Bannissez ces 7 mots de votre écriture

Partager :

Si vous lisez cet article, c’est que vous cherchez à devenir meilleur écrivain. Mais comment améliorer son écriture ? Il existe des centaines de règles d’écriture, des milliers de mots à connaître et des millions de façons possibles d’écrire même un simple message…

 

 

 

Alors comment devenir meilleur écrivain quand l’écriture elle-même est si compliquée ?

 

La règle essentielle d’écriture

 

Dans cet article, nous allons évoquer les sept mots à éviter dans votre écriture, mais le meilleur conseil à vous donner si vous voulez progresser et améliorer votre écriture, ce serait :

« Soyez précis. »

 

Être précis est le meilleur conseil que je donne à chaque personne que j’accompagne dans son projet d’écriture.

Il existe plusieurs façons d’écrire avec précision mais la première démarche à adopter d’emblée est de bannir sept mots de votre écriture.

Si vous persistez à utiliser ces fameux sept mots, non seulement votre écriture restera vague, mais vous risquez en plus de gâcher vos efforts d’écriture et le message que vous souhaitez transmettre.

Appliquez cette règle essentielle d’écriture et renoncez définitivement à ces sept mots, trop imprécis et nuisibles à votre texte.

Chaque fois que vous vous surprendrez à les utiliser, trouvez un moyen de les remplacer, la force de votre phrase y gagnera.

 

Mise en garde

 

Le problème quand on donne des conseils, c’est que l’on fait souvent soi-même exactement ce que l’on dit aux autres de ne pas faire.

Si vous me surprenez à utiliser l’un de ces sept mots dans cet article ou ailleurs, n’hésitez pas à le souligner !

Considérez qu’aucun d’entre nous, moi y compris, n’est arrivé au sommet de la perfection.

 

Les 7 mots à bannir de son écriture

 

Sans plus tarder, voici les 7 mots à éviter si vous voulez gagner en style.

 

1 / « Un des »

N’utilisez pas cette expression. Les BONS écrivains prennent position.

Évitez d’écrire « l’un des plus importants », « l’un des meilleurs ».

Soit il est le plus important soit il ne l’est pas… Soit il est le meilleur soit il ne l’est pas…

Exemple :

Ne dites pas : Une des règles les plus importantes de l’écriture est d’être précis.

Mais : La règle d’écriture la plus importante est d’être précis.

 

2 / « Certain » (certaine, certains, certaines)

Voici la définition du mot « certain » :

adjectif indéfini

  • Devant un nom commun, désigne quelqu’un ou quelque chose qu’on distingue, sans grande précision, d’un ensemble : À un certain moment, on a pu craindre le pire.
  • Devant un nom propre de personne, indique à la fois qu’on ne sait pas très bien de qui il s’agit et/ou qu’on attache peu d’importance à cette personne : Un certain Michel a téléphoné.
  • Devant un nom abstrait de chose, exprime une quantité relativement importante : Sans être vraiment vieux, il est déjà d’un certain âge.

 

Par définition, le mot « certain » est vague, et comme vous le savez, l’écriture vague est une mauvaise écriture.

Si vous voulez devenir un meilleur écrivain, évitez d’utiliser « certains » et tous ces autres mots aussi imprécis :

    • parfois
    • quelque chose
    • quelqu’un
    • quelque part
    • un peu
    • quelqu’un
    • en quelque sorte

 

3 / « Chose »

Nous utilisons le mot « chose » en permanence. Même en écrivant cet article, j’ai dû lutter pour éviter son utilisation.

Le mot « chose » est un raccourci certes utile, mais il induit une bonne dose d’imprécision. Si vous le repérez dans votre écriture, réfléchissez à ce que vous êtes vraiment en train de dire.

 

4 / Proscrivez les verbes pauvres

Être et Avoir sont les verbes le plus utilisés en français à l’oral comme à l’écrit. On les appelle aussi verbes imprécis ou passe-partout car « utilisés à toutes les sauces ».

Mais être et avoir ne sont pas les seuls à éviter… faire, devoir, mettre, prendre, aller… Verbes de facilité, ils s’imposent lorsqu’on rédige à la hâte dans un style proche de l’oral.

Proscrivez-les !

L’abus de ces verbes alourdit le style. Lorsqu’ils envahissent les pages, ils procurent une sensation de texte bâclé. Leur emploi abusif contribue à l’impression de maladresse, de lourdeur et de délayage.

Exemple, cette phrase :

version 1 : Le rôle de chef de projet n’est pas évident. C’est le rôle central, il faut gérer, tout contrôler.

version 2 : La fonction de chef de projet ne s’improvise pas. Ce rôle central implique de tout gérer et contrôler.

