Personnage ou Intrigue, lequel fait l’histoire ?

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Telle est la question très intéressante qui est arrivée dans ma boîte mail, il y a quelques jours. Et je suis sûre que l’expéditeur n’est pas le seul à se la poser. J’ai donc jugé utile de répondre par un article. Essayons d’y voir plus clair…

 

 

 

En réalité, le fond de la question est le suivant :

Dans une histoire, faut-il plus se concentrer sur les personnages ou sur l’intrigue ?

Ma réponse est la suivante.

Non, pour la simple et bonne raison que ces deux éléments n’entrent pas en opposition et ont chacun leur importance dans une histoire.

Les personnages

 

Dans un roman, les personnages jouent un rôle essentiel : ils accomplissent ou subissent les actions qui alimentent l’intrigue.

Ils incarnent les manières d’être et les valeurs d’un milieu, d’une société, d’une époque. Ils affectent la sensibilité du lecteur qui projette en eux ses désirs, ses rêves, ses angoisses.

Le personnage constitue donc le cœur de l’histoire. Pour preuve, ce qu’un lecteur retient le plus d’une histoire, c’est le ou les personnages. Le meilleur exemple vient avec la sortie de l’épisode VII de Star Wars, les noms des personnages clés de la saga sont sur toutes les lèvres : Luke Skywalker, Dark Vador, Han Solo, etc, je ne suis pas une spécialiste.. Avez-vous vu les fans se précipiter au cinéma pour assister à la première diffusion ? Pour l’occasion, certains avaient même revêtu le costume de leur personnage fétiche.

Ainsi, les histoires n’existent pas sans des personnages pour les incarner.

 

L’intrigue

 

Un roman est constitué d’actions qui s’organisent en une intrigue. Cette intrigue est composée de passages qui forment une unité sur le plan du temps, des lieux, de l’action et des personnages. Autrement dit, l’intrigue est importante car elle conduit l’histoire.

Aristote qualifiait l’intrigue de prépondérante dans l’art dramatique.

Henry James disait que c’était « la chose première et précieuse.

D’autres restent plus méfiants à l’égard de la prééminence de l’intrigue.

E. M Forster (1) se plaignait que “tout ce qui est pré­arrangé est faux”.

Gertrude Stein (2) déplorait “la fausseté d’une structure qui exige moult rebondissements”.

L’un et l’autre affirment que la fiction, si on veut qu’elle soit la plus proche possible de la vérité, ne peut suivre un schéma imposé, mais doit prendre pour matière de base les personnages et les vérités psychologiques. Ainsi, ceux qui dénigrent l’intrigue prônent les personnages comme alternative.

(1) E.M Forster, romancier, nouvelliste et essayiste britannique.

(2) Gertrude Stein poétesse, écrivain, dramaturge et féministe américaine. Elle passa la majeure partie de sa vie en France et fut un catalyseur dans le développement de la littérature et de l’art moderne.

 

Intrigue et personnages sont tout aussi importants. L’histoire ne peut se faire sans eux et mieux vaut s’attarder sur ces deux éléments clés de l’histoire.

Idéalement, un bon roman dosera les deux éléments : des personnages bien campés auxquels le lecteur s’attachera voire s’identifiera et une intrigue habilement développée, avec un nombre adéquat de péripéties et de rebondissements. Sans intrigue, le récit est vide et les personnages, même travaillés avec soin, resteront insignifiants.

Les bons romans qui marquent les lecteurs sont ceux à l’in­trigue solide basée sur des personnages bien trempés. Si c’est l’intrigue qui donne son sens à l’histoire, les personnages lui donnent son éclat. Les meilleures intrigues s’arrangent pour délimiter le personnage de façon brillante, et permettent au romancier de montrer ce dont ses personnages sont capables.

 

Quel est votre avis sur la question ? Une intrigue bien ficelée peut-elle se passer de bons personnages ?

À vos succès d’écriture…

 

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4 commentaires

  1. Jean-Patrick dit :

    C’est une réponse de bon sens qu’on appelle aussi une réponse de normand. Bienvenue chez nous, la chti !

  2. SDB dit :

    Bonjour,
    Lorsque j’écris j’ai l’impression d’alterner entre des styles différents…Pourtant il s’agit bien de mon écriture mais elle est imprégnée dès lectures de mes auteurs préférés et ils sont tellement différents ( cela va de Haruki Murakami à Virginie Despentes…C’est vous dire !)

  3. Jean dit :

    Merci pour le partage de ce point de vue, avec lequel je suis tout à fait en accord. je pense que l’écriture d’une histoire ne peut se faire sans référence à des personnages qui l’incarnent. C’est comme dans la vie, seuls les humains sont capables de penser que ce qu’ils vivent est histoire. L’histoire est donc indissociable de la spécificité humaine, qui dans la vraie vie nous confronte à nos semblables. Au cours de la lecture, le récit du comportement, des sentiments, des émotions des personnages, crée dans notre tête le film (images, dialogues, fil des évènements) qui produisent le plaisir de lire. On ne peut séparer les deux ingrédients, mais seulement les doser l’un par rapport à l’autre, selon l’effet à produire sur les lectrices et lecteurs.

  4. Damien N dit :

    Bonjour.
    Comme dans un film, si on a une super histoire mais des personnages qui ne tiennent pas la route, le spectateur/lecteur décroche. Tandis que des personnages hauts en couleurs dans un récit moyen peuvent encore sauver les apparences.
    Stephen King dans son livre « écriture, mémoires d’un métier » dit ne préparer aucune intrigue. Tout au feeling.

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