L’urgence et la patience, de Jean-Philippe Toussaint

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Si vous vous intéressez à l’écriture (et j’en suis sûre si vous venez sur ce blog) voici un livre qui va vous passionner.

Ce livre, c’est L’urgence et la patience, de Jean-Philippe Toussaint.

  • 106 pagesLes Éditions de Minuit (1 mars 2012)

Table

Le jour où j’ai commencé à écrire
Mes bureaux
L’urgence et la patience
Comment j’ai construit certains de mes hôtels
Littérature et cinéma
Lire Proust
Moi, Rodion Romanovitch Raskalnikov
Le jour où j’ai rencontré Jérôme Lindon
Pour Samuel Beckett
Le Ravanastron
Dans le bus 63

 

L’urgence et la patience est un recueil de onze textes dont certains étaient déjà parus dans des revues, d’autres inédits. Tous ont l’écriture en point commun. L’auteur nous raconte son expérience faite du sentiment de l’urgence d’écrire (qui s’acquiert, à la différence de  l’inspiration, qui se reçoit) et de la patience à laquelle l’écrivain doit se soumettre.

Pourquoi a-t-il décidé d’écrire, comment a-t-il commencé, où et comment trouve-t-il son inspiration… Jean-Philippe Toussaint nous fait approcher au plus près de son processus de création, nous présentant les bureaux qui ont supporté l’écriture de ses romans, évoquant la discipline d’athlète à laquelle il est obligé de s’astreindre, les méandres de la création.

« Je m’entraîne, je me prépare, je me dispose. […] Tout importe, la condition physique, l’alimentation, les lectures. Quand j’écris, je me couche tôt, je ne bois pas d’alcool. »

Presque sur le ton de la confession, il s’ouvre sur ses premières lectures, celles qu’on oublie jamais, qui accompagnent une vie, des oeuvres qui nous éblouissent tellement qu’on garde en mémoire l’endroit où on les a lues, les odeurs qui flottaient au moment de leur lecture, la lumière exacte qui éclairait les pages. Il explique comment Crime et châtiment de Fiodor Dostoïevski a changé sa vie, lui donnant le déclic de l’écriture.

Puis ils évoquent ses rencontres, celles qui ont bouleversé son existence, Jérôme Lindon son éditeur bien sûr, et Samuel Beckett, qu’il admire mais dont il a fallu se détacher pour trouver sa propre voie. Ses lieux, mémoires de son travail, Bruxelles, la Corse, Ostende. Car l’auteur n’écrit pas chez lui, mais ailleurs, et il nous explique ses difficultés, ses errements, ses doutes.

L’urgence et la patience est un livre intelligent, drôle souvent, grave, généreux, lumineux, qui invite à la réflexion et donne envie de lire/relire Proust, Crime et châtiment, Beckett sur lequel il écrit des pages émouvantes.

Je n’ai pas lâché ce livre sans l’avoir terminé ! Ce double portrait « d’auteur-lecteur » est un pur moment de bonheur !  Un subtil mélange d’érudition et d’humour. Un très bon livre sur l’écriture et un portrait d’écrivain passionnant.

Si vous ne l’avez pas lu, je vous le recommande vivement.

Lisez ce livre cette semaine et revenez donner votre avis sur le blog. À bientôt…

 

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