Les fêtes sont passées. Les agendas se remplissent à nouveau. Et avec la nouvelle année revient ce moment un peu particulier où l’on se dit : « Allez, on s’y remet. Sérieusement. »…Écrire. Reprendre un texte. Le relire avec un œil neuf.

Et parfois, une sensation étrange surgit.

Le texte est là. Il est bien écrit. Les phrases sont propres.La syntaxe tient debout.
Tout est à sa place. Mais…

…quelque chose ne passe pas. Le texte ne touche pas.
Il glisse.
Il reste à distance.

Si tu reconnais cette sensation, rassure-toi :
ce n’est ni un manque de talent, ni un manque de travail.
C’est autre chose. Et c’est très fréquent chez les auteurs sérieux.

 

Quand “bien écrire” devient un piège

À force de travailler son écriture, on apprend à :

  • lisser les phrases,

  • éviter les maladresses,

  • corriger, reformuler, améliorer.

Bref : à maîtriser.

Le problème, ce n’est pas la maîtrise.
Le problème, c’est quand elle devient une armure.

Un texte trop maîtrisé est souvent un texte :

  • qui explique plus qu’il ne montre,

  • qui rassure l’auteur,

  • mais laisse le lecteur à l’extérieur.

Tout est compréhensible.
Rien n’est vraiment vécu.

Ce qui manque n’est pas technique

Quand un texte ne touche pas, le réflexe est souvent technique :

  • « Il faudrait plus de descriptions. »

  • « Peut-être un meilleur vocabulaire. »

  • « Je dois encore retravailler le style. »

Mais le plus souvent, le problème n’est pas là.

Ce qui manque, c’est :

  • un risque,

  • une zone floue,

  • un endroit où l’auteur n’explique pas tout,

  • un espace laissé au lecteur.

Un texte qui touche n’est pas forcément spectaculaire.
Il est habité.

La différence entre un texte propre et un texte vivant

Un texte propre :

  • est cohérent,

  • bien construit,

  • agréable à lire.

Un texte vivant :

  • laisse passer quelque chose,

  • accepte une part d’inconfort,

  • n’a pas peur du silence,

  • ne cherche pas à tout contrôler.

Il y a souvent, dans un texte qui touche, une phrase qu’on n’aurait pas osé écrire “comme ça”.
Un endroit un peu fragile.
Une retenue plutôt qu’une explication.

Une question simple à te poser

Si ton texte est propre mais ne touche pas, essaie ceci :

À quel endroit ai-je voulu trop bien faire ?

  • Où ai-je expliqué au lieu de laisser ressentir ?

  • Où ai-je sécurisé le sens ?

  • Où ai-je préféré la clarté à la tension ?

Très souvent, c’est là que le texte s’est refermé.

Écrire moins “juste”, mais plus vrai

Toucher le lecteur ne consiste pas à :

  • forcer l’émotion,

  • en faire trop,

  • ou devenir obscur.

Cela consiste à accepter de ne pas tout verrouiller.

Un texte n’est pas un exercice de maîtrise.
C’est une rencontre.

Et parfois, pour qu’elle ait lieu,
il faut accepter de desserrer légèrement les doigts.

Alors, si ton texte est propre mais ne touche pas, ne le jette pas.
Ne le réécris pas tout de suite.

Observe-le autrement.

Ce n’est peut-être pas ton écriture qui manque de force.
C’est peut-être ton texte qui attend que tu lui laisses un peu plus d’air.

Ces questions reviennent souvent chez les auteurs qui écrivent sérieusement.
Si tu veux continuer à explorer ce qui fait qu’un texte tient, touche et avance,
les articles du blog poursuivent ce chemin, semaine après semaine.
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A tes succès d’écriture…
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