Dans ce nouvel épisode de la série « L’Alchimie du roman », Jean-Philippe Depotte décortique Moby Dick, de de Herman Melville.

 

 

 

 

 

 

 

Moby Dick

 

 

 

 

À propos de Herman Melville

 

 

Né le 1 août 1819 à New York (États-Unis) dans une famille aux origines néerlandaises et écossaises, Herman Melville a exercé de nombreux métiers avant de trouver sa voie. Il a tour à tour été banquier, instituteur et comptable avant de s’engager en janvier 1839 comme mousse sur le Saint Lawrence, cargo en partance pour Liverpool. Il n’a pas vingt ans.

 

Dix ans plus tard, il écrit Redburn, premier voyage d’un mousse (Redburn His First Voyage, 1849), récit autobiographique de ce premier embarquement. Premier voyage très dur, où le jeune Herman, instable, inquiet, déclassé, souffre à la fois du mépris des officiers et de l’équipage.

 

En 1842, il déserte le bateau et se retrouve sur une île. Il sera recueilli par ses habitants, des cannibales, avant de parvenir à regagner les États-Unis.

Après ses deux premiers romans, “Taïpi” et “Omoo”, Herman Melville épouse Elizabeth Shaw, qui lui donnera quatre enfants. Il liera également une solide amitié avec Nathaniel Hawthorne, l’auteur de “La Lettre écarlate” qui fut le seul à reconnaitre l’immensité épique et symbolique de Moby Dick.

 

 

 

À propos du roman Moby Dick

 

C’est le 14 novembre 1851 que paraît “Moby Dick”, sous le titre original “Moby Dick or the white Whale”. Melville s’inspire de deux faits réels pour alimenter son histoire : le naufrage du baleinier Essex, coulé en 1820 après avoir heurté un cachalot, et l’existence d’une baleine blanche, aperçue au large de l’île chilienne de Mota en 1830.

 

Moby Dick n’eut aucun succès. Seul Nathaniel Hawthorne, qui venait d’achever La Lettre écarlate, reconnut l’immensité épique et symbolique de Moby Dick. Il fallut plus d’un siècle pour que le monde reconnûtle roman.

 

Melville survivra quarante ans au capitaine Achab. Mais l’échec du livre l’a abattu à jamais. En 1852, il publie Pierre ou les Ambiguïtés (Pierre, or the Ambiguities), où pour la première fois il abandonne l’inspiration maritime. Mais cette fois encore, l’échec est total.

 

À trente-trois ans, Melville fini, renonce insensiblement à écrire. En 1855, il publie une œuvre alimentaire, Israel Potter, His Fifty Years of Exile.

À trente-sept ans, las, usé par l’effort et la maladie, presque semblable à un vieillard, il part pour un long pèlerinage en Terre sainte, au Moyen-Orient et en Europe. Mais, à Constantinople comme à Jérusalem, au Caire et au bord de la mer Morte, son Journal reste une quête de l’horreur.

 

Rentré en Amérique quand éclate la guerre de Sécession, il écrit des poèmes de guerre, qu’il publie à compte d’auteur, en 1 200 exemplaires : Battle-Pieces (1866). La même année, il doit accepter pour vivre de devenir comme Hawthorne agent des douanes, après avoir vendu sa ferme. Vingt ans plus tard seulement, un héritage lui permettra de démissionner.

 

Oublié, pauvre, il écrit surtout des vers. En 1870, il entreprend Clarel, poème en 20 000 vers, l’un des plus ambitieux conçus en Amérique. Publié à compte d’auteur en 1876, Clarel n’eut aucun succès.

 

Accablé de maladies, de problèmes familiaux (suicide de son fils, hostilité de ses enfants), Melville commence en 1888 Billy Budd. Il meurt le 28 septembre 1891 dans l’indifférence générale.

 

Redécouvert après 1920, les subtilités et les symboles de son œuvre attirent de plus en plus de lecteurs. Moby Dick fut entièrement traduit en français par Jean Giono en 1939. L’œuvre a connu de nombreuses adaptations, notamment au cinéma.

 

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Comme à son habitude, Jean-Philippe Depotte analyse le roman selon quatre éléments :
• L’Eau, c’est le Style.
C’est la plume de l’écrivain, la poésie, la beauté du langage et le simple plaisir de lire de belles phrases.
• L’Air, c’est la Fiction.
C’est l’invention, qui prend deux formes, en général : l’intrigue (l’histoire que l’on raconte) et les personnages.
• La Terre, c’est le Milieu que décrit le roman.
C’est une époque ou c’est un lieu. C’est ce qu’apprend le lecteur sur la réalité que décrit le roman.
• Enfin le Feu, c’est le Message.
C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit son roman. C’est le message qu’il a voulu transmettre à son lecteur. Une philosophie, une morale ou, simplement, un sentiment, une impression.

 

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Découvrez la vidéo (11’29) :

 

 

 

Merci à Jean-Philippe Depotte pour cette nouvelle explication.

Ce livre est un grand souvenir de lecture d’adolescence. J’ai lu Moby Dick alors que j’étais coincée chez moi par une méchante entorse à la cheville… Et j’ai adoré ! Et puis, je me suis aussi un peu intéressée à l’auteur, qui n’a malheureusement jamais connu le succès.

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