Tu veux écrire “beau”.
Tu veux des phrases qui claquent, des métaphores fines, un style digne d’un grand auteur.
Et si je te disais que c’est justement là que beaucoup d’auteurs se perdent ?
Le joli style, c’est le piège le plus élégant qui soit.
Il flatte l’ego, impressionne parfois le lecteur…
Mais il finit presque toujours par étouffer la sincérité du texte.
Aujourd’hui, on va parler de cette tentation de “faire joli” — et de comment retrouver la vérité derrière les effets de style.
1/ Le style ne se décrète pas, il se révèle
Le style, ce n’est pas une vitrine.
Ce n’est pas une couche de vernis qu’on applique après coup.
Ton style, c’est ta manière naturelle de ressentir, d’observer, de raconter.
Et il ne se révèle pas en essayant de “faire beau” — il se révèle quand tu écris vrai.
Le style, c’est toi, quand tu cesses d’imiter.
2/ Le joli style est souvent un masque
Quand tu cherches à écrire “beau”, c’est souvent parce que tu veux plaire, ou prouver.
Mais l’écriture la plus juste, c’est celle qui ne cherche rien à prouver.
Le lecteur ne tombe pas amoureux d’une phrase.
Il tombe amoureux d’une émotion, d’une sincérité.
Le joli style dit : “Regarde comme j’écris bien.”
Le vrai style dit : “Regarde ce que je ressens.”
3/ Écrire simple, ce n’est pas écrire plat
Beaucoup d’auteurs confondent simplicité et banalité.
Mais une phrase simple peut être foudroyante.
Parce qu’elle touche juste.
“Elle partit sans se retourner.”
Neuf lettres, une émotion immense.
La force d’un texte ne vient pas de sa décoration,
mais de sa clarté émotionnelle.
4/ Le style naît de la fidélité à ta voix
Le jour où tu cesseras de chercher “ton style”, tu commenceras à l’écrire.
Parce que le style, c’est ta voix d’auteur, ta respiration, ton regard.
Écris comme tu parles à ton meilleur ami, à ton carnet, à ton lecteur idéal.
Et le style viendra — naturellement.
Conclusion
Le joli style, c’est comme un parfum trop fort : au début, il attire.
Mais à la longue, il masque l’essentiel.
Écris pour émouvoir, pas pour impressionner.
Ton style, le vrai, se révélera dans le silence entre tes phrases.
Aux Tisseurs d’Histoires, on travaille moins à “embellir” les textes qu’à leur rendre leur
sincérité. Parce qu’une voix sincère, c’est déjà un style.
Merci Marie-Adrienne pour cet article toujours aussi percutant et utile.
Cela me fait penser qu’en utilisant des correcteurs (Antidote de mon côté), il est nécessaire de prendre du recul sur les suggestions de corrections proposées pour ne pas perdre ce style personnel et risquer de tomber dans des écrits sans saveur.
J’en profite pour vous remercier pour vos précieux conseils qui m’accompagnent et me nourrissent dans le long chemin d’écriture.
Sonia
Merci Sonia ! Vous avez tout à fait raison : les correcteurs sont de formidables alliés… à condition de ne pas leur laisser les clés du style. Ravie que mes conseils vous accompagnent sur votre chemin d’écriture — continuez à tracer le vôtre, il a déjà une belle saveur.
A vos succès d’écriture
Bonjour. Merci une fois de plus pour cet article très riche qui encourage l’auteur à à éviter un style artificiel. L’auteur doit donc écrire non pas pour plaire ou prouver quoi que ce soit, mais plutôt pour exprimer ce qu’il ressent. Cette expression se fera à travers un raisonnement claire et naturel. Alio Maïnassara
Merci beaucoup Alio ! Vous résumez parfaitement l’essentiel : écrire pour sentir juste, pas pour paraître. Quand la sincérité mène la danse, le style suit naturellement. Heureuse que l’article vous accompagne dans cette voie.
A vos succès d’écriture