Cet article est le septième épisode de ma série : Si je devais me lancer dans l’écriture aujourd’hui. Et plus cette série avance… plus je réalise quelque chose d’un peu inconfortable : pendant longtemps, je n’ai pas seulement douté de mon écriture. J’ai surtout cherché des réponses au mauvais endroit…
Au début, je pensais que mon problème venait de mon écriture. Pas assez de technique. Pas assez de niveau.
Pas assez de méthode. Pas assez de confiance…
Alors j’ai cherché des réponses.
Partout.
Dans les conseils.
Dans les vidéos.
Dans les livres.
Dans les routines des autres auteurs.
Dans les méthodes.
Dans les comparaisons aussi.
Je pensais sincèrement que quelque part, quelqu’un détenait enfin “la bonne manière”.
Celle qui allait :
me débloquer,
me rassurer,
me rendre légitime,
et faire taire ce doute permanent qui revenait chaque fois que j’ouvrais un document vide.
Pendant longtemps, j’ai cru que je cherchais comment mieux écrire.
Mais avec le recul…
je crois que je cherchais surtout la permission.
La permission de me sentir à ma place.
Je croyais que le problème venait de moi
Je regardais certains auteurs avec une forme d’admiration silencieuse.
Ils semblaient sûrs d’eux.
Fluides.
Légitimes.
Presque “faits” pour écrire.
Et moi ?
Moi, je doutais au milieu d’une phrase.
Je recommençais trois introductions.
Je changeais de projet.
Je passais parfois plus de temps à réfléchir à l’écriture…
qu’à écrire réellement.
Alors forcément, je me disais :
“Les autres ont compris quelque chose que je n’ai pas encore compris.”
Et cette pensée est épuisante.
Parce qu’elle pousse à chercher toujours plus loin.
Encore un conseil.
Encore une méthode.
Encore une réponse extérieure.
Comme si le prochain livre, la prochaine vidéo ou la prochaine technique allait enfin réparer quelque chose.
Le jour où j’ai commencé à comprendre
Je ne crois pas qu’il y ait eu une révélation spectaculaire.
Pas de musique de film.
Pas de lumière tombée du ciel.
Plutôt une fatigue.
La fatigue de toujours chercher ailleurs ce que je n’arrivais pas à construire intérieurement.
Et un jour, quelque chose a changé.
J’ai compris que je pouvais continuer à apprendre…
sans transformer chaque conseil en verdict sur ma valeur.
J’ai compris que progresser ne signifiait pas devenir quelqu’un d’autre.
Et surtout, j’ai compris quelque chose de très simple :
aucune méthode ne pourra un jour supprimer complètement le doute.
Parce que le doute fait partie du chemin.
Même chez les auteurs qui avancent.
Même chez ceux qu’on admire.
Même chez ceux qui semblent sûrs d’eux.
La différence, ce n’est pas l’absence de doute.
C’est la capacité à continuer malgré lui.
J’ai longtemps cherché une réponse technique à un
problème émotionnel
Avec le recul, je crois que beaucoup d’auteurs vivent cela.
On pense chercher :
une méthode,
une structure,
une technique,
une organisation.
Mais parfois, derrière tout cela, il y a autre chose.
La peur d’être médiocre.
La peur de ne jamais être à la hauteur.
La peur d’écrire pour rien.
La peur de ne jamais réussir à finir quelque chose.
Et tant qu’on ne voit pas cela…
on continue à chercher au mauvais endroit.
Je ne dis pas que les outils ou les conseils ne servent à rien.
Au contraire.
Je crois profondément qu’un cadre clair, humain et progressif peut faire gagner énormément de temps.
Mais aucune technique ne remplacera jamais complètement :
la patience,
la régularité,
et cette décision silencieuse de continuer malgré les doutes.
Aujourd’hui, je regarde l’écriture autrement
Je crois que pendant longtemps, je voulais prouver que j’étais capable d’écrire.
Aujourd’hui, je crois surtout que j’ai envie d’écrire pour rester vivante à l’intérieur.
Et ça change beaucoup de choses.
Parce qu’à partir du moment où l’écriture cesse d’être uniquement une preuve…
elle redevient un espace.
Un endroit où l’on cherche moins à impressionner.
Et davantage à dire quelque chose de vrai.
C’est aussi pour cela que j’ai créé, avec le temps, un espace comme Tisseurs d’Histoires.
Pas un endroit où l’on demande aux auteurs d’être parfaits.
Mais un endroit où l’on avance :
avec des outils,
des retours,
une progression,
et surtout moins de solitude.
Les inscriptions rouvriront le 1er juin.
Mais il est déjà possible de rejoindre la liste d’attente pour être informé en priorité :
[LIEN LISTE D’ATTENTE]
Dans le prochain article, je parlerai justement d’une autre illusion que j’ai longtemps entretenue.
Certaines choses me semblaient essentielles à l’époque.
Aujourd’hui… je ne les regarde plus du tout de la même manière.
A vos succès d’écriture…
Chère Marie-Adrienne,
Quelle belle sincérité et quelle inspiration. Je partage totalement votre vision et votre expérience. Quelque soit la forme d’expression, on doit traverser toutes les peurs que vous évoquez et se faire confiance et plonger. Plonger dans nos doutes et y aller quand même, en faisant confiance en notre créativité, ne pas se soucier du regard de l’autre, être dans notre intérieur et se moquer de l’extérieur. On écrit pour soi, on peint pour soi, on crée pour soi, par nécessité, par envie, par plaisir, pas pour plaire.
Merci pour vos partages si pertinents et honnêtes
Merci infiniment pour ce message.
« Plonger dans nos doutes et y aller quand même »… je trouve cette phrase très juste. C’est peut-être même le cœur de toute démarche créative.
Et oui, revenir à une création plus intérieure, plus libre du regard extérieur, change profondément notre manière d’écrire — et d’habiter ce qu’on crée.
Merci pour ce beau partage.