par Marie-Adrienne Carrara | Sep 12, 2012 | Conseils d'écriture
Cet article fait écho au précédent Comment écrire un roman et répond à une autre question qu’un lecteur m’a posé arrivée par mail le surlendemain.
Il est aussi ma participation au festival « À la croisée des blogs» proposé par le site de la communauté de développement personnel. Ce mois-ci, l’organisateur est Mathieu, du blog Penser et Agir qui propose le thème suivant: Penser et Agir, à quel moment devez-vous passer à l’action ?
Les idées se bousculent dans votre tête. Les mots arrivent à foison. Vous y pensez depuis longtemps… Écrire un roman… vous en rêvez mais vous restez bloqué, pétrifié à l’idée de vous lancer.
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas,
c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Sénèque
Quand commencer à écrire ?
La seule vraie façon d’écrire un livre, c’est de commencer à écrire MAINTENANT !
Un livre de 200 pages commence par un seul mot. Certes il ne vous mènera peut-être pas à l’édition, mais ce premier mot peut vous conduire à une idée, qui devient un paragraphe, qui devient un chapitre…
- JRR Tolkien a commencé avec une seule phrase, griffonnée au dos d’une feuille d’examen ; nous connaissons son succès !
- JK Rowling a commencé avec une idée qui lui est venue dans un train, une idée qu’elle a refusée d’abandonner. Et c’est ainsi que naquit Harry Potter, une histoire en 7 volumes !
Comment commencer à écrire ?
Si vous voulez vraiment apprendre à écrire un livre, commencez aujourd’hui avec un simple geste. Par exemple, piochez sans modération dans cet ouvrage original
et savoureux 350 propositions d’écriture et échauffez-vous avec un exercice d’écriture.
Ce sera bonne façon de jeter l’encre et de prendre confiance. Étonnantes et insolites, ces propositions d’écriture – pour la plupart inédites – seront autant de pistes à explorer, à vivre et à renouveler selon votre créativité et votre plume. Partez à la rencontre de votre imaginaire, apprivoisez les mots qui vous habitent, améliorez vos écrits, affirmez votre style, structurez votre pensée et découvrez l’écrivain que vous n’osiez devenir !
(suite…)
par Marie-Adrienne Carrara | Sep 9, 2012 | Conseils d'écriture
… Cette question est arrivée dans ma boîte mail.
Je ne vous cache pas que je m’y attendais puisque précisément, j’ai lancé ce blog pour partager ce que j’ai pu apprendre.
Pour répondre à cette question, je dirai que prendre un peu de temps pour apprendre à écrire un roman avant de commencer va payer énormément.
En premier lieu, la maîtrise de quelques techniques simples d’écriture se traduira par un meilleur manuscrit. Deuxièmement, vous serez susceptible de finir réellement votre roman, si vous avez un peu de théorie sur laquelle vous appuyer quand vous serez bloqué.
Étonnamment, certains arrivent à se convaincre qu’en lisant beaucoup de romans et en participant à des ateliers d’écriture, ils réussiront à écrire facilement un roman. Grossière erreur ! Supposer que la lecture de romans suffise à faire de vous un romancier revient à penser que vivre longtemps dans une maison suffit à pouvoir en construire une ! Quant aux ateliers d’écriture, s’ils sont intéressants à suivre, je peux vous garantir – pour en avoir animé quelques-uns – que peu de participants pratiquent l’écriture quotidienne. Or si vous voulez écrire un roman, il faudra bien s’y astreindre !
Vous êtes peut-être en train de penser que quelques auteurs réussissent bien un coup de maître dès le premier roman sans technique, sans enseignement, sans expérience. C’est vrai, mais ces auteurs-là, même s’ils font envie à tous, sont plutôt rares. La grande majorité des romanciers trouvent leur travail plus facile et plus rapide après avoir pris le temps d’apprendre quelques ficelles du « métier ».
Dans le même temps, je sais par expérience qu’un excès de théorie peut devenir paralysant. Par exemple, étudier la structure du récit en détail peut vite devenir écrasant et nuire à l’inspiration et la spontanéité si vous la mettez trop en avant. Mais ne nous leurrons pas, les romans sont des créations très complexes qui peuvent être étudiées sous de nombreux angles, tous cependant ne sont pas utiles à l’écrivain. Je vous dirai comment je me suis parfois égarée.
Des techniques pour écrire un roman
Au fil des articles de ce blog, je vous livrerai quelques-uns des secrets de l’écriture romanesque. Du moins ceux que j’ai trouvés, étudiés, décortiqués pour garder l’essentiel. Ils vous aideront à créer un roman bien structuré et émotionnellement convaincant sans compter sur les formules stéréotypées.
Je dois faire un aveu : j’adore la technique et en particulier la technique littéraire. Sans doute un reste de « mon ancienne vie ». Je me souviens que je détestais voir les notes de service déferler sur mon bureau. Pour m’en débarrasser, j’en confiais la lecture à l’un de mes collaborateurs qui m’en faisait d’excellents résumés ! En revanche, quand je recevais des fiches techniques de verres ou de montures – pour ceux qui ne le savent pas encore, j’ai exercé vingt ans le métier d’opticienne ! –, je décortiquais le contenu. Ensuite, il me suffisait d’adapter la technique aux besoins et je faisais des clients satisfaits de leurs lunettes.
