Le projet Bradbury, marathon d’écriture et défi personnel

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Dans un commentaire récent, une lectrice évoquait le projet Bradbury. De quoi s’agit-il ?

 

 

 

 

Qui est Ray Bradbury ?

 

Raymond Douglas Bradbury dit « Ray » Bradbury (22 août 1920 à Waukegan dans l’Illinois – † 5 juin 2012 à Los Angeles en Californie) est un écrivain américain, une référence du genre de l’anticipation. Il est particulièrement connu pour ses Chroniques martiennes, écrites en 1950, L’Homme illustré, recueil de nouvelles publié en 1951, et surtout Fahrenheit 451, roman dystopique publié en 1953. Une œuvre dont François Truffaut a signé en 1967 une très belle adaptation cinématographique.

 

Auteur prolifique – 500 nouvelles, une trentaine de romans, des contes, des poèmes -, on lui doit aussi de nombreuses pièces de théâtre et de scénarios pour le cinéma et la télévision.

Toute sa vie, l’écrivain n’aura eu de cesse de partager ses secrets de création au plus grand nombre. Dans son ouvrage Zen in the Art of Writing (qui n’est malheureusement pas traduit en français) l’auteur évoque son amour de l’écriture et l’ensemble des motivations qui ont guidé sa carrière d’écrivain. De nombreux enseignements sont à tirer de ses conseils d’écrivain.

En 2001, lors d’un symposium, Ray Bradbury fait un long discours. Il parle avec fougue et dans un enthousiasme communicatif lance un défi à la foule des aspirants écrivains venus l’écouter :

 

Écrire un roman, c’est compliqué : vous pouvez passer un an, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose : vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible.

Le défi Bradbury 

 

Certains ont pris l’auteur au mot et se sont lancés dans cette aventure. Le plus médiatique d’entre eux est sans aucun doute Neil Jomunsi.

Vous pouvez lire un compte rendu complet de son retour d’expérience (52 nouvelles – Neil Jomunsi)

D’autres ont suivi et accompli le même défi. Le but, bien entendu, étant d’écrire, de se motiver et… de progresser !

À tous les auteurs débutants qui veulent prendre l’écriture au sérieux, Ray Bradbury conseille de commencer par la nouvelle. C’est ce que lui a fait. Autodidacte, il n’est jamais allé à l’université, mais a appris son métier d’écrivain en se rendant, adolescent, dans des bibliothèques publiques où il a dévoré les grands auteurs.

Dès l’âge de 12 ans, il écrit tous les jours et n’a que 17 ans quand sa première nouvelle est publiée dans un fanzine.

Comme vous le constatez une fois de plus, au départ de toute carrière dans l’écriture, il y a la pratique. Il faut écrire tous les jours pour trouver son style et savoir de quoi l’on voudrait parler. Écrire en n’écoutant que son cœur : « Do what you love and love what you do ». Un message facile à comprendre !

52 nouvelles en 52 semaines… je trouve l’idée vraiment séduisante. Un marathon d’écriture autant qu’un défi personnel. Si je n’avais pas tant de projets déjà en route, je m’y essaierais bien.

 

Et vous ? Seriez-vous prêt à vous lancer un tel défi ?

J’attends vos commentaires.

 

À vos succès d’écriture…

 

13 commentaires

  1. evelyne dit :

    oui la nouvelle est une excellente forme littéraire pour se faire la main. L’autre aspect du conseil pour les 52 nouvelles c’est de garder le rythme hebdomadaire. J’en suis loin, pour l’instant c’est une page
    maximum par semaine, ciselée autour d’une anecdote marquante. Je me dis que cela pourrait servir de base à une nouvelle.

  2. Marie dit :

    J’aime ! 😉

    Je m’y suis essayée, puis j’ai écrit 2 nouvelles en 2 semaines et j’ai bloqué la 3ème semaine, et je me suis dégonflée…

    Mais c’est pas grave, je vais m’y remettre ! Là, je passe par une phase « lecture » histoire de me nourrir un peu.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Marie

      J’ai donné un lien qui mène au compte rendu de Neil Jomunsi. Lisez-le c’est plein d’enseignement. J’ai lu d’ailleurs qu’il avait adopté le même rythme que moi quand je m’étais lancée dans les concours de nouvelles. Je n’étais pas forcément à 4 par mois mais trois ! Donc pas loin de ce défi. Je parlerai peut-être de cette méthode (rythme, cadence, organisation) dans un autre article.

