L’écriture manuelle va-t-elle disparaître ?

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Ordinateurs, Smartphones, tablettesLa pratique de l’écriture à la main se raréfie dans notre vie quotidienne.Entamée il y a plus de cinq mille ans, la longue histoire de l’écriture à la main va-t-elle disparaître ?

 

 

 

À la rentrée de 2014, 45 états américains sur 50 ont décidé de ne plus apprendre l’écriture cursive aux enfants. La Finlande emboitera le pas à la rentrée de 2016.

Savoir écrire avec un clavier devient une nécessité

 

Les cours de dactylographie, l’art de taper sur un clavier, remplaceront donc bientôt les cours d’écriture cursive. Selon l’office national finlandais de l’éducation, le bouleversement culturel « sera majeur », mais il souligne que « savoir écrire avec un clavier sera plus pertinent pour la vie quotidienne »

La seule crainte serait que les enfants n’ayant pas d’ordinateur à la maison soient pénalisés. Le budget des fournitures scolaires risque donc d’être considérablement supérieur si l’achat d’un ordinateur remplace celui des cahiers et des stylos.

Pour information, en Finlande, l’écriture cursive continuera d’être enseignée, mais ce sera une option, comme pour les langues étrangères ou mortes.

 

Cette révolution de l’écriture va-t-elle s’appliquer en France ?

 

L’Allemagne, les Pays-Bas y réfléchissent déjà… Et un peu partout dans le monde, les nostalgiques du papier et du stylo s’alarment.

Avec des smartphones et des tablettes, la pratique de l’écriture à la main est en train de se raréfier dans notre vie. Sans de véritables études sur le sujet, elle se limite aujourd’hui à quelques griffonnages hâtifs, aux formulaires administratifs ou à la signature de chèques. L’agenda électronique détrône doucement les agendas papier. La partie « notes » du smartphone se remplit des listes de courses, avec en prime la garantie de ne plus être oubliée puisque le téléphone nous accompagne partout ! Même les pattes de mouche des médecins ont disparu ! (Mais je vous l’accorde, dans ce cas précis, c’est plutôt une bonne chose).

J’ai lu récemment qu’un Britannique sur trois n’avait pas rédigé de note manuscrite depuis 6 mois. Le dernier texte écrit à la main remontant en moyenne à 40 jours !

Et vous ?

Doit-on craindre cette évolution de l’écriture ?

 

En France, l’écriture manuelle occupe toujours une place importante dans le quotidien des élèves. Les enfants utilisent certes des outils numériques de plus en plus tôt. Et au lycée, certains enseignants commencent à exiger de leurs élèves de rendre leurs dissertations tapées sur un clavier, pour qu’elles soient plus lisibles.

Mais les épreuves d’examens se rédigent quasiment toutes à la main. Et, hormis de rares expériences d’apprentissage précoce du clavier, les enfants continuent d’apprendre dès la maternelle à tracer leurs lettres en script et « en attaché ».

Des experts démontrent que l’écriture cursive a des avantages sur le plan du développement intellectuel, de la pensée, du développement et de l’entretien de la mémoire et de la nécessaire connexion main-cerveau.

 

La main, le cerveau et le toucher

 

 

D’autres experts soulignent que l’écriture cursive exige un travail de motricité complexe. Et, qu’étant longue à acquérir, elle met beaucoup d’enfants en situation d’échec scolaire. L’écriture au clavier est plus rapide, plus simple et plus efficace.

Ainsi, il est légitime de se poser de s’interroger sur l’intérêt à abandonner ou non l’écriture manuelle. Mais de là à prendre des décisions sur lesquelles il sera difficile de revenir…

D’autres questions viennent ensuite…

Écrira-t-on de la même manière ?

Comment gérera-t-on l’orthographe ?

Lira-t-on aussi bien ?

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous jeté vos stylos ?

 

À vos succès d’écriture…

 


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Lisez le règlement du concours et participez !

 

Envoyez votre nouvelle à cette adresse aproposdecriture59@gmail.com
AVANT le jeudi 30 avril 2015 minuit
.
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7 commentaires

  1. Ferhani Jacqueline dit :

    On ne lit déjà plus mais si on doit abandonner l’écriture manuelle où va-t-on ! Il n’y aura plus d’effort à faire même au niveau de l’orthographe puisque les fautes seront soulignées et corrigées automatiquement. Je trouve cela bien triste. Toujours est-il que moi, je continuerai à noircir mes feuilles avec mon stylo car j’aime aussi entendre le crissement de la pointe de mon stylo sur le papier ! Merci Marie-Adrienne.

