Faut-il écrire sous un pseudonyme ?

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pseudonymeTelle est la question ! Choisir d’écrire sous son nom ou un pseudonyme est très personnel. Sachez que les conditions d’utilisation d’un pseudonyme ne font l’objet d’aucune réglementation particulière.

1 / Qu’est ce qu’un pseudonyme ?

 

Il s’agit d’un nom d’emprunt, librement choisi par une personne pour dissimuler au public son identité réelle dans l’exercice d’une activité particulière notamment dans le domaine littéraire ou artistique (nom de plume pour les écrivains, nom de scène ou nom d’artiste pour les activités liées au spectacle).

Quelques pseudonymes célèbres (auteurs français) :

Guillaume Apollinaire, pseudonyme de Wilhelm Albert Vladimir Popowski de La Selvade Apollinaris de Wąż-Kostrowitcky
Tristan Bernard, pseudonyme de Paul Bernard
Patrick Cauvin, pseudonyme de Claude Klotz
Louis-Ferdinand Céline, pseudonyme de Louis Ferdinand Destouches
Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric-Louis Sauser
Colette, pseudonyme de Sidonie Gabrielle Colette
Marguerite Duras, pseudonyme de Marguerite Donnadieu
Paul Éluard, pseudonyme de Eugène Émile Paul Grindel
Romain Gary, Émile Ajar, Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat, pseudonymes de Romain Kacew
Clara Gazul, pseudonyme de Prosper Mérimée
Julien Gracq, pseudonyme de Louis Poirier
Michel Houellebecq, pseudonyme de Michel Thomas
Molière, pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin
Daniel Pennac, pseudonyme de Daniel Pennacchioni
Saint-John Perse, pseudonyme d’Alexis Léger
Cécil Saint-Laurent, pseudonyme de Jacques Laurent
San-Antonio, pseudonyme de Frédéric Dard, écrivain policier et d’humour.
Henri Troyat, pseudonyme de Lev Aslanovitch Tarassov
Vercors, pseudonyme de Jean Bruller
Marguerite Yourcenar, pseudonyme de Marguerite Cleenewerck de Crayencour

… Comme vous le voyez, les exemples ne manquent pas !

2 / Utilisation d’un pseudonyme

 

Une personne peut changer librement de pseudonyme, voire en utiliser plusieurs en même temps.

Pour information, certaines professions ne peuvent pas être exercées sous pseudonyme, par protection de leur clientèle. C’est le cas pour les activités médicales : les médecins, dentistes et sages-femmes…

En revanche, un architecte peut exercer sous pseudonyme, à condition qu’il soit inscrit au tableau de l’ordre des architectes sous ce nom.

 

D’autres précisions :

1) L’emprunt du nom d’autrui à titre de pseudonyme peut constituer une usurpation justifiant un recours en justice de la part de son titulaire.

2) Il est possible de déposer un pseudonyme en tant que marque auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), pour le protéger.

À noter : seul le nom de famille figure dans les actes d’état civil. Le pseudonyme ne se transmet donc pas aux enfants. S’ils le souhaitent, les descendants doivent à leur tour en revendiquer l’usage.

3) Il est possible de faire figurer un pseudonyme à la suite du nom de famille sur sa carte nationale d’identité si sa notoriété est confirmée par un usage constant.

Lors du dépôt de la demande, il faut produire :

• un acte de notoriété soit établi par le juge du tribunal d’instance, dans les tribunaux qui le proposent, soit délivré par un notaire, ou

• une attestation de l’organisme professionnel auprès duquel l’activité sous pseudonyme est exercée (artistes, comédiens, etc.).

L’administration dispose toutefois d’un pouvoir d’appréciation en la matière et peut refuser l’inscription.

Remarque : un pseudonyme ne peut être inscrit sur un passeport !

Pourquoi utiliser un pseudonyme ?

 

1 / Conserver l’anonymat

Une des premières motivations pour un auteur de choisir un pseudonyme est de protéger sa vie privée et de dissimuler votre véritable identité au public.

Écrire sous un nom de plume permet également de protéger son entourage, et de leur éviter les conséquences de vos publications.

Vous pouvez également souhaiter que votre identité réelle ne soit pas associée à des thématiques sensibles. Autrement dit, un pseudonyme pourra permet de gagner en discrétion, tranquillité d’esprit, et surtout ne pas nuire à vos autres publications, car vos lecteurs pourraient ne pas adhérer à genre qui ne vous est pas habituel.