Que dites-vous de ces deux versions ?

 

Quelques pistes pour remplacer les verbes pauvres (à gérer selon le contexte) :

Aller : se rendre, visiter
Va permettre : permettra
Aller à la recherche : rechercher

 

Avoir : acquérir, assumer, bénéficier, compter, détenir, employer, exercer, exploiter, fournir, gérer, justifier de, obtenir, occuper, posséder, présenter, produire, rassembler, recueillir, remplir, remporter, rencontrer, requérir, tenir

avoir pour objectif  : viser, chercher, tendre à, tâcher de, s’efforcer de, tenter
avoir des connaissances : connaître
avoir une réunion : se réunir
avoir le matériel : obtenir, se procurer, récolter
avoir une influence sur : exercer une influence, influer sur

 

Être : s’agir, consister en, rester, apparaître, paraître, sembler, constituer, représenter, s’avérer

être en contact régulier : garder, maintenir
être le résultat : résulter de
être composé : se composer
être dû : incomber, résulter, provenir

 

Faire : réaliser, entreprendre, effectuer, exécuter, opérer, procéder, réaliser, contribuer à

faire appel  : recourir à, solliciter, s’adresser à
faire un bilan  : dresser, tirer, établir
faire baisser  : réduire
faire la différence  : différencier
faire une recherche  : rechercher
faire un choix  : choisir
faire l’objet de critiques  : susciter
faire en sorte de  : s’efforcer de
faire une liste : dresser, lister
faire ressortir  : valoriser, souligner, accentuer
faire partie  : appartenir
faire de la publicité : promouvoir
faire preuve  : prouver, montrer, démontrer, témoigner de, manifester
refaire  : réitérer

 

Mettre

mettre au courant  : informer, apprendre, renseigner, éclairer
se mettre d’accord : s’accorder
mettre à jour : actualiser
mettre en avant : valoriser, privilégier, souligner
mettre en place, sur pied : gérer, construire, organiser, prévoir, élaborer, concevoir,
monter
mettre en œuvre : établir, respecter
mettre à disposition : prêter, fournir, offrir

 

Prendre

prendre contact : contacter
prendre plaisir à : apprécier, goûter
prendre en charge : assumer, se charger de
prendre les devants : anticiper, devancer

 

5 / « Très »

Mark Twain disait : « Chaque fois que vous serez tenté d’écrire le mot très, remplacez-le »

Pourquoi ? Parce que le mot « très » est paresseux.

Un homme n’est pas très fatigué, il est épuisé.
Edmond n’est pas très triste. Il est morose.

« Très » est le mot le plus inutile de la langue française et peut toujours se remplacer. Non seulement il est inutile, mais il est traître parce qu’il affaiblit toujours ce qu’il devait renforcer.

 

6 / Les adverbes

Douloureusement, magnifiquement sont des mots bien intentionnés, mais ils alourdissent la lecture sans la valoriser.
Or une bonne écriture peint des tableaux dans l’esprit des lecteurs.

Quelle phrase peint la meilleure image dans votre esprit ?

Phrase 1 : « Aymeric rit bruyamment. »

Phrase 2 : « Le rire bruyant d’Aymeric surprit tous les invités.

Les adverbes prêtent aux verbes une lueur de sens, mais une nette différence persiste entre l’or et le plaqué or. Optez pour la précision. Évitez les adverbes.

 

7 / Les principaux mots : donc, la plupart du temps, pour, souvent…

La plupart du temps, souvent, pour, donc… méfiez-vous de ces mots-là !

Supprimez-les et aiguisez votre écriture.

 

Écrire n’est pas facile

Écrire prend du temps. Vous devez réfléchir à chaque phrase, chaque mot. Vous devez couper, réécrire et réécrire à nouveau.

Vous devez penser !

L’objectif vise à améliorer l’écriture, affiner son style et devenir meilleur écrivain. D’abord, travailler sur les mots. S’obliger à la rigueur et bannir les imprécisions. Construire une phrase à la fois avant de gagner en rapidité, en compétence et écrire plus facilement.

Je plaisante. Il n’est jamais facile de s’astreindre à la rigueur. Mais ce travail vaut la peine, croyez-moi !

 

À vos succès d’écriture…

 

Évitez-vous tout ou en partie ces mots dans votre écriture ?

Merci d’écrire un commentaire ou de partager cet article sur votre réseau social préféré.

 

35 commentaires

  1. Marie dit :

    Attention que l’on vise un objectif et non l’inverse 😉 Si l’on veut éviter d’utiliser l’expression « l’objectif est », on peut la remplacer par « l’objectif consiste ».