…Mais revenons à la technique littéraire. Au fil des articles, je vais essayer de présenter ces techniques et secrets tout simplement. Mon objectif est de vous donner assez de théorie pour nourrir votre imagination et vous laisser aller sur votre chemin d’écriture.
Attention, je n’ai jamais dit que votre nouvelle ou votre roman s’écrira d’un coup de baguette magique. Si telle est votre idée, passez votre chemin ! Il restera à votre charge le travail, la passion, la motivation, la créativité, la procrastination… et tellement d’autres thèmes que bien sûr j’évoquerai également dans des articles à venir.
Voilà donc ma réponse à cette question arrivée par mail.
Si vous avez une question sur le processus d’écriture, la façon d’écrire un roman, d’avoir des idées, de construire des histoires, des personnages, ou de commencer ou de finir un roman… Posez-la en passant par la page CONTACT. J’y répondrai par un article sur le blog conçu comme un lieu de partage.
À très vite…
par Marie-Adrienne Carrara | Sep 3, 2012 | Conseils d'écriture
Les figures de style appartiennent à la rhétorique, science du bien-dire mais aussi du bien-écrire.
Certaines figures se réapproprient le sens des mots. On parle alors de figures de substitution ou d’images, comme la métonymie, la métaphore ou la périphrase.
D’autres jouent sur la place des mots dans une phrase pour opposer, amplifier ou atténuer, avec l’anaphore ou encore la gradation.
Elles modifient aussi la construction d’un texte et appartiennent plus au domaine du discours et de la syntaxe, comme l’anacoluthe ou l’ellipse.
Prépondérantes dans l’art de la poésie, elles peuvent jouer avec les sonorités comme l’allitération (qui est une répétition d’un même son consonantique) ou encore l’assonance (qui est une répétition vocalique d’un même son dans un vers).
Les maîtriser permet de rendre un texte plus expressif, de pointer une émotion, ou encore de jouer sur l’ironie. Attention toutefois à ne pas en abuser. Exagérer leur emploi peut rendre votre texte trop complexe.

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par Marie-Adrienne Carrara | Août 30, 2012 | Conseils d'écriture
Écrire, vous y pensez depuis toujours. Vos avez des tas d’idées et vous vous sentez prêts, mais en même temps, vous éprouvez un frein. Vous avez beau le refuser, mais ce frein, c’est la peur !

La peur nous affecte tous plus que nous ne voulons bien l’admettre, et elle est particulièrement insidieuse chez les écrivains.
Je n’aime pas perdre de temps parce qu’il m’est trop précieux. Mais en regardant en arrière, je constate que j’ai perdu beaucoup de temps dans ma vie d’écrivain parce que j’ai laissé des peurs m’envahir.
La solution est simple : ne pas se laisser gagner ! Rappelez-vous, le vrai courage n’est pas de ne pas connaître la peur, mais d’accomplir ce qui doit être fait, malgré la peur !
Voici les principales craintes qui retiennent les écrivains, quelques conseils pour y remédier et se mettre quand même au travail.
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 23, 2012 | Conseils d'écriture
Voici comment augmenter massivement votre vitesse d’écriture, en 7 étapes faciles.

# Étape 1 : Trouvez votre meilleur temps d’écriture
Ce point est crucial. Ne vous leurrez pas, toutes les heures sont inégales.
Vous devez savoir quand vous êtes le plus productif.
Pour moi, c’est le soir, quand tout le monde est couché et que la maison plonge dans le silence.
Pour vous, cela pourrait être le matin, le midi ou le soir. Vous avez probablement déjà une idée de vos meilleures heures de travail. Bien sûr, rien n’est simple, car la vie se charge de nous happer et de nous prendre tout notre temps. Mais si vous voulez écrire, il faudra s’astreindre à un planning de travail régulier. Si vous peinez à vous libérer dans la semaine ou n’avez pas réussi à déplacer certaines obligations, vous pouvez toujours utiliser vos meilleures heures les week-ends.
Maintenant, si vous n’êtes pas sûrs de votre temps favori d’écriture, essayez différents moments et voyez celui qui vous rendra plus productif !
# Étape 2: Réduire au minimum le risque d’interruptions
Ça y, vous avez établi que votre moment favori pour écrire, c’est le samedi de 10 à 12h.
Samedi donc vous vous asseyez à l’ordinateur, prêt à taper…
Et le téléphone sonne. Personne ne décroche et la sonnerie insiste. Résigné(e)s, vous répondez. Il s’agit d’un appel de démarchage. Après quelques phrases, vous raccrochez nerveusement. Tout cela pour cela !
Pas dix minutes passent quand votre mari ou votre femme arrive et vous demande ce qu’il (ou elle) peut préparer pour le déjeuner. Rien… tout est déjà dans le frigidaire !
Il (ou elle) repart et vous voilà enfin prêt à vous lancer quand une fenêtre de chat s’ouvre sur votre ordinateur. C’est un ami dont vous n’avez pas de nouvelles depuis un moment.
