Quand et comment commencer à écrire?

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Cet article fait écho au précédent Comment écrire un roman et répond à une autre question qu’un lecteur m’a posé arrivée par mail le surlendemain.

Il est aussi ma participation au festival « À la croisée des blogs» proposé par le site de la communauté de développement personnel. Ce mois-ci, l’organisateur est Mathieu, du blog Penser et Agir qui propose le thème suivant: Penser et Agir, à quel moment devez-vous passer à l’action ?

Les idées se bousculent dans votre tête. Les mots arrivent à foison. Vous y pensez depuis longtemps… Écrire un roman… vous en rêvez mais vous restez bloqué, pétrifié à l’idée de vous lancer.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas,

c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

Sénèque

Quand commencer à écrire ?

La seule vraie façon d’écrire un livre, c’est de commencer à écrire MAINTENANT !

Un livre de 200 pages commence par un seul mot. Certes il ne vous mènera peut-être pas à l’édition, mais ce premier mot peut vous conduire à une idée, qui devient un paragraphe, qui devient un chapitre…

  • JRR Tolkien a commencé avec une seule phrase, griffonnée au dos d’une feuille d’examen ; nous connaissons son succès !
  • JK Rowling a commencé avec une idée qui lui est venue dans un train, une idée qu’elle a refusée d’abandonner. Et c’est ainsi que naquit Harry Potter, une histoire en 7 volumes !

Comment commencer à écrire ?

Si vous voulez vraiment apprendre à écrire un livre, commencez aujourd’hui avec un simple geste. Par exemple, piochez sans modération dans cet ouvrage original
et savoureux 350 propositions d’écriture et échauffez-vous avec un exercice d’écriture.

Ce sera bonne façon de jeter l’encre et de prendre confiance. Étonnantes et insolites, ces propositions d’écriture – pour la plupart inédites – seront autant de pistes à explorer, à vivre et à renouveler selon votre créativité et votre plume. Partez à la rencontre de votre imaginaire, apprivoisez les mots qui vous habitent, améliorez vos écrits, affirmez votre style, structurez votre pensée et découvrez l’écrivain que vous n’osiez devenir !

Ça y est ! Vous voyez bien, ce n’était pas si terrible.

La peur de se lancer frappe autant les débutants que les écrivains plus expérimentés et pour des raisons différentes. J’ai évoqué ces peurs dans un autre article (ici).

Les débutants y sont cependant plus enclins que la moyenne et c’est la raison pour laquelle la plupart, même en ayant profondément envie d’écrire leur premier roman, ne se lancent jamais.

Enfin, vous voilà débarrassé de cette peur panique et rassuré. Après de multiples échauffements, vous vous sentez prêt à écrire l’histoire qui vous hante depuis une éternité.

Le moment venu, vous calez devant le clavier et commencez à taper fiévreusement. Vous versez votre passion dans le premier chapitre et tout se passe bien. Les mots viennent facilement. Les phrases s’enchaînent. Vous en êtes convaincu, ce roman sera un succès ! Vous riez de vos appréhensions ridicules de débutant.

Mais le deuxième chapitre s’écrit déjà moins facilement. Vous perdez un peu de votre confiance. Devant la difficulté, votre passion s’émousse peu à peu. Vous n’êtes pas tout à fait certain de la direction à donner à vos personnages. Néanmoins, vous tapez sur les touches, laissant l’écriture vous emmener là où elle voudra.

Vers le milieu du chapitre 3, vous réalisez soudainement que vous n’avez pas la moindre idée de l’endroit où va votre roman. Au lieu du grand frisson émotionnel attendu, votre histoire semble faite de méandres sans but. Vous ne savez pas pourquoi vos personnages agissent comme ils le font et vous n’arrivez plus à y voir clair. En outre, cet embryon de roman semble n’avoir aucun lien avec votre idée originale. Vous êtes complètement perdu.

La raison ? Une autre forme courante de blocage d’écrivains. L’erreur a été de ne pas planifier votre roman correctement avant de commencer à écrire. Pire, d’ignorer l’existence de techniques. Encore et toujours.

