Stefan Zweig, auteur humaniste et lucide

Partager :

stefan_zweigLe 6 janvier 2016, Arte diffusait le documentaire « Stefan Zweig, histoire d’un Européen » de Jean-Pierre Devillers et François Busnel… Un bonheur de le partager avec vous !

 

 

 

 

Si vous suivez ce blog régulièrement, vous savez ma très grande admiration pour Stefan Zweig, (1881-1942), auteur autrichien, biographe, chroniqueur de l’Empire austro-hongrois et romancier. Je ne me lasse pas de le relire. Et lecture après lecture, je reste fascinée par son écriture et sa façon de décrire avec finesse les ressorts psychologiques de ses personnages.

 

À propos de Stefan Zweig 

 

Stefan Zweig est né en 1881 dans une famille bourgeoise viennoise. Son père dirige une usine de textile dans un empire austro-hongrois en déclin.

Zweig espère en une Europe au-delà des nationalismes. Il voyage en Europe, en Inde, aux États-Unis. Il parle et écrit en cinq langues. Admirateur de Rimbaud, il publie ses poèmes à quinze ans.

Il découvre les innovations technologiques du début du XXe siècle et une nouvelle discipline : la psychanalyse, une voie ouverte par le Dr Sigmund Freud.

Zweig publie Brûlant secret, une nouvelle. Un premier livre qui exploite les mêmes thématiques que Freud : secret, paradoxe, forces obscures.

Célèbre à 30 ans, Zweig, toujours enthousiasme pour Freud, garde le goût du voyage et sa passion pour le progrès technique, qui selon lui, annonce une humanité meilleure.

Marié, l’auteur s’engage lors de la Première Guerre mondiale. Il en revient  pacifiste convaincu.En 1918, l’empire d’Autriche-Hongrie disparaît. Zweig s’établit à Salzbourg, en Autriche.

L’Allemagne de Weimar a succédé au Reich. En 1922, Zweig est profondément marqué par l’assassinat de Walther Rathenau, ministre allemand Juif. Il voyage. À Paris, il espère rencontrer Francis Scott Fitzgerald, déjà reparti aux États-Unis.

Il écrit Amok, Lettre d’une inconnue, Ivresse de la métamorphose, roman à la structure complexe, ou le Joueur d’échecs. Il  voue un culte à « l’amitié » et exprime sa foi profonde en une Europe moderne et cosmopolite.Freud salut La confusion des sentiments « Ce livre est un chef d’oeuvre ».    
Le succès de Zweig, quarantenaire, suscite jalousie et irritation. L’auteur puise dans l’écriture la force d’affronter la vie.En 1929, Zweig est invité dans l’Union soviétique. Il revient sans dénoncer publiquement le régime communiste où sévissent misère et répression. Ce qui lui vaut de vives critiques de la presse autrichienne.

Dès 1933, l’Europe se déchire et certains proches de l’écrivain comme beaucoup de ses lecteurs critiquent sa réticence à prendre publiquement parti contre les régimes nazi et soviétique.

Après l’avènement du nazisme, les écrivains juifs sont interdits de publication, et leurs livres brûlés.

Blessé, refusant la haine, silencieux et devenu en tant qu’écrivain progressiste et juif un paria en Autriche, Zweig s’exile et ne se relèvera pas de ses désillusions.

Il s’établit à Londres, où à près de 50 ans, il doit recommencer sa vie.En 1935, il poursuit ses voyages. Son opéra co-écrit avec Strauss est interdit au bout de quelques jours.

Ses livres sont définitivement mis à l’index par les nazis. Ils seront brûlés à Salzbourg.

Brésil, Argentine… L’accueil est enthousiaste. Zweig, exilé, achève La Pitié dangereuse.

En 1939, la Deuxième Guerre mondiale éclate. Divorcé, Zweig épouse Lotte.Apatride, déchu de sa nationalité, Zweig sollicite la nationalité britannique qu’il obtient en 1940.

Il quitte définitivement l’Europe en 1940. L’année suivante, il arrive à New York où il soutient le Comité de soutien aux réfugiés. Il commence son autobiographie, Le Monde d’hier.

En 1941, il rejoint le Brésil. Le 22 février 1942, après avoir écrit à leurs proches et aux autorités locales de Petrópolis (Brésil), où ils se sont établis, Stefan Zweig et sa femme Lotte consomment assez de barbituriques pour ne plus se réveiller.

Le suicide de l’écrivain autrichien suscite une immense émotion. Le Brésil lui organisera des funérailles nationales.

 

Stefan Zweig, histoire d’un Européen

(documentaire)

Pourquoi Zweig, nouvelliste et biographe de génie, qui a connu un succès phénoménal, a-t-il cédé à l’appel du vide ?

Dans ce documentaire, Jean-Pierre Devillers et François Busnel cherchent à démêler le jeu des forces obscures qui ont emporté la vie de Zweig.

Je vous laisse découvrir ce très beau portrait (51 min 27 s) d’un des auteurs les plus lus au monde. Un « homme du paradoxe », discret sur ses tourments..Régalez-vous !

 


J’espère que ce documentaire vous a plu. Si vous connaissez Stefan Zweig, ce documentaire offre l’occasion de redécouvrir l’auteur. Si vous ne connaissez pas encore, une grande chance de le découvrir !

Merci à Arte pour ce très beau documentaire.

À vos succès d’écriture…

8 commentaires

  1. Evelyne dit :

    Merci Marie-Adrienne de nous permettre de revoir et de conserver cette très belle émission d’un auteur qui représente la fine fleur de la littérature européenne, et la modernité, destin rendu tragique par son époque.

  2. Hamid dit :

    Un grand merci à vous d’avoir permis aux lecteurs de découvrir cet grand écrivain: Stefan Zweig. La description avec finesse des ressorts psychologiques de ses personnages » comme vous dites me pousse en effet lire ses œuvres.

  3. Ferhani Jacqueline dit :

    Je ne connaissais pas cet auteur, merci pour ce partage.

  4. buisine Thierry dit :

    bonjour
    comme vous , j’adore Stephan zweig
    j’ai découvert l’été dernier en bourgogne , son livre sur Romain Rolland ( originaire de Clamecy).. pour ceux qui ne connaissent pas..
    Thierry

  5. Célyne dit :

    Merci d’avoir partagé!
    J’ai été conquise par cet écrivain et le documentaire est remarquable.

  6. Leclercq dit :

    Dans « vingt-quatre heures de la vie d’une femme », le passage sur la description des mains du joueur au casino est un véritable morceau d’anthologie !

    Quelle leçon d’écriture !

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Moi je suis totalement fan. Zweig est mon maitre d’écriture et je découvre toujours plus en le lisant. C’est la perfection. Jamais un mot de trop.
      Contente que vous ayez apprécié.

      Bien à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez pour afficher un lien vers votre dernier article