Il y a des jours où l’écriture ne répond plus.
Tu t’assois, tu ouvres ton document… et rien ne vient.
Ou plutôt : tout vient en même temps, mal rangé, flou, épuisant.
Dans ces moments-là, on cherche souvent la bonne méthode, le bon exercice, la bonne discipline. Et paradoxalement, c’est souvent ce qui aggrave le blocage.
Aujourd’hui, je te propose autre chose.
Une seule chose. Simple. Testable. Réversible.
La chose simple à tester aujourd’hui
Écrire sans essayer d’écrire “quelque chose”.
Pas un texte.
Pas un projet.
Pas une scène réussie.
Juste des phrases vraies, écrites pour personne.
Concrètement, comment faire ?
Cadre clair :
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Durée : 10 minutes
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Support : papier ou document vierge
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Règle : tu n’écris pas pour produire, tu écris pour déposer
Consigne :
Commence chaque phrase par l’une de ces amorces (choisis-en une) :
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Là, maintenant, ce qui me traverse…
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Ce que je n’ai pas envie d’écrire, c’est…
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Si je n’avais rien à prouver, j’écrirais…
Écris sans relire. Sans corriger. Sans te demander si “ça vaut le coup”.
Quand les 10 minutes sont terminées, tu t’arrêtes.
Tu peux fermer le document.
Exercice terminé !
Pourquoi ça débloque ?
Quand on est bloqué, ce n’est pas l’écriture qui est absente.
C’est la permission d’écrire mal, flou, inutile qui a disparu.
Ce micro-exercice agit comme un sas narratif :
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il contourne l’exigence de résultat,
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il enlève la pression du sens,
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il redonne au corps le geste d’écrire.
Souvent, ce n’est pas spectaculaire.
Mais quelque chose se remet à circuler.
Et parfois, une phrase ressort.
Pas à publier. Mais à écouter.
Ce que cet exercice n’est pas
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Ce n’est pas une méthode miracle
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Ce n’est pas une routine obligatoire
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Ce n’est pas “la solution” au blocage
C’est un point d’appui minimal, quand tout le reste est trop lourd.
Si tu veux aller un pas plus loin (sans forcer)
Après l’exercice, tu peux simplement te demander :
Y a-t-il une phrase que je n’aurais pas pu écrire hier ?
Si la réponse est oui, alors l’écriture a déjà repris.
Même discrètement.
Et c’est suffisant pour aujourd’hui.
Si tu testes cet exercice, tu peux :
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noter ce que ça t’a fait (même en une phrase),
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ou le garder pour toi, sans rien en faire.
L’essentiel n’est pas de produire. C’est de ne pas rompre le lien !