3 règles de base du dialogue

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le dialogue

 

Le dialogue est un des outils parmi ceux dont dispose l’écrivain. Il peut le manier habilement ou louper son objectif sans se rendre compte de tout ce qu’il pourrait en tirer pour mettre en valeur chacun des éléments de son œuvre. Car il y a une grande richesse dans les dialogues et c’est d’ailleurs ce qui en fait leur grand intérêt.

Voici les trois règles de base du dialogue :

1/ Écrire un dialogue s’il est utile

N’oubliez jamais que chaque dialogue doit être utile. Son but sera donc de :

  • donner des informations,
  • indiquer ce que les personnages ont prévu de faire,
  • permettre aux locuteurs de résoudre une énigme;
  • montrer les relations entre les personnages,
  • exprimer leurs sentiments,
  • détendre le lecteur par l’échange de répliques humoristiques
  • ou au contraire accentuer l’intensité dramatique en faisant ressortir les tensions entre les personnes ou en permettant au héros d’exprimer ses sentiments : son chagrin, sa peur, sa frustration…

Exemple de dialogue à éviter :
— Tu viens manger ? demanda Jacques.
— Oui, répondit Émile.

Ce dialogue n’apporte rien. Autant écrire simplement : Jacques et Émile partirent déjeuner à midi.

2/ Manier les incises et les adverbes avec prudence et parcimonie

L’autre défaut que l’on peut avoir quand on débute en écriture, c’est de toujours devoir faire preuve d’une créativité particulière dans les incises, en croyant que les « dit-il », « dit-elle » répétés manquent de force et de personnalité alors que « dit » est le petit mot miracle que personne ne doit abandonner.

En réalité, quand un auteur écrit « dit-il », le regard du lecteur glissera dessus sans s’y attarder. Le cerveau note le nom du locuteur et ignore tout simplement le verbe qui l’accompagne. Ce sera ainsi pour dit, fit, demanda et répondit…Mais ça ne sera pas le cas des incises plus compliquées comme gémit, lança, pleurnicha, gronda, ricana, grommela, hurla…qui toutes arrêteront le regard du lecteur.

Sauf si vous savez les utiliser judicieusement, je vous déconseille d’y recourir. De toute façon, si vous jouez bien votre rôle d’auteur, le lecteur doit savoir quand le personnage tempête, gémit, ricane ou crie.

L’auteur n’a pas à utiliser de mots évidents pour préciser de quelle manière s’exprime celui qui parle… Ça doit se voir dans la scène !

Il arrive que les adverbes puissent vous être d’un grand secours, mais comme les incises énumérées plus haut, les adverbes sont à manier avec prudence.

Soyons clairs, je ne conseille pas de renoncer à toutes les incises ou aux adverbes mais au cas ou vous les utilisez, ils doivent apporter une précision utile. Alors utilisez-les avec parcimonie.

Si votre dialogue est suffisamment clair pour comprendre qui prononce chaque réplique, vous pouvez écrire une scène complète sans incises.

3/ Dégraisser le dialogue des scories du langage

De la même façon, méfiez-vous aussi des mots inutiles et supprimez-les. Dans la vie quotidienne, on commence souvent ses phrases par « Écoute », « Tiens,…» « Tu vois ce que je veux dire… » ou on les truffe de « OK » par exemple. Ce sont des scories du langage.

Dans un roman, ils risquent d’alourdir les dialogues et d’agacer très vite le lecteur. Utilisez-les seulement s’ils illustrent le caractère d’un personnage. Sinon, je vous recommande vraiment de les éviter totalement.

En tout état de cause, quel que soit le dialogue que vous écrirez, vous devez toujours veiller à maintenir l’intérêt du lecteur et éviter qu’il se perde par exemple en rédigeant un long discours.

Il arrive toutefois qu’un long discours soit utile mais que le traduire dans un long dialogue ne marche pas.

Quelles sont alors les possibilités pour ne pas décourager le lecteur ?

1/ Montrer que ce qui va être dit est important en commençant de façon tonitruante.

