7 étapes faciles pour écrire beaucoup plus vite

Voici comment augmenter massivement votre vitesse d’écriture, en 7 étapes faciles.

# Étape  1 : Trouvez votre meilleur temps d’écriture

Ce point est crucial. Ne vous leurrez pas, toutes les heures sont inégales.

Vous devez savoir quand vous êtes le plus productif.

Pour moi, c’est le soir, quand tout le monde est couché et que la maison plonge dans le silence.

Pour vous, cela pourrait être le matin, le midi ou le soir. Vous avez probablement déjà une idée de vos meilleures heures de travail. Bien sûr, rien n’est simple, car la vie se charge de nous happer et de nous prendre tout notre temps. Mais si vous voulez écrire, il faudra s’astreindre à un planning de travail régulier. Si vous peinez à vous libérer dans la semaine ou n’avez pas réussi à déplacer certaines obligations, vous pouvez toujours utiliser vos meilleures heures les week-ends.

Maintenant, si vous n’êtes pas sûrs de votre temps favori d’écriture, essayez différents moments et voyez celui qui vous rendra plus productif !

# Étape 2: Réduire au minimum le risque d’interruptions

Ça y, vous avez établi que votre moment favori pour écrire, c’est le samedi de 10 à 12h.

Samedi donc vous vous asseyez à l’ordinateur, prêt à taper…

Et le téléphone sonne. Personne ne décroche et la sonnerie insiste. Résigné(e)s, vous répondez. Il s’agit d’un appel de démarchage. Après quelques phrases, vous raccrochez nerveusement. Tout cela pour cela !

Pas dix minutes passent quand votre mari ou votre femme arrive et vous demande ce qu’il (ou elle) peut préparer pour le déjeuner. Rien… tout est déjà dans le frigidaire !

Il (ou elle) repart et vous voilà enfin prêt à vous lancer quand une fenêtre de chat s’ouvre sur votre ordinateur. C’est un ami dont vous n’avez pas de nouvelles depuis un moment.

…Après tout cela, comment s’étonner que vous n’arriviez pas à écrire beaucoup ?

Au lieu gémir et de raccrocher nerveusement au nez du la personne qui tente de vous vendre son produit ou de renvoyer vertement votre conjoint (e), voici ce qu’il faut faire:

  • Éteignez votre téléphone mobile. Débranchez le téléphone fixe (ou assurez-vous que votre mari/ femme ou enfants sachent que ce sera à eux de répondre si le téléphone sonne
  • Prévenez votre entourage que vous allez écrire. Expliquez que vous serez libre seulement après midi, et vous seriez reconnaissant(e) de ne pas être interrompu(e) avant cette heure.
  • Travailler dans votre pièce favorite, votre espace, et fermez la porte. Attention si c’est dans la cuisine, vous risquez vraiment d’être interrompu(e)s.
  • Si vous ne pouvez vraiment pas trouver un moment de quiétude à la maison, prenez votre bloc-notes ou votre ordinateur portable et trouvez-vous un endroit où travailler au calme. Les bibliothèques par exemple sont ouvertes à tous et gratuitement. La plupart offrent des zones de travail.

# Étape 3: Éloigner les distractions

Réduire les interruptions aide beaucoup. Mais les distractions restent l’ennemi de l’écriture. Voilà à quoi elles peuvent ressembler :

  • Vous décidez que vous devez vraiment ranger votre bureau avant de commencer à écrire.
  • Lorsque vous butez sur les mots et les phrases, au lieu de rester concentré(e)s, vous ouvrez votre messagerie histoire d’y trouver quelque chose d’excitant.
  • Après les 200 premiers mots, péniblement alignés, vous cliquez sur un lien qui mène à une vidéo amusante sur YouTube ou un billet de blog que vous vouliez lire. Une heure plus tard, vous vous demandez où votre temps est allé.
  • Vous vous remettez au travail, mais une publicité pour ordinateurs portables bon marché arrive dans votre messagerie et attire votre œil instantanément…

Certaines distractions peuvent sembler légitimes. Après tout, votre bureau est en désordre. Mais vous n’avez pas besoin d’un nouvel ordinateur, et pourtant, vous ne pouvez pas résister à la tentation de regarder cette nouvelle offre !