  2. Zanni dit :

    Bonjour Marie,
    Pour ma part je pense que l’écriture cursive laissera sa place à l’écriture par clavier, et je le déplore, mais aujourd’hui il faut toujours aller plus vite et passer les étapes de l’apprentissage précocement est un souhait de beaucoup de parents …… Pour quels résultats au final ? À voir !
    Bonne journée
    Lina

  3. isabelle CAUDRON dit :

    Coucou Marie Adrienne,

    Je suis secrétaire dans une école maternelle et élémentaire.

    C’est pour dire que ton sujet m’interpelle autant pour mes petits bouts que pour moi qui ai 57 ans.

    Faire disparaitre l’apprentissage de l’écriture ? j’en frémis !!!

    Autant j’adore taper comme speedy gonzales… au clavier autant j’adore faire des arabesques sur papier, de toute nature.

    Je ne dois pas être la seule. L’abondance des livrets de « coloriages », « doodle », zentangle disponibles dans les presses et librairies prouve bien qu’il y a une demande.

    Les gens ont envie, besoin de se ressourcer en faisant des mandalas ou autres exercices où il faut manier le crayon.

    Faire disparaitre l’apprentissage de l’écriture est pour moi une hérésie totale !

    Certes je comprends la finalité : faire aborder la frappe clavier au plus vite.

    A part égale peut être mais pas une décision si drastique !!!

    Dans mon école, les enfants de maternelle s’initient à l’ordinateur à partir de trois ans. mais en atelier ludique pas du temps intensif.

    On voit tout de suite chez les 5 ans ceux qui l’utilisent à la maison. Ils comprennent, appliquent rapidement les consignes.

    C’est donc déjà un plus à leur âge, oui je le concède.

    Mais que dire de l’orthographe ? La moitié des CM2 n’écrivent ou ne comprennent que le sms… et vont trainer des lacunes en compréhension, expression écrite pendant leur scolarité.

    Je vais me répéter… je « frémis » des conséquences de cette révolution qui a déjà commencé.

    Si j’avais pu, j’aurais choisi ici une typo cursive juste pour faire un pied de nez à ces grands cerveaux qui nous pondent une réduction mentale pour les générations à venir…

    Voilà pour ma diatribe de ce jour.

    Merci Marie Adrienne pour ce sujet qui m’a vraiment inspiré tant il m’a interpelé.

    Isabelle C.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Le sujet fait réagir !
      Je pense qu’il ne faut pas abandonner l’écriture cursive. Déjà pour ne pas dépendre de la machine. Et puis je reste convaincue que la facilité de la frappe fait vite oublier l’orthographe et les règles. Déjà que l’orthographe est catastrophique chez les enfants… Je crois même qu’on sous estime les dégâts. Les réformes successives de l’éducation nationale n’ont fait qu’appauvrir le savoir. Mais on en arrive à ce qu’on voulait : niveler par le bas ! Je n’ai aucune nostalgie mais je me dis qu’il y a quelques décennies, les élèves étaient tous des superman ! Nous sortions du primaire en sachant lire, écrire correctement et comprenions les consignes pour la très grande majorité. Et pourtant, nous étions également 25 ou 30 par classe. Et je ne parle pas du lycée. Dans ma classe de 1re S, nous étions 33 élèves !

      Je vous livre maintenant une expérience personnelle qui m’amène à cette vision plutôt négative.

      L’année dernière, une école primaire de ma commune m’a demandé d’intervenir dans une classe de CM1 pour écrire un « roman » avec les enfants.
      Plutôt qu’un « roman collectif », j’ai préféré que chacun écrive son histoire.
      Ainsi, j’ai planché sur une méthode pour guider les enfants vers un travail individuel.
      Nous avions convenu avec l’instituteur qu’ils écriraient à la main et frapperaient leurs textes, dans l’atelier informatique prévu chaque semaine.

      Donc me voilà face à 12 élèves, une 1/2 classe, pendant 1 h, puis 12 autres, l’heure suivante.
      Durant la 1re séance, je ré-explique le déroulement du projet. Séduits, certains s’emballent. D’autres voient dans cette nouvelle activité (ils font aussi théâtre, sorties diverses… tout cela pendant leur semaine d’école, au détriment d’autre chose ! ) une bonne façon de ne rien faire. Et pire de mettre le bazar. Car ceux qui s’intéressent sont des nazes ! Bref passons sur les difficultés à maintenir la discipline et le calme.

