analyse de l'oeuvreDans ce nouvel épisode de la série « L’Alchimie du roman », Jean-Philippe Depotte analyse Beloved, de Toni Morrison

 

 

Beloved

À propos de Toni Morrison

 

 

 

À propos du roman « Beloved »

 

Beloved1 est paru en 1987.

L’histoire commence en 1873 à Cincinnati, Ohio, où la protagoniste Sethe, une ancienne esclave, vit avec sa fille de dix-huit ans, Denver. La belle-mère de Sethe, Baby Suggs, a vécu avec elles jusqu’à sa mort huit ans plus tôt. Juste avant la mort de Baby Suggs, les deux fils de Sethe, Howard et Buglar, s’étaient enfuis. Sethe croit qu’ils se sont enfuis à cause de la présence malveillante d’un fantôme qui a hanté leur maison au 124, chemin Bluestone pendant des années. L’histoire s’ouvre sur une introduction au fantôme : « Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé. Les femmes de la maison le savaient et les enfants aussi. » Sethe et sa fille Denver essayent de reconstruire leur vie après avoir échappé à l’esclavage.

Un jour une jeune fille se présente à leur porte, elle prétend s’appeler Beloved, or Beloved est la seule inscription sur la tombe du bébé que Sethe a tué des années auparavant, afin de lui épargner une vie d’esclave.

 

1855 : Sethe, esclave dans la plantation du Bon-Abri, s’est enfuie pour rejoindre la mère de son mari, Baby Suggs, la seule dont la liberté a pu être rachetée par son fils. Avant sa propre fuite, Sethe a envoyé chez sa belle-mère ses trois enfants : deux garçons et une petite fille qui commence à peine à ramper. Au cours de sa fuite, Sethe, enceinte, accouche d’une autre petite fille qu’elle prénomme Denver. Elle se croit, elle et ses enfants, tirés d’affaire, mais les Blancs du Bon-Abri qui recherchent les fuyards, finissent par les trouver. Sethe, cachée dans la grange, tue sa fille. Denver, elle, sera sauvée in extremis. Sethe sera emprisonnée, puis libérée et retourne vivre chez Baby Suggs. Mais le fantôme du bébé hante la maison… Un beau jour, dix-huit ans plus tard, elle se réincarne même en jeune fille, et se fait appeler « Beloved », terme gravé par Sethe sur la pierre tombale de sa propre fille, morte.

Morrison découvre cette histoire via « A Visit to the Slave Mother who Killed Her Child », un article de journal publié en 1856 dans l’American Baptist et reproduit dans The Black Book, une compilation de l’histoire et de la culture des Noirs qu’elle avait dirigée en 1974.

 

Beloved traite de deux faits indicibles : l’infanticide par sa mère de Beloved à l’âge de deux ans, et les réalités de l’esclavage aux États-Unis, longtemps résumées dans l’Histoire américaine à son abolition. Cet indicible se retrouve dans la structure narrative, avec de multiples analepses qui le dévoilent peu à peu, à petites doses. L’épigraphe du livre commence par « Soixante millions et davantage », en référence aux Africains et à leurs descendants morts des suites de la traite négrière en Amérique.

 

Toni Morrison À la mémoire défaillante ou aux souvenirs quelquefois réaménagés du contenu narratif, fait écho le style d’écriture, qui avec de nombreuses ellipses ou une ponctuation inhabituelle, laisse reposer sur le lecteur la charge de reconstituer les manques et les non-dits.

 

Beloved a remporté le Prix Pulitzer pour la fiction en 1988 et a été finaliste du Prix national du livre en 1987. Le roman a été adapté en 1998 dans un film du même nom mettant en scène Oprah Winfrey.

 

Un sondage du New York Times auprès d’écrivains et de critiques littéraires a classé Beloved comme la meilleure œuvre de fiction américaine de 1981 à 2006.

Pour information, Beloved est interdit depuis 2021 dans un comté de Virginie sous la pression du Parti républicain.

 

Découvrez l’analyse du roman en vidéo (12’08) :

 

 

On ne s’étonne plus des bonnes analyses brillantes et attrayantes de JP Depotte.

A l’époque de sa parution, j’avais lu et apprécié ce livre. 

 

Et vous… l’avez-vous lu ?

 

À vous succès d’écriture…

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