Et pourquoi pas un pseudonyme différent pour chaque genre ? Le pseudo peut alors devenir un véritable outil marketing !

 

2 / Protéger sa vie professionnelle

Publier sous votre réelle identité peut vous rendre facilement visible. De nos jours, Internet et autres réseaux sociaux facilitent d’ailleurs cette visibilité. Un atout, certes, mais aussi un problème, car cette visibilité difficilement contrôlable peut également nuire à votre vie professionnelle.

Un employeur ou un recruteur – si vous êtes en recherche d’emploi – pourra facilement trouver des informations à votre sujet, voir ce que vous publiez et vous juger. Cela peut s’avérer préjudiciable pour vous, surtout si l’un ou l’autre ne partage pas les opinions exprimés dans vos écrits. Imaginez les rumeurs si votre employeur ou vos collègues découvraient que vous écrivez des livres érotiques !

 

3 / Un pseudonyme permet plus d’originalité

Vous vous appelez Martin, Bernard, Robert, Dupont ou Dupond ! Un patronyme si répandu et banal qu’il pourrait laisser supposer que vos écrits soient tous aussi communs.

Un pseudo peut également s’imposer si votre nom porte à confusion ou préjudice à votre genre.

Exemple : Pierre Lesang, pour un auteur de Polar. Imaginez-les sur une couverture juste au dessus du titre ?

Un pseudo permet donc parfois de se rendre plus attrayant et de se distinguer des autres auteurs aux yeux des lecteurs. Mais attention, ne tombez dans l’excès. Un pseudonyme extravagant ou étrange aura autant de désavantages auprès de vos lecteurs qu’un patronyme banal. Donc, réfléchissez bien !

 

4 / D’autres avantages ?

Si vous écrivez dans un registre, mais que vous souhaitez vous lancer dans un autre, vos lecteurs habituels pourraient être déroutés si vous conservez le même nom. On ne s’attend pas à trouver un auteur de biographies dans la rubrique des polars.

Cependant, il n’y a pas de règle. Venu du polar, Pierre Lemaitre n’a pas changé de nom et cela ne l’empêche pas de rencontrer le succès avec son merveilleux roman : Au revoir là-haut, un roman plutôt social.

Il y a certainement d’autres raisons d’utiliser un pseudonyme. Celui ou celle qui optera pour un pseudonyme aura certainement la sienne.

Personnellement, malgré les nombreux intérêts, je n’ai jamais recouru à un pseudonyme. Dans mon ancienne vie professionnelle, je n’avais pas vraiment de raison de le faire. Et aujourd’hui, dans mon métier d’écrivain biographe, je n’en ai pas davantage. Quand j’écris pour mon raconteur, je deviens cette personne. Pourquoi irais-je alors changer de nom puisque quand j’écris elle, je suis déjà une autre ?

De toute façon, vous pourrez toujours trouver le meilleur pseudonyme qui soit, si le contenu de votre roman n’est pas bon, il restera un échec. Comme quoi, l’habit ne fait pas forcément le moine !

 

Utilisez-vous un pseudonyme pour vos écrits ?
Quelles sont vos motivations ?

 

À vos succès d’écriture…

25 commentaires

  1. NathaLYS dit :

    MERCI beaucoup pour cet article et oui, j’ai un pseudo.

    > Mon nom de plume est Nathy LaBell.

    C’est un pseudo qui renferme une histoire.
    Je n’ai pas eu à le chercher « longtemps », il m’est apparu clairement en pleine nuit notamment…

    @ tout bientôt,

    J’Aime beaucoup vous lire ! 🙂
    Le dernier article de NathaLYS : Les problèmes sont là ! Et alors ?My Profile

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour et bienvenue Nathy LaBell

      C’est bien ce que je disais, utiliser un pseudonyme est vraiment une question personnelle. Derrière, il y a toujours une histoire.
      Ravie d’apprendre que vous appréciez Aproposdecriture.

      Revenez quand vous voulez.
      Bien à vous

  2. Caroline dit :

    Bonjour,
    Merci pour ce blog très intéressant. Je viens de m’inscrire à la newsletter.
    A bientôt!