    Par ailleurs, je me demande si ces bons conseils ne devraient pas s’appliquer prioritairement à la phase de réécriture/correction, au risque de nuire à la fluidité d’écriture du premier jet ?

    Je dois avouer que je suis moi-même une grande adepte du style oral dans mes textes, car souvent j’écris à la première personne. Mais j’y porterai une attention particulière à l’avenir. 🙂

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Marie

      Ces bons conseils sont effectivement à appliquer à la phase de réécriture/correction. Néanmoins, si l’on s’astreint quelque temps à cette rigueur (par exemple dans un mail, un courrier personnel, ou autres) tous ces réflexes deviennent vite de bonnes habitudes prises pour le premier jet. Alors oui, c’est vrai, au début, c’est la galère, on hésite, on cherche, on se lasse… mais assez vite vous allez voir le fruit de vos efforts. Maintenant, si cela perturbe trop vos habitudes, limitez l’application au moment de la réécriture-correction.

      Mais bon, négliger telle ou telle règle, c’est aussi reculer pour mieux sauter comme on dit et le travail de réécriture-correction devient une nouvelle montagne à gravir après tant d’efforts. Enfin, c’est juste mon avis et il peut différer des autres !

      Bien à vous

      PS : L’objectif consiste… en effet !

  2. Aurore dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    C’est la première fois que je laisse un commentaire à la suite de l’un de vos articles. Pourtant, je les lis avec assiduité. C’est d’ailleurs grâce à vous que j’ai, entre autre, découvert le livre de Dany Lafferière « Journal d’un écrivain en pyjama » ou les vidéos, et par la même le blog, de Jean-Philippe Depotte. Je vous en remercie !

    Cet article me permet, aujourd’hui, de réagir car, comme beaucoup de personnes présentes ici, j’écris. En toute modestie mais avec plaisir, passion et envie de m’améliorer. En lisant vos conseils, j’ai enfin pu mettre le doigt sur des points noirs de mon écriture.

    En effet, quand je me relis, je butte sur le nombre parfois important d’adverbes qui me donne l’impression, à grand renfort de -ment, d’être une fieffé menteuse!
    Quant aux verbes pauvres, auxquels je me permettrais de rajouter le verbe « dire », ils sont une véritable plaie. Et vos suggestions pour les bannir valent de l’or.

    Je vous remercie encore pour vos conseils avisés et même si je suis discrète, soyez assurée que je ne manque pas un seul de vos articles.
    Au plaisir de vous lire!

    Aurore

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Aurore

      Je suis contente de lire que mes conseils vous servent à améliorer votre écriture.
      Écrire est un art exigeant et un travail quotidien. Grâce à mon métier de biographe, j’ai la chance de pratiquer chaque jour.

      Vous avez tort de rester discrète car sans doute avez-vous des expériences d’écriture à raconter, des questions à poser, un avis différent, des attentes sur une technique d’écriture. Dommage ! Aproposdecriture constitue un terrain d’échange. Après tout, nous avons tous la même passion !

      Alors, n’hésitez pas. Je pourrais certainement affiner les contenus du blog

      Bien à vous

  3. Ferhani Jacqueline dit :

    Merci Marie-Adrienne pour tous les conseils que vous nous prodiguez. J’ai fait quelques erreurs lors de l’écriture de mon premier roman en incluant un de chaque mot à bannir.
    Pour le prochain, je serai plus attentive.

  4. Caroline dit :

    Bonjour,

    J’essaye de suivre ces règles, mais je n’y arrive pas toujours. Merci pour la piqûre de rappel ! J’épingle ce post dans mes favoris.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Caroline

      Moi non plus ! Car nous optons toujours pour la facilité. Je pense notamment à tous ces verbes pauvres qui se glissent dans nos textes et nos conversations. Et pourtant, la langue française offre une richesse dont nous disposons si peu.

  5. chatelin dit :

    Bonjour à tous,
    Bien écrire, en effet c’est ciseler son texte, son style. C’est long car on n’est jamais totalement satisfait.Les retouches sont nombreuses certes, mais c’est aussi un véritable plaisir de jouer avec les mots, de chercher et trouver ceux qui conviennent le mieux.
    Merci M.adrienne.
    Bonne soirée.
    Victorine

  6. Raphaël dit :

    Salut Marie-Adrienne.

    Je trouve cet article intéressant, surtout le conseil : « Soyez précis », mais je ne suis pas totalement d’accord avec l’idée que tu défends. Être précis, d’accord, mais être précis pourquoi ? Pour avoir un style complexe ? simple ? facile ? Ça dépend beaucoup de l’intention de l’auteur. Par exemple, Game Of Thrones de Georges R.R. Martin : j’ai lu des reproches fait à l’auteur, son style serait pauvre. Cette remarque est injustifiée car Martin travaille surtout sur l’histoire, son style est là pour faire l’essentiel : faire passer l’histoire.

