Mon avis sur l’écriture inclusive

Partager :

Vous avez été nombreux à me demander mon avis à propos de l’écriture inclusive… et donc le voilà :

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

 

L’écriture inclusive repose sur trois principes :

– Accorder les grades/fonctions/métiers/titres en fonction du genre. On écrira ainsi « une autrice », « une pompière », « une maire », une, cheffe, une sous-préfète ; les professeures, les entrepreneures. On écrira alors par exemple « madame la maire » ou madame la cheffe de bureau

– Au pluriel, le masculin ne l’emporte plus sur le féminin, mais inclut les deux sexes grâce à l’utilisation du point médian. On écrira ainsi « les électeur·rice·s », « les citoyen·ne·s » ou bien « les maçonnes et les maçons ».

– Eviter d’employer les mots « homme » et « femme » et préférez les termes plus universels comme « les droits humains » (au lieu des « droits de l’homme »).

Depuis 2015, le Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes défend l’écriture inclusive. Il a même publié un guide « pour une communication publique sans stéréotype de sexe« .

Téléchargez ce  guide

 

 

Pourquoi l’écriture inclusive fait-elle polémique ?

 

La polémique a commencé quand l’éditeur de manuels scolaires Hâtier a introduit, dans un ouvrage, cette écriture inclusive qui met sur le même niveau féminin/masculin. Une écriture qui prend la forme suivante : « auditeur.trice.s » ou encore « agriculteur.trice.s. »

Depuis, l’écriture inclusive progresse et trouve désormais un écho dans la langue de l’administration.

Demain, les grandes entreprises s’y rallieront par souci de « modernité ».

Et pour aller plus loin, la dernière mise à jour du logiciel Word de Microsoft inclut une option de « langage inclusif »

Face à cette offensive, les critiques se multiplient.

L’un des principaux arguments avancés par des détracteurs de l’écriture inclusive, c’est qu’elle perturberait la lecture et l’apprentissage du français. C’est l’avis du linguiste Jean Pruvost, défavorable au système. Le philosophe Raphaël Enthoven, lui, voit dans cette nouvelle écriture « une agression de la syntaxe de l’égalitarisme ». Pour L’Académie française, l’écriture inclusive constitue un « péril mortel » pour la langue française. Plusieurs députés ont adressé une lettre au ministère de l’Éducation pour demander l’interdiction de l’écriture inclusive dans les manuels scolaires.

Pour les partisans de l’écriture inclusive, tout est une question de temps. L’idée doit progresser et permettre aux utilisateurs de s’en saisir. Les réactions les plus virulentes émanent des féministes. De nombreux militants du mouvement ont fait de l’écriture inclusive leur cheval de bataille. Une position incomprise par les détracteurs qui jugent la question d’égalité secondaire par rapport à d’autres combats comme l’égalité salariale.

 

La polémique montre, en tout cas, que dès que l’on touche à l’orthographe, les réactions sont épidermiques. Le mot « pompière » n’est-il pas aussi moche qu’écrivaine ? Mais n’en déplaise à certains, l’usage du féminin fut longtemps la norme, tant dans le vocabulaire que dans la grammaire. Ainsi, jusqu’au XVIIe, tous les noms de métiers, fonctions et dignités exercées par des femmes avaient leur féminin : cuisinière, marchande, abbesse, administeresse, enchanteresse, doctoresse, charpentière, etc., même si on l’imagine bien il y avait bien alors surtout des cuisinières et des marchandes !

Seulement voilà, en 1647, douze ans après la création de l’Académie française, l’un de ses membres, Claude Favre de Vaugelas, préconisa que le masculin doive l’emporter en grammaire au motif qu’il était plus noble que le féminin.

Et en 1882, quand l’instruction devint obligatoire, l’État trancha à nouveau en faveur du masculin, reléguant aux oubliettes, des mots du français ancien comme le féminin de médecin : medecine ou medicineuse… Alors que les métiers moins valorisés socialement n’ont jamais été privés de leur féminin lorsqu’ils en avaient.
Et c’est ainsi que « pâtissière » subsista !

