Cet article est le deuxième épisode de ma série : Si je devais me lancer dans l’écriture aujourd’hui
Si vous n’avez pas lu le premier article, vous pouvez le découvrir ici :
Quand j’ai commencé à écrire, j’avais l’impression de faire exactement ce qu’il fallait.
Je lisais des conseils.
Je regardais des vidéos.
Je prenais des notes.
Je notais des idées partout.
Je voulais progresser vite.
Et honnêtement, vu de l’extérieur, cela ressemblait probablement à quelqu’un de très motivé.
Le problème, c’est qu’à l’intérieur… je commençais déjà à me perdre.
Pas brutalement.
Plutôt lentement.
Silencieusement.
Comme quelqu’un qui avance avec enthousiasme…
mais sans vraiment savoir dans quelle direction il marche.
Je voulais tout comprendre en même temps
Au début, je pensais qu’écrire signifiait apprendre énormément de choses.
La structure.
Les personnages.
Les dialogues.
Le style.
Le rythme.
Le point de vue.
Le suspense.
Je voulais tout comprendre rapidement.
Et en soi, ce n’était pas une mauvaise chose.
Le problème, c’est que je ne savais pas encore ce qui était essentiel pour moi à ce moment-là.
Alors je passais d’un conseil à un autre.
D’une méthode à une autre.
D’une vidéo à une autre.
J’apprenais beaucoup…
mais sans véritable fil conducteur.
Avec le recul, je crois que beaucoup d’auteurs vivent cela au début.
On veut tellement bien faire qu’on finit parfois par s’éloigner de l’essentiel :
construire une pratique d’écriture simple, régulière et personnelle.
Je changeais sans arrêt de direction
Je commençais une idée.
Puis une autre.
Puis encore une autre.
Un jour, je voulais écrire un roman.
Le lendemain, une nouvelle.
Puis autre chose.
À chaque nouvelle idée, j’avais l’impression d’avoir enfin trouvé “la bonne”.
Alors je repartais de zéro.
Encore.
Aujourd’hui, je crois que beaucoup d’auteurs confondent mouvement et progression.
On bouge beaucoup.
On réfléchit beaucoup.
On prépare beaucoup.
Mais intérieurement, quelque chose reste immobile.
Parce qu’on attend parfois d’être sûr avant d’accepter d’être débutant.
Je regardais énormément les autres
Je crois que c’est l’un des pièges les plus invisibles quand on commence.
On observe les auteurs installés.
Les habitudes des autres.
Les conseils.
Les parcours.
Et peu à peu, on finit par croire que les autres savent forcément mieux que nous comment nous devrions écrire.
Bien sûr qu’apprendre des autres est précieux.
Je pense même que cela peut faire gagner énormément de temps quand on trouve un cadre clair, progressif et humain.
Mais au début, je me laissais parfois tellement impressionner par l’extérieur…
que je perdais le lien avec ce qui me donnait envie d’écrire au départ.
Aujourd’hui, je commencerais autrement
Pas plus vite.
Pas parfaitement.
Mais avec davantage de simplicité.
Je chercherais moins à tout maîtriser immédiatement.
Et davantage à construire une pratique stable.
J’accepterais plus facilement de ne pas tout savoir.
De progresser étape par étape.
D’écrire avant de vouloir “bien écrire”.
Parce qu’avec le recul, je crois qu’on avance rarement grâce à une méthode parfaite.
On avance surtout quand on trouve une direction suffisamment claire pour continuer à écrire malgré les doutes.
Dans le prochain article, je parlerai justement des erreurs que j’ai faites au début.
Certaines m’ont beaucoup appris.
Mais honnêtement ?
Si je pouvais éviter à quelqu’un de perdre autant d’énergie que moi à certains moments…
je le ferais volontiers.
A vos succès d’écriture…
On avance surtout quand on trouve une direction suffisamment claire pour continuer à écrire malgré les doutes.
Cette phrase me convient parfaitement. C’est de cette façon que je procède. À des moments de gros doutes, il y a toujours une solution qui se présente et je me remets en selle.
J’ai pratiqué à compte d’auteur, en auto-édition avec une plateforme, avec une édition qui a fermé, actuellement avec amazon et participation à des appels à textes… La vie n’est pas un long fleuve tranquille
Merci pour ce témoignage — et pour cette lucidité aussi.
Vous décrivez très bien ce que beaucoup d’auteurs découvrent en chemin : on n’avance pas sans doutes, on avance avec eux.
Et quel parcours éditorial ! Comme quoi, écrire demande parfois autant de persévérance que d’inspiration… mais on finit toujours par retrouver une piste, une envie, une direction. A vos succès d’écriture