    En fait, je trouve cette manière de penser l’écriture trop rigide et pas assez singulière (car chaque auteur à une intention qui lui est propre). Je te cite dans mon dernier article de blog (j’ai mis le lien en-dessous) où je parle justement de ma vision.

    Néanmoins, l’article reste intéressant et les conseils sont très bon (pardon, je devrais dire : excellent). 🙂
    Le dernier article de Raphaël : Jour 74. Solitude #TJEMy Profile

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Raphaël

      Je crois qu’on ne s’entend pas sur le mot « précis ». Précis ne signifie pas style pauvre ou écriture dépouillée. Au contraire. Précis veut dire Précis. Et la richesse de notre langue permet cette précision. Par exemple quand je lis des textes truffés de verbes faibles agrémentés d’adverbes qui freinent la lecture, alourdissent le texte et pire le desservent. Je trouve cela dommage. Style propre de l’auteur ? J’en doute. Je prime plus pour de la maladresse ou un texte mal retravaillé. Je ne suis pas exempte de ce genre de défaut. Je passe mes journées à écrire et il m’arrive de céder à la facilité.

      Après, je ne dis pas non plus, qu’il ne faut jamais utiliser d’adverbes, ni le mot « très », ni…
      Je dis juste « attention ces 7 mots sont traitres ! » Ils pénalisent notre travail d’écrivain. Alors restons vigilants.

      À bientôt

      PS : Quant à la solitude en écriture… pour faire un lien avec ton article. Personnellement, elle ne m’a jamais rien apporté de bon. Et pas uniquement en écriture ! C’est dans l’échange que l’on s’enrichit. Le tout est de tester l’apport de l’autre, d’adapter à soi ou de ne pas appliquer si ça ne convient pas. En écriture, j’ai commis toutes les erreurs. Mais la plus grosse est d’avoir cru apprendre seule. Mon chemin s’est chargé d’embûches, de déceptions, de découragements… J’ai stagné et perdu un temps considérable.

      L’idée d’Aproposdecriture n’a jamais été de diffuser une pensée unique. Je n’y parle que de mon expérience. Et quand je pointe du doigt 7 mots à bannir, par exemple, c’est que j’ai testé et vu mon écriture changer et progresser dès lors que j’ai été vigilante sur ces points-là. Libre à toi d’appliquer ou non. Chacun est libre dans sa passion.

  7. nilse dit :

    Merci pour ces judicieux conseils.
    Toujours agréable de sentir une main qui nous remet sur les rails !
    Je l’épingle également dans mes favoris.

    Nilse

  8. Raphaël dit :

    Merci de ta réponse. Je n’ai plus internet donc j’écris depuis mon téléphone, j’espère ne pas écrire n’importe quoi.

    Si, on s’entend bien sur le sens du mot précis. Par contre, quand j’ai écrit « simple » et « facile », je ne pensais pas à »style pauvre » ou « écriture dépouillée ». Je vais te donner des exemples, ce sera plus clair. Tu partages les vidéos de JP Depotte et la dernière est L’étranger. Et bien justement, JP Depotte dit que le style est simple (et je suis d’accord avec ça). Ensuite, style facile : Musso. Ses textes sont faciles à lire. Pour le style complexe, je n’ai que L’être et le néant se Sartre en tête mais ce n’est pas de la fiction donc c’est un peu à part.

    Ces auteurs sont loins d’être imprécis donc je suis entièrement d’accord avec ton conseil. D’ailleurs, juste après avoir lu ton article, j’ai relu celui que je suis en train d’écrire et je l’ai amélioré car, tu as raison, l’utilisation de verbes pauvres, d’adverbes, de « très », peut être une maladresse de l’auteur. Mais je peux te donner un exemple de livre qui utilise beaucoup de verbes pauvres et de « très », en plus de changement de temps au milieu de la narration ou d’oublie des négations (entre autre) : Un roi sans divertissement de Jean Giono. Je ne sais pas si tu l’as lu, pour ma part je suis en train de le lire une deuxième fois pour écrire un article dessus. Le style de Giono ne me plaît pas mais je reconnais que c’est bien écris car on sent que le style est travaillé. Pourtant, tout n’est pas précis. Voici un exemple tiré de la page que je viens de lire : « Longtemps après, très longtemps après, au moins vingt ans après. »
    Ce style imprécis (il y a même un passage où le narrateur hésite), il correspond très bien au livre. Car l’imprécision est maîtrisée par Giono, ça se sent, et chaque imprécision est justifiée. En jouant avec les mots, je dirais que Giono a une imprécision précise. J’aurais dû prendre cet exemple, il est plus parlant que Game Of Thrones (que j’ai en plus lu en anglais).