  3. Sujet assez épineux je trouve. Je suis moi même tiraillé sur la question.
    Dois-je écrire sous mon propre nom, ou sous un pseudonyme? Pour le moment mes écrits sont sous le nom « Auteur-Roman-Koncept », ce nom a lui aussi une histoire. Mais ce n’est pas un pseudonyme.

    Pour le moment je n’ai pas encore décidé.
    D’un côté il est vrai que le pseudonyme permet de protéger sa vie privée, et avec un nom anglophone (que j’ai déjà à la base ^^)d’attirer l’oeil.

    Mais d’un autre côté je me dis: pourquoi écrire, être publié un jour, si personne ne sait que c’est moi qui l’ai écrit? Je ne recherche pas la gloire. Mais se dire que le voisin lit peut-être mon texte et que jamais je ne l’entendrai me dire « j’adore votre roman », ca me semble déprimant.

    Je n’écris pas pour une thérapie, pour le succès, pour ma biographie. J’écris pour être lu.
    Une des principales raisons qui fait que j’écris, c’est la recherche de la postérité. Je veux laisser quelque chose derrière moi, au delà de la famille, marquer tout simplement mon existence dans ce monde.
    Quel intérêt si c’est sous un faux nom?

    L’auteur qui se cache pour se protéger n’est-il pas un lâche qui redoute l’échec avant de chercher à se protéger? N’est-il pas mieux d’assumer ses écrits comme on assumerait ses paroles dans la vie?
    Mais d’un autre côté, vouloir écrire « en son nom » n’est-il pas bien souvent assimilé à de l’égocentrisme? A la recherche de la glorification du « moi je »?

    C’est un débat passionnant auquel je n’ai pas encore de réponse. Je ne sais pas pour le moment ce que je vais faire si un jour il m’arrivait d’être publié.
    Aujourd’hui je suis dans la démarche de rester secret, au moins pendant quelques temps. Si les échos sur ce que j’écris son positifs, si mon blog recueille des avis indépendants positifs; alors peut-être qu’à ce moment je tomberait le masque pour me présenter officiellement, visage et nom.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      S’interroger sur le sujet, c’est normal. Chacun a son intérêt à faire le choix. Mais parfois, il se révèle simplement inutile.

      Je pense à ce fonctionnaire qui s’est trouvé suspendu dans sa fonction après avoir écrit Abruti de fonctionnaire (éd. du Panthéon) écrit sous le pseudo Henri Rouant-Pleuret. Puis placardisé après pour son second livre «On ne réveille pas un fonctionnaire qui dort» (éd.
      de l’Archipel sous le nom de Jérôme Morin), version corrigée et augmentée de son premier ouvrage, «Abruti de fonctionnaire». Il y dénonce les vicissitudes de la fonction publique territoriale en prenant appui sur son expérience à la mairie de Pontault-Combault.

      Des choix donc difficiles à faire !

  4. DaveP dit :

    Bonjour,
    Je le dis haut et fort; Le choix d’écrire ou pas sous un nom d’emprunt appartient à chacun. Lâcheté ? Égocentrisme ? Il serait irrespectueux de réduire à quelques mots la formidable complexité de chaque être, de notre vécu, notre sensibilité, notre vie privée. Je n’écris pas pour laisser une trace. Encore une pensée différente. Alors, lâchez vous ! Vraie ou fausse identité, votre plume fera le reste. Et votre voisin sera dans la confidence car entre voisin, on se parle, non ?
    Bien à vous, merci pour ce blog et longue vie à vous tous, réalisez vos rêves et restez simple.

    Je viens de protéger mes deux premières nouvelles de fiction, et je parcours les blogs et autres sites littéraires afin de m’imprégner de ce monde pour moi inconnu.

  5. Vince dit :

    Bonjour,

    J’écris depuis toute petite mais sans grande régularité.
    En cherchant des conseils pratiques sur internet je suis tombée sur votre site qui est d’une grande aide !

    Cet article me touche particulièrement car je me suis créé un pseudonyme il y a quelques temps à partir des lettres de mon nom et de mon prénom.
    Mon but était d’obtenir un pseudo qui interpellerait la curiosité et dont la nationalité ne serait pas évidente.

    Le résultat est Elen S. Vianchi (se prononce Biantchi)

    Qu’en pensez vous ? Est-ce un peu « too much » ?