Arrêter et réfléchir

Reconsidérez votre histoire, étudiez les personnages, constituez des scènes, créez des décors. Fouillez votre idée et travaillez votre histoire jusqu’à ce qu’elle prenne un sens quitte à ce que le roman qui émerge s’éloigne de votre idée de départ. Tant que c’est une belle histoire, qui s’en souciera ?

L’écriture est comme d’autres domaines. Comment imaginer qu’un coureur se lance dans un marathon sans préparation ? Comment négliger les techniques qui permettront de passer les différentes étapes plus aisément ?

Se lancer sans réfléchir ? C’est l’échec assuré. Ne pas agir pour éviter d’échouer ? La belle affaire… mais qu’en sera-t-il de votre rêve ? Évaporé avant même d’être né !

Alors lancez-vous, vous apprendrez de vos erreurs. Agissez, travaillez… Cherchez vos mentors, trouvez vos auteurs maîtres, restez ouverts et ne négligez pas l’aide que vous pourrez trouver, vous gagnerez du temps.

10 commentaires

  1. Paul Dubois dit :

    Bonjour !

    J’apprécie votre blog ; la lucidité se dégage de vos articles. Cependant, j’aimerais rebondir sur un point.

    Je cite : « L’erreur a été de ne pas planifier votre roman correctement avant de commencer à écrire. Pire, d’ignorer l’existence de techniques. Encore et toujours. »

    À mon avis, nulle obligation de préparer un plan pour écrire un roman et vice-versa. Faut-il vous rappeler que cela n’a jamais empêché des auteurs comme Stefan Wul, Chuck Palahniuk et Stephen King de produire des pépites ?

    Je ne planifie pas mes histoires. Certes, j’ai une idée de départ, une ligne directrice plus ou moins détaillée dans ma tête. Ensuite, je laisse la plume esquisser d’elle-même l’intrigue, développer les personnages, prendre de l’envol.

    L’exercice est moins contraignant, plus plaisant puisque je m’aventure dans un terrain inconnu, recelant de surprises et de possibilités infinies. Et lorsque les situations, les personnages semblent s’enchevêtrer, je laisse mon imagination, ma créativité prendre les rennes et trouver un chemin de sortie imprévisible.

    En tout cas, j’aime retrouver dans l’écriture ce sentiment d’urgence, celui de suivre mon instinct. Pensez-vous qu’Alexandre Dumas ou Charles Dickens ont planifié leurs plus célèbres œuvres (qu’ils publiaient sous forme de feuilleton hebdomadaire) ?

    Ma conclusion : il n’y a pas UNE technique d’écriture. Comment imaginer qu’un coureur se lance dans un marathon sans préparation ? Je réponds à la question, la pratique est nécessaire partout et cela s’applique aussi à l’écriture.

    Bref, personnellement, un plan me bloque parce que je perds en motivation. Sinon, c’est un bon article !

    Cordialement,
    Paul

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Paul

      Bienvenue sur ce blog et merci de l’intérêt que vous lui portez.

      La question du plan fait toujours débat. Et nous avons déjà échangé ensemble sur le sujet.
      Vous citez 3 écrivains, auteurs de pépites qui écriraient sans plan. Mais de nombreux autres ont aussi écrit des oeuvres en ayant planifié la grande partie de leur histoire. Faire un plan ne signifie aucunement tout prévoir jusqu’au détail. Mieux, un plan ne contraint pas tant que vous l’imaginez. Les auteurs Oulipiens comme Perec n’ont-ils pas montré que des contraintes à tous les niveaux – même très poussées – n’empêchaient nullement la création. Je crois que c’est un faux débat. Et je peine à croire qu’un auteur puisse s’installer au clavier et se lancer dans l’écriture en la laissant le mener.

