Mieux toucher pour bien écrire – le vocabulaire du toucher

Quelques mots sur le toucher

Les sensations tactiles tiennent une place importante dans notre vie. Voir, sentir, entendre les êtres, les animaux ou les choses ne nous suffit pas. Pour entrer en contact avec leur réalité, nous avons besoin de les toucher. Ne dit-on pas d’un sujet que l’on possède parfaitement, qu’on le connaît sur le bout du doigt ?

La peau est extrêmement sensible aux textures. Quand nous touchons un objet, un animal ou quelqu’un, notre cerveau est fortement stimulé et s’enrichit de sensations diverses.

Habituez-vous à ressentir ces sensations. Entraînez-vous à différencier « tactilement » une matière d’une autre et écrivez, avec le maximum de détails, ce que vous ressentez lorsque vos mains les palpent.

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Mieux sentir pour bien écrire – le vocabulaire de l’odorat

Quelques informations sur l’odorat

L’odorat constitue sans doute notre sens le plus mystérieux. Ses mécanismes restent d’ailleurs pour une part encore incompris.

Le pouvoir évocateur d’une odeur est bien plus fort que celui d’une image ou d’un son. Pourquoi ? Parce que l’odeur atteint directement le cerveau et provoque immédiatement une reconnaissance, un souvenir, un signal (odeur du gaz) ou une alarme. Étroitement lié au goût, l’odorat nous sert aussi à mieux apprécier les saveurs des aliments que nous consommons.

Si notre odorat n’est pas aussi développé que celui de certains animaux, le nez d’un adulte, pourvu de cent millions de cellules olfactives, est quand même capable de distinguer entre deux mille et quatre mille odeurs. Marcel Proust l’a montré, les empreintes laissées par les odeurs dans notre mémoire sont de formidables réserves d’émotions. Ainsi chaque fois que vous le pourrez, « assaisonnez » vos textes, la mémoire olfactive de vos lecteurs appréciera.

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Mieux goûter pour bien écrire – le vocabulaire du goût

Le goût en perdition

Au fil du temps, nos gouts se sont endormis et nos papilles ont été pasteurisées par les années. Le goût a son histoire et si cela vous intéresse, je vous recommande la lecture du petit document ici de Jean-Louis Flandrin, historien français, qui s’est, entre autres, intéressé à l’histoire de l’alimentation et donc du goût.

Aujourd’hui pour décrire un met qu’on a apprécié, on se contente souvent de dire qu’il était délicieux et les plus jeunes, qu’il était « trop bon ! ». Mais l’un ou l’autre n’apporte aucune information et encore moins de sensation.

Transmettre les effets d’un aliment dans la bouche ou l’excitation sur les papilles, ou bien encore l’odeur qui en émane, renseigne davantage sur la saveur, le plaisir. Le cas échéant ouvrira davantage l’appétit de l’interlocuteur ou du lecteur. Il n’y a pas meilleur qu’un sommelier pour donner envie de goûter à son vin. Son vocabulaire est riche, imagé, fleuri, poétique… Il recourt à toutes les sensations pour restituer au mieux le goût de son nectar ! « Vin caressant comme du velours, fin et moelleux »… après une telle description, n’avez-vous pas envie de goûter ce vin ?

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Mieux entendre pour bien écrire – le vocabulaire du bruit

Les sons, les cris et les bruits envahissent notre environnement et rythment notre vie. Et pourtant, ils se font vite oublier.

Mais un feu de bois sans crépitement aurait-il le même attrait ? Des vagues sans le bruit du ressac seraient-elles aussi fascinantes ?

La plupart du temps, on entend la vie d’une oreille distraite. Écouter n’est pas naturel mais cela s’apprend et se cultive. Gardez donc toujours l’oreille aux aguets, habituez-vous à écouter la vie et les gens. Notez leurs remarques, leurs exclamations et leurs mots. Entendre de simples bribes de conversation ou un bruit parmi d’autres peut suffire à titiller votre imagination, à vous offrir de nouvelles idées.  Et quand on écrit, tout est bon à prendre !

 Noms, adjectifs et verbes du bruit :

La langue française est très riche. Il existe une quantité de noms, d’adjectifs et de verbes pour évoquer les bruits. Voyez vous-même

Les noms :

B – battement, bourdonnement, bramement, brouhaha, bruissement,
C – chahut, choc, chuchotement, chuintement, clameur, clapotage, clapotement, clapotis, claque, claquement, cliquetis, craquement, craquètement, crépitation, crépitement, crissement
D – déflagration, détonation,
E – éclat, éclatement, explosion,
F – feulement, fracas, froissement, frôlement,
G – gémissement, grésillement, grincement, grognement, grondement, grouillement,
H – hurlement,
M – meuglement, murmure,
P – pétarade, pépiement, pétillement,
R – ramage, ronflement, roulement, rumeur,
S – sifflement, silence, sonnerie, soupir, stridulation, susurrement
T– tapage, tapement, tintement, tumulte, tintamarre
U – ululation, ululement,
V – vacarme, vrombissement,

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Ecrire avec les 5 sens

Avant toute chose, faisons un exercice.

Décrivez un lieu que vous appréciez particulièrement. Une plage, une forêt, un lieu de promenade, une maison, etc. L’important est que vous l’aimiez vraiment.

Une fois que vous aurez terminé, relisez le texte que vous avez écrit en soulignant, avec une couleur différente de façon à les distinguer, les mots qui se rapportent aux 5 sens :

la vision, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher.

Que voyez-vous ?

Qu’un ou deux sens dominent !  Je peux même affirmer qu’en général, on voit beaucoup, on entend peu, on ne sent quasiment pas, on touche rarement et on goûte… exceptionnellement !

Ce constat établi, faites un nouvel exercice. Par exemple, décrivez une plage.

Spontanément vous allez écrire les couleurs de la mer et du ciel, la beauté des vagues, le comportement baigneurs, les enfants qui jouent, les bruits des bateaux à moteurs, et vous penserez avoir à peu près tout dit.

Mais reprenez votre texte et décrivez cette plage en utilisant tous vos sens.

Vous allez entendre le ressac, le vent, les cris, les discussions des voisins de plage, un poste de radio, une sonnerie de portable…

Sentir l’odeur de l’iode, des huiles solaires, etc.

Toucher diverses matières : serviette, maillot, feuilles d’un journal, pages d’un livre. Vous allez évoquer le sable coulant entre les doigts, le contact avec les algues sèches et les galets rugueux ou lisses, le vent fouettant les cheveux d’une personne.

Vous pouvez parler du sel sur votre peau, du sable s’égrenant entre les doigts, de la morsure du soleil sur le corps. De la goutte de sueur qui perle sur le front…

Vous voyez bien, en utilisant la vue, l’ouïe, l’odorat le toucher et le goût, une multitude d’informations nouvelles viennent compléter la description. Et c’est avec cette foule d’éléments, souvent négligés, qu’on peut enrichir un texte et le rendre plus vivant.

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