Le truc, c’est que vous n’avez pas besoin de ranger votre bureau ou de regarder les choses tout de suite. Tout cela peut attendre une heure ou deux. Il y a beaucoup de façons de réduire les distractions. Vous pouvez :

  • Débranchez votre câble Internet (ou éteignez votre réseau sans fil).
  • Dégagez tous les objets de distraction de votre lieu de travail. Avez-vous vraiment envie de passer deux heures à essayer de trouver la solution de ce fameux Rubik’s cube posé sur l’étagère ?

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L’incipit : une première phrase essentielle !

Définir l’incipit

Dans le seul domaine du roman, on désigne par incipit (masculin, du latin incipire) la première phrase du texte, aussi nommée « phrase-seuil ».

Plus que la simple amorce d’un texte, cette première phrase d’un roman ouvre la porte de l’imaginaire de l’auteur. Elle n’est pas forcément belle, ni originale. Mais elle est toujours précieuse et émouvante, car elle symbolise le seuil du livre, le point de passage entre deux mondes, la main tendue de l’auteur au lecteur.

On parle souvent du syndrome de la page blanche, mais on pense moins à ces satanés mots d’ouverture qui doivent donner le ton d’une histoire et l’envie de lire la suite.

L’incipit informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit. Autrement dit, c’est  le « la » d’un livre, dans sa forme, son, son rythme le choix des mots, sa précipitation ou sa lenteur, son intention à décrire ou sa tendance à l’ellipse, sa volonté de séduire ou sa curieuse banalité.

Incipit célèbres

Certains incipit sont restés furieusement célèbres à commencer par :

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure », une première phrase par laquelle Marcel Proust ouvre le chemin de À la recherche du temps perdu. Sur dix personnes interrogées au hasard dans la rue, cinq ont entendu cette phrase, deux l’attribuent à Proust.

Pourtant, avouons-le, ces huit mots n’ont rien de particulier. On a beau les lire et les relire, les déclamer, les chuchoter, il ne s’agit jamais rien d’autre qu’une formulation sans charisme. Pourquoi cette phrase demeure-t-elle alors l’une des plus fameuses de notre littérature ?

Certains voient en ce « longtemps » un côté hypnotique prenant d’emblée le lecteur par la main pour le renvoyer à son propre « longtemps », son propre passé.

Mais on constate le même effet avec Albert Camus et son Étranger : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Une phrase à rebond. Une première phrase à deux étages avec un vrai point au milieu. La première phrase enferme le récit dans un événement donné, singulier sur lequel l’auteur s’expliquera. La deuxième s’annonce comme un électrochoc moral. Tout est dit dans ces quelques mots « peut-être », « je ne sais pas ». Et étrangement, ce sont ces mots les plus doux qui se révèlent les plus violents.

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Que gagnent les écrivains ?

Écrivains et droits d’auteur

Quand je suis en salon du livre, on me pose souvent des questions au sujet des gains des écrivains. Je reste évasive car le milieu de l’édition est opaque et le sujet toujours sensible. D’après ce que j’en sais, même les chiffres réels de vente de livres restent flous. Mais disons-le,  il n’est pas de bon ton de parler d’argent dans le monde de l’édition.

Au cœur du système, on trouve les droits d’auteur. C’est la part du prix du livre  directement empoché par l’écrivain. En France, le contrat-type prévoit que l’auteur touche

  • 8 % de droits jusqu’à 10 000 exemplaires vendus,
  • 10 % entre 10 001 et 20 000,
  • 12 % au-delà.

