Analyse d’un roman (6e épisode)

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Dans cette 6e vidéo de la série « L’Alchimie du roman », Jean-Philippe Depotte décortique pour nous un grand classique, un chef d’oeuvre – mieux ! – un prix Nobel… L’Étranger, de Camus.

 

 

 

L’étranger (Albert Camus)

 

 

 

 

 

À propos d’Albert Camus

 

Faut-il présenter Albert Camus ?

Allez… je me lance, certains jeunes suivent assidûment Aproposdecriture et si je peux leur donner envie de lire cet auteur, je serai très heureuse.

Né à Mondovi (Algérie) le 7 novembre 1913, Albert Camus est le second enfant de Lucien Camus, ouvrier agricole et de Catherine Sintes, une jeune servante d’origine espagnole qui ne sait pas écrire et qui s’exprime difficilement.

Lucien Camus est mobilisé pendant la première guerre mondiale et meurt lors de la Bataille de la Marne. Albert ne connaîtra donc jamais son père. Sa mère s’installe alors à Belcourt, un des quartiers pauvres d’Alger. Grâce à l’aide de l’un de ses instituteurs, M. Germain, Albert Camus obtient une bourse et peut ainsi poursuivre ses études au lycée Bugeaud d’Alger. Il y découvre à la fois les joies du football (il devient le gardien de but du lycée) et de la philosophie, grâce à son professeur Jean Grenier.

Après son bac obtenu en 1932, il commence des études de philosophie. Cette même année, il publie ses premiers articles dans une revue étudiante. En 1934, il épouse, Simone Hié et doit exercer divers petits boulots pour financer ses études et subvenir aux besoins du couple. En 1935, il adhère au parti communiste, qu’il quittera en 1937.

En 1936, alors qu’il est diplômé d’Études Supérieures de philosophie, il fonde le Théâtre du Travail et il écrit avec 3 amis Révolte dans les Asturies, une pièce qui sera interdite. Il joue et adapte de nombreuses pièces : Le temps du mépris d’André Malraux, Les Bas-Fonds de Gorki, Les frères Karamazov de Dostoïevski.

La tuberculose, maladie dont il est atteint depuis le lycée, l’empêche de passer son agrégation de philosophie.

En 1938, il devient journaliste à Alger-Républicain où il est notamment chargé de rendre compte des procès politiques algériens.
La situation internationale se tend. Alger-Républicain cesse sa parution et Albert Camus part pour Paris où il est engagé à Paris-Soir. C’est le divorce d’avec Simone Hié, et il épouse Francine Faure.

En 1942 il milite dans un mouvement de résistance et publie des articles dans Combats qui deviendra un journal à la libération. Cette année-là il publie l’Étranger et le Mythe de Sisyphe chez Gallimard. Ces deux livres enflamment les lecteurs et valent à Albert Camus d’accéder à la notoriété.

En 1944, il fait la rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce dernier souhaiterait qu’il mette en scène sa pièce Huis Clos. C’est l’époque où les deux philosophes entretiennent des rapports amicaux. Leurs relations vont pourtant s’envenimer jusqu’au point de non- retour.

En 1945, la création de Caligula révèle Gérard Philippe.

Deux ans après, Camus publie La Peste qui connaît un immense succès. Il quitte le journal Combat au même moment.

En 1951, la publication de l’Homme Révolté vaut à Camus à la fois les foudres des surréalistes et des existentialistes. André Breton, le surréaliste, est furieux des propos de Camus sur Lautréamont et Rimbaud. Les existentialistes, eux, se déchaînent en publiant un article très critique dans Les temps Modernes, revue dont le directeur n’est autre que Jean-Paul Sartre. L’année suivante ce sera la rupture définitive entre Camus et Sartre.

Albert Camus vit douloureusement la situation algérienne. Il prend position, dans l’Express, au travers de plusieurs articles. Il se rend même à Alger pour lancer un appel à la réconciliation. En vain.

