Faites-vous un travail de préparation ?

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Je ne sais pas chez vous, mais ici (j’habite le Nord de la France) il tombe des cordes depuis presque une semaine. Des torrents de pluie, des averses violentes. Hier, la règle n’a pas failli. D’un coup, le ciel s’est tendu de gris et la pluie s’est aussitôt abattue…

 

 

J’en étais donc là, en train de contempler ce spectacle désolant par la fenêtre, tout en me disant que c’était une belle aubaine pour le jardin, quand soudain, j’aperçois mon voisin qui sort de chez lui attifé d’un K-Way vert fluo.

Une curieuse façon d’occuper son temps libre…

Je le vois entrer dans son jardin, et commencer à arracher les herbes bien hautes. Il ne s’en occupe pas trop d’habitude et je suis carrément étonnée de le voir faire surtout sous cette pluie battante !

J’ouvre la fenêtre et lui lance, moqueuse : « Tu n’as pas trouvé d’autre occupation que de désherber sous la pluie ? »

Il me répond un truc du genre « Ben, c’est plus facile d’arracher les herbes quand il pleut ! ».

J’ai laissé tomber…

La bonne et la mauvaise façon de procéder

 

En fait, je n’ai pas la main verte mais il me semble bien plus facile de désherber APRÈS qu’il ait plu !
Quand il pleut, la terre est gorgée d’eau, la boue est partout et ça glisse.

En gros, c’est la galère, et la seule chose qu’on arrive à enlever dans ces conditions, ce sont les petites herbes qui n’ont pas de longues racines.

L’idéal, c’est de désherber le lendemain de l’averse (s’il ne pleut plus !). L’eau s’est infiltrée et avec la terre, humide en profondeur, ça sort tout seul. Sans compter qu’on évite en plus le K-way flashy et de se mettre ridicule !

Le rapport avec l’élaboration d’une histoire

 

Dès que l’idée surgit, beaucoup pensent qu’il faut s’attaquer tout de suite à l’écriture.

Parce qu’ils sont inspirés, parce qu’ils pensent qu’ils ont La bonne idée et savent ce qu’ils veulent dire, parce qu’ils croient que leur idée géniale suffira à tenir 250 pages.

Ils se précipitent donc pour vider leur cerveau, et poser leur idée sur le papier le plus vite possible en négligeant toute la phase de recherche.

Seulement, procéder ainsi, ce n’est pas la bonne façon de faire.

En procédant de cette façon, le « sol » n’est pas prêt. Le cerveau ne s’est pas encore mis en branle et n’a pas encore « fertilisé » le terrain de l’inspiration.

Il s’ensuit que les idées qui sortent ne sont que les idées qui se trouvent à la surface… Vous voyez où je veux en venir… et on ne retire que les herbes avec de petites racines.

Les bonnes grosses idées – celles qui feront tenir 250 pages –  celles-là, impossible de les extraire à froid.

Il s’ensuit des pages d’écriture médiocres, qui ne font qu’effleurer la surface de votre histoire. Des pages sans saveur, dans lesquelles on aligne des mots sans savoir où aller après trente ou quarante pages. Des pages, qu’on finit par s’ennuyer d’écrire. Des pages qui, à coup sûr, ennuieront vos lecteurs !

Voici plutôt comment il vaut mieux procéder :

Soignez la préparation de votre roman

 

AVANT de commencer à écrire une seule ligne de votre histoire, vous allez devoir trouver et rassembler un maximum d’informations et d’idées.

Et pour cela, il faut prévoir du temps.

Vous devez poser des questions à votre cerveau, et c’est ensuite votre inconscient qui fera le reste. Mais vous devez lui laisser un peu de temps. Le temps pour lui d’aller fouiner dans tous les recoins dont il dispose pour pouvoir vous sortir les bonnes idées qui feront de votre histoire une BONNE histoire.

Et pour l’aider, vous allez devoir faire quelques recherches en lien avec votre histoire.

C’est la profusion d’informations qui vous permettra de constituer une intrigue solide et multiplier les intrigues secondaires.

L’idée n’est pas non plus d’y passer un siècle. Mais vous pouvez quand même fouiller :

• La période historique à laquelle se situe votre histoire,

• Le décor de la région ou du secteur où se déroulerait votre histoire,

• Les spécificités des lieux où se déroulerait votre histoire,

• affiner vos personnages afin qu’ils soient bien en accord avec tous ces éléments,

• Et découvrir tellement d’autres points, idées ou autres au fil de vos recherches.