Donc, pour un livre vendu 20 euros, cela représente entre 1,60 et 2,40 euros par exemplaire pour l’auteur. Pour les beaux livres et le poche, on approche des 5 %. Nous comprenons donc aisément que l’immense majorité des écrivains français ne vivent pas de leur activité d’auteur.

Des variantes existent avec des répartitions 10/12/14 % ou des seuils fixés à 5 000 et
10 000 exemplaires. Bien entendu, si vous avez eu un prix important (Goncourt, Renaudot…), l’éditeur pourra proposer de monter jusqu’à 14 ou 15 %.

Il existe encore mieux. Vladimir Nabokov percevait 17,5 % de droits d’auteur de la part de son éditeur américain McGraw-Hill dès le premier exemplaire pour son succès mondial Lolita ! En 1951, Louis-Ferdinand Céline a exigé 18 % de Gaston Gallimard sur chaque exemplaire. Mais le record va à Françoise Sagan qui aurait négocié 20 % de droits, à l’extrême fin de sa vie, avec le Groupe de la Cité. Il faut rappeler que l’auteur de Bonjour tristesse menait un sacré train de vie…

A côté de ces contrats en or, Gallimard propose parfois un taux fixe de 7 % de droits pour des premiers romans.

Écrivains et à-valoir

La puissance d’un écrivain se mesure aussi à un autre critère : le fameux à-valoir, une avance consentie par un éditeur pour un livre au moment de la signature d’un contrat. Une somme que l’auteur n’aura pas à rembourser, même en cas de mévente.

Aujourd’hui, en France, cette avance va de 800 euros pour un auteur débutant à une fourchette située entre 10 000 à 30 000 euros pour un romancier connu. L’éditrice Anne-Marie Métailié affirme qu’elle peut monter jusqu’à 2 000 euros pour un premier roman qui l’emballe et ne pas dépasser les 20 000 euros pour un auteur reconnu.
Mais il arrive que certains éditeurs, et non des moindres, refusent tout bonnement d’en verser.

Cependant, notons qu’un à-valoir faible peut aussi être profitable à l’auteur.
Pour « Le champ de personne », l’éditeur a proposé à Daniel Picouly de baisser son avance, mais d’augmenter ses droits de 1 %. Il fut inspiré d’accepter cette offre vu les centaines de milliers d’exemplaires du livre vendus, l’opération s’est révélée excellente pour lui.

Quoi qu’il en soit, un auteur ne doit jamais rembourser un à-valoir. Il est définitivement acquis sauf si l’auteur ne remet jamais son manuscrit, évidemment. Ce qui arrive parfois et se termine par un recours en justice.

Mais les droits d’auteur ne sont pas tout. Il y a aussi les clauses annexes, celles écrites en minuscule que les auteurs débutants ne lisent jamais et que les éditeurs et auteurs aguerris tentent de faire pencher en leur faveur. Par exemple, les éventuels droits d’adaptation au cinéma. Traditionnellement partagés à 50/50, il arrive qu’un auteur, surtout s’il a déjà été porté au grand écran, obtienne une répartition plus favorable du type 60/40.

Il en va de même pour les droits sur les traductions à l’étranger : certains auteurs se réservent aussi contractuellement l’intégralité des droits pour un pays étranger, où ils sont bien introduits.

Enfin, les auteurs les plus médiatiques peuvent jouir d’une « clause de publicité » qui fixe par écrit un budget minimum, destiné à financer des messages à la radio ou de l’affichage dans les gares. Cela peut monter à 30 000 euros. Certes la démarche flatte l’égo de l’auteur mais il faut savoir que souvent, les sommes se calculent sur les tarifs publicitaires officiels, or les gros annonceurs négocient systématiquement des rabais considérables auprès radios.

