Analyse d’un roman (19e épisode)

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Dans ce 19e épisode de la série « L’Alchimie du roman, Jean-Philippe Depotte analyse « Le ventre de Paris », d’Émile Zola.


 

 

 

Le Ventre de Paris

 

 

 

À propos d’Émile Zola

 

Né à Paris le 2 avril 1840, Émile Zola a sept ans lorsque son père décède, ce qui laisse la famille dans une situation peu confortable. À dix-huit ans, il prépare le baccalauréat en sciences mais abandonne les études après deux échecs.

D’abord commis des douanes puis, en 1862, chef de publicité chez Hachette, il publie un premier recueil de nouvelles, Conte à Ninon en 1864. Quatre ans plus tard, il choisit Stendhal, Flaubert, Balzac pour maître et opte pour le naturalisme.

La lecture de L’introduction à l’étude de la médecine expérimentale de Claude Bernard oriente définitivement son œuvre. Il imagine d’écrire l’histoire d’une famille, grand roman de mœurs en plusieurs volumes de la société du Second Empire : les Rougon-Macquart.

Il travaille un an sur l’arbre généalogique des Rougon-Macquart et publie, de 1871 à 1876, les six premiers volumes de son « roman expérimental » (La Fortune des Rougon, La Curée, Le ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l’abbé Mouret et Son Excellence Eugène Rougon)

En 1877, il publie L’Assommoir qui fait grand bruit. La description étape par étape, de la déchéance de Gervaise, les buveurs de Montmartre, sont autant de moments forts d’un roman où, pour la première fois, un écrivain se penche avec un tel souci de réalisme sur le monde ouvrier.

Zola poursuit imperturbablement la production de son cycle, en publiant Une page d’amour en 1878, puis Nana en 1879.

Toujours constant dans l’effort, Émile Zola publie de 1882 à 1885 cinq nouveaux romans : Pot-Bouille, Au Bonheur des Dames, La Joie de vivre, Germinal et hors le cycle des Rougon-Macquart, Naïs Micoulin.

Germinal, roman sur les « gueules noires » et la grève, est très certainement le roman le plus travaillé, le plus préparé et documenté de Zola. Le romancier s’est déplacé dans le bassin houiller du nord de la France, à Anzin.

En 1890, il publie La Bête Humaine.

En 1891 paraît L’Argent. La Débâcle (1892) qui apporte à l’auteur son plus grand succès de librairie.

Zola achève le cycle des Rougon-Macquart sur une note optimiste en publiant Le Docteur Pascal en 1893.

Suivant sa méthode, Zola, à la fois minutieux et méthodique, commence toujours son travail de romancier par la constitution d’un dossier préparatoire de taille variable selon le roman et son sujet. D’une cinquantaine de folios pour la Fortune des Rougon, le dossier de Pot-Bouille en atteint 450, pour compter entre 900 et un millier de pages pour Germinal, L’Argent ou La Terre, et enfin culminer à près de 1 250 feuilles pour La Débâcle. Il se rend ensuite sur place et s’imprègne de l’ambiance.

Indigné par la dégradation du capitaine Dreyfus, le 5 janvier 1895, à l’École militaire, Zola dénonce à la fin de l’année dans trois articles que publie Le Figaro les campagnes de presse contre la République et les Juifs. Convaincu que le véritable coupable de l’affaire Dreyfus est le commandant Esterhazy, qui est acquitté à l’unanimité le 11 janvier 1898, Zola publie dans L’Aurore deux jours plus tard l’article J’accuse. Condamné à un an d’emprisonnement et à 3 000 francs d’amende, il doit quitter la France le 18 juillet 1898.

À son retour, en 1899, injurié, radié de l’ordre de la Légion d’honneur, abandonné par une grande partie de ses lecteurs, il meurt asphyxié par le poêle de son bureau le 29 septembre 1902.

Ses cendres furent transférées au Panthéon en 1908.

Remarque : Zola est l’auteur de nombreux autres écrits. J’ai volontairement limité la liste

 

Le Ventre de Paris, d’Émile Zola

 

Le Ventre de Paris est un roman d’Émile Zola publié en 1873. C’est le 3e volume de la série des Rougon-Macquart.

Mais « Le Ventre de Paris », c’est avant tout le roman des Halles, les Halles centrales de Paris. Elles sont partout, décrites avec la précision coutumière qui sied à Zola. Les premiers pavillons sont construits par Balthard en 1851. Les pavillons des primeurs, puis des beurres et fromages sont construits en 1857. En 1858, c’est celui des fruits et légumes et des fleurs. Le pavillon de la boucherie ouvre en 1860. En 1866, celui des volailles, en 1869, celui de la charcuterie. L’équivalent aujourd’hui, ce serait les Halles de Rungis, ou plus modestement un supermarché de dix mille mètres carrés.

 

Comme à son habitude, Jean-Philippe Depotte analyse le roman selon quatre éléments :

 

  • L’Eau, c’est le Style.

C’est la plume de l’écrivain, la poésie, la beauté du langage et le simple plaisir de lire de belles phrases.

 

  • L’Air, c’est la Fiction.

C’est l’invention, qui prend deux formes, en général : l’intrigue (l’histoire que l’on raconte) et les personnages.

 

  • La Terre, c’est le Milieu que décrit le roman.

C’est une époque ou c’est un lieu. C’est ce qu’apprend le lecteur sur la réalité que décrit le roman.

 

  • Enfin le Feu, c’est le Message.

C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit son roman. C’est le message qu’il a voulu transmettre à son lecteur. Une philosophie, une morale ou, simplement, un sentiment, une impression.

 

***

 

Je vous laisse découvrir cette nouvelle vidéo (Alchimie d’un Roman, épisode 19 – 11’58).
 

 

 

J’espère que cette nouvelle vidéo vous a plu. Merci à Jean-Philippe (Depotte) !

 

À vos succès d’écriture…

 

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