Dans ce nouvel épisode de la série « L’Alchimie du roman », Jean-Philippe Depotte décortique “ L’Insoutenable légèreté de l’être”, de Milan Kundera.

 

 

 

 

L’insoutenable légèreté de l’être

 

 

 

À propos de Milan Kundera

 

Milan Kundera est né en 1929 à Brno, en Tchécoslovaquie (aujourd’hui, la République tchèque).

Après des études secondaires à Brno, il entame en 1948, des études de littérature et d’esthétique à la Faculté des lettres de l’université Charles de Prague. Mais il change d’orientation au bout de deux semestres et s’inscrit à l’école supérieure de cinéma de Prague, la FAMU.

 

Il devient professeur et enseigne l’histoire du cinéma à l’Académie de musique d’art dramatique de 1959 à 1969 puis à l’Institut des hautes études cinématographiques de Prague.

 

Kundera ne tarde pas à s’opposer au régime communiste mis en place en 1948.  Il fut d’ailleurs exclu un an du parti communiste à l’âge de vingt ans, puis réintégré. Mais il en sera définitivement exclu en 1970 à la suite de ses prises de positions publiques à partir de 1967. Kundera s’est mis à écrire à la fin de 1950 et dirigea ses attaques ironiques vers le gouvernement dès ses premiers textes .

 

Son premier livre, L’Homme, ce vaste jardin, en 1953, est un recueil de 24 poèmes lyriques

En 1955, il publie Le Dernier Mai, un livre de poésie consistant en un hommage à Julius Fučík, un héros de la résistance communiste contre l’occupation de l’Allemagne nazie en Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1957, Monologues constitue une collection de 36 poèmes.

 

Milan Kundera publie ses premiers recueils de poèmes en 195,. Il a été parmi les réformateurs tchèques qui, en 1968, ont cru pouvoir réformer le communisme de l’intérieur. Ses oeuvres « La Plaisanterie » et « Risibles amours » incarnent avec force le souffle de liberté qui s’exprime lors du Printemps de Prague, auquel il participe activement.

 

Après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les Russes, en 1968, il perd son emploi et voit ses ouvrages interdits en raison de ses prises de positions politiques. Déchu de sa nationalité, il est enfin autorisé à émigrer en France en 1975. Il devient professeur à l’Université de Rennes jusqu’en 1979 puis à l’EHESS de Paris. Kundera obtient la nationalité française en 1981.

 

En 1984, il publie ce qui est considéré comme son œuvre majeure : L’insoutenable légèreté de l’être, roman qui lui vaudra lune reconnaissance internationalement. Il y poursuit sa réflexion sur l’illusion et la condition humaine, ainsi que sur l’éternel retour nietzschéen. Il commence désormais à écrire ses romans en français (La Lenteur, 1995 ; L’Identité , 1998 ;  L’Ignorance », 2003 ;  La Fête de l’insignifiance , 2014).

 

Analyste de son propre travail, Milan Kundera signe plusieurs écrits théoriques comme L’Art du roman, Les Testaments trahis, Le Rideau  ou Une rencontre.

 

Le 24 mars 2011, Kundera voit ses œuvres complètes publiées dans La Bibliothèque de la Pléiade. Il est un des rares écrivains à y faire son entrée de son vivant. Par ailleurs, son nom a été plusieurs fois cité sur les listes du Prix Nobel de littérature.

 
À propos de L’Insoutenable légèreté de l’être de Mila Kundera

 

L’Insoutenable Légèreté de l’être a été écrit en 1982 et publié pour la première fois en 1984 en France. Il s’agit du cinquième roman de Kundera.

 

L’intrigue se situe en majorité à Prague et débute en 1968 au moment des événements du Printemps de Prague. Elle met en scène quatre personnages principaux qui sont Tomas, Teresa, Sabina et Franz.

 

Le roman est composé de sept parties : « La légèreté et la pesanteur », « L’âme et le corps », « Les mots incompris », « L’âme et le corps », « La légèreté et la pesanteur », « La Grande Marche » et enfin « Le sourire de Karénine ».

 

Les deux premières parties ainsi que la 4e, la 5e et la 7e sont consacrées à l’histoire de Tomas et Teresa, dans laquelle intervient la relation de Tomas avec Sabina.

 

La 3e et la 6e parties mettent en lumière l’histoire de Franz et Sabina. Chaque partie est formée de brefs chapitres, parfois simplement composés d’un paragraphe.

 

L’œuvre se situe entre le récit et l’essai, sans qu’il y ait de frontière marquée ou d’espace spécifiquement consacré d’une part au récit, de l’autre à l’essai.

 

La réflexion est intégrée à la narration et à l’histoire personnelle des personnages fictifs. Le roman apparaît presque comme un prétexte à une réflexion sur l’existence, l’âme et le corps. Ainsi, alternent le pur récit et les moments où intervient le discours du narrateur. L’irruption de la voix de l’auteur en train d’écrire à propos de l’acte même d’écriture et de l’artificialité du roman vient briser l’illusion romanesque.

Le roman n’a pas de linéarité temporelle dans la narration. Le récit effectue des allers et retours entre passé, présent et futur dans l’histoire des différents personnages.

 

En 1988, Philip Kaufman réalisateur, scénariste et producteur américain porte L’Insoutenable Légèreté de l’être à l’écran avec Daniel Day-Lewis, Juliette Binoche et Lena Olin.

 

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Comme à son habitude, Jean-Philippe Depotte analyse le roman selon quatre éléments :
• L’Eau, c’est le Style.
C’est la plume de l’écrivain, la poésie, la beauté du langage et le simple plaisir de lire de belles phrases.
• L’Air, c’est la Fiction.
C’est l’invention, qui prend deux formes, en général : l’intrigue (l’histoire que l’on raconte) et les personnages.
• La Terre, c’est le Milieu que décrit le roman.
C’est une époque ou c’est un lieu. C’est ce qu’apprend le lecteur sur la réalité que décrit le roman.
• Enfin le Feu, c’est le Message.
C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit son roman. C’est le message qu’il a voulu transmettre à son lecteur. Une philosophie, une morale ou, simplement, un sentiment, une impression.

 

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Découvrez la vidéo (11’05) :

 

 

 

Merci à Jean-Philippe Depotte pour son analyse. Je me souviens avoir été emballée par le livre. J’avais trouvé intéressants ces allers et retours entre passé, présent et futur dans l’histoire des différents personnages. En revanche, je ne garde aucun souvenir du film que j’ai vu au moment de sa sortie.

 

À vos succès d’écriture…

 

 

 

 

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