2/ Interrompre le discours par un moment d’action intégré à la narration :

  • Un bruit de voix derrière la porte de la pièce où le personnage raconte l’histoire,
  • Un coup de vent qui fait claquer une porte
  • Un chat qui traverse la pièce
  • Une chanson qui passe sur l’autoradio d’une voiture

…autant de trucs qui peuvent contribuer à maintenir l’intérêt d’un lecteur ce qui est la mission première de l’auteur à tout moment.

Gardez tout de même à l’esprit que le dialogue ne s’impose pas forcément.
Il n’est pas forcément nécessaire même si l’information transmise l’est.

Appliquez ces trois règles de base, vos dialogues gagneront en puissance.

J’ai encore beaucoup à dire sur le dialogue. L’outil est si important que j’y consacrerai d’autre article. Avez-vous des difficultés à écrire un dialogue ? Si oui, lesquelles ?

À bientôt…

Si ça vous dit, vous pouvez partager cette article avec le monde entier. Facebook, Twitter et autres sont à votre disposition !

10 commentaires

  1. Cet article est très bien écrit et les conseils sont pertinents. En plus le style est agréable à lire.

    Bravo.

    Marie

  2. Très intéressant. J’essaie de faire attention à mes incises, les utiliser avec parcimonie, d’éviter ces fameuses « scories du langage », les adverbes aussi… Mais je n’avais jamais pensé à utiliser des éléments narratifs pour casser le rythme et maintenir l’intérêt du lecteur. C’est une idée que je note. Merci. ^^

    • Marie-Adrienne Carrara dit :

      Pas de quoi !
      Personnellement je ne suis pas une grande fan des dialogues qui n’en finissent plus. Surtout que parfois, on pourrait se passer de la moitié. Les éléments narratifs permettent de rendre compte de la scène, des personnage… de la tension entre les personnages.

      Essayez et revenez dire si cela a changé quelque chose dans vos dialogues.

      Cordialement

      • En ce qui me concerne, et dans ce que j’écris actuellement, le dialogue n’a qu’un seul intérêt: détailler la psychologie des personnages. Ca s’arrête là.
        La majorité des scènes de l’histoire se déroule sur un plan narratif. On a une action, on a un décor, on a un contexte.

        Par exemple, dans un dialogue téléphonique, je me suis concentré sur une altercation. Les objectifs du dialogue sont de faire apparaître: l’animosité entre les deux protagonistes, le caractère méprisant de l’un d’entre eux, le rôle de déni de ce même personnage.
        Et sans m’en rendre compte j’ai effectivement utilisé cette technique de narration pour casser le dialogue et relancer l’intérêt.

        Je ne sais pas si ca peut aider d’autres écrivains débutants comme moi, mais je me suis obligé à une méthode de travail quand je fais un dialogue:

        avant de débuter le dialogue je me force à me dire « a quoi va servir ce dialogue? Quel est mon objectif? »
        Et partant de là ça évite (je pense) de se perdre en éléments inutiles et lourds.

        • Marie-Adrienne Carrara dit :

          La méthode de travail que vous préconisez peut se transposer au reste. A quoi sert cette description ?
          A quoi sert ce personnage ? Quel est l’objectif ? Quel est l’objectif ?
          A quoi sert cette intrigue secondaire ? Quel est l’objectif ?
          etc.
          Comme vous le dites, cela évite souvent d’en rajouter inutilement.

          C’est une bonne méthode pour se limiter à l’essentiel, garder une écriture dynamique et très contemporaine.

          Cordialement

  3. LOPEZ dit :

    Quoi dire ! merci pour tout !
    Jean-louis

  4. scapa dit :

    Excellent article.
    Je crois ( que j’avais déjà appliqué ces ruptures de dialogues par des événements externes… Mais je suis heureux de le voir décrit par vous.
    En fait j’écris sans plan particulier, le chapitre 1 puis le dernier chapitre…
    Et comme la vie est imprévisible et fractale…. je comble les trous. Je retravaille le texte, je le fais lire à haute voix… Ou je m’enregistre et je réécoute. Je vire des virgules, j’en ajoute….
    Et je corrige mon orthographe (Correcteur du Petit Robert et Antidote).
    Puis je publie…. Amazon, Kindle… et j’ai un petit blog « atypique »…. http://www.scapa-auteur.blogspot.com où avec des amis (écrivains) nous écrivons des textes complémentaires…
    Bon succès pour ce site.
    S. SCAPA

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