 

Mon avis à propos de l’écriture inclusive

 

Je doute franchement que l’écriture inclusive favorise l’égalité des hommes et des femmes. Que son application complique la lecture, l’écriture et l’apprentissage du français, en revanche je n’en doute pas. Il y a trois ans, j’ai animé un atelier d’écriture en primaire. Et je reste très inquiète du niveau et de la maîtrise de notre langue. Alors si des complications s’ajoutent…

Pour le reste, plutôt que l’écriture inclusive, il serait plus utile de s’attaquer aux vrais problèmes des droits des femmes qui rétrécissent dans le monde chaque jour inexorablement. Tant de combats restent à mener que celui-ci me semble déplacé…

Si le monde du travail s’est fortement féminisé depuis deux générations, le taux de chômage des femmes reste supérieur à celui des hommes.

Une femme sur trois occupe un emploi à temps partiel plus souvent subi que choisi.

L’écart moyen des salaires reste de l’ordre de 25 % au profit des hommes, et les fonctions hiérarchiques demeurent, à plus de 60 %, occupées par ces derniers.

Les traditions aux représentations et aux stéréotypes à la racine des inégalités hommes-femmes persistent. : par exemple les congés parentaux continuent le plus souvent d’être pris par les mères.

De même, la répartition du travail « invisible », mais bien réel, des tâches domestiques n’évolue que très lentement.

Enfin, les femmes sont les premières victimes de violences physiques ou sexuelles.

Les vraies batailles ne se gagneront pas sur le papier !

 

Voilà mon avis à propos de l’écriture inclusive.

Quel est le vôtre ? J’attends vos commentaires

 

 

31 commentaires

  1. Gros sujet! Je m’attends à des commentaires enflammés. Féministe, Française d’origine, Québécoise d’adoption et autrice depuis peu, j’en ai long à dire…
    D’abord, il ne faut pas tout mettre dans le même sac. Quant à moi, la féminisation des noms de métiers est primordiale. Comment voulez-vous qu’un jeune garçon se visualise en tant qu’infirmier si l’on ne parle que des infirmières?
    Ensuite, je trouve absolument illisible la norme française de mettre d’écrire dans un même mot la forme masculine et féminine. Au Québec, on utilise parfois les parenthèses (écrivain(e)), de plus en plus souvent les majuscules (écrivainE), ce qui ne vaut guère mieux.
    Il ne faut pas oublier que c’est aussi la première Académie française qui a un jour décrété que le masculin l’emportait toujours sur le masculin. Avant, c’est la majorité qui l’emportait. Gros bon sens…
    Finalement, il existe aussi la tendance à utiliser des mots plus inclusifs tels que « personnes » ou « humains » au lieu de « hommes ». D’ailleurs, toujours au Québec, dans les cours de navigation, on n’apprend plus à dire « Homme à la mer! », mais « Personne à la mer! »
    En conclusion, nous ne sommes qu’au tout début d’un long rattrapage. Il est temps que le français se modernise, qu’il soit respectueux et inclusif, mais qu’il reste lisible.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Raphaelle

      Ici chacun peut s’exprimer tant qu’il respecte les uns et les autres.
      Je lis avec intérêt chacun de vos avis.
      Merci pour votre commentaire. Intéressant de lire qu’ailleurs la question est moins problématique.
      Bien à vous

    • Daniele dit :

      Le canadien français n’a vraiment rien à voir avec le français.Et on parle d’infirmiers autant que d’infirmières. Et « actrice » ça sonne un peu comme « autiste » . Moi je préfère auteure. Franchement le canadien à l’oral est savoureux mais à l’écrit….
      Et avec « une personne à la mer « on peut entendre aussi, « personne à la mer  » et le pauvre humain de la race humaine aura bien le temps dans l’eau-delà de discuter du féminin et du masculin.
      Allez bon jour ( à la place de bonne journée

