Comment corriger un roman ?

Partager :

Vous avez terminé votre premier livre. Vous l’avez envoyé aux éditeurs et après les premiers refus, vous avez décidé de faire lire votre travail à des personnes proches – mais pas si proches – pour obtenir leur avis…

 

 

Les critiques sont unanimes. L’idée est bonne… mais le roman est mal écrit ! Ouf… ça fait mal mais après réflexion, vous êtes plutôt d’accord avec les critiques.

Alors, que faire ?

 

D’abord, ne vous découragez pas. Certes les critiques ne sont pas toujours faciles à accepter mais vous êtes allé au bout de votre projet, c’est déjà un beau chemin parcouru !

 

Maintenant deux solutions s’offrent à vous :

  1. Vous reprenez votre roman et vous le corrigez.
  2. Vous le réécrivez complètement

Nous allons surtout nous occuper de la première option.

1 / Comment corriger un roman ? Que faut-il revoir ?

 

Voici une liste qui doit vous servir d’aide-mémoire.

La correction va s’effectuer en deux temps.

 

1/ La première étape : corriger le fond.

 

a / vérifier la cohérence du monde que vous avez créé.

b / vérifier la cohérence de votre récit et sa progression. Les enchainements, le rythme.

c / vérifier la cohérence de vos personnages et de leurs actions

Parfois on laisse passer des aberrations. Je vais exagérer un peu mais c’est juste pour l’exemple.  Si l’un des personnages est très âgé… il ne pourra pas détaler au cours du récit ou dévaler les escaliers quatre à quatre ! Je pense que vous comprenez ce que je veux dire.

d / vérifier et respecter la concordance des temps.

 

2 / La deuxième étape : corriger la forme

 

S’attaquer au style

 

  • Supprimer tous les débuts de phrases plates du genre :

Il y a, il y avait, il y eut…C’est, c’était, ce fut

  • Chasser les répétitions

Les mots mais aussi les pronoms. N’oubliez pas de traquer les répétions de style. Relisez l’article Traquez les répétitions.

 

  • Remplacez tant que possible les verbes et formes verbales faibles

Vous savez tous ces verbes fourre-tout qu’on utilise trop souvent !

Des exemples ?… pas de problème !

« faire », « avoir », « être », « pouvoir », « devoir », « aller », « dire », «sembler»,  « pouvoir », « voir »

« j’ai l’impression que », « venir de », « continuer de »…

  • De la même manière, remplacez au maximum les adjectifs « faibles » pour plus précis :

Mais surtout éviter les avalanches d’adjectifs !

  • Utilisez la forme active partout ou vous pouvez à moins qu’elle soit nécessaire et que votre choix soit calculé et serve à attirer l’attention du lecteur.

 

S’attaquer au rythme

 

  • Bannissez la multiplication des propositions relatives
  • Veillez à la longueur des phrases.
  • Réduisez l’utilisation des adverbes car ils alourdissent les phrases.
  • Réduisez l’utilisation des participes présents qui alourdissent également le rythme de la phrase. 

Relisez l’article Éviter les participes présents et améliorer son style d’écriture

  • Veillez à ne pas trop vous lâcher sur les conjonctions de coordination. La plus fréquente dans la langue française est « et ». L’utiliser est le meilleur moyen d’augmenter la longueur des phrases.

 

S’attaquer à la correction du texte

 

  • La grammaire : revisitez tous les accords en genre et en nombre, les conjugaisons… Ne laissez pas le hasard mal faire les choses ! Un texte avec des fautes fait mauvaise impression.

 

  • L’orthographe : Soignez-la et restez cohérent tout au long du texte.

 

  • La Ponctuation et la typographie : respectez bien les règles de ponctuation. Revoyez l’objectif de chaque signe et la typographie qui en découle.

 

Après avoir revu tout cela, votre texte aura subi un bon « nettoyage » !

 

2 / Quels outils de correction utiliser ?

 

1/ Antidote

Sans hésiter, le correcteur Antidote, à la fois un correcteur d’orthographe et correcteur grammatical avancé. Antidote fait l’analyse syntaxique complète de la phrase et vérifie l’orthographe, la syntaxe, les accords grammaticaux, la conformité à l’usage, et bon nombre d’autres règles d’écriture du français.

Antidote est payant mais franchement, vous ne regretterez pas votre investissement. J’écris toute la journée et je ne peux plus faire sans.

