Mieux goûter pour bien écrire – le vocabulaire du goût

Le goût en perdition

Au fil du temps, nos gouts se sont endormis et nos papilles ont été pasteurisées par les années. Le goût a son histoire et si cela vous intéresse, je vous recommande la lecture du petit document ici de Jean-Louis Flandrin, historien français, qui s’est, entre autres, intéressé à l’histoire de l’alimentation et donc du goût.

Aujourd’hui pour décrire un met qu’on a apprécié, on se contente souvent de dire qu’il était délicieux et les plus jeunes, qu’il était « trop bon ! ». Mais l’un ou l’autre n’apporte aucune information et encore moins de sensation.

Transmettre les effets d’un aliment dans la bouche ou l’excitation sur les papilles, ou bien encore l’odeur qui en émane, renseigne davantage sur la saveur, le plaisir. Le cas échéant ouvrira davantage l’appétit de l’interlocuteur ou du lecteur. Il n’y a pas meilleur qu’un sommelier pour donner envie de goûter à son vin. Son vocabulaire est riche, imagé, fleuri, poétique… Il recourt à toutes les sensations pour restituer au mieux le goût de son nectar ! « Vin caressant comme du velours, fin et moelleux »… après une telle description, n’avez-vous pas envie de goûter ce vin ?

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Mieux entendre pour bien écrire – le vocabulaire du bruit

Les sons, les cris et les bruits envahissent notre environnement et rythment notre vie. Et pourtant, ils se font vite oublier.

Mais un feu de bois sans crépitement aurait-il le même attrait ? Des vagues sans le bruit du ressac seraient-elles aussi fascinantes ?

La plupart du temps, on entend la vie d’une oreille distraite. Écouter n’est pas naturel mais cela s’apprend et se cultive. Gardez donc toujours l’oreille aux aguets, habituez-vous à écouter la vie et les gens. Notez leurs remarques, leurs exclamations et leurs mots. Entendre de simples bribes de conversation ou un bruit parmi d’autres peut suffire à titiller votre imagination, à vous offrir de nouvelles idées.  Et quand on écrit, tout est bon à prendre !

 Noms, adjectifs et verbes du bruit :

La langue française est très riche. Il existe une quantité de noms, d’adjectifs et de verbes pour évoquer les bruits. Voyez vous-même

Les noms :

B – battement, bourdonnement, bramement, brouhaha, bruissement,
C – chahut, choc, chuchotement, chuintement, clameur, clapotage, clapotement, clapotis, claque, claquement, cliquetis, craquement, craquètement, crépitation, crépitement, crissement
D – déflagration, détonation,
E – éclat, éclatement, explosion,
F – feulement, fracas, froissement, frôlement,
G – gémissement, grésillement, grincement, grognement, grondement, grouillement,
H – hurlement,
M – meuglement, murmure,
P – pétarade, pépiement, pétillement,
R – ramage, ronflement, roulement, rumeur,
S – sifflement, silence, sonnerie, soupir, stridulation, susurrement
T– tapage, tapement, tintement, tumulte, tintamarre
U – ululation, ululement,
V – vacarme, vrombissement,

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Ecrire avec les 5 sens

Avant toute chose, faisons un exercice.

Décrivez un lieu que vous appréciez particulièrement. Une plage, une forêt, un lieu de promenade, une maison, etc. L’important est que vous l’aimiez vraiment.

Une fois que vous aurez terminé, relisez le texte que vous avez écrit en soulignant, avec une couleur différente de façon à les distinguer, les mots qui se rapportent aux 5 sens :

la vision, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher.

Que voyez-vous ?

Qu’un ou deux sens dominent !  Je peux même affirmer qu’en général, on voit beaucoup, on entend peu, on ne sent quasiment pas, on touche rarement et on goûte… exceptionnellement !

Ce constat établi, faites un nouvel exercice. Par exemple, décrivez une plage.

Spontanément vous allez écrire les couleurs de la mer et du ciel, la beauté des vagues, le comportement baigneurs, les enfants qui jouent, les bruits des bateaux à moteurs, et vous penserez avoir à peu près tout dit.

Mais reprenez votre texte et décrivez cette plage en utilisant tous vos sens.