 

Pourquoi faire ce travail ?

 

• Parce que vous aurez plus de choses à raconter,

• des choses pertinentes et intéressantes à écrire,

• et surtout, vous pourrez affiner l’intrigue, la complexifier et la rendre plus attrayante

• Vous trouverez également de nouvelles idées. Celles auxquelles bien sûr, si pressé d’écrire, vous n’aviez absolument pas pensé.

• vous aurez une meilleure vue d’ensemble de votre histoire,

 

Quand on n’a pas donné ces infos à notre inconscient, ou qu’on ne lui a pas laissé le temps de les digérer, alors primo, on va avoir du mal à écrire, et secundo, ce que l’on va écrire manquera d’intérêt.
À vous de jouer !

Prenez le temps de réfléchir.

Ne vous lancez pas dans l’écriture de votre histoire sans préparation.

Une histoire ne s’écrit pas sans y réfléchir, sans la murir un minimum.

Au contraire, plus vous aurez abordé votre histoire de manière réfléchie, et mieux elle sera.
Passez le temps nécessaire à faire des recherches. Vous devez vous imprégner de l’époque à laquelle votre histoire se déroulera, des décors, de vos personnages…

Cherchez de quoi étoffer votre intrigue.

Bref, passez du temps à préparer le terrain. Votre histoire sera ensuite bien plus facile écrire.
On sous-estime trop souvent le travail de préparation quand on se lance dans l’écriture d’une histoire. C’est pourtant la seule manière d’écrire une histoire efficace, intéressante, prenante…

 

À vos succès d’écriture…
N’oubliez pas que plus on est de fous, plus on s’amuse !
Alors si cet article vous a plu, partagez-le via Facebook, Twitter et autre. Je vous en serais reconnaissante.

12 commentaires

  1. LOPEZ dit :

    Madame,
    Vous n’avez pas répondu à mes questions sur les diminition du verbe avoir et être, ainque les répétions en général.
    J’écris un roman policier, et me retrouve dans dans des dialogues et narrations à pleurer. Genre :
    Très tôt, Ce matin là, je m’étais retrouvé devant la société tartempion, à poireauter dans ma caisse.
    Ou :
    « Pourquoi, tu es partie ? dis-je.
    – À cause de mes parents, de notre enfant, de nous, dit-elle.
    – Mon père était gravement malade. Impossible de déserter ! »dis-je.

    Merci pour vos réponses… J.L.L.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Jean-Louis

      Si je vous ai répondu par un mail privé. Je vous ai demandé de m’envoyer quelques pages qui vous pose souci afin que j’y jette un oeil. Ce n’est pas évident d’agir sur si peu de texte, après il faut voir le contexte.

      Très tôt, ce matin là, je m’étais retrouvé devant la société tartempion, à poireauter dans ma caisse.
      peut se transformer par
      Très tôt, ce matin là, je poireautais devant la société tartempion, planqué dans ma caisse.

      « Pourquoi, tu es partie ? dis-je.
      – À cause de mes parents, de notre enfant, de nous, dit-elle.
      – Mon père était gravement malade. Impossible de déserter ! » dis-je.

      « Pourquoi, tu es partie ?
      – À cause de mes parents, de notre enfant, de nous…
      – Avec mon père gravement malade, impossible de déserter ! » dis-je.

      Maintenant, tout cela est sorti du contexte. Peut-être que les modifications ne pourraient pas convenir.

      Cordialement

  2. Jean-Patrick dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    lire vos suggestions me fait du bien ! Comme formateur, je m’évertue à expliquer qu’un écrit (professionnel, mais aussi créatif) passe par 5 étapes incontournables :
    1. le sujet : préciser avec clarté de quoi on veut parler.
    2. les informations, les idées : un maximum, pour ne pas être à court
    3. le plan : le scénario qui emmènera le lecteur
    4. la rédaction : avec son cortège de vocabulaire, grammaire, orthographe, syntaxe, etc.
    5. la relecture de TOUS les aspects : suis-je resté dans mon sujet ? ai-je emmené mon lecteur ou est-ce lui qui a dû me suivre ? les idées tombent-elles au bon moment ? ma rédaction est-elle soignée ?