    Je réécris ma question : être précis pourquoi ? Je reformule : qu’est-ce que je veux suggérer au lecteur (c’est ce que j’appelle mes intentions) ? Je pense qu’il faut être précis en fonction de ses intentions. Giono voulait montrer que l’histoire est racontée par un narrateur à qui les fait ont été rapporté. En transgressans toutes les règles que tu as proposées, il l’a fait. C’est en ça que je disais que je trouve tes règles trop rigides. Car le titre est « banissez ces 7 mots ». Le titre n’est pas « évitez-ces 7 mots » ou « soyez prudent avec ces 7 mots ». L’article parlant justement de précision, je pense que ton titre est inadapté avec ton propos, puisque tu veux conseiller de rester vigileant. (Ce qui est un excellent conseil !) C’est juste une question de nuance, mais la nuance est importante car c’est elle qui rend le propos précis.

    J’aurais dû détailler autant dès le début, désolé. Je voulais faire bref. Mauvais choix, apparemment. 🙂

    P.S : Pour la solitude, peut-être que je n’ai pas été assez précis. Je ne sais pas si tu as lu les Lettres à un jeune poète (si non, tu peux les trouver gratuitement sur internet, ou je peux te les envoyer par mail au format pdf si tu veux). Je contextualise un peu : F. Kappus a envoyé une lettre à Rilke pour lui demander des conseils, ce à quoi Rilke répond « Je tiens à vous remercier pour sa précieuse et large confiance. Je ne peux guère plus. » Quand on lit les lettres, on se rend compte que Kappus a des doutes sur ses vers et sur la manière dont ils sont écrit. Rilke le dit dans la première lettre et le répète par la suite : « Je n’entrerai pas dans la manière de vos vers, toutes préoccupation critique m’étant étrangère. D’ailleurs, pour saisir une oeuvre d’art, rien n’est pire que les mots de la critique. » Je suis peux être en train de te perdre mais j’en arrive bien à la solitude.
    Face aux doutes de Kappus, à sa peur de la critique, Rilke lui conseille tout simplement de ne pas prêter attention, de se tourner vers son intériorité (je ne retrouve pas la citation, désolé). C’est ce cette solitude dont je parle dans mon article : la solitude qui est capable de faire, seule, un choix. La citation que j’ai choisie pour mon blog dit d’ailleurs « davantage » et pas  » exclusivement » ou « seulement ».

    Je pensais pourtant que mon exemple de la boxe suffirait à éclaircir le sens de ce que j’écrivais.
    Quand tu parles de tester l’apport de l’autre, d’adapter, tu parles de la même chose que moi. C’est de cette solitude là dont je parle. D’où l’exemple de la boxe : on est seul sir le ring mais pas en dehors. On est seul quand on écrit, mais pas quand on fait lire nos textes, qu’on discute avec d’autres auteurs, qu’on poste un commentaire sur un blog, ce qui donne lieu à un échange (merci ^^).
    Je te rejoins lorsque tu dis que ta plus grosse erreur à été de croire que tu apprendrais seul, je crois aussi que c’est ma plus grosse (j’ai écris en secret pendant 7 mois). Mais là ce n’est pas exactement la solitude dont tu parles. Cette solitude est à fuir car je ne pense pas qu’elle permette de progresser.
    En fait, j’ai l’impression qu’on parle àpeu près de la même chose mais pas de la même manière.

    Enfin, je n’ai jamais voulu insinuer qu’à propos d’écriture essayait d’imposer une pensée unique. Tu parles de ton expérience et je comprends parfaitement. Mais j’en reviens à la nuance : tu dis que tu as progressé à partir du moment où tu as été vigilante. Mais aussi, j’ai le sentiment d’avoir un peu progresser après avoir lu ton article car j’ai relu un de mes articles et j’ai été attentif aux verbes, adverbes, etc. J’ai précisé mon propos en remplaçant des adverbes par des phrases pour créer l’atmosphère que les adverbes disent sans montrer, j’ai utiliser le dictionnaire des synonyme de Paul Rouaix que j’ai découvert grâce à toi pour préciser certains mots. J’ai cependant laissé un « très » et quelques adverbes car ils correspondaient à ce que be voulais. J’ai été vigilant sans bannir les mots. Une question de nuance 🙂

    Voilà, j’ai essayé de bien expliciter cette fois. Hâte de lire ta réponse.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonsoir Raphaël

      Je tarde un peu à répondre mais je croule sous le travail en ce moment et passe mes journées à écrire. Enfin, j’aime ça mais après plusieurs heures d’écriture quotidienne, mes neurones s’épuisent.

