On entend souvent ce conseil : « écris plus ».
Écris tous les jours. Écris davantage. Accumule les pages, les mots, les heures.
Et pourtant, beaucoup d’auteurs font une expérience troublante : ils écrivent plus… sans avoir le sentiment de progresser vraiment. Le texte avance, oui. Mais quelque chose stagne. Alors, que se passe-t-il quand la quantité ne suffit plus ?
1/ Écrire plus n’est pas toujours écrire autrement
Écrire davantage permet de gagner en aisance, en endurance, en régularité. Mais passé un certain seuil, on peut aussi répéter les mêmes réflexes. Les mêmes phrases. Les mêmes tics.
On écrit plus… mais dans le même cadre mental. Or, sans déplacement du regard, l’écriture tourne parfois en rond.
2/ La confusion entre production et progression
Produire un texte et progresser comme auteur sont deux choses différentes.
On peut produire beaucoup sans jamais interroger ses choix : pourquoi cette scène ? pourquoi ce point de vue ? pourquoi ce rythme ?
La progression commence quand on s’arrête un instant pour regarder comment on écrit, pas seulement combien.
3/ Quand l’effort devient une fuite
Écrire plus peut aussi devenir une manière d’éviter certaines questions inconfortables.
Relire vraiment. Couper. Réécrire. Douter au bon endroit.
L’accumulation protège parfois d’un face-à-face plus exigeant avec le texte. Et l’on confond alors discipline et avancée réelle.
Conclusion
Écrire est indispensable. Écrire beaucoup, souvent nécessaire.
Mais progresser demande autre chose que du volume : un pas de côté, un ralentissement, parfois un changement de cadre. Le moment où écrire plus ne suffit plus est souvent le signe que quelque chose d’autre cherche à émerger.
La prochaine fois que tu écris, ne te demande pas combien de mots tu vas produire.
Demande-toi plutôt : qu’est-ce que j’essaie vraiment de faire avec ce texte ?