  2. Marité dit :

    bonjour Marie-Adrienne
    Bien d’accord avec vous. Qu’on s’attaque à des problèmes bien plus graves tels que les femmes battues et le fait qu’il y a aujourd’hui une femme qui meurt sous les coups de son compagnon ou mari tous les deux jours en France.
    Vous avez bien raison de dire qu’écrivaine sonne moche.
    Le masculin qui l’emporte sur le féminin serait un acte machiste? Pour ma part, je préfère souligner les progrès réels qui ont fait avancer les femmes dans la vie : congé de maternité, droit d’utiliser un chéquier, droit de vote…
    Qu’on nous appelle écrivaine au lieu d’écrivain ne changera rien au statut des femmes qui écrivent et n’apporte pas plus de liberté ou de droit à celle qui écrit. Qu’on vous appelle pompière ne change en rien la mission d’une femme pompier .
    Le plus urgent n’est-il pas de savoir pourquoi tous ces gosses ne maîtrisent plus notre langue et revoir l’enseignement du français?
    A la maison, mes parents parlaient un patois italien, ma mère ne savait pas lire et écrire et ça ne m’a pas empêché d’avoir d’excellentes notes en français. La méthode d’alors était peut-être la bonne ? Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître …
    Amicalement

  3. Claire-Isabelle dit :

    Merci pour cet article très intéressant sur un sujet méconnu pour ma part. En tant que femme, je ne peux que saluer la dernière partie de l’article où vous mettez, à mon sens, l’accent sur les véritables axes de progression pour réduire l’inégalité entre les femmes et les hommes. (Avez-vous remarqué que même l’intitulé de ce combat a tendance à privilégier les hommes : l’égalité homme-femme ? 😉 )

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      En effet… on évoque souvent l’égalité homme-femme… or en toute logique, selon l’ordre alphabétique, on devrait parler d’égalité femme-homme !

      • josiane dit :

        « on évoque souvent l’égalité homme-femme… or en toute logique, selon l’ordre alphabétique, on devrait parler d’égalité femme-homme ! » dîtes-vous…Ceci est justement une illustration de la pensée sexiste infiltrée dans le langage.

  4. Danny KADA dit :

    Entièrement d’accord avec toi, Marie-Adrienne !
    Le dernier article de Danny KADA : Que faire si nos proches souffrent physiquement ?My Profile

  5. Dumas dit :

    J’ai beau vouloir l’égalité entre les hommes et les femmes , et même si je pense que l’on est bien loin d’y arriver, je ne comprends pas que l’on triture la langue pour l’adapter à nos caprices . Je pensé que l’on compliquait inutilement notre belle langue. Ne la torturons pas, de grâce !

  6. Chatelin Victorine dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Très bonne analyse et je vous rejoins. C’est de la poudre de perlimpinpin qui ne fera pas avancer les comportements sexistes et machistes.
    Autre pb , les enfants qui ont déjà des difficultés pour maîtriser la langue française vont être confrontés à des difficultes supplémentaires.
    Le taux d’illetrisme risque de croître encore.
    C’est au ministre de l’éducation nationale de ne pas préconiser cet apprentissage.

  7. josiane dit :

    Chère Marie-Adrienne
    Je réponds, de mon point de vue à  » plutôt que l’écriture inclusive, il serait plus utile de s’attaquer aux vrais problèmes des droits des femmes  » et ces inégalités sexistes vous en énumérez judicieusement quelques unes. « Les vraies batailles ne se gagneront pas sur le papier ! » écrivez-vous. Nos sociétés sont malades du patriarcat qui s’infiltre, comme le colonialisme le fait, dans tous les rouages du système. La langue en est un, et pas des moindres. Le langage donne des outils pour penser. Quand les outils sont sexistes, la pensée l’est.

    Bien à vous.

  8. Mireille Lemaitre dit :

    Bonjour, Mesdames et Messieurs,

    L’écriture inclusive est un sujet brûlant de l’actualité. Par ma part, je suis contre cette dénaturation de notre langue, les écrits issus de cette pratique seront inesthétiques et illisibles, tant au visuel qu’à l’oral, et cela ne résoudra pas le problème auquel on prêtant mettre fin par ce renouveau de la pratique scripturale.

