Règles et discipline, les paradoxes de la créativité

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Dans un travail créatif, les règles peuvent être vos meilleures amies comme vos pires ennemies. Certes, elles nous poussent dans nos retranchements, mais peuvent également freiner nos passions.

Alors, comment utiliser les règles au mieux ?

 

 

 

Je crois que j’ai lutté toute ma vie avec les règles. À l’école, dans mon ancien métier… Je m’accommodais sans me soustraire vraiment. Mais en matière d’écriture, j’ai vite compris que les règles étaient nécessaires, car sans discipline, on n’obtient jamais le meilleur de soi-même.

 

Voilà les quatre leçons que j’ai retenues à propos de ce paradoxe de la créativité…

 

1 / La discipline est l’alliée d’un créatif. Sans discipline, la créativité n’est pas exploitée à sa juste valeur.

 

2 / Les règles ne sont pas la discipline. Je veux dire par là que les règles sont juste un moyen de se discipliner. Juste un outil utile de création.

 

3 / Les règles ne sont pas nécessairement mauvaises. Elles agissent comme des lignes directrices qui nous aident à atteindre un but précis. Dans certains cas, elles servent même de garde-fou. Mais si on les suit juste par souci de conformité, alors, on marche sur une pente glissante, un comportement non créatif, improductif.

 

4/, Mais, il faut parfois savoir casser les règles. Lorsque vous entrez dans la routine, il faut l’interrompre et sortir du confort dans lequel vous êtes en train de vous installer. Les exemples ne manquent pas.

 

Dans sa carrière, Picasso est passé du réalisme au cubisme.

Autre exemple, relisez Faulkner et regardez comment il a volontairement enfreint les règles et s’est affranchi de la syntaxe et du récit.

C’est le paradoxe d’une discipline créative. Les règles qui forment le cadre d’expression peuvent devenir la prison même dont vous devez vous échapper. Vous ne pouvez pas le faire par inadvertance ou avec légèreté. Mais si vous voulez faire un travail utile, à un moment donné, vous devez briser les règles. Personne n’a jamais laissé d’héritage en se cantonnant à l’ordre établi.

Et en même temps, vous devez structurer votre vie, donner des objectifs d’écriture et une date limite pour votre manuscrit. Sinon, vous n’atteindrez jamais votre rêve de faire aboutir votre roman.

Voilà que je suis en train de dire qu’au bout du compte, l’art l’emporte sur la discipline !

 

Les règles peuvent vous guider et vous donner une structure. Elles peuvent, mais ne soyez pas surpris si le processus de création apparait toujours un terrible désordre. C’est souvent ainsi quand on crée : dur, brouillon et parfois douloureux. Mais une fois votre livre terminé, vous pourrez dire (je l’espère) : « Ça valait la peine ! »

Alors quelle discipline d’écriture adoptez-vous  ?

J’ai hâte de vous lire dans les commentaires

À vos succès d’écriture…

22 commentaires

  1. Evelyne dit :

    Merci Marie-adrienne pour le petit bréviaire de la semaine. Toujours un conseil utile à y trouver.
    Dès qu’il m’est possible, je me promène dans votre blog avec beaucoup de plaisir et d’intérêt.
    Bon courage, continuez, bravo!

    Cordialement

  2. Nilse L'Hoïs Goyon dit :

    Bonjour,

    C’est chouette de commencer la semaine en parlant d’écriture.
    Le point numéro 3 me semble en effet très important.
    Comment se rendre compte que l’on glisse et quand on casse tout, n’est ce pas l’auto saboteur qui s’exprime, d’ailleurs comme lorsque l’on glisse !
    L’estime de soi, ce bien être avec soi même me semble le signal.
    On ne le sent plus : alors il y a de l’auto sabotage dans l’air !

    Pour moi cette semaine est toute particulière, je viens de publier mon premier livre sur amazon Kindle !!!
    Quel satisfaction, quel bonheur, de parvenir jusqu’à cette étape !

    Voilà ce que je voulais partager en vous remerciant pour votre blog.
    ( je suis passée par une formation bien aidante !)

    amicalement

    Nilse

  3. Magali dit :

    Chère Marie-Adrienne,

    Toujours des pépites tes conseils…Je n’écris pas de romans, mais des billets d’humeur et ma raison d’être …des paroles de chansons et l’ordonnance que tu prescris pour un roman est la même pour les chansons et articles, chronique ou autre écrit quelle que soit sa longueur…
    Merci.
    Ecrire tous les jours, malgré les doutes, le manque de confiance, les contraintes de temps, les autres, notre état, et l’exigence de la discipline…le bien-être qui en découle après n’a d’égal que lui-même…
    A nos plumes pour des costumes de mots qui nous parent de bonheur…

    Une journée inspirante et inspirée à tous.

