Comment écrire une nouvelle par semaine ?

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MotivationIl y a peu, j’évoquais le projet Bradbury et son challenge : écrire une nouvelle chaque semaine pendant un an. Maintenir ce rythme peut sembler énorme mais vraiment possible en s’organisant un peu…

 

 

 

À une époque, je me suis lancée dans une course aux concours de nouvelles. Sans parler vraiment de projet Bradbury, je participais quand même à deux ou trois concours par mois et j’ai tenu ce rythme plus d’un an.

En rédigeant ce fameux article sur le projet Bradbury, j’ai repensé à toutes ces nouvelles que j’ai écrites. Et à l’organisation que j’ai finie par mettre au point pour participer à autant de concours.

Pourquoi avoir participé à tant de concours ?

 

Assez vite j’ai constaté que sans objectif, j’avais la fâcheuse tendance à reporter mes  séances d’écriture. Vous voyez certainement de quoi je veux parler… il y a toujours plus urgent ou important à faire qu’écrire !

Alors, pour progresser et améliorer mon écriture, multiplier les expériences et surtout m’obliger à écrire, j’ai pensé que les concours – avec leurs règles, leurs thèmes, leurs délais – constitueraient un très bon entrainement. Rien de mieux pour se bouger un peu !

Au début, j’étais persuadée qu’une nouvelle était plus facile à écrire qu’un roman. Mais j’ai vite déchanté. Ce genre est plus difficile qu’il n’y parait.

Après m’être documentée sur la nouvelle, j’ai testé quantité de techniques pour produire vite et beaucoup. Car j’ai vite pris goût à ce challenge.

Au fil du temps, j’ai amélioré mon organisation. Semaine après semaine, j’ai même élaboré une méthode que je n’ai plus cessée d’appliquer.

 

Voici la méthode que j’adoptais jour après jour pour écrire une histoire par semaine :  

 

Lundi : installez son idée d’histoire

 

D’abord, choisissez l’idée autour de laquelle vous allez construire votre histoire.

Peut-être avez-vous une liste d’idées prêtes à l’emploi ! Ou peut-être avez-vous une bonne idée qui vous trotte en tête. C’est une chance ! Cette journée sera plus facile.

Si non, fouillez le blog, vous trouverez plusieurs articles qui vous aideront à constituer des listes d’idées.

Dès que vous avez votre idée. Occupez votre lundi à élaborer vos personnages, à mieux les connaitre, et définir les points clés de votre histoire.

Vous n’êtes pas obligé de traiter cette partie installé devant votre ordinateur. Ce travail peut s’effectuer dans les transports en commun, en voiture, à la pause déjeuner…

 

Mardi : Rédigez la première partie de la nouvelle

 

Basez-vous sur une structure en trois actes et consacrez votre mardi à écrire le 1er acte.

 

Petit rappel : la structure en trois actes (structure classique du récit occidental)

Le premier acte plante le décor. Il présente le personnage principal et la majeure partie des personnages.

À la fin de celui-ci, on doit placer un événement qui bouleverse la vie du personnage principal (élément déclencheur).

Il a, suite à ce bouleversement, un but difficile/ une quête à atteindre qui le motive tout le long des deux actes suivants : c’est ce qu’on appelle un noeud dramatique.

Le deuxième acte nous montre le personnage en quête d’un nouvel équilibre. C’est la partie la plus longue de l’histoire. Au cours de cette partie, il rencontre des alliés, des ennemis. Des épreuves se dressent devant lui.Le deuxième acte se termine par un rebondissement qui donne une nouvelle direction à la quête. C’est ce qu’on appellera le Climax.

Le troisième acte, le plus court, décrit la dernière étape de la quête. Le personnage se voit confronté à une ultime épreuve dans laquelle il doit mettre toutes ses ressources, pour finalement triompher ou échouer sans retour possible.

 

 

La structure classique en trois actes reste une bonne base d’écriture. Elle peut vous guider lorsque vous vous sentez coincé ou en manque d’inspiration. Mais ne vous laissez pas piéger. L’expérience vous permettra de bousculer cette structure.

