Vous venez de terminer le livre sur lequel vous avez travaillé des mois. Vous êtes heureux, fier de vous et vous avez bien raison ! Reste à l’envoyer aux éditeurs que vous avez sélectionnés mais avant, n’oubliez pas de protéger votre œuvre contre le plagiat. C’est préférable et surtout fortement conseillé, on ne sait jamais !
Poursuivons notre route à la découverte des écrivains américains contemporains.
Mettons le cap sur la Nouvelle-Angleterre, au Nord-Est des États-Unis où s’étendent collines et prairies, montagnes et lacs, forêts profondes et plages sauvages. C’est l’une des régions où débuta l’histoire de l’Amérique.
C’est également en Nouvelle-Angleterre que se sont installées les premières universités au XVIIe siècle. L’université de Harvard est créée en 1636, à Boston. Aujourd’hui, de nombreux écrivains habitent cette région et se sont penchés, depuis ces terres, sur l’évolution de la société américaine.
Nous arrivons à Sagaponack, sur l’île de Long Island, rendue mythique par le roman de Francis Scott FitzgeraldGatsby le magnifique. Aujourd’hui cette ville est le lieu de vie de deux grands écrivains contemporains : Peter Matthiessen et James Salter.
1 / Quelques mots à propos de Peter Matthiessen
Peter Matthiessen est né le 22 mai 1927 à New York.
En 1953, il fonde avec quelques auteurs américains la revue littéraire Paris Review (revue littéraire trimestrielle) et fréquente la bohème littéraire des années cinquante et soixante à Paris. Dans ses textes de jeunesse, on retrouve l’influence de Conrad, Malraux et Camus, avant de s’imposer comme une des voix les plus singulières de l’après-guerre.
P. Matthiessen a beaucoup écrit sur les problèmes touchant les Indiens d’Amérique et leur histoire, des œuvres denses et très documentées.
En 1973, il part en expédition en Himalaya avec le zoologiste George Schaller. Il raconte cette expédition dans un livre Le Léopard des neiges
Si Schaller vit cette expédition comme une aventure scientifique, Matthiessen, lui, est plus dans une quête d’aventure spirituelle. Ce récit à l’écriture magnifique alterne entre carnet de route et réflexion mystique. Pour lui, adepte du bouddhisme zen, ce sera surtout un pèlerinage à l’ancien monastère de Shey Gompa et, enfin, un voyage hors de la « civilisation » du XXe siècle.
En 1979, ce livre reçut le prix National Book Award dans la catégorie « Pensée contemporaine ».
Les livres de Peter Matthiessen
Tous ses livres, de fiction ou non-fiction, ne sont pas traduits en français, mais vous trouverez facilement :
Le léopard des neiges (que je vous recommande !)
Les Indiens d’Amérique du Nord
Deux saisons à l’âge de pierre
Silences africains
Far Tortuga
Urubamba
Je vous laisse découvrir la video (5’27) et Peter Matthiessen :
2 / Quelques mots à propos de James Salter
James Salter est né le 10 juin 1925 à New York
Diplômé de West Point en 1945, il a servi dans l’ US Air Force comme pilote de chasse ; douze ans et plus d’une centaine de missions de combat dans le Pacifique, les États-Unis, en Europe et en Corée. Il a démissionné de l’armée de l’air en 1957, pour poursuivre une carrière d’écrivain.
Son premier manuscrit ne trouve pas d’éditeur, mais le deuxième est publié. La reconnaissance critique est immédiate, James Salter suscite l’intérêt passionné d’un petit groupe d’inconditionnels qui le suivront de livre en livre.
Les livres de James Salter
Tous ses livres ne sont pas traduits en français, mais vous trouverez facilement :
L’Homme des hautes solitudes
American Express
Un sport et un passe-temps
Un bonheur parfait
Une vie à brûler
Cassada
Bangkok
Je vous laisse découvrir la vidéo (5’36) et James Salter :
J’espère que ces nouvelles rencontres vous ont plu.
Je vais sans doute décevoir l’auteur de cette question mais je ne connais aucun guide à suivre à la lettre pour écrire un livre d’après un modèle. Une recette de cuisine, vous la suivez pas à pas et vous sortez du four les délicieux cookies qui vous faisaient tant craquer sur la photo. En écriture… désolée, mais ça n’existe pas !
En revanche, j’ai quand même bonne nouvelle, on peut quand même définir des ingrédients nécessaires à l’écriture d’un bon polar.