 Ce que le correcteur Antidote détecte :

– corrige les erreurs d’orthographe («dilemne»)
– corrige les accords en genre et en nombre entre déterminant et nom («les canal»), entre nom et épithète («des souliers original»), entre sujet et attribut («ces souliers sont original»), entre sujet et verbe («ils le mange»), et bien d’autres
– corrige les erreurs d’accord de l’adverbe «tout» («Elle est toute éblouie.»)
– corrige les erreurs de collocations («carnet de chèque)
– corrige les erreurs d’accord du mot «tel» («Tel que je la connais, elle viendra.»)
– corrige les erreurs d’accord des adjectifs de couleurs («des chemisiers verts pommes»)
– corrige les erreurs de genre ou de nombre dans les expressions verbales («elle sent bonne», «donner lieux à…»)
– corrige le pluriel des noms composés («arc-en-ciels»)
– corrige les accords de participes passés employés seuls, avec «avoir», avec «être» pronominaux ou non («elles se sont lavées les oreilles»)
– corrige les confusions «é/er/ez» («je dois te parlé», «nous avons beaucoup parler», «je veux vous parlez»)
– corrige les auxiliaires fautifs («il a parti très tôt.»)
– corrige les erreurs de mode («il faut que je cours vite»)
– corrige la syntaxe et l’accord des nombres («deux-milles cinq cents vingt deux», «la page quatre-vingts»)
– corrige les erreurs de ponctuation («la fille dont je t’ai parlé l’autre jour, vient vers nous», «La reconnais-tu.»)
– signale les phrases négatives mal construites («Je ne vois pas aucun problème.»)
– corrige les mots anglais («j’ai payé cash»)
– signale les faux amis («un vendeur agressif»)
– corrige les calques («rencontrer une échéance»)
– corrige les impropriétés syntaxiques («je débute les travaux demain»)
– corrige les pronoms relatifs fautifs («le document que j’ai besoin»)
– corrige les traits d’union devant les pronoms («Donne le moi!»)
– signale les québécismes («débenture», «débarbouillette»), les belgicismes, et autres variantes nationales et régionales du français
– corrige les accords avec les référents de certains pronoms(«Cette fleur, je l’ai cueilli pour vous»)
– signale les confusions possibles («inclinaisoninclination»)
– surveille les niveaux de langue (familier, très familier, argotique, soutenu, archaïque)
– signale les mots rares («adent», «avançon», «farouch»)
– signale les pléonasmes («Je te préviendrai à l’avance», «tous sont unanimes»)
– vérifie la formulation des adresses
– vérifie la formulation des dates («Mercredi le 22 septembre 1999»)
– vérifie l’appariement des guillemets et des parenthèses
– signale les doublons («une une jeune fille»)
– vérifie l’emploi pertinent de la majuscule («Elle parle Anglais.», «le Ministre de l’Éducation»)
– vérifie l’espacement («Il me reste 100$»)
– vérifie l’élision («cet handicap est mineur»)
– vérifie l’euphonie du verbe («Reviendra-il bientôt?», «Va-y!»), de l’adjectif («un beau enfant») et du déterminant («ma amie»)
– signale les constructions propres aux locuteurs dont la langue maternelle n’est pas le français («je suis 34 ans»)
– gère le «vous» de politesse («vous êtes ravissante ce soir») et le «nous» de modestie («nous sommes très satisfait des résultats de notre étude»)
– et corrige ou signale des dizaines d’autres difficultés de la langue…

C’est déjà pas mal, non ?

2 / Le correcteur gratuit et en ligne

http://www.scribens.fr/

Bien fait et fiable mais il oblige à utiliser le copié-collé. Alors qu’Antidote agit directement sur le texte.

 

3 / Le correcteur professionnel

Vous en trouverez sur le net. Demander un devis. Les prix peuvent varier de l’un à l’autre.

 

 

Mon avis

Recourir à Antidote me semble une bonne solution pour intervenir sur la grammaire, l’orthographe et la typographie. Quant au fond et à la forme, je préconise de vous garder cette tâche. Corriger fait aussi partie du travail de l’écrivain et de l’apprentissage de l’écriture.

 

Enfin, la solution plus radicale si vous trouvez que les critiques ont vraiment raison et que votre roman est finalement mal écrit, c’est de le réécrire complètement en vous aidant des conseils d’écriture glanés… sur Aproposdecriture ! ‘-)

 

À  vos succès d’écriture…

 

 

10 commentaires

  1. Jean-Patrick dit :

    « Quant au fond et à la forme, je préconise de vous gardez cette tâche. »
    Ou Antidote n’a pas été utilisé, ou il a « gardez » cette faute ! Ce devrait plutôt être « garder ».

    Plus sérieusement, sans aller jusqu’au livre complet, je prodigue les mêmes conseils à mes stagiaires en fin d’écriture d’une lettre, d’un rapport, d’un article : se relire, c’est aussi penser au sujet, aux informations réunies, au plan d’exposé et à la rédaction.
    Bravo et merci pour ce rappel !

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Jean-Patrick

      Oui, oui, oui ! Non seulement Antidote n’a pas été utilisé mais en plus j’ai fait vite car je réglais en même temps un problème technique du blog.
      C’est rectifié. Merci… je sais que vous veillez !

