Depuis quelques jours, j’ai commencé une série d’articles autour d’une question simple : « Si je devais me lancer dans l’écriture aujourd’hui…  » Cet article est le troisième de cette série.


Certaines erreurs paraissent totalement normales quand on commence à écrire.

C’est justement pour cela qu’elles peuvent nous faire perdre énormément de temps sans qu’on s’en rende compte…

Avec le recul, je crois même que certaines de mes habitudes “de débutante”

ressemblaient davantage à des façons de douter de moi…
qu’à de vraies méthodes pour progresser.

Pas volontairement.

Simplement parce qu’on débute.
Et qu’on essaye de bien faire.

Aujourd’hui, certaines de ces erreurs me semblent presque évidentes.

 

Mais honnêtement ?

Je crois que je les referais probablement si je recommençais seule, sans recul.

 

1/ Je relisais beaucoup trop tôt

 

Je crois que cela a été l’une de mes plus grandes erreurs.

J’écrivais quelques paragraphes…
puis je revenais immédiatement dessus.

Je corrigeais une phrase.
Puis une autre.
Puis encore une autre.

Je voulais que tout soit “bien” dès le départ.

Le problème, c’est que je coupais mon élan en permanence.

Au lieu d’avancer dans l’histoire…
je restais bloquée dans quelques lignes.

Et plus je relisais tôt, plus je voyais les défauts.

C’est normal d’ailleurs.

Un premier jet est vivant avant d’être réussi.

Mais à l’époque, je ne le comprenais pas encore.

Je croyais qu’un bon auteur écrivait quelque chose de beau immédiatement.

Avec le recul, je crois surtout qu’un auteur avance malgré l’imperfection.

Je voulais écrire quelque chose d’impressionnant

Je voulais écrire “comme un écrivain”.

Le problème…
c’est que je cherchais parfois davantage à impressionner qu’à raconter.

Je compliquais certaines phrases.
Je cherchais des formulations “fortes”.
Je voulais que le texte paraisse intelligent.
Profond.
Littéraire.

Et peu à peu, quelque chose se figeait.

Parce qu’un texte n’a pas besoin d’impressionner pour toucher.

Aujourd’hui, je crois même que les textes les plus puissants sont souvent ceux qui osent rester simples.

Vivants.
Humains.
Sincères.

Je pense que beaucoup d’auteurs débutants vivent cela sans s’en rendre compte :
on veut tellement “bien écrire”…
qu’on finit parfois par ne plus écrire librement.

J’attendais le bon moment pour écrire

Le bon niveau.
La bonne idée.
Le bon déclic.
La bonne confiance.

Et pendant ce temps-là…
les jours passaient.

Je pensais que l’inspiration allait rendre l’écriture plus facile.

Mais avec le temps, j’ai compris quelque chose d’important :

L’écriture crée souvent l’élan plus qu’elle ne l’attend.

Très souvent, l’envie apparaît après avoir commencé.
Pas avant.

Et honnêtement, cela change énormément de choses.

Parce qu’on cesse progressivement d’attendre d’être “prête” pour écrire.

On écrit.
Même dans le doute.
Même imparfaitement.
Même quand cela avance lentement.

Aujourd’hui, je regarderais ces erreurs autrement

Je ne regrette pas ces années-là.

Elles m’ont appris énormément.

Mais je crois aussi qu’on perd parfois beaucoup d’énergie quand personne ne nous aide à voir certains pièges invisibles.

Parce que lorsqu’on débute…
on ne sait pas toujours distinguer :
ce qui fait progresser,
et ce qui donne simplement l’impression d’avancer.

Et avec le recul, je crois que beaucoup d’auteurs abandonnent moins par manque de talent…
que par épuisement intérieur.

Alors si je devais recommencer aujourd’hui ?

Je chercherais moins à être parfaite.

Et davantage à continuer.

Même maladroitement.
Même lentement.
Mais dans une direction claire.

Dans le prochain article, je parlerai justement d’un déclic

qui peut faire gagner énormément de temps quand on commence à écrire.

A vos succès d’écriture…
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