D’abord essayons de connaître un peu mieux le genre policier.
Souvenez-vous dans cette rubrique Conseils de lecture, il est question d’évoquer des oeuvres à lire ou à relire. L’idée est de mettre en avant un auteur ou un roman pour sa qualité stylistique, narrative ou autre particularité.
Aujourd’hui, il est question du roman hongrois : Les Braises, de Sandor Marai
Biographie et bibliographie de Sandor Marai
Né en 1900 dans une famille bourgeoise hongroise, Sándor Márai est attiré très tôt par l’écriture. Journaliste, poète, auteur dramatique, traducteur littéraire, cet écrivain brillant connaît dès ses premiers romans le succès avec Les Révoltés (1930), Un Chien de caractère (1932) et surtout Les Confessions d’un Bourgeois (1934), écrits dans un style clair et réaliste. Encensé et adulé, il fait paraître Divorce à Buda (1935) et L’Héritage d’Esther (1939) qui sont autant de chefs-d’œuvre de la littérature hongroise.
Antifascite dans une Hongrie alliée de l’Allemagne nazie, Sándor Márai, est non seulement un grand romancier, mais aussi un homme courageux. Il poursuit son travail d’écrivain pendant toute la Deuxième Guerre mondiale, la Hongrie ne sera envahie par l’Allemagne que le 19 mars 1944. Il fait paraître deux superbes romans : La Conversation de Bolzano (1940) et Les Braises (1942), qui devient un véritable best-seller et dont il est question aujourd’hui.
En 1948, l’Allemagne vaincue, Sandor Marai désespéré, choisit l’exil, après l’entrée des chars russes dans Budapest. D’abord en France et en Italie, puis en Californie où il s’installe définitivement. Il se suicide à San Diego en 1989.
Durant ses 41 années d’exil, Sandor Marai poursuit l’écriture d’une œuvre immense en hongrois, comprenant des romans – dont Paix à Ithaque ! (1952) et Les Métamorphoses d’un Mariage (1980), l’important récit autobiographique, Mémoires de Hongrie (1972), des pièces de théâtre, des poèmes et des journaux intimes (de 1943 à 1983)
Sandor Marai a été reconnu en Hongrie, en 1990, un an après son suicide à San Diego. Son œuvre importante est désormais autant traduite et célébrée que celle de Stephan Zweig ou Joseph Roth.
Les Braises
Traduit pour la première fois en français en 1958, le roman Les Braisesse présente en deux parties, à peu près égales : 9 chapitres pour la première, 10 pour la seconde.
L’histoire : En Hongrie, juste après la déclaration de la Seconde Guerre, dans un château isolé au pied des Carpates, Henri, un général à la retraite de soixante-quinze ans, attend. Depuis plus de quarante ans, il espère la venue d’un ami d’enfance, un compagnon de combat qui vit en Angleterre et qui seul pourrait réponde aux questions qui le taraudent.
Et voici que Conrad annonce sa venue. L’inconcevable se produit donc. Les amis réunis, ils se remémorent le passé. Les souvenirs de famille, d’adolescence, de campagne et surtout celui de Christine devenue l’épouse d’Henri et l’amie de Conrad. Un dialogue nourri de silences et de non-dits d’une force pathétique.
En cours de roman, Sandor Marai change brusquement le temps du récit et s’exprime au présent. Christine a-t-elle été éprise de Conrad ? Celui-ci a-t-il songé à supprimer son rival ? Les réponses se font jour et avec elles la vérité. Tout aura été dit. Conrad peut repartir laissant seul son ami jusqu’à la mort.
Ce que j’en pense :
Un livre tout simplement magnifique sur l’amitié. L’écriture Sandor Marai émerveille autant par son équilibre et sa justesse que, bien souvent, par sa beauté.
La prose est brillante dans les descriptions des lieux et des ambiances, mais se révèle incomparable dans la peinture des âmes et des émotions qui les étreignent.
Enfin, la construction de l’ouvrage est d’une très grande habileté. Le roman commence à l’aube et se termine à l’aube du lendemain avec le départ de Conrad : 24 heures, temps de la tragédie.
L’œuvre est rythmée de façon précise : chaque révélation émerge au moment où l’on sent qu’une réconciliation est possible entre les deux hommes.
Un dernier mot quand même pour souligner la très grande qualité de la traduction de ce roman.