    D’autre part, l’écriture inclusive éliminant le neutre au profit exclusif du féminin et du masculin, élimine de ce fait ce que l’on nomme le troisième sexe ou le troisième genre, c’est-à-dire les personnes qui ne sont ni des hommes ni des femmes. Les instigateurs de l’écriture inclusive, n’ont-ils pas pensé un seul instant que la pratique de ce nouveau style éliminerait totalement ces personnes qui ont déjà beaucoup de mal à être reconnues ? Devra-t-on inventer, une marque de la neutralité que l’on ajoutera, entre deux points, aux marques déjà connues du féminin et du masculin ? Cela donnerait, par exemple, en reprenant un exemple déjà cité, et en admettant que le « x » soit ce nouveau sigle : « les commerçant·e·x·s » ou encore « les artisan·e·x·s ». Et qu’inventer pour les vocables tels qu’« agriculteurs » et « agricultrices » – dont l’agglomération « agriculteur·rice·s » est imprononçable – pour que le troisième sexe ne se sente pas bafoué ?

    Non, gardons notre beau français, déjà violé par la réforme de la nouvelle orthographe, que beaucoup de pays admirent et nous envient, ne le massacrons pas de nouveau ! Les réformes à faire pour que les femmes soient égales aux hommes et qu’il n’existe aucune ségrégation de genre se situent ailleurs, et en premier lieu dans l’égalité des salaires pour un même travail ou une même compétence, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas. Qu’un éditeur comme Hatier ait publié un manuel scolaire en écriture inclusive me révolte alors qu’un bon élève de CM1 n’a déjà pas acquis un français correct ; j’ai la même révolte vis-à-vis de Word qui a inclus l’écriture inclusive dans son logiciel : n’importe qui peut-il donc manipuler à sa guise notre langue ? Ce serait bien le seul domaine où le citoyen aurait autant de Liberté !

  9. Aliénorane dit :

    Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il y a des combats plus graves: mais ça a toujours été…
    Tout le monde est d’accord sur le fait que cela peut « complexifier(?) » l’apprentissage de la langue: mais c’est toujours par souci de « simplification » que l’on a écarté le « secondaire » comme étant »superflu »…
    Je pense que l’on doit rendre les choses « visibles » pour qu’elles soient re-connues. Toutes les choses.

  10. josiane dit :

    C’est aussi à l’école et à travers le langage que l’on lutte contre les stéréotypes sexistes:
    https://www.facebook.com/StreetVoxByStreetPress/videos/1883885505226310/

  11. Aimé dit :

    L’écriture inclusive : c’est quoi cette machine ? Comme on l’aurait écrit du temps de Zola.
    Tant qu’elle reste du domaine administratif et conceptuel dans sa forme imposée. Si ça peut aider la cause féministe, c’est toujours bon à prendre. Mais, là où je ne suis pas d’accord, c’est quand sa mise en place est récupérée pour alimenter la haine pure et dure du masculin.
    Je vais peut-être vous choquer, mais rien ne bougera tant que la femme restera cet.te objet.chose que les hommes.femmes considèrent baisable ; et que la société trouvera plus important le galbe de ses seins ou de ses fesses que le reste.
    Ce n’est pas l’écriture inclusive qui modifiera cette vision de la femme alimentée par les médias et la religion, car, ne l’oublions pas, elle formate dès la naissance la perception des hommes et des femmes par une banalisation et une culture de la différence des genres. Et qui éduque les enfants dès leur plus jeune âge ? Les mamans trop afférées à faire tourner la maison. Comment voulez-vous qu’après s’être occupées de la marmaille, d’avoir préparé la bouffe, lavé les chaussettes de tout le monde, repassé les chemises de monsieur, et quoi d’autre ? elles trouvent encore la force de changer le monde ? Il est temps que les hommes arrêtent de tenir leur pénis à deux mains et s’interrogent vraiment sur le sens qu’ils donnent au mot : femme !
    Il n’est pas acceptable qu’elles touchent un salaire inférieur à l’homme pour le même job. Qu’elles se sentent coupables quand elles se décident enfin à porter plainte contre un conjoint violent ; et je ne crois pas que l’écriture inclusive puisse s’appliquer aux propos orduriers de certains hommes qui considèrent qu’une femme en jeans mérite d’être violée.
    Le féminisme est aussi un combat d’homme ! À ceux et celles, et les autres, qui écrivent de l’adopter d’une manière plus élégante que cette succession rebutante de points, de parenthèses ou que sais-je. Et, pourquoi pas un genre neutre, comme dans certaines langues germaniques ? Le français est-il capable d’évoluer à ce point ? Je n’ai jamais compris pourquoi on dit une chaise ; un fauteuil… mais, cela ne reviendrait-il, une fois de plus, à ramener la femme à une chose, un objet : le fauteuil sur lequel l’homme se vautre ?