    M
    Le dernier article de Magali : Les sorties culturelles : ces leçons de choses naturelles qui s’imposentMy Profile

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Magali
      Ecrire exige toujours autant pour des romans, des nouvelles, des billets d’humeur, des paroles de chansons, des essais…
      Sans discipline, sans règles, les résultats peuvent être longs à venir !

      Bien à toi

  4. Laetitia dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,
    Scientifique de formation, les règles ne me rebutent pas, bien au contraire. Je suis incapable de démarrer un projet sans avoir un plan bien en tête. J’ai toujours eu dans l’idée que « les littéraires » fonctionnaient différemment. Créativité était plus ou moins synonyme de merveilleux fouillis !
    Et me voilà aujourd’hui à tenter l’écriture (des nouvelles, des textes courts, et puis, la vie de mes grands-parents). Je découvre que la discipline et ses règles sont utiles dans ce domaine comme dans bien d’autres. Un plan bien détaillé (quitte à en changer en cours de route), des fiches, un planning, une date limite… Et parfois laisser les phrases courir sans les retenir, elle finiront par trouver leur place. Ne pas non plus laisser les règles occuper tout le temps et l’espace, elles ne doivent rester qu’un outil. J’apprends !
    Merci pour votre mot et tous les autres dans ce site.
    Je suis curieuse : un exemple de règle que vous cassez parfois ?
    Bien sincèrement,
    Laetitia

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Laetitia

      Si la créativité revêt sa part de merveilleux fouillis, comme vous le dites, elle a aussi, c’est vrai, ses règles, sa discipline. Comme le sport, la musique et autres. Désolée donc d’avoir bousculé vos idées à propos des littéraires et de leur fonctionnement.

      Pour répondre à votre question, la règle que j’aime casser c’est celle de la structure et surtout celle du récit. J’aime subvertir la forme classique et jouer avec la structure romanesque. William Faulkner, Virginia Woolf, James Joyce, pour ne citer qu’eux, ont montré les possibilités offertes par l’éclatement du récit, la déstructuration du texte, la démultiplication des points de vue, le bouleversement de la chronologie. Voilà les règles que j’aime enfreindre mais ce n’est pas facile, on se gratte pas mal les cheveux !

      Bien à vous

      • Laetitia dit :

        Ne soyez pas désolée, c’est pour mon bien ! Je découvre l’immense travail qui se cache derrière un roman, un récit, une nouvelle, et je salue bien bas les « littéraires » (sans aucune connotation péjorative bien sûr) qui s’y attellent.
        Je vais lire William Faulkner qui manque à ma culture…
        Merci encore,
        Laetitia

  5. Lucienne Meranger dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    Au moment où je décide de reprendre mon roman, je viens rendre visite à ce site qui m’a aidé dans bien des domaines, qui m’a remotivé souvent, qui m’a aiguillé pour la construction de mon écrit et je tombe justement sur la dernière publication de votre blog.

    J’ai suivi, sans le savoir, exactement les règles et la discipline dont vous parlez et que je m’étais fixée. Merci pour ça. Depuis quelques jours, je me pose une question : est-ce que pour écrire (très bien), les ateliers d’écriture sont vraiment utiles et indispensables ou doit-on suivre son instinct ?

    Il me semble que ma syntaxe est bonne, je mets un point d’honneur à l’orthographe étant amoureuse de la langue française : alors que pourrait m’apporter un atelier d’écriture ?

    Merci pour tout, Marie-Adrienne
    Lucienne

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Lucienne

      Vous reprenez votre roman, super ! Et je suis ravie d’apprendre qu’Aproposdecriture y est pour un peu.

      J’ai participé à de nombreux ateliers d’écriture. J’en ai aussi animé beaucoup. Je le dis dans mon portrait dans la page A propos, je n’ai pas appris à écrire dans les ateliers, pas plus que je n’ai appris à écrire aux participants quand j’animais moi-même.

      Ce que j’ai appris dans les ateliers, c’est jouer avec les mots. C’est déjà beaucoup ! Mais tellement insuffisant pour écrire un roman ou autre. D’ailleurs quand je participais, j’étais la seule à écrire régulièrement. Les autres aimaient les mots et venaient prendre du plaisir avec jouer eux. Et puis, en général, l’ambiance dans ce genre d’atelier est bonne. Rappelez-vous, nous avons en commun la même passion des mots ! Alors, c’est plutôt agréable d’y participer.