      Imprécision précise, dis-tu..? peut-être mais cette phrase « Longtemps après, très longtemps après, au moins vingt ans après. » que tu me cites en exemple est certes sortie d’un contexte mais elle n’a vraiment rien pour séduire mon intérêt de lectrice.

      Pour le titre de l’article, je le revendique et l’assume. Si j’avais dit « évitez.. » ou « soyez prudent… », l’impact n’aurait pas été le même. J’accompagne de nombreuses personnes en écriture et je retrouve chaque fois les mêmes défauts. Des phrases à rallonge, des verbes imprécis, de la redondance, une cascade d’adverbes, de propositions relatives… Quand je les pointe du doigt et qu’on les travaille, le texte s’améliore vite sans même toucher aux intentions de l’auteur, je te le garantis. Au départ, c’est dur de s’astreindre à cette rigueur, mais l’habitude vient vite. Je n’ai pas dit non plus qu’il ne fallait plus jamais utiliser « très » ou des adverbes dans un texte.Je dis « attention, trop c’est trop ! » et quand on combine l’usage de ces sept mots dans un texte, on gâche tous ses efforts d’écriture.

      Bien à toi

  9. OG. dit :

    Généreuse et sympathique découverte ! Que Toi !..

    À très, très bientôt… te souhaite belle soirée et beaux rêves!

    Quant à moi..
    Ce soir je relis ton mail imprimé pour influencer mes rêveries… MERCI

  10. Jessyxm dit :

    Bonjour, comme dit précédemment, je crois que tout dépend du genre de texte et de l’intention. Ces conseils sont tout à fait justes dans l’écriture d’un roman ou d’une nouvelle par exemple. Mais je crois que pour certains autres écrits comme un poème ou tout autre texte dans lequel le but est de faire passer son ressenti, on peut tout à fait les utiliser si c’est de cette façon que les idées et les sentiments nous viennent.
    D’autre part, je sais que c’est pas très bon, mais je suis du genre à ne jamais relire ce que j’ai écrit. Je n’écris qu’en une seule fois sinon je n’écrirais pas puisque rien ne me convient jamais assez. Donc dans mon cas c’est aussi une solution de facilité que de ne pas y faire attention. XD

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Depuis le début, dans Aproposdecriture, il n’est question que de nouvelles, de romans. Je n’ai jamais évoqué la poésie jusqu’ici.
      Pour ma part, je préfère écrire comme ça vient et relire plus tard pour retravailler le texte. Primo car je ne bride pas mes intentions ni mes ressentis ceci dit je sais qu’une relecture sera nécessaire. Secundo car je sais d’avance que le texte brut ne sera pas parfait. Je préfère affronter mes défauts d’écriture et les corriger plutôt que de les nier. Enfin, chacun a sa façon de faire !

      Bien à vous

  11. Alia dit :

    Bonjour,
    J’aime beaucoup votre article qui plonge au cœur des problèmes d’un écrivain. Mais je voudrais vous demander une chose, moi même j’écris un livre à la première personne m’obligeant à utiliser (à abuser) du sujet. Je n arrive pas à enlever le sujet qui encombre mes phrases et mon style d’écriture. Avez- vous des astuces concernant ce problème?

    Du haut de mes douze ans et du peu d’expérience dont je suis dotée, le premier jet de mon livre m’a l’air terriblement ennuyant et rapide. J’ai peur d’agacer les potentiels lecteurs si j’ajoute des détails. Comment peut-on savoir si la longueur de la scène écrite est équilibrée par rapport à son importance ? Comment se donner confiance en soi pour écrire notre texte?
    Merci

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Ouf ! De nombreuses questions en peu de lignes. Je vais essayer de répondre.

      Pour l’abus de « je »… Pourquoi utilises-tu autant le sujet ?
      Exemple :
      J’arrivais au domaine par le petite route qui montait du village. Elle était abrupte, caillouteuse et bordée d’eucalyptus ce qui lui donnait son charme. Dans les derniers mètres, on pouvait apercevoir la vallée entière et les maisons, toutes petites, qui rappelaient le jeu de Lego de mon enfance. Des toits de tuiles rouges, des murs blancs…

      Je n’ai utilisé qu’une fois « je ». Peut-être peux-tu t’inspirer de cette façon de faire et t’obliger à écrire des phrases sans utiliser « je ». Une autre solution est de fouiller dans des livres. Et d’en trouver quelques-uns écrits à la 1ere personne. Étudie le texte et la technique utilisés par l’auteur pour éviter les enchaînements de phrases. Je …. . Je … . Je…

      Pour la question suivante. Il faut distiller les détails. Et les utiliser si nécessaire.
      Si tu t’ennuies en lisant ou en écrivant ton texte, il est presque sûr que tes lecteurs s’ennuieront aussi. Il ne faut pas ajouter des détails pour le plaisir. Chaque mot, chaque phrase doit avoir son intérêt. Le but du jeu n’est pas d’écrire pour remplir.