      Comme vous dites ce n’est pas grave de ne pas écrire. Mais il ne faut jamais cesser de nourrir son inspiration.

      bien à vous

  3. nathalie dit :

    Waouh ! Si ce n’est pas du défi personnel alors je ne sais pas ce que c’est 🙂

  4. Elisa dit :

    Je connaissais le concept mais sans savoir à qui l’attribuer. J’ai des projets en cours mais qui avancent difficilement. Je vais tenter l’aventure sur 10 semaines et je verrai ce que ça donne. Merci pour cet article 🙂

  5. josiane dit :

    Merci, Marie Adrienne,
    Ce dernier partage m’est utile, comme les précédents d’ailleurs.
    Avec reconnaissance.
    josiane

  6. antoinette dit :

    Merci Marie-Adrienne.
    Une fois de plus des idées inspirantes. Le concept d’une nouvelle par semaine et le site de Neil Jomunsi ont fait naître un projet. Me permettrai-vous de vous le présenter d’ici 2 ou 3 mois en commentaire de cet article ?
    Bravo pour votre blog qui est devenu un compagnon précieux pour moi.
    Antoinette

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Antoinette

      Contente qu’Aproposdecriture soit devenu votre compagnon !
      Pour votre projet, pas de souci, revenez nous en parler plus tard.

      Bien à vous

      À vos succès d’écriture…

  7. TamyCase dit :

    « Do what you love and love what you do »
    Chaque jour j’arrache les pages de mon cahier et les jette à la corbeille. C’est idiot, peut-être que quelques lignes valent le coup d’être exploitées, améliorées…
    Aimer ce que je fais, je vais m’y employer; 🙂
    Merci à tous.

  8. Clément dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    C’est amusant, je me suis lancé dans un tel projet sans savoir que Ray Bradbury (dont j’ai dévoré comme beaucoup Fahrenheit 451) avait lui-même proposé ce rythme d’écriture. Et je suis tombé sur votre article en faisant quelques recherches sur des aventures similaires.
    J’ai commencé pour ma part il y a 10 semaines, et il est impressionant de constater les changements qui s’opèrent dans sa réflexion, la mise en place de l’histoire, le choix des mots et le flot des phrases. C’est un peu comme s’entrainer sur un instrument de musique. Plus on y consacre du temps, et plus on en découvre les secrets.
    Je me permets de partager le lien du site où je publie ces nouvelles hebdomadaires, autant pour ma motivation que pour éventuellement donner des idées à certains : http://www.unenouvelleparsemaine.com

    Bonne continuation à vous !

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Clément

      Et félicitations pour votre projet « une nouvelle par semaine ».
      S’imposer un tel rythme d’écriture aura de toute évidence un effet bénéfique sur son écriture. Et le parallèle que vous faites avec l’entrainement sur un instrument de musique est bien pensé. On conçoit souvent de s’entrainer pour améliorer ses performances sportives mais rarement pour améliorer son écriture.
      Vous sortirez grandi de cette expérience. Je peux vous l’affirmer car je me suis imposée un temps ce rythme et j’ai constaté une nette différence dans ma façon d’aborder l’écriture, l’histoire, le vocabulaire… Aujourd’hui, avec mon métier d’écrivain biographe, je continue de pratiquer l’écriture de nombreuses heures par jour. Et c’est un vrai bonheur !

      N’hésitez pas à venir nous parler de votre expérience et à commenter les articles.

      À vos succès d’écriture.

      • Clément dit :

        Semaine 15.
        Cernes sombres. Épaules nouées. Tendinites aux poignets, jusque dans les bras. Ongles ensanglantés. Les cheveux tombent sur mes notes comme des feuilles en automne. Mes yeux ne supportent plus la clarté du jour. Le coussin de ma chaise a fusionné avec mon corps, et mes jambes frêles ne sont plus capables de se relever.

        Flippant ?
        Tout se passe bien en vrai ! Avec ce rythme, chaque semaine devient unique, se teinte de l’univers d’une histoire qui change tous les lundis. On voyage à peu de frais. Et l’imaginaire est au moins aussi vaste que le monde.

        J’encourage vraiment quiconque aime écrire à tenter l’aventure ! Et je serais ravi de pouvoir échanger nos impressions le cas échéant.

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