Analyse d’un roman (29e épisode)

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Dans ce nouvel épisode de la série « L’Alchimie du roman, Jean-Philippe Depotte analyse « Bel Ami », de Guy de Maupassant.
 

 

 

 

Bel-Ami

 

À propos de Guy de Maupassant

 

Guy de Maupassant est né à Fécamp en août 1850. Il mène une enfance heureuse au bord de la mer et dans un cadre champêtre. Il se lie avec les pêcheurs et les paysans des environs qui lui inspireront plus tard quelques-uns de ses personnages.

Après le collège religieux d’Yvetot, à l’origine de son dégoût de la religion, le jeune Guy intègre le lycée de Rouen en 1868.

Mobilisé pour la guerre de 1870 contre la Prusse, il sert dans l’intendance à Rouen jusqu’à la débâcle de 1871. Il travaille ensuite à Paris comme fonctionnaire au Ministère de la Marine pendant près de 10 ans, puis au Ministère de l’Instruction publique. Des emplois administratifs dans lesquels il s’ennuie royalement. En 1880, Maupassant met un terme à sa carrière dans l’administration pour se consacrer à l’écriture.

Car le jeune Guy écrit ses premiers vers au séminaire à l’âge de 13 ans. Mais Maupassant ne développe réellement son talent littéraire qu’à partir des années 1880. À cette époque, Flaubert, grand ami de sa mère, l’introduit dans le milieu littéraire naturaliste et réaliste.
Maupassant n’aura alors de cesse de plaire à Flaubert, dont il se présentera toute sa vie comme le fils spirituel. Il publie alors des vers, des contes et des pièces de théâtre qui ne remportent cependant aucun succès.

 

Après une suite d’échecs, il parvient à gagner l’estime de son maître en 1880, lors de la publication de Boule de Suif. En effet Flaubert, qui meurt la même année, dit alors de cette nouvelle que c’est « un chef d’œuvre qui restera ».

Boule de Suif est un tel succès qu’elle lui ouvre les portes du métier de journaliste. Il signe alors de nombreux articles, contes, feuilletons et reportages dans des journaux tels que Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et l’Écho de Paris.

Ses récits sont regroupés dans des recueils, dont La maison Tellier (1881), les Contes de la bécasse (1883), ou encore les Contes du jour et de la nuit (1885).

Il publie également des romans réalistes parmi lesquels on retiendra Une vie en 1883, Bel-Ami en 1885 et Pierre et Jean en 1888.

Après des débuts laborieux, Maupassant a réussi à s’imposer comme l’un des écrivains majeurs du XIXe siècle, comme Zola et Flaubert.

Auteur à succès, Maupassant devient riche et acquiert un yacht en 1885 qui le conduit en Afrique du Nord, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, dans le sud de la France, en Sicile.

Contes, romans, nouvelles, l’écriture de Maupassant le situe dans le mouvement réaliste et naturaliste. Il est également connu pour avoir su introduire une dimension fantastique à plusieurs de ses récits.

Devenu célèbre, Maupassant mène une vie parisienne mondaine, mais a du mal à se mêler. Il y retrouve ce qu’il dépeint si souvent avec cynisme dans ses romans : la cruauté du genre humain et ses pires défauts : l’égoïsme, cupidité, bêtise…

Dans les dernières années de sa vie, Maupassant, ravagé par la syphilis, est atteint de troubles nerveux. Son aversion pour la société alimente sa paranoïa et le conduit à vivre reclus.

Dépressif, physiquement diminué et sombrant doucement dans la folie, Maupassant décède le 6 juillet 1893 à l’âge de 43 ans.

 

Bel Ami, de Guy de Maupassant

Bel-Ami fut publié en feuilleton dans Gil Blas entre le 6 avril et le 30 mai 1885.

Bel-Ami a été adapté au cinéma plus d’une douzaine de fois, dans divers pays.
L’art de Maupassant est fait d’équilibre entre récits des péripéties, descriptions limitées et fonctionnelles, et le jeu entre discours direct / discours indirect / discours indirect libre.

Son style est aussi marqué par l’utilisation de phrases plutôt courtes avec une ponctuation expressive et de paragraphes eux aussi plutôt courts, voire très courts, qui donnent une mise en page aérée.

En ce qui concerne l’organisation du récit, Maupassant utilise le plus souvent une narration linéaire avec éventuellement quelques retours en arrière explicatifs limités (dans Bel-Ami par exemple).

Si les romans sont classiquement à la 3e personne avec un point de vue omniscient dominant, les nouvelles présentent une grande diversité narrative qui joue avec les différentes focalisations et les différents narrateurs.

On note

  • des récits à la 3e personne destinés directement au lecteur (Une partie de campagne, Aux champs, Deux amis, Mademoiselle Fifi, Boule de suif)

 

  • des récits à la première personne dans lesquels le narrateur, témoin, acteur principal ou secondaire, raconte un souvenir présenté comme personnel (Un réveillonMon oncle Sosthène, Qui sait ?).

 

  • Maupassant peut aussi s’adresser à un auditoire (collectif ou individualisé) et raconter un événement de sa vie (Conte de Noël, Apparition, La Main), ce qui justifie l’appellation de « conte » parfois utilisée par Maupassant.

 

Ainsi la richesse des thèmes abordés, la vision personnelle du monde qui s’en dégage et la maîtrise de l’art d’écrire placent Guy de Maupassant parmi les meilleurs écrivains du XIXe siècle. Il demeure en outre le plus marquant des auteurs de nouvelles de la littérature française.

 

Mais je ne vous laisse plus attendre…

Comme à son habitude, Jean-Philippe Depotte analyse le roman selon quatre éléments :

 

  • L’Eau, c’est le Style.
    C’est la plume de l’écrivain, la poésie, la beauté du langage et le simple plaisir de lire de belles phrases.
  • L’Air, c’est la Fiction.
    C’est l’invention, qui prend deux formes, en général : l’intrigue (l’histoire que l’on raconte) et les personnages.
  • La Terre, c’est le Milieu que décrit le roman.
    C’est une époque ou c’est un lieu. C’est ce qu’apprend le lecteur sur la réalité que décrit le roman.
  • Enfin le Feu, c’est le Message.
    C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit son roman. C’est le message qu’il a voulu transmettre à son lecteur. Une philosophie, une morale ou, simplement, un sentiment, une impression.

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Découvrez la vidéo (9’19) :

 

 

Cette nouvelle vidéo vous a certainement plu. Merci à Jean-Philippe (Depotte)

Quel plaisir de retrouver ces grands moments de lecture !

À vos succès d’écriture…

 

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