Lévy et Musso ont des têtes de gondole !

Partager :

Comme chaque année à cette période, nul ne peut échapper aux piles des romans de Marc Levy et Guillaume Musso qui envahissent les rayons des librairies et les têtes de gondole. Tout y est, le dernier roman, et les versions « poche » des précédents.

 

******************************************************************

Participez au 1er concours d’écriture du blog Aproposdecriture.
Pour en savoir davantage, cliquez ici

 

************************************************************************************************************************

Je ne sais pas pour vous, mais chaque fois je me fais la réflexion et me demande toujours pourquoi ces auteurs suscitent un tel engouement ou si leur succès est juste affaire de marketing.

Remarquez rien d’étonnant que le marketing s’affaire autour de ces deux-là : l’an dernier, Guillaume Musso a écoulé à lui seul 1,7 million d’exemplaires, tous formats confondus, et 1,4 million, pour Marc Levy. Vous comprenez mieux ? Depuis plusieurs années, l’un et l’autre prennent la tête des ventes immédiatement après parution, et leurs romans s’affrontent inévitablement.

J’ai voulu en savoir un peu plus. Surtout que la critique éditoriale ne rate jamais une occasion d’accuser ces deux auteurs de n’écrire que des bluettes creuses.

Alors qu’ont-ils en commun ? Pourquoi plaisent-ils tant ? Les critiques à leur égard sont-elles fondées ?

Marc Lévy

 

À 52 ans, Marc Levy a écrit 14 romans traduits en 45 langues et vendu plus de 27 millions d’exemplaires dans le monde. Il est l’auteur français le plus lu dans le monde. (Source des chiffres de vente et de classement : Ipsos/Livres Hebdo – Le Figaro). Ses succès n’empêchent pas d’acerbes critiques qui lui reprochent toujours des thèmes peu téméraires comme l’amour, l’amitié et l’enfance, même agrémentés de fantastique.

 

Et si c’était vrai, 2000 (adapté au cinéma en 2005)
Où es-tu ?, 2001 (adapté pour la télévision en 2007)
Sept jours pour une éternité, 2003
La prochaine fois, 2004
Vous revoir, (suite de Et si c’était vrai), 2005
Mes amis, mes amours,  2006 (adapté au cinéma en 2008),
Les enfants de la liberté, 2007
Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites, 2008
Le premier jour, 2009
La première nuit, (suite du Premier jour) 2009
Le voleur d’ombres, 2010
L’étrange voyage de Monsieur Daldry, 2011
Si c’était à refaire, 2012

Un sentiment plus fort que la peur, 2013

Résumé (présentation de l’éditeur) : 

Dans l’épave d’un avion emprisonné sous les glaces du mont Blanc, Suzie Baker retrouve le document qui pourrait rendre justice à sa famille accusée de haute trahison. Mais cette découverte compromettante réveille les réseaux parallèles des services secrets américains.

Entraîné par l’énigmatique et fascinante Suzie Baker, Andrew Stilman, grand reporter au New York Times, mène une enquête devenue indispensable à la survie de la jeune femme. Traqués, manipulés, Suzie et Andrew devront déjouer pièges et illusions jusqu’à toucher du doigt l’un des secrets les mieux gardés de notre temps.

cliquez pour lire un extrait pdf

Guillaume Musso

 

Depuis les deux millions d’exemplaires écoulés de son premier roman Et après en 2004, Guillaume Musso enchaîne les best-sellers, traduits dans plus d’une trentaine de langues. Deux de ses romans ont même été adaptés au cinéma (Et après, La Traversée inspiré de Parce que je t’aime). A 38 ans, cet ancien professeur en sciences économiques et sociales a publié Demain, son 10e roman chez XO Editions en février 2013.

Et après …, 2004
Sauve-moi, 2005
Seras-tu là ?,, 2006
Parce que je t’aime, 2007
Je reviens te chercher, 2008
Que serais-je sans toi ?, 2009
La Fille de papier, 2010
L’Appel de l’ange, 2011
7 ans après, 2012
Demain, 2013

Résumé du livre : 

Le roman prend place aux États-Unis, un pays qu’affectionne particulièrement Musso. Il met en scène deux personnages en mal d’amour. Entre eux, une correspondance virtuelle fera naître des sentiments bien réels.
La proposition d’une rencontre en vrai – un lieu, une heure, une silhouette –  mène finalement à un rendez-vous manqué. L’auteur offre une histoire dans laquelle suspense et thriller psychologique se mêlent au romantisme et au fantastique.

cliquez pour lire un extrait pdf

 

1/ Des phrases simples qui parlent à tous  

 

Disons-le, Demain de Guillaume Musso et Un sentiment plus fort que la peur de Marc Levy recourent invariablement aux phrases simples sujet-verbe-complément. Et l’on peut facilement s’en agacer si l’on est attaché au style. Mais ces phrases parlent à tous et peuvent tout à fait séduire pour une lecture sur la plage en mode « vacances et détente ». Notez quand même que cette simplicité est revendiquée par les deux auteurs.

Dans un article de l’Express, Marc Levy déclarait ne pas se poser la question d’être « un grand écrivain ».

Quant à Guillaume Musso, il dit facilement que ses romans « ont pour but d’être de purs romans, d’être simplement des romans, et en ce sens des romans simples ». Il dit également que dans ses livres, il souhaite raconter une histoire, et la raconter le mieux possible et à tous en gardant toujours en tête un principe de base : écrire des livres qu’il apprécierait en tant que lecteur.