En tout état de cause, ce premier acte dont vous vous occupez mardi doit quand même présenter les personnages clés ainsi que le cadre de votre histoire. Vous devez également clairement définir le conflit et les motivations des personnages.

Ce sont les facteurs clés qui serviront de base pour le reste de votre histoire. L’objectif est d’accrocher le lecteur et de débuter l’intrigue.

Il est important de consacrer du temps à ce premier acte. Plus vous y travaillerez plus facile sera la suite !

 

Mercredi : Écrire le Climax

 

Reprenons vos écrits de la veille et attaquez-vous au 2e acte.

Maintenant que les éléments clés de l’histoire sont établis, il est temps d’augmenter la tension et de présenter les enjeux. Allez-y, mettez votre personnage à l’épreuve et créez lui de vrais conflits. Pour agrémenter votre histoire, donnez trois directions à ces conflits :

 

  • un conflit lié à l’environnement
  • un conflit personnel externe au personnage principal. Si vos personnages de votre histoire sont entièrement développés, ils ont besoins, des désirs… Trouvez des sujets pour lesquels le personnage principal et les autres personnages s’affrontent le plus, et l’exploitez-les.
  • Un conflit interne au personnage. Qu’est-ce qui hante votre héros?Quels sont ses plus grandes faiblesses?Quel est le plus grand combat de votre personnage?

Ce conflit interne du personnage principal doit être aussi riche que celui que vous avez créé autour de lui.

À la fin de cette journée, vous devez avoir écrit un climax médian (dont vous piocherez l’origine parmi les trois conflits pour ménager le suspense) et le climax (point culminant) de votre histoire, moment où tous les conflits sont à leurs combles.

 

Jeudi : Résoudre l’intrigue

 

Maintenant, tout ce qui reste à écrire est le 3e acte : la résolution.

Dans cette dernière partie de votre histoire, faites converger tous les éléments vers une résolution. Quelles conséquences ont les choix et les actions de votre protagoniste dans l’histoire ?

Faites progresser tous les éléments de l’histoire jusqu’à une conclusion.

Et réjouissez-vous, votre histoire est désormais complète !

 

Vendredi : Révisez l’histoire

 

Vous avez maintenant une histoire complète, l’objectif de cette journée est donc de revenir en arrière et de la revisiter.

C’est le moment de revoir ce que vous avez créé et de l’améliorer.

Affiner les détails. Pinailler sur les choix des mots. Améliorer les transitions…

C’est aussi le moment d’évaluer la qualité de votre histoire.

Si vous constatez quelques faiblesses, il vous reste samedi pour affiner votre histoire et dimanche pour finir de la peaufiner.

 

Dimanche soir, votre nouvelle est terminée. Vous pouvez la destiner à un concours ou la publier sur une plateforme comme Scribay pour la partager avec les lecteurs et obtenir leur avis.

 

Écrire une nouvelle chaque semaine fera de vous un meilleur écrivain

 

Bien sûr, écrire une nouvelle chaque semaine peut sembler beaucoup de travail mais vos efforts seront récompenser de façon exponentielle.

Pour l’écriture, comme dans les autres domaines créatifs, la quantité engendre qualité. Cela signifie qu’en écrivant beaucoup et souvent, vos progrès seront considérables. Vous améliorerez votre écriture… C’est indéniable !

Donc ne vous inquiétez pas de faire de chaque histoire un bijou de perfection. Ce n’est pas le but. L’objectif est d’obliger en permanence votre cerveau à construire des histoires et de l’obliger à cheminer du concept au produit final.

Chaque fois que vous le ferez, vous sentirez la différence la fois suivante et vous serez peu à peu plus à l’aise face à l’élaboration d’une structure.

 

À vos succès d’écriture…

 

Et vous ? Pensez-vous pouvoir écrire une histoire par une semaine ?

Donnez votre avis dans les commentaires.