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Bienvenue sur Aproposdecriture.
      Pourquoi too much ? Non chacun a sa raison de prendre un pseudo et de le créer comme il l’entend.
      Je pense que vous y avez réfléchi et que sa création concentre toutes vos réflexions.

      Bien à vous

  6. Gabrielle dit :

    J’ai choisi d’écrire sous un pseudo pour me protéger de la jalousie destructrice de ma soeur… tout simplement!
    Maintenant, bien installée avec mon pseudo d’écrivain, j’envisage de l’étendre à mes autres activités…
    Un choix difficile mais parfois nécessaire.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Oui, il est parfois utile voire nécessaire d’écrire sous pseudo.
      Chacun doit y réfléchir et décider selon sa situation et ses besoins.

      Bien à vous

  7. amima dit :

    bonsoir,

    je vous rejoins, car je souhaite vraiment pouvoir faire lire des passage de ma vie sous forme de « je ne sais pas comment ». J’ai eu une vie qui mérite d’être lu par ces temps et je ne souhaite ni être reconnue, ni être vu (pour dispenser mes proches). Ma question est : ou être lu ou entendu ou encore publié (internet, radio, journal, revue, livre) pour toucher le maximum de personnes.

    merci merci!

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonsoir

      Pour être lue et publiée, il faut écrire un livre.
      Pour être entendue… être l’auteur d’un livre peut suffire !

      Bien à vous

  8. edouard dit :

    J’ai une question un peu complexe. Je souhaiterais, en tant que médecin, publier sous pseudonyme, témoigner de ma pratique sans dévoiler mon véritable patronyme (patients, collègues…)
    Cela est-il possible ? Savez-vous si l’ordre le permet dans ce cas ? (j’exerce sous mon vrai nom)
    Merci de me répondre et merci pour ce blog

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Certaines professions ne peuvent pas être exercées sous pseudonyme, par protection de leur clientèle. C’est le cas pour les activités médicales : les médecins, dentistes et sages-femmes ne peuvent pas exercer leur profession sous un pseudonyme. Et c’est pour cela que vous exercez sous votre nom (obligation légale).

      En revanche, en tant qu’écrivain, vous pouvez choisir librement un pseudonyme, voire en utiliser plusieurs en même temps sans que le conseil de l’ordre n’ait rien à y redire !

      Le choix du pseudonyme est libre à condition de :

      ne pas porter atteinte à l’ordre public (en présentant un caractère raciste ou injurieux par exemple),
      ne pas s’approprier la renommée d’une personne ou de s’attribuer une parenté.

      Sachez qu’un auteur utilisant un pseudonyme doit signer tout contrat sous son nom patronymique, avec mention du pseudonyme. Il peut y insérer une clause obligeant son éditeur, agent ou manager artistique de ne pas révéler sa véritable identité.

      Il ne reste plus qu’à écrire !

      Bon courage

  9. onguene dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre article.

    Pouvez vous me dire comment je peux protéger mon pseudonyme?

    Cordialement

    Madelene

  10. Ritz dit :

    Bonjour,
    J’ai lu votre article avec attention et j ai eu une question très précise, j ai écrit sous pseudo mon histoire, je voudrais savoir si légalement j ai le droit de mettre la mention « INSPIRE D UN FAIT REEL, les lieux et les noms ont été changé….etc. », sur le 4ème de couverture?
    L’éditeur me dit que je ne peux pas ce n’est pas légale, mais je doute de sa bonne foi…
    Merci d ‘avoir la gentillesse de me répondre
    Cordialement
    Céléna

  11. isabelle dit :

    Je vais écrire sous un pseudonyme pour premièrement protéger ma vie privée mais surtout parce qu’il y a déjà deux auteures à mon nom, n’est-ce pas une bonne raison de se démarquer???

  12. Cedric dit :

    Bonjour, je souhaite écrire un livre sous un pseudonyme, je vais passer par l’autoédition, est-ce que ça va me gêner ? Notamment pour les Royalties etc. dois-je mettre mon pseudo sur le roman mais mes infos réelles sur le compte d’auteur ? Je suis un peu perdu, dois-je aussi le déclarer quelque part ? Merci d’avance.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Oui vous mettez votre pseudo sur la couverture et votre vrai nom sur le compte d’auteur en signalant votre pseudonyme.
      Restez vigilant pour le compte d’auteur.

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