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Mieux voir pour bien écrire – le vocabulaire de la vue

Quelques mots sur la vue

Bizarrement, j’ai gardé  ce dernier sens pour la fin. Serait-ce un vieux reste de mon ancienne vie professionnelle ? Pour celles et ceux qui l’ignoreraient, j’ai exercé vingt ans mon métier d’opticienne… Mais ça, c’était avant !

La vue est le sens qui permet d’observer et d’analyser l’environnement par la réception et l’interprétation des rayonnements lumineux.

L’œil est l’organe de la vue mais la perception visuelle, nécessite l’intervention de zones spécialisées du cerveau (le cortex visuel) qui analysent et synthétisent les informations collectées à propos de la forme, la couleur, la texture, le relief, etc.

Avec le temps, le regard que nous portons sur ce qui nous entoure devient vite indifférent, plus rien n’étonne. Cultiver un «savoir-voir» est indispensable si l’on veut éviter qu’une certaine cécité nous gagne, face à l’habituel et au quotidien. Chaque fois que quelque chose vous paraît ordinaire, regardez-la comme si vous la découvriez pour la première fois. Votre regard redeviendra novateur.

Pourquoi les jeunes enfants s’intéressent-ils à tout ? Parce que leur regard est neuf, et que tout est nouveau pour eux. Regardez  avec ses « yeux d’enfant » permet de mettre sa curiosité en appétit devant un monde dont les autres sont rassasiés. Car il faut l’avouer, notre regard d’adulte est souvent blasé par le quotidien. Garder un regard curieux, c’est rester actif et greffé sur le réel, l’éveil au monde et aux êtres qui nous entourent.

Mais attention, nous avons tendance regarder, non pas avec nos yeux, mais avec nos pensées. Méfiez-vous toujours de cette subjectivité. Elle occulte le réel.

Un bon moyen de s’en rendre compte, c’est qu’à ce moment-là, on pense ou on dit souvent : « On dirait la… », « Ça ressemble à… »

Sachez vous étonner !

S’étonner pour mieux voir et mieux donner à voir. Après chaque rencontre, promenade, voyage, lecture, spectacle… habituez-vous à rédiger quelques lignes :

Qu’est-ce que j’ai vu, entendu, senti, touché, goûté de nouveau ?
Qu’est-ce que ça m’a apporté de plus ?

Où que vous vous trouviez, ayez toujours l’esprit en alerte, habituez-vous à observer attentivement les gens, les ani­maux, les paysages, et les choses. Demandez-vous ce que vous pourriez écrire de nouveau sur le sujet. Faites-en votre règle et je vous garantis que votre écriture s’enrichira.

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Romans sur ordonnance

À la lecture du thème du 3e événement inter-blogueurs (le thème : Dans votre spécialité, proposez les techniques, les clés ou les outils pratiques qui peuvent favoriser, améliorer voire révolutionner les relations humaines) initié par Yvon Cavelier du blog Copywriting-pratique.com, ,j’ai aussitôt pensé à la vertu de l’écriture pour améliorer ou favoriser les relations entre les gens et soi-même. Pourquoi l’écriture ? Parce que je la pratique au quotidien dans mon métier d’écrivain biographe. Et je sais quelle vertu l’écriture peut avoir.

Quand on pense à l’écriture, on pense immédiatement aux écrivains et aux livres qu’ils écrivent. Dans un premier temps, je vais aborder un concept méconnu en France : la bibliothérapie. Dans une seconde partie, j’évoquerai comment écrire sa vie peut vous changer vous mais aussi votre entourage.

Naissance de la bibliothérapie

En 1916, dans un hôpital militaire d’Alabama, les médecins décident d’utiliser des livres pour soulager les troubles psychologiques des militaires de la Grande Guerre. L’expérience est une réussite ; les patients se sentent mieux et soulagés.

C’est ainsi que naît la bibliothérapie (du grec biblios – livre – et therapeuien – soigner -) aux États-Unis, puis en Angleterre. Ce mot est rare dans les dictionnaires français et les seules définitions existantes sont sommaires ou floues. Certains se limitent à la mention « traitement par le livre de certaines maladies mentales ».

