Beaucoup d’auteurs connaissent ce moment troublant.
Une scène est bien écrite. Les phrases coulent. L’atmosphère fonctionne.
Et pourtant… Quelque chose cloche. La scène semble flotter dans le récit, comme un beau meuble posé au milieu d’une pièce… sans fonction réelle. Alors comment savoir si une scène mérite vraiment sa place ?
Voici un test très simple que vous pouvez appliquer en quelques secondes.
Le test des trois questions
Prenez une scène de votre texte.
Puis posez-vous ces trois questions :
1/ Que change cette scène dans l’histoire ?
2/ Que découvre le lecteur ici ?
3/ Que se passerait-il si je supprimais cette scène ?
Si vous ne trouvez aucune réponse claire, il y a de fortes chances que la scène soit inutile… ou qu’elle ne soit pas encore assez travaillée.
Car une bonne scène doit toujours faire au moins une chose :
-
faire avancer l’action
-
révéler quelque chose sur un personnage
-
modifier la tension dramatique
Si elle ne fait rien de tout cela, elle agit comme un ralentisseur.
Les deux grands pièges des scènes inutiles
1/ Les scènes décoratives
Elles sont souvent très belles.
On y trouve :
-
de longues descriptions
-
une ambiance agréable
-
des dialogues plaisants
Mais rien ne change réellement dans l’histoire.
Le récit reste au point mort.
2/ Les scènes redondantes
Dans ce cas, la scène a une fonction… mais elle répète une information déjà donnée.
Par exemple :
-
un personnage exprime encore une fois sa peur
-
un conflit déjà établi est rejoué
-
une relation déjà claire est re-expliquée
Résultat : le lecteur a l’impression d’avancer… alors qu’il tourne en rond.
Un mini-test très efficace
Voici un exercice simple.
Prenez une scène de votre texte et résumez-la en une seule phrase.
Par exemple :
« Dans cette scène, Paul comprend que sa sœur lui ment depuis le début. »
Posez-vous ensuite cette question :
Est-ce un tournant pour l’histoire ?
Si la réponse est oui, la scène a probablement sa place.
Si la réponse est vague ou hésitante…
il y a peut-être un problème.
Petit exercice
Choisissez une scène de votre texte.
Puis complétez cette phrase :
“Après cette scène, ……………… a changé.”
Exemples :
-
Après cette scène, le héros comprend qu’il est en danger.
-
Après cette scène, la relation entre les deux personnages se fissure.
-
Après cette scène, le lecteur possède une information que le héros ignore.
Si vous ne trouvez rien à écrire… c’est peut-être le moment de resserrer la scène.
Un mot pour finir
Écrire, ce n’est pas seulement ajouter.
C’est aussi retirer ce qui n’est pas indispensable.
Les auteurs expérimentés le savent bien :
une histoire gagne souvent en force lorsque certaines scènes disparaissent… ou se transforment.
Chaque scène doit avoir un rôle.
Sinon, le lecteur continue sa route… mais l’histoire, elle, n’avance plus.
Info – Concours de nouvelles : les inscriptions sont closes !
Merci à toutes celles et ceux qui ont répondu présents.
Cette nouvelle édition du concours a rassemblé 24 auteurs, qui ont choisi de se lancer dans l’aventure.
Les lectures vont maintenant commencer. Et comme souvent dans ce type d’exercice, une chose apparaît très vite : ce sont souvent les scènes les plus précises et les plus utiles qui donnent toute leur force à une nouvelle.
Je vous adresse un grand merci, Marie Adrienne je suis néophyte en écriture de roman et vos conseils réguliers m’ont permis de comprendre les mécanismes pour débloquer une situation d’écriture et repérer les pièges courants. Vos blogs synthétiques sont excellents.
Bonjour Nathalie
Merci beaucoup pour votre message, il me touche vraiment.
C’est toujours un plaisir de savoir que les articles vous aident concrètement à avancer dans votre écriture — surtout dans ces moments où tout semble bloqué (on les connaît bien !).
Si ces conseils vous sont utiles, n’hésitez pas à les partager autour de vous à d’autres auteurs ou apprentis écrivains : on est souvent plusieurs à se poser les mêmes questions, autant s’entraider
Au plaisir de vous retrouver sur le blog, et belle écriture à vous !