Comment scotcher les lecteurs à vos pages ?

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Ne vous est-il jamais arrivé de rester scotché à un livre ? Certains auteurs ont le don (et aussi la manière !) d’écrire des histoires qui captivent leurs lecteurs. Quels ingrédients et techniques utilisent-ils ?

 

 

 

Car bien entendu, il existe des techniques, des astuces et… une pincée de savoir-faire !

Découvrez-les :

 

1 / visez la concision !

 

Je sais, j’insiste, je me répète, mais ignorer ce conseil, c’est prendre le risque de perdre le lecteur en cours de route. Des phrases longues et bourrées de descriptions déplaisent aux lecteurs. Alors, restez vigilant et ne vous étalez pas.

Ah… je vous entends déjà… je ne dis pas qu’il faut bannir les phrases longues, je dis juste que vos phrases doivent donner juste les informations qu’il faut aux lecteurs. Évident ? Pas tant que cela car on se laisse vite aller, à en rajouter et à dire plus qu’il ne faut ! Si, si… Et je doute que vous ne soyez pas concernés. Relisez vos textes !

Donc, jouez avec la longueur des phrases tout au long de votre histoire. Et gardez bien à l’esprit qu’elles sont longues pour ralentir le texte, laisser souffler le lecteur, le faire réfléchir aux événements que vous venez de lui proposer et courtes pour accélérer le rythme du récit.

2 / Jouez avec les sentiments des lecteurs 

 

Comment ? En créant des personnages réalistes qui évoluent au fil des événements comme le font tous les êtres humains dans la vraie vie. Se servir de l’empathie est un très bon moyen de captiver vos lecteurs. En partageant leur destin, les lecteurs vont s’identifier aux personnages et seront soucieux de leur évolution. Jouez donc sur cet aspect très humain. Ça marche !

 

3 / Mettez vos personnages à l’épreuve

 

Dites-moi… quel intérêt aurait une histoire s’il ne s’y passait rien ?

Pour que vos lecteurs tournent les pages, il faut impérativement que les épreuves que doit affronter vos personnages aient des conséquences notables. Dramatiques ou heureuses, individuelle ou collective… peu importe, mais le lecteur cherchera forcément à connaître le dénouement.

 

4 / Soignez les antagonistes

 

Ce qui fait une grande histoire, ce sont les épreuves auxquelles vous soumettez vos personnages, leur façon de les surmonter, mais surtout ce qui les empêche. Si les personnages sont la raison d’être d’une histoire, les antagonistes seront celles du suspense.

De nombreuses œuvres doivent leur intensité dramatique au développement très soigné des adversaires, et autres malfaisants contre lesquels les protagonistes entrent en conflit.

Comment créer ces antagonistes ?

Les antagonistes sont souvent des méchants, mais vous n’êtes pas obligé de respecter cette tradition.

Si l’on décortique les romans (voir la série des  vidéos l’Alchimie du roman), on constate que les antagonistes réussis ont 6 points communs :

1 / Ils sont très clairement caractérisés :

  • leur passé est souvent complexe
  • ils ont des qualités, des défauts et des talents remarquables
  • leur but est indiqué très tôt au lecteur

2 / Ils ont un plan, et même parfois un plan B.

3 / Il est très difficile, voire impossible de les faire renoncer à leur objectif.

4 / Leurs actions sont le reflet de leur système de valeur.

5 / Leurs actes sont en cohérence avec les faits et l’univers du récit.

6 / Ils ont au moins une faiblesse dont le protagoniste peut tirer parti.

 

De nombreux livres fonctionnent sur ce schéma « protagoniste contre antagoniste ». Mais il arrive que les principaux problèmes auxquels le protagoniste soit confronté proviennent de lui-même. Il est alors son propre adversaire. Dans ce cas, il s’agit de bien définir et exploiter le conflit interne du personnage principal, dont la contradiction psychologique doit être le moteur.

 

Enfin, l’antagoniste n’est toujours une personne, mais un groupe ou un système (exemple La vie est belle ou Farenheit 451). Dans ce cas, l’univers du récit doit constituer à lui seul un carcan très contraignant que le protagoniste essaie d’affronter ou de fuir.

Quoi qu’il en soit, l’action de l’antagoniste doit remplir des fonctions dramatiques :

  • faire avancer l’intrigue,
  • transmettre des informations,
  • pousser le protagoniste à agir, tout en produisant de l’émotion sur le spectateur.

 

5 / Distillez les informations

 

Enfin, amusez-vous avec le suspense. Pour cela, donnez des informations à vos lecteurs, mais gardez-en sous le coude. Comment ? La technique qui fonctionne plutôt bien c’est de distiller au fil de l’écriture des éléments que les personnages méconnaissent eux-mêmes. Je vous garantis que les lecteurs seront pressés de découvrir quand et comment les personnages les découvriront. Et surtout, quelles réactions ils déclencheront. En attendant, ils vont sérieusement gamberger… et chercher à savoir… vite !

 

 

Quel auteur n’a pas rêvé de captiver ses lecteurs ?

En respectant ces 5 points, vous pouvez les scotcher à votre histoire et les pousser à tourner les pages, avides de lire la suite.

À vos succès d’écriture…
Quel roman vous a littéralement scotché ? Et pourquoi ?

 

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4 commentaires

  1. girodet dit :

    Je ne suis pas totalement d’accord avec la concision. J’ai lu quelques nouvelles sur l’application Wattpad et je trouve au contraire qu’en allant directement à l’action en privilégiant le déroulement de l’histoire on enlève au lecteur la possibilité de se plonger dans un monde différent du sien. Relisez La Maison Tellier de G de Maupassant par exemple.Les descriptions sont un régal même si il ne se passe pas grand chose on a envie d’y rester.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Il ne faut pas confondre concision et imprécision.

      Quand je vois un mot entouré de trois adjectifs, des relatives qui s’enchaînent, des redondances… Je ne dis qu’on aurait gagné à viser la concision.

      En revanche, je ne dis pas qu’il faut épurer son écriture au point de ne faire aucune description et de priver le lecteur d’un monde dans lequel il pourrait se plonger. Je pointe juste du doigt les erreurs fréquentes que je lis dans les textes que l’on m’envoie.

      Bien à vous

  2. Merci pour tous ces précieux conseils.

    Je suis d’accord avec vous, Marie-Adrienne, quant à la longueur des phrases. En amoureuse de Jane AUSTEN et de son style désuet, j’ai eu tendance à l’imiter. Mais on m’a bien vite retoqué certains extraits, trop longs, trop lourds, qui coupent le rythme et lassent vite.
    Mes phrases sont plus concises maintenant, ce qui n’empêche pas les descriptions. Mes textes gagnent en fluidité, en « oxygène » : on respire – parce qu’on avait tendance à s’essouffler. Enfin je pense.

    Merci encore pour ce blog et le partage de vos précieuses connaissances (elles me font avancer et enrichissent mon écriture).

    🙂

  3. cuisine pmr dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec les commentaires du dessus.
    Néanmoins, le blog est super =)

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