      Le seul atelier qui m’a servi (je l’ai déjà évoqué dans un commentaire) c’est un atelier d’écriture pour enfants. Tous les participants écrivaient et venaient pour apprendre les spécificités de cette écriture jeunesse. Il durait deux jours. C’était passionnant et j’en garde un grand souvenir.

      Si la créativité, l’imagination, le jeu des mots et autres sont importantes dans l’écriture, on ne peut pas négliger la part technique de cet art. Un personnage ne se construit pas n’importe comment. Pas plus qu’un intrigue ou autres. Et j’ai rarement entendu parler technique dans les ateliers d’écriture. Et pourtant, je vous garantis que j’ai fouillé les possibilités de ma région et même au-delà. D’ailleurs, tous ces manques ont amené au lancement de ce blog !

      Salon moi, mieux que l’atelier d’écriture, il y a le coaching (ponctuel ou régulier). Parfois on est bloqué, on n’avance plus, rien ne fonctionne comme on veut. Et le fait de discuter avec quelqu’un peut débloquer la situation car il y en a toujours plus dans deux têtes que dans une.
      Parfois, on est démotivé. On ne trouve plus le sens, la direction… on se perd, on repousse. On prétexte tout et n’importe quoi. Un simple échange peut être salvateur et rallumer la flamme. Je propose ce service. Lisez la page Coaching du blog. Il y a l’accompagnement complet ou mais aussi l’intervention ponctuelle (une très bonne solution quand on travaille de son côté et qu’on a envie d’avancer seul !).

      Et puis, il y a Aproposdecriture. En fouillant, vous pouvez y trouver de l’aide sur quantité de sujets.

      Voilà ma réponse Lucienne. Bon courage pour l’écriture.

      Bien à vous

      • Lucienne Meranger dit :

        J’ai effectivement épluché votre blog et y ai vu que vous proposiez un « coaching » (je n’aime pas ce mot que l’on voit partout maintenant) mais les tarifs me sont trop importants.
        Il existe des ateliers d’écriture autour de ma ville mais ma profession m’empêche de m’y rendre aux heures indiquées. Alors je m’accroche, je fouille tous les sites pour y trouver les conseils qui permettent de ne pas lâcher !!
        Merci encore pour ce blog et votre gentillesse
        Lucienne

        • Marie-Adrienne Carrara dit :

          Les horaires sont une la contrainte des ateliers d’écriture. L’atelier peut se dérouler à un moment qui ne vous arrange pas du tout. La preuve !

          Pour le mot coaching, j’ai hésité à l’utiliser car je ne suis pas adepte de l’anglais et puis malheureusement il est utilisé beaucoup et un peu n’importe comment. Dommage, le terme finit pas perdre de son sens même si, avouons-le, il est très vite compris de tous.

          J’aurais pu utiliser « accompagnement » mais dans mon esprit le mot était plus connoté. Dans mon métier de biographe, j’ai écrit un livre avec une dame pour accompagner sa fin de vie. Coaching était dépourvu de cette image. Voilà l’explication.

          De toute façon, vous avez Aproposdecriture…

          Bien à vous et bon courage

  6. Elisa dit :

    J’adore les règles, je joue avec, je les suis ou je les transgresse selon mon humeur… Sans en être esclave, elles aident à la créativité en donnant des frontières au vide. Merci pour cet article 🙂

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Oui… c’est bien les règles. D’un côté, elles rassurent quand on les suit, d’un autre elles poussent à les enfreindre et à tester d’autres possibilités.
      Bien à vous

  7. Lucienne dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    Dans mon roman, je fais référence à des personnes connues du grand public (vivantes et décédées, françaises et étrangères) en citant leurs noms. Est-ce qu’il existe des règles à observer dans ce cas ?
    Merci d’avance pour la réponse
    Lucienne

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Lucienne

      Tout dépend de la façon dont vous les mettez en scène. Si vous portez préjudice à leur personne ou à leur image, cela peut être considéré comme de la diffamation. Sinon, pas de problème.

      Bien à vous

  8. L'Hoïs Goyon dit :

    Comme c’est intéressant de lire tous vos commentaires!
    Merci pour tous ces partages.
    Merci pour ce blog d’une grande richesse.

    Nilse

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Contente de voir que vous appréciez Aproposdecriture.

      De vous à moi… je bosse pour augmenter encore la qualité de ce blog !

      Bien à vous

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