Sur son site, Guillaume Musso dit :

Concernant l’écriture proprement dite, le genre qui est le mien m’impose de mettre en place une ossature solide et d’être vigilant à la cohérence de l’intrigue. Pour l’écriture de mes premiers romans, je peaufinais durant plusieurs mois la structure du livre, son « squelette ». J’avais besoin de savoir où j’allais, même si je ne savais pas toujours quel chemin j’allais emprunter pour y arriver.

Je pouvais donc passer beaucoup de temps pour mettre en place une ossature proche d’un mécanisme d’horlogerie, en travaillant sur l’enchaînement des chapitres, la divulgation progressive des indices, les retournements de situation, un découpage quasi cinématographique de mon histoire.

Parallèlement, je réfléchissais et travaillais beaucoup sur les personnages. J’’avais besoin de les connaître parfaitement pour rentrer en empathie avec eux et pour qu’au cours du processus d’écriture se produise cette alchimie mystérieuse qui va faire naître l’émotion.

Le peu que j’ai lu – et vous le constaterez vous-même dans les extraits –, l’un et l’autre utilisent des phrases courtes qui en plus sont parsemées de détails inutiles et vite soulants.

 

2/ Qu’ont-ils en commun ?

 

C’est Marc Levy qui arriva  le premier sur le marché en 2000 avec « Et si c’était vrai » qui fit un véritable carton, jusqu’à être adapté au cinéma. Il renouvela le succès d’année en année, mais dut soudain partager le succès en 2004 avec le jeune Guillaume Musso. Son livre Et après se vendit à son tour comme des petits pains et finit également sur grand écran.

Premier point commun. Dès lors, Musso et Levy deviennent les auteurs les plus rentables et leurs « mégasellers » se disputent chaque année la première place des ventes.

Second point commun. Sur les couvertures, les mêmes lettres rouges massives des noms des auteurs écrasent leurs titres respectifs. Le tout propulsé par le  marketing pour beaucoup dans leur succès.

Troisième point commun. Les personnages se nomment Andrew, Matthew, Emma ou Kate, habitent de magnifiques lofts entre Boston et New York et vivent tous d’incroyables aventures. Les coïncidences et les circonstances sont parfois improbables mais l’intrigue mène toujours au happy end.

Alors que dire ?

Indéniablement, ces deux auteurs-là plaisent. Il suffit de lire les commentaires de certains lecteurs fans qui attendent impatiemment le nouveau roman.

Démocratisent-ils la lecture ou abîment-ils l’écriture ?

Abîmer l’écriture ? Non ! Et si certains aiment les lire, après tout tant mieux pour eux et pour les lecteurs qui prennent du plaisir. Mais ce n’est pas ma tasse de thé !

À mon goût, les critiques littéraires s’acharnent parfois un peu trop. Marc Lévy ne se prétend pas écrivain mais il a la faveur du public. Guillaume Musso dit écrire pour offrir du plaisir et de l’évasion à ses lecteurs. Visiblement, c’est réussi sans quoi, il n’aurait pas autant de fans.

À l’inverse, le monde littéraire ne manque pas d’auteurs qui se disent écrivains et sortent des navets sans noms. Alors que faut-il : des livres qui se lisent ou d’autres qui restent chez les libraires ?

Je suis pour la variété et me dis qu’il est toujours mieux de rêver et de prendre du plaisir avec un roman de Marc Lévy ou de Guillaume Musso plutôt que de ne jamais lire du tout ! La diversité est là pour satisfaire tous les goûts.

Quel avis portez-vous sur le sujet ?

À très vite…

 

 

4 commentaires

  1. Eric dit :

    J’assume faire partie de ceux qui ont dévorés les « Harry Potter » , ceci me lançant dans une dynamique de lecture (tous styles) qui ne s’est pas arrêté, et maintenant d’écriture. Tout est respectable et profitable pour moi. Votre article me plait bien et … ^^ je continue à être d’accord avec vous !

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour Eric

      Harry Potter a fait découvrir ou redécouvrir le plaisir de la lecture à quantité de personnes. Je parle de plaisir de lecture et si pour certains il passe par des Guillaume Musso, Marc Lévy et autres moi je le dis bien, ça ne me dérange pas.
      A bientôt

  2. Julie dit :

    Je n’ai lu que Et si c’était vrai de Levy, j’ai tenté un autre de ses romans mais je n’ai pas accroché. Musso je ne l’ai jamais lu donc je peux difficilement en parler.
    Mais le fait est qu’ils vivent de l’écriture, ils ont des milliers de lecteurs, une base de fans, et on se souviendra d’eux. Pour toutes ces raisons je les admire.
    J’ai une amie qui s’est mise à la lecture avec Levy depuis elle a lu tous ses livres et bien d’autres.

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Personnellement, j’ai commencé Central Park de Musso et j’ai abandonné au bout de 30 pages. Je n’ai pas du tout accroché. Mais l’écriture, c’est très subjectif.Ce qui plait aux uns ne plait pas forcément aux autres. Dans le genre écriture dite populaire, je préfère de loin Douglas Kennedy. Certains de ses romans sont vraiment bien construits et le suspense est tel qu’on ne lâche plus le bouquin. Je pense à L’homme qui voulait vivre sa vie ou La poursuite du bonheur. Ils est aussi important de lire des livres qu’on aime et d’autres qu’on n’aime pas du tout. Au moins, cela permet de déterminer ce que l’on n’écrira jamais !

      Bonne lecture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez pour afficher un lien vers votre dernier article