…Après tout cela, comment s’étonner que vous n’arriviez pas à écrire beaucoup ?
Au lieu gémir et de raccrocher nerveusement au nez du la personne qui tente de vous vendre son produit ou de renvoyer vertement votre conjoint (e), voici ce qu’il faut faire:
- Éteignez votre téléphone mobile. Débranchez le téléphone fixe (ou assurez-vous que votre mari/ femme ou enfants sachent que ce sera à eux de répondre si le téléphone sonne
- Prévenez votre entourage que vous allez écrire. Expliquez que vous serez libre seulement après midi, et vous seriez reconnaissant(e) de ne pas être interrompu(e) avant cette heure.
- Travailler dans votre pièce favorite, votre espace, et fermez la porte. Attention si c’est dans la cuisine, vous risquez vraiment d’être interrompu(e)s.
- Si vous ne pouvez vraiment pas trouver un moment de quiétude à la maison, prenez votre bloc-notes ou votre ordinateur portable et trouvez-vous un endroit où travailler au calme. Les bibliothèques par exemple sont ouvertes à tous et gratuitement. La plupart offrent des zones de travail.
# Étape 3: Éloigner les distractions
Réduire les interruptions aide beaucoup. Mais les distractions restent l’ennemi de l’écriture. Voilà à quoi elles peuvent ressembler :
- Vous décidez que vous devez vraiment ranger votre bureau avant de commencer à écrire.
- Lorsque vous butez sur les mots et les phrases, au lieu de rester concentré(e)s, vous ouvrez votre messagerie histoire d’y trouver quelque chose d’excitant.
- Après les 200 premiers mots, péniblement alignés, vous cliquez sur un lien qui mène à une vidéo amusante sur YouTube ou un billet de blog que vous vouliez lire. Une heure plus tard, vous vous demandez où votre temps est allé.
- Vous vous remettez au travail, mais une publicité pour ordinateurs portables bon marché arrive dans votre messagerie et attire votre œil instantanément…
Certaines distractions peuvent sembler légitimes. Après tout, votre bureau est en désordre. Mais vous n’avez pas besoin d’un nouvel ordinateur, et pourtant, vous ne pouvez pas résister à la tentation de regarder cette nouvelle offre !
Le truc, c’est que vous n’avez pas besoin de ranger votre bureau ou de regarder les choses tout de suite. Tout cela peut attendre une heure ou deux. Il y a beaucoup de façons de réduire les distractions. Vous pouvez :
- Débranchez votre câble Internet (ou éteignez votre réseau sans fil).
- Dégagez tous les objets de distraction de votre lieu de travail. Avez-vous vraiment envie de passer deux heures à essayer de trouver la solution de ce fameux Rubik’s cube posé sur l’étagère ?
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par Marie-Adrienne Carrara | Août 20, 2012 | Conseils d'écriture
Définir l’incipit
Dans le seul domaine du roman, on désigne par incipit (masculin, du latin incipire) la première phrase du texte, aussi nommée « phrase-seuil ».
Plus que la simple amorce d’un texte, cette première phrase d’un roman ouvre la porte de l’imaginaire de l’auteur. Elle n’est pas forcément belle, ni originale. Mais elle est toujours précieuse et émouvante, car elle symbolise le seuil du livre, le point de passage entre deux mondes, la main tendue de l’auteur au lecteur.
On parle souvent du syndrome de la page blanche, mais on pense moins à ces satanés mots d’ouverture qui doivent donner le ton d’une histoire et l’envie de lire la suite.
L’incipit informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit. Autrement dit, c’est le « la » d’un livre, dans sa forme, son, son rythme le choix des mots, sa précipitation ou sa lenteur, son intention à décrire ou sa tendance à l’ellipse, sa volonté de séduire ou sa curieuse banalité.
Incipit célèbres
Certains incipit sont restés furieusement célèbres à commencer par :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure », une première phrase par laquelle Marcel Proust ouvre le chemin de À la recherche du temps perdu. Sur dix personnes interrogées au hasard dans la rue, cinq ont entendu cette phrase, deux l’attribuent à Proust.
Pourtant, avouons-le, ces huit mots n’ont rien de particulier. On a beau les lire et les relire, les déclamer, les chuchoter, il ne s’agit jamais rien d’autre qu’une formulation sans charisme. Pourquoi cette phrase demeure-t-elle alors l’une des plus fameuses de notre littérature ?
Certains voient en ce « longtemps » un côté hypnotique prenant d’emblée le lecteur par la main pour le renvoyer à son propre « longtemps », son propre passé.
Mais on constate le même effet avec Albert Camus et son Étranger : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
Une phrase à rebond. Une première phrase à deux étages avec un vrai point au milieu. La première phrase enferme le récit dans un événement donné, singulier sur lequel l’auteur s’expliquera. La deuxième s’annonce comme un électrochoc moral. Tout est dit dans ces quelques mots « peut-être », « je ne sais pas ». Et étrangement, ce sont ces mots les plus doux qui se révèlent les plus violents.
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