      A bientôt

  2. En ce qui me concerne, j’ai fait le choix d’une écriture instinctive. Les textes publiés sur mon blog ont été écrits d’une seule traite pour chaque chapitre.

    Une fois le premier jet effectué, j’effectue une première relecture pour « brosser » le texte au niveau de sa cohérence, des répétitions et des tournures maladroites de phrases.
    Ensuite, une personne tierce qui m’aide en tant que « correcteur » s’applique à relire le texte en détail et me retranscrit en temps réel les fautes de frappe, erreurs de syntaxe, concordance, conjugaison etc etc qu’il peut voir.
    Et j’effectue ces corrections en temps réel.

    Ensuite je publie le premier jet.

    Une fois le roman terminé et publié en premier jet, je compte le laisser reposer et recueillir un maximum d’impressions de mes lecteurs pour la réécriture.

    Au dernier moment, avant de tenter une édition, je reprendrais l’ensemble pour le retravailler sur le rythme, le fond, la forme, les personnages…

    Je pense qu’avoir un regard extérieur, même amateur peut grandement aider à la correction.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour et Bienvenue sur Aproposdecriture

      Tout ce que vous dites est bien mené.
      Un oeil extérieur est absolument nécessaire.

      Bien à vous

      • J’ajouterai même que le choix de la personne est primordiale. C’est un peu le principe du « lecteur référence ».

        Les proches réfractaires ne joueront pas le jeu. Les proches encourageants seront, eux, trop indulgent. Pour eux « tout est parfait ».

        Il faut trouver un oeil extérieur, indépendant, qui sera le plus objectif possible et n’hésitera pas à donner son avis de façon constructive.

        Et ce profil là est très délicat à trouver. Et pourtant si capital quand on écrit.
        Je n’ai jamais été publié, mais je sais que pour chacun de mes textes cette relecture permet de mettre en exergue des failles béantes dans la qualité du récit. Ou tout simplement des fautes de frappe qui peuvent entacher un texte. L’auteur n’a pas forcément le recul nécessaire. Car lorsqu’il se relit, il sait déjà ce qui va venir ensuite, il sait où il veut en venir.
        Mais il faut se placer dans la peau d’un lecteur qui ne connait pas l’histoire. Et de ce point de vue là, les erreurs de cohérences, ou les tournures de phrases ambigues et bancales deviennent visibles.

        Bref.
        Conseil d’un débutant à tous les autres débutants: trouvez vous un oeil extérieur avisé et volontaire! Ca aide grandement!

        • Marie-Adrienne Carrara dit :

          Complétement d’accord. Un oeil avisé est essentiel et nécessaire.
          Mais il n’est vraiment pas facile à trouver.

  3. Grégoire M dit :

    Vous évoquez en une ligne les correcteurs professionnels. Peut-être en connaissez-vous quelques-uns de bien ? C’est vrai qu’il y en a plein sur internet mais comment savoir lequel choisir ?
    Personnellement j’avais fait corriger mon manuscrit par Sus aux fautes.fr parce qu’ils étaient moins chers que la plupart des autres que j’avais trouvés. Résultat tout à fait irréprochable. Mais peut-être y a-t-il encore moins cher ? Merci en tout cas pour ces conseils !

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Oups, bonjour… je n’avais pas vu votre commentaire.

      Oui je connais une correctrice professionnelle. Par elle passent quelques romans que nous retrouvons sur les tables des libraires ou sur le net.

      Je n’ai jamais testé les services de correcteurs en ligne. Merci pour la référence du site susauxfautes.fr.
      Elle peut intéresser les lecteurs du blog.

      Quant au coût, on peut certainement trouver moins cher. Après, la qualité y sera-t-elle ?

      Bien à vous

  4. Paillet dit :

    Antidote est un bon outil, plus performant en typographie qu’en grammaire.
    La concordance des temps est complètement ignorée, et des « erreurs » sont souvent incompréhensibles.
    La phrase suivante :
    « Drague autant que tu veux mais choisis de jolies filles. »
    après la correction antidote ça devient :
    « Drague autant que tu veuilles mais choisisses de jolies filles. »
    Explication donnée : la conjonction « autant que » demande le subjonctif !!!
    Je crois que je ne suivrai pas cette règle, du moins autant que faire ce peut !

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Comme j’écris toute la journée, j’utilise beaucoup Antidote. Et comme je le disais déjà dans les commentaires, je reste maitre des corrections à faire. Antidote me signale « une erreur »… je décide si je corrige ou pas. Je ne laisse pas faire le logiciel sans réfléchir. Le jour où la machine prendra la main sur l’humain… nous aurons des soucis à nous faire !
      Antidote me rend de très grands services. Alors c’est vrai il n’est pas parfait mais il me permet de proposer un texte dépourvu de nombreuses fautes et quand vous écrivez cinq ou six heures par jour, je vous garantis qu’elles se multiplient.

      Bien à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez pour afficher un lien vers votre dernier article