      Quant au style… c’est un long travail. Mais tu n’as que 12 ans et du temps devant toi. Lis beaucoup. Fouille le blog tu trouveras un article intitulé « Comment lire pour mieux écrire ». Si tu suis les conseils que j’y donne, tu vas énormément apprendre. Sur la construction des personnages, l’écriture des scènes, les intrigues et le suspense. Ensuite écris beaucoup. La confiance viendra peu à peu.

      J’ai répondu du mieux je pouvais. Fouille le blog. Tu trouveras des tas d’articles qui t’aideront à mieux appréhender l’écriture.

      À tes succès d’écriture

  12. jouve dit :

    Merci pour tous ces conseils. Je viens de vous découvrir aujourd’hui en écrivant ma question sur Google « comment éviter les adverbes » ? Vous allez beaucoup plus loin (aïe aïe aïe ! quelle phrase ! tout ce qu’il ne faut pas écrire : aller, beaucoup, plus aussi !).
    Je vais ré-écrire ma copie en espérant une meilleure formulation la prochaine fois !!!!
    Merci encore

  13. Sacha Stellie dit :

    Formidables conseils.
    Cela va s’en dire mais c’est encore mieux en le rappelant…
    Envie immédiate et incontrôlable de reprendre mes deux premiers romans pour corriger !
    Mille mercis.

  14. Moudachirou dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,
    Article très intéressant. Je me surprends entrain d’utiliser ce « très »; comme quoi, bannir ces sept mots n’est pas facile. Mais je suis sûr d’y arriver. Je relirai mes écrits pour une bonne campagne de ‘salubrité’. Heureusement que je n’ai encore rien publié avant de découvrir cet article, combien intéressant. Merci, Marie-Adrienne et merci à Google qui m’a conduit jusqu’à vous (sourire).

  15. Lise dit :

    Bonjour,

    Une personne a passé le lien sur un forum d’écriture sur lequel je suis. Et vraiment, je ne m’attendais pas à ça ! Bannir pour devenir meilleur !

    Réellement, à croire que si on ne ne suit pas ces conseils nous ne sommes voués qu’à être relégués au rang d' »écrivain médiocre ». On peut devenir meilleur en enrichissant son style mais il n’y a pas de catégorie de meilleur écrivain ou une classe d’écrivain supérieur aux autres.

    Certes, j’admets les verbes faibles et les adverbes ne sont pas l’idéal de la lecture. Mais les autres points n’ont aucun sens à mes yeux. Dire « l’un des » n’a pas le même sens que « le », par exemple : « l’un des meilleurs restaurants », « le meilleur restaurant ». Ce n’est pas la même chose. Et oui, je revendique le mot chose qu’il faudrait bannir. Il a un sens, un sens à part entière. Mais comme tout, il faut savoir ne pas en abuser.

    De plus, une écriture « précise » ? Qu’est-ce à dire ? La description est imprécise, un roman est imprécis. Si on était précis, on écrirait un article. Bref, je m’emporte.

    La vie est imprécise, le monde est imprécis et le narrateur est imprécis. S’il ne l’était pas, je n’aimerais pas lire. Le texte perdrait tout son côté vivant.

    Ce n’est évidemment que mon modeste point de vue. Je n’oserais pas affirmer cela comme une vérité absolue

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Si ces conseils ne vous conviennent pas, rien ne vous oblige à les appliquer.
      La plupart émanent quand même d’auteurs reconnus, expérimentés. Et je me dis qu’il y a certainement matière à tirer profit de leurs enseignements et à les rappeler dans cet article.

  16. Pour toute les règles il existe des canards noirs.
    Il ne faut jamais dire jamais.

    C’est important de prendre conscience que certains termes vagues peuvent être remplacés par des mots plus précis, important de comprendre qu’un adverbe c’est souvent un ersatz d’un verbe d’action qui retranscrit la vraie solution, donc merci pour cet article. Néanmoins, deux choses:
    1. vouloir appauvrir le peu de vocabulaire qu’on a peut être une erreur lorsqu’on débute. Je ne pense pas qu’il faille bannir des mots, mais au contraire enrichir son vocabulaire en lisant beaucoup et en écrivant beaucoup et surtout en se corrigeant par la suite. Pendant le process d’écriture, c’est important de se laisser aller dans l’imaginaire.
    2. Pour info, Dumas et d’autres superbes écrivains (et très lisibles, sisi, testez 😉 ne se gênent pas parfois pour utiliser un adverbe. Tout est affaire de timing et de sonorité de la phrase qu’on doit balancer avec la lisibilité. Car certes, utiliser de jolis mots bien précis peut être tentant mais parfois, il vaut mieux appeler un chat, un gros matou, plutôt qu’un petit félin. 😉

    Bref, tu as raison d’attirer l’attention, et je partage ton avis sur beaucoup des mots clefs à bannir que tu as indiqué, mais en étant trop catégorique, on risque de bloquer de jeunes plumes qui se cherchent encore.