À qui s’adresse la bibliothérapie ?

Cette définition nous incite à penser que la bibliothérapie serait plutôt dirigée vers le malade psychiatrique. Aux États-Unis, les études sont nombreuses où l’on voit des psychologues aboutir à des résultats satisfaisants, fruits de collaborations étroites entre patients et équipes soignantes. Sans se substituer à une autre thérapie, déprimés, névrosés, psychotiques bénéficient de la bibliothérapie en appoint.

La bibliothérapie est également utilisée auprès de certains groupes sociaux en « difficulté de vie : enfants confrontés à des déstructurations familiales, personnes âgées ou souffrant de légers handicaps… À ceux-là, peuvent s’ajouter des publics incarcérés, ainsi que des groupes de drogués ou d’alcooliques. Des observations très précises ont pu être faites dans une prison d’Illinois, à partir de volontaires. Elles tendent à démontrer que la bibliothérapie change positivement l’idée qu’ont d’eux-mêmes les prisonniers.

Les self-help books

Face aux difficultés de vie, une très grave maladie, la perte d’un être cher ou un divorce, les Anglo-Saxons s’organisent ! Depuis une vingtaine d’années, on assiste, en effet, au phénomène du self-help. Un concept difficile à traduire. De nombreux groupes de « non-professionnels » se sont créés pour s’entraider, à l’affût d’informations précises sur « comment s’en sortir soi-même ». Une profusion éditoriale, les self-help books, a découlé de ce phénomène engendrant une littérature « grand public » sur des sujets spécifiques (juridiques, médicaux, etc.), ouvrages-guides où des conseils de toutes sortes sont prodigués. Ce sont ces types d’ouvrages qui peuvent être prescrits dans le cadre de la bibliothérapie. On y trouve tout pour lutter contre l’alcoolisme, la dépression, le tabagisme, l’obésité…

De telles études n’existent pas en France. Le Dr G. Federmann a bien été le premier médecin à découvrir et analyser l’importance du livre en milieu psychiatrique. Mais peu de ses pairs ont suivi cette voie… Dommage quand on pense que cette médication inédite est loin d’être neuve. Elle est pratiquée depuis plus de 200 ans au Pennsylvania Hospital aux États-Unis.

En France, la littérature dite « psychologique », essais et guides pratiques de développement personnel, a envahi les librairies depuis maintenant une vingtaine d’années. Parmi eux, les livres de Jacques Salomé, Christophe André, Catherine Bensaïd ou encore Boris Cyrulnik, Maryse Vaillant…

Mais ces guides de vie ne sont pas les seuls « livres thérapeutes ». Un roman, un conte, un poème… peuvent aussi nous aider, nous guider, nous éclairer, au point que la bibliothérapie est aujourd’hui considérée comme une « thérapie d’appoint ».

En 2008,  le philosophe journaliste et écrivain suisse Alain de Botton ouvre la School of Life dans le quartier de Bloomsbury à Londres. L’établissement est bien connu des Londoniens pour les différents programmes et ateliers de connaissance de soi qu’elle propose. La bibliothérapie est le nouveau service mis au point dans le centre. Avec plus de 500 consultations depuis l’ouverture, cette activité fait un tabac.  Loin de s’adresser uniquement aux malades, la bibliothérapie peut-être un véritable passeport pour les biens portants afin de partir à la conquête de soi, des autres et du monde.

Comment ça marche ? Vous remplissez un questionnaire détaillé sur vos habitudes de lecture, mais précisant aussi vos aspirations et préoccupations. Puis pour 70 £ (environ 80 euros) vous en discutez en « séance » de 40 minutes, en face à face ou au téléphone, avec une « bibliothérapeute ». Quelques jours après, vous recevez une « prescription » de huit ouvrages, de fiction principalement. Une cure facile à suivre et à faire en cure chez soi, dans son lit, dans le métro.