Vous allez entendre le ressac, le vent, les cris, les discussions des voisins de plage, un poste de radio, une sonnerie de portable…

Sentir l’odeur de l’iode, des huiles solaires, etc.

Toucher diverses matières : serviette, maillot, feuilles d’un journal, pages d’un livre. Vous allez évoquer le sable coulant entre les doigts, le contact avec les algues sèches et les galets rugueux ou lisses, le vent fouettant les cheveux d’une personne.

Vous pouvez parler du sel sur votre peau, du sable s’égrenant entre les doigts, de la morsure du soleil sur le corps. De la goutte de sueur qui perle sur le front…

Vous voyez bien, en utilisant la vue, l’ouïe, l’odorat le toucher et le goût, une multitude d’informations nouvelles viennent compléter la description. Et c’est avec cette foule d’éléments, souvent négligés, qu’on peut enrichir un texte et le rendre plus vivant.

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5 conseils essentiels pour bien démarrer en écriture

1/ Écrire en transgressant les règles

Quand on commence à écrire, le premier réflexe est toujours de chercher la perfection. D’ailleurs, j’ai fait comme tout le monde. Pendant des années, j’ai fait attention à tout. Chaque mot que j’écrivais était réfléchi, presque pesé. Mais à force de multiplier mes participations aux concours de nouvelles, il a fallu produire plus et plus vite. Ainsi par la force des choses, j’ai dû changer ma façon de faire mais je n’y ai pas perdu au change. Quand vous jetez vos idées sur le papier, n’essayez pas d’écrire parfaitement. Osez une écriture débraillée ! Ne vous préoccupez pas de l’orthographe, de la grammaire, ni de la syntaxe. Remettez ces corrections nécessaires à plus tard.

Plus vous vous permettrez de transgresser les règles et les interdits, plus votre écriture sera inventive. C’est en vous libérant du souci de perfection que vous serez le plus imaginatif.

2/ Ne vous « écoutez» pas écrire

Avez-vous remarqué comme notre façon de nous exprimer change dès qu’il s’agit de prononcer quelques mots devant une assemblée? Tout à coup, on s’écoute parler et notre discours perd son naturel et sa spontanéité. Pourquoi ? Parce qu’on s’exprime comme on imagine devoir le faire en pareille circonstance. En employant des mots et des phrases qui ne nous appartiennent pas.

Lorsqu’on écrit, surtout si l’on sait que l’on sera peut-être lu, c’est pareil, le même phénomène se produit. Ne tombez pas dans ce piège. Si vous vous «écoutez écrire » au lieu de laisser libre cours à votre écriture naturelle, vos idées vont s’embrouiller.

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Écrire au stylo ou au clavier

Écrire au stylo

J’animais récemment une formation à l’écriture et je me suis étonnée de voir un stagiaire sur deux rédiger au stylo. Quand j’ai posé la question, tous m’ont répondu qu’ils jetaient d’abord leurs idées au stylo et taperaient ensuite le texte pour le travailler à l’écran.

Cela m’a replongée une douzaine d’années plus tôt. A l’époque, je ne concevais pas d’écrire au clavier. Pourtant je participais à de nombreux concours de nouvelles et j’écrivais énormément. Combien de feuilles griffonnées, de stylos qui fuient, ou qui n’écrivent pas comme il faut. Combien de frustration à la relecture, de sentiment d’impuissance et de désespoir en revisitant des plans incompréhensibles ou des mots illisibles.

Un jour, j’en ai eu marre. Je ne supportais plus de relire mes feuilles toutes raturées, de réécrire mes textes. J’ai immédiatement pensé au clavier et à taper à dix doigts sans le regarder, consciente du temps considérable que j’allais gagner d’écrire aussi vite que ma pensée.

Écrire au clavier

La barre était haute ! Mais si on ne se lance pas des défis personnels, si l’on renonce avant même d’avoir essayé, on se limite. Tenter d’aller au-delà de ses limites permet d’évoluer. Et dès qu’on ose franchir ses limites, on accroît la confiance en soi. Cette force-là, il faudrait la conserver car écrire nécessite souvent de se dépasser. On y reviendra…

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