Éviter les participes présents et améliorer son style d’écriture

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Les participes présents fleurissent dans de nombreux textes. Si on ne doit pas se priver de ce procédé syntaxique, il faut en faire un usage modéré. Ils alourdissent les phrases, freinent la lecture et pénalisent le style. Mais comment les remplacer ?

 

 

Vous voulez améliorer votre style d’écriture ?

 

Voilà 10 façons efficaces d’éviter les participes présents  :

 

1 ) une préposition + un nom

exemple :

En écrivant davantage, je deviendrai meilleur écrivain.

À force d’écrire, je deviendrai meilleur écrivain.

 

2 ) un nom en apposition

exemple :

La découverte de ce nouveau gène, ayant nécessité un travail d’équipe considérable, marquera à jamais le domaine de la médecine.

La découverte de ce nouveau gène, aboutissement d’un travail d’équipe considérable, marquera à jamais le domaine de la médecine.

 

3 ) un nom sujet du verbe principal

exemple :

En faisant cette formation,  j’ai découvert de nouvelles techniques.

Cette formation m’a fait découvrir de nouvelles techniques.

 

4 ) un participe passé –

exemple :

Ayant fini son exercice, Karl put passer à autre chose.

Son exercice terminé, Karl put passer à autre chose.

 

5 ) par un infinitif, parfois précédé de « à» ou de « sans »

exemples :

Émilie quitta la chambre en parlant de rien.

Émilie quitta la chambre sans parler de rien.

 

Elle resta là des heures admirant le flux et le reflux des vagues.

Elle resta là des heures à admirer le flux et le reflux des vagues.

 

6 ) un complément à valeur descriptive si le participe présent évoque un geste, une attitude, un comportement

exemple :

Il implorait Dieu en levant les bras au ciel.

Il implorait Dieu, les bras levés au ciel.

 

7 ) une proposition relative

exemple :

Ces enfants, oubliant les règles de sécurité, traversent la rue sans regarder.

Ces enfants qui oublient les règles de sécurité traversent la rue sans regarder.

 

8 ) une proposition circonstancielle

exemple :

N’en pouvant plus, il décida d’abandonner.

Comme il n’en pouvait plus, il décida d’abandonner.

 

 9 ) deux indépendantes coordonnées

exemple :

Ayant vaincu sa peur, l’alpiniste continua de grimper.

L’alpiniste vainquit sa peur et continua de grimper.

 

10 ) deux indépendantes juxtaposées

exemple :

Ma mère insistant pour que je révise mes cours, je dois rentrer à la maison.

Je dois rentrer à la maison, ma mère insiste pour que je révise mes cours.

 

Pour finir, quelques remarques.

1 / Sauf à vouloir produire un effet rythmique particulier, l’écrivain évitera de placer deux participes présents dans la même phrase, surtout si elle est courte.

Une seule exception acceptable : la présence d’un second participe présent dans une citation.

2 / L’auteur veillera à ne pas substituer au participe présent une forme plus lourde ou déjà présente dans l’environnement textuel.

3 / Le participe présent étant lui-même un procédé de substitution aux propositions relatives et circonstancielles, assurez-vous de faire un usage équilibré de tous ces outils.

 

Voilà 10 astuces pour améliorer votre style. Utilisez-les correctement, vos textes gagneront en fluidité.

À vos succès d’écriture !

 

PS : j’essaye de répondre à vos questions au travers des articles. Elles se multiplient dans ma boîte mail. Soyez donc patients. Je m’efforcerai de répondre à toutes.

PS 2 : Si ce blog vous plait, n’hésitez pas à en parler autour de vous. Merci !

 

14 commentaires

  1. Eric dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,
    encore des réponses précises que je mets dans ma besace, merci bien.
    Une petite question cependant (le genre de questionnement bête du débutant ^^ ): Quand doit-on au contraire ne pas hésiter à se servir du participe présent ?
    Merci.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Eric

      Comme je le dis dans l’article, mieux vaut faire un emploi modéré du participe présent. Donc chaque fois qu’il est possible de l’éviter, il faut le remplacer. Mais il faut garder à l’esprit l’environnement textuel et si la formule de remplacement devient plus lourde que le participe présent, alors il faut pas hésiter à s’en servir.