    Cette semaine, j’ai entendu que Flaubert scénarisait ses histoires à mort et se les racontait 100 fois en 70 versions, avant de les écrire. Il cherchait les informations pour rendre telle scène réaliste : il naviguait à fond entre les étapes 2 et 3.

    De tels conseils – de bon sens et de prudence – semblent judicieux, surtout quand on s’est planté plusieurs fois : ah ! si j’avais su plus tôt !!!
    Merci

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Merci Jean-Patrick

      J’ai précisément lancé Aproposdecriture car je me suis plantée des années avant de découvrir les bons chemins. Si je peux épargner à d’autres ce temps perdu inutilement, j’en serais ravie. Flaubert n’avait pas la chance que nous avons aujourd’hui : internet ! On peut recueillir quantité d’informations de son bureau. L’écriture devient facile quand on sait où et comment aller dans son histoire.

      Cordialement

  3. Briffaud Louise dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    Merci de vos bons conseils. Ceux-ci sont toujours bien accueillis.
    Personnellement, je suis en train d’écrire un roman historique concernant l’arrivée de mes ancêtres à la fin du XIXe siècle en Nouvelle-Calédonie; tout était à faire et d’emblée la maison d’habitation à construire dans une végétation qu’il fallut défichée ! Donc, un plaisir pour moi de collectionner vos conseils.
    Encore merci.

    Louise.

  4. cassandra dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,
    j’aprecie toujours autant vos articles, et vos conseils. À mes débuts dans l’écriture, je me lancé sans vraiment réfléchir à mon histoire, et bien sur au bout de deux chapitres, ça coincé…
    Aujourd’hui, je prend plus le temps d’y pensé, et je suis toujours plus surprise par mes travails. Mon projet actuel compte 4 points de départ possible pour l’instant, avec dès dizaines d’idées pour chaque. Maintenant mon problème et de choisir parmis toutes, et j’avoué être un peu perdu pour faire un choix…

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Cassandra

      Comme je le dis dans l’article, préparer son travail d’écriture permet de gagner un temps considérable et surtout de s’épargner des heures inutiles d’écriture.

      Vous dites avoir 4 points de départ et des dizaines d’idées pour chaque. Génial… c’est mieux que de ne pas avoir du tout d’idées.
      Vous dites aussi être perdue dans votre choix. Alors je vous conseille de prendre chaque point de départ et d’échafauder une histoire jusqu’à la fin.
      Il ne s’agit pas de l’écrire mais de voir jusqu’où vous pouvez aller avec chaque point de départ. Je vous garantis que la solution va vous sauter aux yeux et se dégager comme une évidence. Faites-le et revenez dire si vous avez trouvé une solution.

      A vos succès d’écriture

  5. Stephanie dit :

    Merci pour cet article enrichissant. J’ai commence a ecrire un roman mais voila je sis bloque depuis des mois. C peut etre le coup du voisin qui m’arrive. Y aurait-il une technique speciale pour construire des personnages et les donner un aspect credible et humain?

  6. marcel dit :

    Bonjour
    D’après ce que j’ai pu lire sur différents écrivains, il se détache deux écoles, ceux qui planifient tout, un peu comme vous le décrivez ici et ceux qui écrivent à l’instinct, en se laissant porter. Certains auteurs disent qu’ils ne sont que des canaux de transmission, comme-ci l’histoire leur était dictée. Qu’en pensez vous ?
    Merci
    Marcel
    Le dernier article de marcel : ANAQUE ET SENTIMENTS-EXTRAITMy Profile

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Écrire à l’instinct… je n’y crois pas. Pas plus que d’écrire une histoire dictée sur 200 pages. Certes, en cours d’écriture, on est parfois frappé de la grâce de la créativité. Les mots viennent, les phrases s’enchaînent, tout est facile. Mais c’est vrai sur quelques pages pas sur 200 !

      Planifier ne signifie pas être prisonnier ou brider son imagination. Ce que craignent d’ailleurs faussement les détracteurs de la planification. En effet, en cours d’écriture, un personnage peut prendre le pouvoir et changer le cours des choses. Il faut alors savoir rebondir et modifier son joli plan. Je ne connais rien qui ne se prépare pas. En tous cas, en matière d’écriture, l’instinct atteint vite ses limites.

      Bien à vous

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