 

9 commentaires

  1. evelyne dit :

    Comme vous avez raison Marie-Adrienne de nous inciter et de nous encourager à nous astreindre à cet exercice d’une nouvelle …par semaine. Je me dis que je pourrais essayer le rythme d’une nouvelle par mois, mais je sens que c’est le rythme hebdomadaire qui est le bon et le plus adapté à la forme. Pas assez de temps libre pour l’instant pour tenir le rythme. avez-vous une recette intermédiaire ?

  2. Stephane dit :

    Bonjour Adrienne, c’est vrai que forger sa plume par le biais de l’écriture d’une nouvelle ferait de nous de futurs très bons écrivains. Nonobstant, c’est un peu lourd pour un étudiant comme moi qui doit entre temps lire ses cours et lire en moyenne une œuvre littéraire tous les deux jours. Quelle recette serait bonne pour moi ?

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Je comprends mais nous sommes tous occupés. Sinon, vous n’êtes pas obligé d’écrire longtemps. 30 minutes tous les jours suffisent.
      Après, il a des périodes où nous avons tous mis l’écriture un peu de côté. Néanmoins écrire régulièrement permet de faire des progrès.
      Bon courage pour vos études

  3. Henri dit :

    L’écriture relève de l’enfermement en une bulle d’autosatisfaction, une forme de méditation. Cet endroit privilégié répond à des critères tout à fait personnels. A un rythme que l’on choisit ou que l’on s’impose. Lui donner un objectif de rendement me parait (c’est tout à fait perso) aberrant.

    Les jurés de tous les concours se ressemblent. Gens âgés, dominance féminine et toujours trop figés. Maniaques de la belle langue, ils ignorent totalement la possible beauté de ce qui est populaire. Et c’est fort dommage.
    Bien à vous tous

    Henri

  4. Marie Thérèse dit :

    bonjour Marie Adrienne
    J’ai un peu de mal à faire la différence entre le climax médian et le climax. Pouvez vous m’en expliquer la différence en prenant exemple ( par exemple …) sur le personnage que vous avez crée : la cadre célib qui désire de se marier et cherche à se trouver un amoureux .
    Bien à vous
    Marité

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      La construction la plus classique pour un récit repose sur trois actes :

      • un acte de mise en place dans lequel sont présentés les personnages de l’histoire, posée la question dramatique, installée la motivation du personnage et la majeure partie de ses obstacles. Ce premier acte se clôt par un nœud dramatique, moment où les tensions sont telles que le protagoniste est obligé de réagir et de se lancer dans l’histoire.

      • L’acte deux est le véritable déroulement de l’histoire. C’est celui où toutes les résolutions de conflits sont installées, développées et montées à leur paroxysme. Là encore, un noeud dramatique, où toutes les tensions sont à leur comble, clôt l’acte. Ce nœud dramatique particulier est appelé le climax médian. Il relance l’action sans changer l’objectif du protagoniste.En fin d’acte 2, le protagoniste est prêt à baisser les bras. Il a tout essayé, tout semble perdu, il a essayé sans succès toutes les options. Mais un nouvel évènement vient redonner espoir, c’est la relance de l’acte 3.

      • L’acte trois est celui de la résolution. Souvent très court, il fait éclater les tensions. C’est là qu’a lieu le climax, pendant lequel tous les conflits sont résolus et à l’issue duquel la réponse à la question dramatique est donnée. C’est là que l’on sait si oui ou non le héros a atteint son objectif.

      Voilà, j’espère que c’est plus clair. (excusez ma réponse tardive… mon planning actuel est surchargé !)

      Bien à vous

      • Marie Thérèse dit :

        merci pour votre réponse. Ce matin, je vous ai envoyé une nouvelle.
        J’espère m’attaquer à un roman dans les semaines qui viennent.

        Merci à vous
        Je présume que vos explications sur le climax médian ne s’appliquent pas seulement à la nouvelle, mais au roman en général?
        cordialement
        Marité

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