  12. Isabelle dit :

    Y a-t-il des hommes sage-femmes ? Comment dire ? Je pense qu’il vaudrait mieux évoluer sur d’autres points : harcèlement des femmes…comme beaucoup l’ont exprimé

  13. nilse dit :

    Bonjour,
    J’ai été si mal à l’aise avec les héros et les héroïnes. J’ai eu des filles et j’ai lutté pour qu’elles aient accès à des livres qui les mettaient à la place du héros. Le héros quasiment toujours masculin, nous étions dès l’enfance nous en tant que filles identifiées à des rôles de garçon. Je suis auteure jeunesse et mon « héros » sont des filles, des mamans ou des sorcières. Mon rôle de femme est de m’occuper des femmes, c’est naturelle. J’ai horreur que les hommes décident ce que moi, femme, je ressens ( tel est mon avis). Je ne suis pas sexiste, je ne suis pas gouvernée par mon sexe, je m’entraîne à être une citoyenne cosmique et mes livres en sont un reflet. Je ne cours pas vers l’égalité de quoi que ce soit qui ne sera jamais et (tant mieux, c’est aussi mon simple avis). Je cours vers les humains, fraternels et beaux. C’est un piège pour le ralentissement de l’évolution terrienne cosmique que de se polariser sur un problème qui n’est là que pour nous détourner de la beauté et de la grandeur de l’individu.J’écris en français ma langue maternelle et je me plie aux conventions établies. C’est plus simple et nous avons tellement de mots pour décrire la vérité et ne pas employer les mots que notre cœur trouvent laids ou inadaptés.Je ne savais même pas qu’il existait « une écriture inclusive ». J’emploie l’écriture la plus belle, la plus sereine et la plus lumineuse: Moi, mon cœur, il parle à ma tête.Bisous à tous les auteurs. Lire nous ouvre à de hauts
    potentiels.Encore faut-il avoir des œuvres à lire. Le reste est politique bla bla . Merci pour cette information Marie Adrienne.

  14. Nawel .K.T dit :

    Bonjour,
    Merci Marie-Adrienne de m’avoir livré ce document relatif à « l’écriture inclusive »dont j’ignoré intégralement sa signification , de ma part, je suis favorable sur quelques points qui démontrent que le masculin le remportera sur le féminin dans des cas bien déterminés comme celui de la nomination des métiers nobles ,cependant je me montre peu différente à propos de celle des autres métiers que subissent le même sort ,car phonétiquement il demeure souhaitable de qualifier CERTAIN noms féminins sur la même ligne que ceux des masculins ,cela n’exclu guère ,que la grammaire française a privilégié les homme sur les femmes !dans quel intérêt ?Tout simplement ,pour rendre leur prononciation plus facile à l’exprimer .
    « Homme et femme chacun est complémentaire de l’autre »GANDHI. Cela explique que la différence entre les deux sexes à bien commencer depuis leurs créations !
    Sincères salutations .

  15. Bonjour à tous,

    Je ne souhaite pas entrer dans un débat homme/femme, mais il me semble effectivement que d’autres sujets bien plus importants devraient être au cœur de ce groupe chargé de l’égalité homme/femme.

    Concernant l’écriture inclusive, sous cette forme « auditeur.trice.s », je trouve cela RIDICULE !

    Premièrement, si un métier ou un statut est au masculin il faut qu’il y ait un féminin, un éboueur : une éboueuse. Cela me semble purement logique.
    Deuxièmement, si dans ce combat d’égalité homme/femme il faut être égale, pourquoi l’homme serait-il désigné AUTEUR et la femme seulement représentée par un -TRICE marqué derrière ? Pourquoi même marquer la femme derrière l’homme ?
    Je n’aime pas du tout cela, ça sonne faux pour moi, et à la lecture c’est assez moche de voir « auditeur.trice.s »

    Prenons l’exemple de la télévision, vous voyez Nikos en direct de The Voice : « Bonsoir chers téléspectateurs-trices ! » Non, chaque personne à la télé aura sa phrase « Mesdames, Messieurs » ou encore « Téléspectateur et téléspectatrice » alors pourquoi faire différemment à l’écrit ?
    Je préfère voir une phrase écrite comme ceci :
    Merci, chers lecteurs et chères lectrices, d’avoir lu mon commentaire jusqu’à la fin et bonne soirée à vous.