En 1956, il publie La Chute ; une œuvre qui dérange et déroute par son cynisme et son pessimisme.

Albert Camus obtient le prix Nobel en octobre 1957  » pour l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». Il a alors 44 ans et il est le neuvième français à l’obtenir. Il dédie son discours à Louis germain, l’instituteur qui en CM2 lui a permis de poursuivre ses études. Il est félicité par Roger Martin du Gard, François Mauriac, William Fa

Le 4 janvier 1960, Camus se tue dans un accident de voiture. Alors qu’il avait prévu de remonter du sud à Paris par le train, Michel Gallimard lui propose de profiter de sa voiture. Près de Sens, pour une raison indéterminée, le chauffeur perd le contrôle du véhicule. Albert Camus meurt sur le coup. On retrouve dans la voiture le manuscrit inachevé du Premier Homme. Et dans l’une de ses poches, son billet de train !

Comment en dire moins… Cet homme a connu un tel destin. Et puis, vous l’avez compris, je suis une admiratrice de l’auteur. Je me souviens encore du collège et de mon prof de français, debout sur l’estrade, l’Étranger en main. Il nous a lu la première phrase…

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Et Camus est entré dans ma vie !

 

L’étranger d’Albert Camus

Jean-Philippe Depotte analyse le roman selon quatre éléments :

 

  • L’Eau, c’est le Style.

C’est la plume de l’écrivain, la poésie, la beauté du langage et le simple plaisir de lire de belles phrases.

 

  • L’Air, c’est la Fiction.

C’est l’invention, qui prend deux formes, en général : l’intrigue (l’histoire que l’on raconte) et les personnages.

 

  • La Terre, c’est le Milieu que décrit le roman.

C’est une époque ou c’est un lieu. C’est ce qu’apprend le lecteur sur la réalité que décrit le roman.

 

  • Enfin le Feu, c’est le Message.

C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit son roman. C’est le message qu’il a voulu transmettre à son lecteur. Une philosophie, une morale ou, simplement, un sentiment, une impression.

***

Je vous laisse découvrir la vidéo L’étranger d’Albert Camus (Alchimie d’un Roman, épisode 6 – 11’50).

 

 

 

Toujours aussi passionnant, cet épisode vous fera peut-être découvrir le livre sous un jour nouveau.

Écoutez bien, prenez des notes.
C’est très instructif de comprendre ce qui a engendré l’Alchimie du roman !

Un grand merci à Jean-Philippe Depotte pour cette sixième vidéo.

 

À vos succès d’écriture…

 

 

2 commentaires

  1. Chatelin-Rech dit :

    Bonjour Marie-Adrienne,

    Merci pour tous vos conseils et toutes vos incitations à l’écriture. Grâce à vous après une période de blocage, je parviens de nouveau à réécrire.
    En ce qui concerne A. Camus, c’est, depuis ma terminale (5 décennies !) qu’il est mon maître à penser. Il ne m’a jamais quittée!

    J’ai lu récemment « Meursault contre-enquête » de Kamel Daoud cet hommage en forme de contre-point rendu à l’étranger en donnant une identité à l’Arabe qui n’est jamais nommé est passionnant. Ce changement de point de vue est à découvrir sans hésiter pour ceux qui ne connaissent pas K.Daoud, prix Goncourt du 1er roman.

    Je vais regarder cette dernière vidéo avec intérêt, véritable cours de littérature dont nous bénéficions une fois encore.

    Bonne journée à vous.

    Victorine

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Bonjour

      Ravie d’apprendre que le blog et mes conseils vous ont redonné le goût d’écrire.

      J’avais repéré le livre de Kamel Daoud mais ma table de nuit croule déjà sous les piles de livres en attente de lecture…
      (mais il figure déjà sur ma liste de livres à lire !)

      Bonne journée et… à vos succès d’écriture

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