Le remplissage : l’erreur courante d’écriture

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La concision n’est pas d’écrire court et imprécis mais d’écrire en veillant à ce que chaque mot compte. Et l’une des erreurs courantes d’écriture est de faire du remplissage inutile.

 

 

 

Les 4 raisons de remplissage inutile

 

On m’envoie pas mal de textes à lire et je me demande toujours pourquoi les auteurs s’évertuent à en dire trop, à en faire trop. Des descriptions, des scènes, des dialogues que l’on pourrait réduire parfois de moitié. Le remplissage alourdit un texte et le rend indigeste.

Pourquoi tant de remplissage ?

Le remplissage inutile est presque toujours le résultat d’un des quatre problèmes :

  1. Vous cherchez ce que vous voulez dire.
  2. Vous aimez trop vos mots.
  3. Vous n’avez pas confiance en ce que vous écrivez.
  4. Vous ne faites pas confiance à la compréhension de votre lecteur.

Comment dégraisser vos scènes du remplissage inutile

 

Comment repérer le remplissage inutile dans votre histoire ?

Le premier symptôme est de déterminer ce qui est ennuyeux. S’il n’y a aucune vie dans votre scène, si la description s’étale sur trois lignes, si le dialogue se limite à des répliques insignifiantes pour les lecteurs… voilà autant de signes flagrants de remplissage inutile. Réécrivez et dégraissez votre texte.

L’autre signe flagrant de remplissage inutile c’est le cas d’une scène pleine de conventions sociales ou de conversations routinières que les lecteurs connaissent eux-mêmes dans leur vie quotidienne. C’est souvent le cas des dialogues. Une réplique sur deux pourrait être supprimée. Il ne faut pas écrire pour écrire. Chaque mot, chaque phrase doit servir votre scène, votre dialogue et plus généralement votre histoire.

 

Comment nettoyer vos textes et les rendre plus agréables à lire

 

Régler ce problème majeur et courant d’écriture est très simple. Si vous repérez du remplissage, supprimez-le et continuez à épurer jusqu’à ce que vous arriviez à un texte qui reste agréable à lire et parfaitement cohérent.

Gardez tout ce qui sert et fait avancer la scène, le dialogue… Le reste, supprimez sans état d’âme.

Parfois le remplissage peut être un choix d’auteur. Ce fut un tel plaisir d’écrire cette scène que vous vous êtes un peu lâché. Dans ce cas, épurer peut rebuter voire peiner. Après tout, ces mots, vous étiez heureux et fiers de les écrire.

Malheureusement, ce n’est pas une raison suffisante pour les garder dans une scène. Réservez votre ardeur d’écriture pour le reste de votre roman ou vos autres nouvelles.

Maintenant, il n’y a rien de mal à faire du remplissage quand on écrit. Nous avons juste besoin de le freiner. Et parfois, nous avons besoin d’y recourir pour trouver le vrai cœur de ce que l’on souhaite exprimer.

Mais ne vous faites pas avoir au blabla inutile. Dès que vous vous en rendez compte, revoyez votre copie (si je puis dire !) et supprimez tous les remplissages inutiles. Le résultat sera un texte épuré, essentiel, vif. Des qualités appréciées des lecteurs.

 

Reprenez un de vos textes récents. Pouvez-vous supprimer du remplissage ?
Comment procédez-vous pour éviter cette erreur courante d’écriture ?

 

À vos succès d’écriture…

 

6 commentaires

  1. Sandie dit :

    Tout à fait d’accord, il faut être concis. Un exemple donné par Aloysius Chabossot :
    au lieu d’écrire : « Lorsque nous nous apprêtons à quitter un lieu ou une personne avec à l’esprit cette idée funeste que, peut-être, plus jamais nous ne la reverrons, le sentiment qui s’empare alors de nous peut se comparer à celui que l’on éprouve à l’occasion du décès d’un être cher. »

    écrivez plutôt : « Partir, c’est mourir un peu. » (Edmond Haraucourt)
    Le dernier article de Sandie : Comment devenir un brillant écrivain alors que rien (mais rien) ne vous y prédispose – La méthode ChabossotMy Profile

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Un peu trop réducteur quand même ! Mais il faut vraiment veiller à ne pas trop en dire car le texte devient malheureusement vite indigeste pour le lecteur.

  2. Lilyane dit :

    ou certains écrivent car ils doivent remplir des pages blanches, il leur faut 100 pages, donc certains écrivent tout et n’importe quoi. J’avais ressenti ceci chez Michel Houellebecq,  » la carte ou le territoire » ou certains passages étaient quasiment issus directement de wikipédia (il me semble qu’il y avait aussi une description d’un appareil photo).

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour
      Ce qui est plus dommageable c’est que certains critiques littéraires qualifient ensuite de génie de l’écriture et encensent. Bof !
      Bien à vous

  3. nathaloche dit :

    Bonjour,
    Moi j’ai tendance à écrire beaucoup (c’est un peu comme parler pour ne rien dire), je décris donc beaucoup.C’est un de mes travers que j’aimerai gommer. C’est difficile de combattre ses tics.

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