’odeur qui en émane, renseigne davantage sur la saveur, le plaisir. Le cas échéant ouvrira davantage l’appétit de l’interlocuteur ou du lecteur. Il n’y a pas meilleur qu’un sommelier pour donner envie de goûter à son vin. Son vocabulaire est riche, imagé, fleuri, poétique… Il recourt à toutes les sensations pour restituer au mieux le goût de son nectar ! « Vin caressant comme du velours, fin et moelleux »… après une telle description, n’avez-vous pas envie de goûter ce vin ?
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