      À bientôt

  2. Jean-Patrick dit :

    Bonjour à tous,
    merci pour ce rappel stylistique.
    J’achève en ce moment un texte pour un concours national (dépôt avant dix jours !) et je traque les participes présents, parfois utilisés comme verbes invariables, parfois adjectifs à accorder !
    Les procédés de Marie-Adrienne enrichissent ma panoplie de « trucs » et vont éviter de creuser ma pauvre tête.
    Par ailleurs, formateur en communication écrite, je ne manquerai pas de transformer ces astuces en fiche pratique (je citerai la source), car ils sont aussi nécessaires dans l’écriture littéraire que dans les courriers quotidiens.
    Amicalement
    * z’avez remarqué ? Pas un participe présent dans le texte, alors qu’il en restait deux en introduction de l’article 😉

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bienvenue sur Aproposdecriture

      Si ce rappel vous sert tant mieux. Ces astuces servent effectivement dans l’écriture créative mais aussi l’écriture en général.

      … Quant aux deux participes présents de l’introduction, je les cherche !

      A bientôt

  3. Jean-Patrick dit :

    :-! j’ai lu « freinant » et « pénalisant », alors que les verbes sont à la 3e personne du pluriel du présent de l’indicatif.
    :-[ au gibet ou à l’amende ?

  4. Lyne Gareau dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    Encore une fois merci pour votre générosité! Je suis tellement contente d’avoir trouvé ce blog!

    Je vous lis à partir de Vancouver (où je n’ai pas souvent l’occasion de discuter d’écriture en français avec des collègues). Le matin je me lève tôt et, avant d’aller au travail, j’écris. Je lis ou relis un des articles, et j’essaie ensuite d’appliquer un de vos conseils à un projet en cours.

    Très souvent je remarque une différence positive… par exemple le Répétoscope que vous recommandiez il y a quelques temps m’a permis d’éliminer la répétition du mot « comme ». Je n’étais même pas consciente de cette sur-utilisation. Dans un autre article vous suggériez d’éviter de dire par exemple « Il avait honte » et de plutôt le montrer « il a rougi, baissé la tête » etc. Quelle différence j’ai pu observer en appliquant ce conseil!

    J’ai également appris beaucoup en lisant les commentaires laissés par tous et chacun. Donc merci à tous.

    Je sais que votre boite est probablement remplie de requêtes… mais si vous aviez la chance ou l’envie d’écrire quelque chose sur la création de dialogues, ce serait fort apprécié. Les miens manquent de « vie ».

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Lyne

      Je suis ravie de savoir que vous appliquez ce que vous découvrez dans ce blog.
      Et comme vous le dites si bien, les commentaires ont aussi leur importance.

      J’ai bien enregistré votre demande à propos des dialogues. C’est vrai, ma boite ne manque pas de requêtes, je les traite peu à peu.
      Patience, les articles arriveront.

      Merci pour vos compliments

      Bien à vous

  5. C’est avec ce genre de méthodes qu’on réalise à quel point le travail de réecriture entre le premier jet et la version définitive est crucial… et énorme.
    Sur l’ensemble d’un Roman, instinctivement, la plupart des auteurs tombent dans ces procédés d’écriture récurrents. Il faut au final tout reprendre, phrase par phrase, pour s’assurer de la fluidité et de la correction de l’ensemble.

    Tout un programme!

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Eh oui, il faut tout reprendre phrase par phrase. Et en étant rigoureux, on parvient à épurer et fluidifier un texte. La réécriture fait entièrement partie du processus d’écriture.

      Bien à vous

  6. Hakima dit :

    Bonsoir,

    je tiens avant tout à vous remercier pour votre travail.
    Aussi je souhaiterais vous demander s’il y a des astuces pour éviter le participe passé lorsque’on mobilise des faits historiques? J’ai grand mal éviter cet écueil, dès que j’oublie, je me retrouve à m’exprimer au passé.

    En vous remerciant.

  7. OE dit :

    Bonsoir,
    Oui, c’est encore moi, je suis devenu l’un de vos fidèles visiteurs. Mais ce blog me plaît vraiment. Il est riche, complet, je vous en remercie.
    Et merci encore une fois pour ce merveilleux article, je crois que je viens de découvrir l’une des raisons pour lesquelles sont un peu lourde. Il est bien vrai que j’utilise beaucoup le participe présent, croyant qu’il embellira mon style (et je l’utilise encore).
    Mais voilà encore une chose à éviter. Merci mille fois
    J’aurai (encore) une question à vous poser : Y a-t-il une manière de percevoir la fluidité si ce n’est par la lecture ? Je veux dire, y a-t-il quelque chose de concret qui puisse nous informer quant à la fluidité d’un texte ?
    Merci.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Oui il existe bien un outil spécifique à la fluidité. Et cet outil formidable vous le possédez sans l’utiliser. Il s’agit de votre oreille !
      Lisez vos textes à voix haute et vous « verrez » vous même si votre texte est fluide, s’il comporte des répétitions, si vos phrases ne sont pas trop longues… et tellement d’autres choses. Essayez, vous verrez, c’est très efficace.
      Cordialement

      C

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