      Venons-en à ce qui nous préoccupe : l’écriture !
      Dès les premiers mots couchés sur papier, je me liquéfie. Une faute à chaque mot ! Je vous promets que je n’exagère pas. Les pluriels n’existent pas, les conjugaisons sont fausses (même le présent de l’indicatif !), c’est terrifiant. Pour comprendre, je suis souvent obligée de lire tout haut les phrases. Sans compter que les élèves manquent de vocabulaire même des mots somme toute assez basiques. Dès la première récréation, une instit de CM2 cherche à me rassurer mais au fond, elle s’inquiète vraiment et je le sens bien. Elle est à un an de la retraite, elle a vu le niveau d’orthographe baisser. Très vite nous évoquons notre bon vieux Bled… Oui, c’était parfois dur, lourd, barbant mais au moins nous écrivions plutôt bien.

      Quand j’ai constaté ce niveau déplorable, j’ai pensé qu’à peine deux ans plus tard, ces gamins se retrouveraient au collège. Et franchement, je plains déjà la prof de français de 6e. Et quand je lis qu’on pourrait supprimer l’enseignement de l’écriture cursive. Je ne frémis pas… je pleure ! Mais rien de bien étonnant quand on en est à réécrire des textes pour les adapter au niveau des nouveaux jeunes lecteurs. Même Le club des cinq n’y a pas échappé.

      Pour finir avec cette expérience. J’ai obtenu trois « romans » valables. Dont un très bon. Sur 24 élèves, ce n’est quand même pas terrible. Mais je tire mon chapeau à ces trois-là car je me demande comment ils ont pu arriver à ce résultat dans un brouhaha permanent. Car je n’ai jamais réussi à obtenir le silence. Les élèves posent des questions à tort et à travers, ils n’écoutent pas les réponses (et ne s’écoutent même pas entre eux), coupent la parole continuellement. Ce qui oblige à répéter plusieurs fois les mêmes choses.

      Cependant, je ne regrette pas cette expérience. Je me dis qu’au moins j’aurais transmis ma passion de l’écriture à 3 gamins (on se console comme on peut !). Ensuite, j’ai aimé travailler ce projet qui m’a obligée à trouver des solutions pour que chacun écrive SON histoire. Voilà pour les points positifs.

      Mais je vous le dis, je suis très très inquiète. Je me réjouis chaque fois que je découvre via le blog qu’un ado écrit et pique régulièrement des conseils dans Aproposdecriture. Mais les « primaires » d’aujourd’hui seront les collégiens de demain, les lycéens d’après-demain. Et là, franchement, je reste pleine d’inquiétude pour l’écriture de demain.

      Voilà Isabelle… c’était long. Mais je voulais partager mon retour d’expérience liée à l’écriture

      Bonne journée

  4. Laetitia dit :

    Bonjour,
    Une vie sans papier et sans stylo ? Quelle horreur !
    Et que se passe-t-il lorsque la batterie est à plat ou l’ordinateur en panne ? Que fait-on lorsqu’on se trouve dans un endroit où l’écran n’est pas encore tout puissant ? Sans savoir écrire !
    Il me parait essentiel aujourd’hui d’apprendre aux enfants à manipuler claviers et écrans. Il faut assurément y passer plus de temps qu’à apprendre à tracer les belles lettres d’autrefois. De là à passer d’un extrême à l’autre ? Perdre la flexibilité de pouvoir écrire un truc vite fait sur un bout de papier ? Ne plus avoir le choix ?
    Peut-être suis-je vieux jeu. C’est même certain ! Tant pis ! Avec ou sans l’école, mes enfants et petits-enfants sauront aussi lire et écrire à l’ancienne.
    Celui qui m’enlèvera mes cahiers et mes stylos (et mon ordinateur d’ailleurs) n’est pas encore né !
    Bien cordialement,
    Laetitia

  5. Raphaël dit :

    Je ne suis pas fan de cette idée. Écrire sur clavier, c’est plus rapide, plus pratique, effectivement… Est-ce que pour autant il faut supprimer l’apprentissage de l’écriture ?
    Pour ma part, j’utilise les deux. Parfois le clavier et le traitement de texte, parfois feuilles et stylos.

    Après, pour répondre à la question faut-il abandonner l’écriture manuelle, je suis personnellement tenté de me demander d’abord : à quoi sert le système éducatif ? Car peut-être que l’écriture manuelle n’a plus d’utilité…
    Évidemment je ne répondrai pas ^^ des gens bien meilleurs que moi se sont cassés les dents sur cette question !

  6. Jean-Patrick dit :

    Bonjour Marie-Adrienne, bonjour à tous.

    L’écriture sur clavier sert à transmette, comme les lettres-type !
    Mais l’être humain, l’individu gardera l’écriture manuscrite, voire malhabile. Pensez aux écrivains emprisonnés (Alexandre Soljenitsyne, par exemple) ; vous les imaginez avec une tablette et un clavier ?

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