      Je peine d’autant plus à le croire venant de la part de Stephen King. Qu’il ait une imagination débordante, personne n’en doute. Pour le reste… Il a animé des ateliers d’écriture durant des années et si c’était juste pour enseigner aux participants que seule suffisait une bonne idée de base, quelques personnages en tête, une ligne directive et simplement laisser aller son écriture ; des années d’enseignement de l’écriture n’étaient pas nécessaires ! Sans compter que cette façon de faire ressemble assez peu aux techniques d’écriture américaines qu’il a étudiées. En revanche je suis convaincue qu’il n’écrit pas son plan mais possède des tas de scénarios en tête. Comme c’est un homme brillant, vif d’esprit, créatif avec une imagination débordante… il est capable d’en créer beaucoup d’autres et de se laisser porter ! D’improviser et de créer de nouveaux personnages, de nouvelles situations. Ça oui ! Mais au fond, c’est déjà avoir un plan. Pour Dumas, je ne sais pas mais Dickens ne s’est pas tant laissé porter que cela dans son écriture.

      De toute façon, chacun sa méthode et je ne prétends pas détenir la meilleure. D’ailleurs dans ce blog, j’insiste bien : je partage mon expérience. Mes méthodes. Ce que j’ai appris et étudié depuis des années. Et si tout cela peut servir tant mieux. Dans le cas contraire, cela confortera au moins l’existence d’autres méthodes et c’est très bien aussi. Chacun sera libre de choisir celle qui lui conviendra le mieux.

      Quant à la pratique, complètement d’accord. Elle est absolument nécessaire si l’on veut progresser en écriture.
      Cordialement

  2. Béatrice dit :

    Bonjour,
    Cela fait si longtemps que j’ai cette idée d’un livre qui me trotte dans la tête ! A l’âge de 12/13 ans déjà j’avais commencé à écrire. Puis, comme vous l’expliquez très bien dans un autre article, les années passant, j’ai un peu perdu de ma « créativité » et de ma « fraîcheur ».
    Il y a quelques mois, je me suis de nouveau sentie « poussée » à écrire, encore et encore. Une idée m’est venue, j’ai commencé à la mettre par écrit, à la décortiquer, la travailler, l’embellir, suivant mon humeur et les mouvements de mon âme… jusqu’au jour où, il y a environ 3 mois, je suis restée « vide » : je ne savais plus dans quel direction aller !
    Vos articles sont vraiment pertinents. J’avais déjà entendu parler du « livre à idées » et autres par un auteur très célèbre, qui y pioche régulièrement pour écrire ses romans.
    Je vous remercie pour les « techniques » que vous partagez si généreusement et qui m’aident à ne pas totalement abandonner mon projet d’écriture.
    Bien cordialement
    Béatrice

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonsoir Béatrice

      Je suis contente qu’Aproposdecriture vous aide à continuer.

      D’abord, ce vide que vous avez connu n’a rien d’inquiétant. Trouvez d’autres idées, des intrigues secondaires… et reprenez l’écriture.

      Mais j’ai surtout envie de vous dire que peut-être l’idée que vous avez eue et décortiquée n’appelait qu’à l’écriture d’une nouvelle et pas d’un roman. La question à se poser est : mon idée est-elle suffisante pour écrire 200 pages ? Je me permets de vous dire non. Écrire 200 pages nécessite un gros travail préparatoire. Et se lancer dans l’écriture avec une idée et quelques grandes lignes, c’est vouer à l’échec, au bout de souffle ou au vide.

      Courage.

  3. ali dit :

    bonsoir
    d’Après ma petite expérience parmi les difficultés que nous trouvons pour écrire une histoire ou un roman c’est la dispersion des idées
    ma question c’est comment limiter nos idées

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Ali

      Pour cela il faut définir une intrigue principale et des intrigues secondaires toutes en lien avec l’intrigue principale. Sinon ça part dans tous les sens. Et on se retrouve à vouloir assembler les pièces de plusieurs puzzles !

  4. Mbaye dit :

    Bonjour
    Marie-Adrienne Carrara
    Mon problème c’est que j’ai de bonnes idées dans la tête mais je n’arrive pas pour autant à bien les agencer quand j’écris.
    Quels conseils me donneriez-vous ?
    D’avance, soyez-en remerciée.

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