Vous avez compris… j’adore ce livre et cet auteur ! Si vous ne connaissez pas Sandor Marai, je vous conseille de découvrir son œuvre flamboyante qui frappe par la perspicacité de ses observations, la justesse de son trait, la fascinante complexité de ses personnages et l’élégance majestueuse de son style. Peu d’écrivains possède cette précision de plume et cette justesse de ton.
Je comptais faire cet article plus tard mais les questions sur le sujet affluent et j’ai préféré écrire cet article pour répondre au plus vite. Pour celles et ceux qui m’ont écrit, merci de votre patience !
Pour les nouveaux lecteurs de ce blog ou ceux qui n’auraient pas lu la rubrique qui me présente, je précise que depuis plus de huit ans, j’exerce le merveilleux métier d’écrivain biographe. Si vous souhaitez en savoir davantage sur mon activité, rendez-vous sur mon site http: //www.lecrigraphe.com
Écrivain biographe, de quoi s’agit-il ?
Chaque jour, j’écris la vie de celles et ceux qui ont choisi de me confier leur histoire. Pour la plupart, les livres que nous écrivons sont destinés à un usage familial et privé et majoritairement rédigés à la 1re personne, c’est ainsi que je peux dire que je suis déjà née plusieurs dizaines de fois !
Faire un livre de son histoire, rédiger ses mémoires, écrire sa biographie n’est pas forcément évident. D’abord parce que c’est une démarche courageuse qui oblige à regarder sa vie en face, à revisiter les bons mais aussi les mauvais moments. Et puis, écrire sa vie, c’est livrer une certaine part de soi et de son intimité aux autres.
J’entends et c’est assez naturel beaucoup d’hésitations, d’interrogations, de doutes avant de se lancer. On se demande si le jeu en vaut la chandelle, qui s’intéressera au récit ou craindre les jugements. Ce sont autant d’obstacles à surmonter avant même de se lancer dans son projet d’écriture. Et parfois, le découragement est tel qu’on enterre l’idée au fond de soi en s’efforçant de ne plus y penser.
Pourtant, il est possible de surmonter ces obstacles.
Voici quelques réponses à vos blocages.
Mon récit intéressera-t-il quelqu’un ?
Cette phrase, je l’ai entendue des dizaines de fois. Il est inutile d’avoir sillonné le monde pour avoir une vie riche. Toute vie peut se raconter. Alors certes, certaines sont plus chahutées que d’autres, d’autres plus denses ou plus heureuses… Mais votre vie est unique et personne mieux que vous peut la raconter.
Maintenant soyons clairs si vous voulez présenter votre manuscrit à un éditeur, mieux vaut avoir vécu quelque chose de particulier. L’histoire de la boucherie que votre famille dirige depuis un siècle n’intéressera peut-être pas un éditeur mais je vous garantis que vos enfants, vos petits-enfants et l’entourage familial vous seront reconnaissants d’avoir fait ce travail de mémoire pour eux. Sans compter que ce travail, vous le faites aussi pour vous ! Car remonter le temps est une très belle aventure. Un individu n’est pas sorti de nulle part. Il est ancré dans une région, une histoire, la sienne mais aussi celle avec un grand H. La famille, les traditions , les fêtes, l’école, l’évolution des mœurs, l’éducation, la scolarité, le parcours professionnels…Évoquer sa vie n’est pas uniquement parler de soi mais aussi de la vie autour de soi.
Je vous fais une petite confidence. Je recueille des anecdotes sur la guerre que je n’ai jamais lues nulle part, même dans les livres très documentés sur le thème.
Ceux qui font appel à mes services d’écrivain biographe sont souvent loin d’imaginer l’intérêt que famille ou amis peuvent porter à leur récit. D’ailleurs, eux-mêmes sont souvent surpris du résultat et du livre auquel nous arrivons.
Alors ne doutez plus…
Ce n’est pas un peu prétentieux de faire un livre sur soi ?
Une autre réflexion qui revient souvent. Mais quelle drôle d’idée ?
Se faire photographier ou filmer serait ce prétentieux ?
Je peine à comprendre cette idée. Des personnes peuvent être très prétentieuses sans n’avoir jamais écrit le livre de leur vie. Chacun a sa raison de le faire. Et il y a tant à partager : son expérience de vie, le passé, témoigner pour encourager, transmettre aux générations suivantes la mémoire d’une époque… Je dis souvent qu’on sait toujours mieux où aller quand on sait d’où l’on vient ! Et puis pas besoin d’être une star pour écrire le livre de sa vie, les biographies ne leur sont plus réservées.
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