À l’origine de cette démarche, il y a la conviction qu’un bon roman vaut tous les livres de développement personnel et leurs recettes parfois simplistes. Dans un roman, on trouve un écho plus profond et plus durable aux vicissitudes de notre propre existence. On parvient à les mettre en perspective, en épousant tour à tour le point de vue de différents personnages, en explorant avec eux des milieux ou des contrées diverses. Sans compter qu’un héros de papier à l’infinie capacité de résilience nous communique, souvent, une énergie nouvelle. Reste à trouver le bon livre… au bon moment.

Quelques prescriptions littéraires

Bien sûr, chaque prescription est unique. Il n’empêche que, de consultation en consultation, les bibliothérapeutes se sont constitué une sorte de pharmacie de base, pour parer aux plus fréquents bobos :

Un classique antiroutine conjugale :

La Chambre des loups, d’Angela Carter, recueil de contes de fées pour adultes, teintés à la fois d’érotisme et de féminisme.

En cas d’errements professionnels:

Splendeurs et misères du travail, d’Alain de Botton.

Le boulot est-il censé nous épanouir ? Et, si oui, comment y parvenir ?

Spécial crise de la quarantaine et questions existentielles diverses :

Le Faiseur de pluie, de Saul Bellow,

ou Le Voyage de l’éléphant, de José Saramago.

Deux récits initiatiques signés par deux Prix Nobel.

Ou Replay de Ken Grimwood… Un voyage avec de nombreux replay

Pour tout oublier pendant quelques heures :

L’Ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon, thriller littéraire et gothique dans le Barcelone d’après-guerre ;

ou L’Asile, de Patrick McGrath : passion, folie et peinture des conventions sociales dans un hôpital psychiatrique de l’Amérique des années 1950.

Ou encore Noces à Tipasa d’Albert Camus

Si l’on vient de vivre un deuil :

On peut préférer un livre dans lequel reconnaître son expérience

L’enfant éternel de Philippe Forest

Ou trouver de l’élan chez le poète Henri Michaux Poteaux d’angle

Si l’on est malade

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, parce que le livre est très romanesque et surtout facile à lire.

Les vrilles de la vigne de Colette. L’auteur se livre sur son enfance, sensuelle et affective

La question qui vient presque aussitôt : A-t-on vraiment besoin d’une séance à 70 livres sterling pour ça ? L’idée de passer par un intermédiaire rétribué pour trouver son bonheur en librairie a de quoi surprendre. Car de la bibliothérapie, votre libraire en fait sans le savoir quand il déniche le livre qui consolera votre fille de son chien. Mais aussi votre meilleure amie, quand elle soigne votre coup de blues à coups du dernier bouquin qu’elle a dévoré… Mais une séance dédiée, c’est autre chose. La première étape, par écrit, oblige à se poser des questions inédites et tout sauf anodines :

  • Pourquoi lisez-vous ?
  • Quels livres ont marqué votre enfance ?
  • Qu’est-ce qui manque à votre vie ?
  • Comment vous voyez-vous dans dix ans ?…

C’est long, impliquant et perturbant. Mais le questionnaire est solide, la consultation sérieuse et les résultats… éloquents !

S’échapper par la fiction pour se sentir mieux, la recette n’a finalement rien d’extraordinaire. Mais elle revient à considérer qu’on peut puiser dans la lecture autant de bienfaits que dans n’importe quelle autre médecine douce.

Si le sujet vous intéresse, deux sites à consulter :

http://www.theschooloflife.com/

en France… http://www.bibliotherapie.fr/

Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs « Rapports humains » organisé par le blog Copywriting Pratique. Si vous avez lu cet article et qu’il vous a plu, alors merci de cliquer sur ce lien : J’ai aimé ce que j’ai lu !