  16. En voici une discussion intéressante ! Pour ma part : Je suis un enseignant en retraite, je sévissais en primaire, donc un milieu particulièrement « chaud » en ce qui concerne l’orthographe.
    Mais je considère que ce sujet m’intéresse surtout à titre de culture personnelle, et non à titre d’enseignement, où il m’apparaît comme anecdotique … pour des raisons à développer dans un gros livre, sans doute ! En tout cas ce n’est certainement cette « révolution » qui fera bouger les lignes du féminisme !
    Donc je rejoins tout à fait l’avis de Marie-Adrienne.
    Loïc

  17. Thierry dit :

    c’est un délice de vous lire mais encore plus de penser que ces délices merveilleuses de lettres combattantes se font au nom de l’amour du féminisme.
    Qu’importe que nous soyons de sottes gens ou des gens sots, l’important n’est il pas de s’aimer et que tout redevienne comme au jour de nos premières amours.

  18. Didier dit :

    Notre langue est vivante. Elle évolue donc. Je ne pense pas qu’un décret pour imposer une chose aussi idiote trouve un écho chez les utilisateurs. (nous) A lire les commentaires, il est clair que si le but recherché est l’amélioration de la condition féminine, (le chantier est vaste) ce n’est pas une solution. Loin de régler quoi que ce soit, l’effet produit pourrait même se retourner contre les féministes, qui, au nom d’un intégrisme, vont déchaîner des passions contre elles. Y a-t-il un équivalent en anglais ou allemand ? Merci pour cet article.

    • Mireille Lemaitre dit :

      Bonjour, Didier,

      Je n’avais pas osé employer ce mot, intégrisme, et pourtant, oui ce combat pour l’écriture inclusive est un combat d’intégristes qui, comme vous le dites, va se retourner non seulement contre les féministes, mais contre toutes les femmes, créer un clivage entre elles, et faire des hommes et des femmes des ennemis.
      Bien cordialement,
      Mireille

  19. Lina dit :

    Je suis d accord avec toi Marie-Adrienne la maitrise du français est si mauvaise qu’il faudrait déjà que les élèves connaissent parfaitement les bases.
    Amicalement

  20. Athénaïs Café dit :

    Bonsoir (c’est la dernière fois, je vous promets),

    Etant encore jeune, je mentirais si je disais avoir un avis très précis sur la question, mais je souhaite tout de même partager mon ressenti :
    L’écriture inclusive, pourquoi pas, dans les documents officiels, les textes de lois, toutes les choses des ce genre.
    Mais certainement pas dans une fiction, ce serait insupportable à lire (et à écrire !). Le but d’une fiction est de faire plaisir au lecteur, qu’il s’immerge dans sa lecture. Avec tous ces points, slashs, ou que sais-je encore, comment pourrait-on prendre du plaisir à lire ?
    Que ceux qui le souhaitent s’y essayent, je n’ai absolument rien contre, mais je doute de son succès…
    Par ailleurs, je vous rejoins sur le problème des enfants avec l’orthographe : déjà qu’une trop grande majorité de gens (notamment à partir de ma génération, et même un peu avant, ceux de 1990, je dirais) est presque incapable de rédiger une lettre de motivation sans une seule faute, si en plus nous devons rajouter toutes ces subtilités féminin/masculin aux enfants, on ne s’en sortira plus. (Enfin surtout eux !)

    Voilà, c’est un commentaire bien long pour ne pas dire grand-chose, mais je tenais à le partager avec vous.

    Cordialement,
    Athénaïs

  21. Eric LARTISTE dit :

    Très grave problème cette écriture inclusive !!
    Pendant ce temps là, la planète se réchauffe.
    On voit qu’on a rien d’autre à penser en France pendant que la moitié de la planète meurt presque de faim.