    Le Diable est dans les détails, certes, mais aussi dans les certitudes.
    Bonne continuation à toi et bonne chance dans tes projets!
    Le dernier article de Ghaan écrivain indé : Une nouvelle en 2 semaines: La technique du « Jeté de chat dans l’eau »My Profile

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Mark Twain conseillait : « Quand tu vois un adverbe, tue-le ! » Donc le conseil n est ni nouveau ni farfelu et encore moins issu d’un excès de certitude.

      Ce conseil s’inscrivait dans une liste de douze conseils adressée aux jeunes auteurs. En fouillant mes archives, je devrais retrouver le texte intégral.

      Il faut faire la part des choses entre utiliser un adverbe de temps en temps et en truffer son texte par facilité.

      Quant à bloquer les jeunes plumes qui se cherchent encore… Je doute.
      Dans tous les domaines, sportifs ou artistiques, on note les défauts et on cherche à les corriger au plus vite. J’ai longtemps pratiqué l’athlétisme et mon prof ne m’a jamais dit « apprends à courir et quand tu sauras je te diras ce qui ne va pas ». Non, après avoir noté mes erreurs, nous avons cherché à les corriger. Et de vous à moi cela ne m’a jamais empêché de courir ni de concourir !

      Cordialement
      A vos succès d’écriture

      • Daniele dit :

        La précision est la base même d’une bonne communication, c’est à dire la base de la meilleure compréhension du point de vue de l’autre. C’est la base de tout dialogue constructif. Et d’ailleurs l’imprécision n’existe pas. Dans l’univers chaque élément est défin, ce qui n’empêche pas les changements d’état simultanés de ces éléments. De même dans un texte , un mot précis prendra un sens différent selon la vision du monde du lecteur. Par exemple une robe rouge évoquera autant d’images de robes rouges que de lecteurs.
        La précision n’a donc rien de réducteur. Et personnellement ce que j’apprécie dans votre blog que je suis en train de lire depuis le début en 2013 est remarquable par sa précision et sa clarté.C’est un formidable travail que vous avez fait là et un magnifique cadeau aux « écrivants »

  17. Sidy dit :

    J’appuie ce que Daniele a dit.
    Je suis littéralement scotché par votre blog – Chaque fois que j’ouvre ma boîte email, je balaye verticalement en cherchant toutes les lignes qui commencent par A, comme A propos d’écriture ; elle est la première lue avant de passer aux autres mail…
    Vos articles sont des perles que j’enfile pour en faire un chapelet que j’égrène de temps en temps en guise de rappel.
    Merci pour votre apport réellement positif pour les écrivains…

  18. Pricillia Piguel dit :

    Bonjour,
    Je suis tombée sur votre site par pur hasard, je cherchais des informations sur le nombre de mots dans un roman et je suis tombée sur cet article très bien détaillé.
    J’écris donc un roman, pour la loisir, sans but précis, mais auquel je tiens beaucoup et je dois dire qu’étant en panne d’inspiration pour le moment, j’ai décidé de faire une réécriture en me servant de vos conseils et je me rends compte du nombre de mots inutiles que j’ai utilisé la première fois, tout les « très » « donc » « certains » que j’ai réussi déjà à supprimé et remplacer d’autres mots et/ou tournure de phrase.
    Là je m’occupe des « pour » qui sont relativement nombreux également, mais je suis motivée.
    Le plus dur je pense sera de modifier les verbes pauvres et les adverbes qui sont nombreux, j’en suis à 140 pages de roman… j’aurais du m’y prendre plus tôt.
    Je vous remercie de cet article qui va bien m’aider.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      La réécriture sert à ciseler son texte. L’objectif : gagner en fluidité, éviter les redondances et autres défauts d’écriture.
      Vous verrez votre texte sortira meilleur de ce lifting !
      A vos succès d’écriture

  19. Bernadette dit :

    C’est clair, précis, et cela demanderait d’autres exercices pour affûter la construction des phrases. A moi de les formuler. Je photocopie et épingle sur mon bureau cette leçon essentielle qui stimule l’envie de se perfectionner.
    Merci à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez pour afficher un lien vers votre dernier article