    (Mon avis doit être clair je pense, il y a des choses plus importantes à se préoccuper)

  22. Arlène dit :

    J’avoue avoir été partagée sur cette question car selon le point de vue que j’adoptais (femme ou professeur des écoles), je n’avais pas le même avis. Au final, après réflexion, c’est un tout autre proposition qui en est ressortie :

    Du point de vue de la femme que je suis qui vit dans une société où la volonté est de tendre vers l’égalité homme-femme, je voyais effectivement une incohérence entre cette volonté et le fait de dire que « le masculin l’emporte sur le féminin ». Les habitudes et automatismes nous font parfois oublier l’impact psychologique que ces mots peuvent avoir autant sur les filles et les garçons. S’il y a des différences physiologiques qui font qu’un sexe « l’emporte » naturellement sur l’autre (par exemple, la proportion de masse musculaire, le fait de pouvoir enfanter), d’autres différences ne semblent pas justifiées par autre chose que l’histoire de notre société où les hommes ont eu jusqu’à présent une position majoritairement dominante. D’ailleurs, s’il n’y avait pas d’impact psychologique sur le fait que le masculin l’emporte sur le féminin, le fait d’inverser entièrement cette règle ne devrait pas avoir non plus d’impact psychologique. Pourtant, je doute de l’adhésion des hommes à l’idée que le féminin l’emporte sur le masculin… La guerre des sexes n’est malheureusement pas terminée.
    Pourtant de plus en plus de personnes admettent que nous possédons tous en nous une part de masculin (d’autres diraient yang ou animus) et de féminin (yin ou anima). Mettre en avant ceci et l’expliciter aux enfants serait très intéressant. Si nous différencions les aspects masculins et féminins de l’humain de son genre sexué homme ou femme alors peut-être que le fait de dire « le masculin l’emporte sur le féminin » aurait moins d’impact … mais je n’en suis pas certaine. Les psychologues pourraient nous éclairer à ce sujet.

    Si je me place maintenant du point de vue des enfants et des apprentissages, la proposition qui est faite de substituer la règle actuelle par la règle de proximité me parait ajouter une difficulté supplémentaire importante. Le français est déjà une langue complexe qui représente un obstacle pour trop d’enfants encore dans l’accès à la compréhension de la langue mais aussi à l’apprentissage des autres disciplines. Est-ce vraiment nécessaire de la complexifier davantage sous prétexte d’égalité homme-femme ? « les navets et la carotte sont cuites » présente déjà quelques difficultés pour des enfants mais qu’en est-il de « les navets et la carotte ramassées par Paul et Julie sont cuits  » ? Voyez-vous les difficultés que viennent rajouter la règle de proximité ? Les enfants doivent déjà apprendre à identifier le sujet d’un verbe, identifier si ce sujet est singulier ou pluriel, s’il faut leur rajouter l’identification de la position relative des sous-groupes nominaux dans le sujet par rapport au verbe ou à l’adjectif, nous allons perdre encore davantage d’enfants dans l’acquisition des règles de la grammaire française. Est-ce vraiment nécessaire de se disputer pour savoir s’il faut ajouter ou enlever des « e » qui ne gênent en rien à la compréhension du sens s’ils ne sont pas dits ou écrits ?

    Mon avis d’enseignante risque peut-être d’en choquer plus d’un mais il me semble, pour le bien des enfants et des plus grands, qu’il est plus urgent de faciliter l’accès à la compréhension que de se disputer sur qui du masculin ou du féminin doit l’emporter dans tel ou tel cas. Le code est un support de l’oral, simplifions le code en éliminant les comparaisons entre féminin et masculin. Acceptons que les « e » en trop ou en moins ne soient plus des fautes d’orthographe et laissons le choix du genre. Si un genre ne l’emporte plus sur l’autre alors la guerre des sexes entrera moins dans nos mots, dans nos cerveaux et peut-être dans nos comportements.

    La langue française est une langue vivante, en constante évolution. D’autres simplifications sont apparues dans son histoire. Je pense que le fait de mettre les genres à égalité en laissant libre choix aux auteurs d’accorder avec ou sans « e » sans être condamnés en place publique, me paraît être en accord avec l’évolution actuelle de notre société.
    Et vous, qu’en pensez-vous ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez pour afficher un lien vers votre dernier article