Archive for avril 2018

Analyse d’un roman (43e épisode)

Dans ce nouvel épisode de la série « L’Alchimie du roman », Jean-Philippe Depotte analyse « Sa Majesté des mouches », de William Golding

 

 

 

 

Sa Majesté des Mouches

 

 

 

À propos de William Golding 

 

William Golding est né le 19 septembre 1911 à St Columb Minor dans les Cornouailles. Il étudie à l’université d’Oxford et obtient un diplôme de littérature anglaise. Il devient enseignant.

Comme beaucoup d’hommes de sa génération, il est mobilisé en 1940 dans la Royal Navy . Il commence à écrire quelques textes. En 1944, il participe au débarquement sur les côtes française.

Après la guerre, il reprend son poste d’enseignant à Salisbury. Il exerce de 1945 à 1962, date à laquelle il se retire à la campagne près de Salisbury pour se consacrer à ses travaux d’écriture.

Son premier roman  » Sa Majesté des mouches  » reste son livre le plus connu. Il a néanmoins obtenu le prix Booker en 1980 pour Rites de Passage – 1er tome de sa Trilogie maritime, et le prix Nobel de littérature en 1983.

William Golding a été fait commandeur de l’ordre de l’Empire britannique (CBE) en 1961 et chevalier (anobli) en 1982.

L’auteur anglais est mort le 19 juin 1993 à Perranarworthal.

 

À propos du « Sa Majesté des mouches » de William Golding

D’abord refusé par de nombreux éditeurs, Sa Majesté des mouches (titre original : Lord of the Flies) a été publié en 1954. Il paraît en France en 1956. Le succès est rapide et international

Le roman a fait d’ailleurs l’objet de deux adaptations cinématographiques, dont l’une due à Peter Brook en 1963 et une autre en 1990 ainsi qu’une adaptation théâtrale en 1996. 

***

Comme à son habitude, Jean-Philippe Depotte analyse le roman selon quatre éléments :
• L’Eau, c’est le Style.
C’est la plume de l’écrivain, la poésie, la beauté du langage et le simple plaisir de lire de belles phrases.
• L’Air, c’est la Fiction.
C’est l’invention, qui prend deux formes, en général : l’intrigue (l’histoire que l’on raconte) et les personnages.
• La Terre, c’est le Milieu que décrit le roman.
C’est une époque ou c’est un lieu. C’est ce qu’apprend le lecteur sur la réalité que décrit le roman.
• Enfin le Feu, c’est le Message.
C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit son roman. C’est le message qu’il a voulu transmettre à son lecteur. Une philosophie, une morale ou, simplement, un sentiment, une impression.

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Découvrez la vidéo (12’36) :

Merci à Jean-Philippe Depotte pour son analyse. Pour ma part, je n’ai jamais lu ce livre.

Et vous ? Qu’en avez-vous pensé ?

A vos succès d’écriture…

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Participe passé des verbes pronominaux

Dans le dernier article, une faute d’accord s’était glissée dans le texte. Satanés verbes pronominaux ! Heureusement, un lecteur l’a signalé et l’erreur fut vite rectifiée…

 

 

 

 

 

 

Erreur de frappe, inattention, manque de relecture… ou erreur tout court ! Peu importe, mais j’avoue que des questions se posent souvent face à l’accord d’un participe passé des verbes pronominaux.

J’ai donc pensé qu’un petit rappel servirait sans doute à tous… C’est un article peu attrayant mais quand on écrit, mieux vaut savoir accorder les participes passés.

 

1 / Définition des verbes pronominaux

 

Les verbes pronominaux sont les verbes qui se conjuguent avec un pronom réfléchi de la même personne que le sujet.
Les pronoms réfléchis sont me, te, se, nous et vous. Les formes élidées de me, te et se sont m’, t’ et s’.

Exemples :
– Je me lave.
– Tu te demandes.
– Il se trompe.
– Nous nous réjouissons.
– Vous vous dites.
– Ils se rencontrent.

 

Attention : Dans « Elle nous demande… »,

demander n’est pas à la voix pronominale : nous n’est pas à la même personne que le sujet. Ce n’est pas un pronom réfléchi mais un pronom personnel complément d’objet direct placé avant le verbe.

 

2 / Accorder les participes passés des verbes pronominaux

 

Pour savoir accorder leur participe passé, il importe avant tout de bien distinguer les différentes catégories de verbes pronominaux :

 

Les verbes pronominaux se divisent en plusieurs catégories :

 

1 / Les verbes essentiellement pronominaux (qui n’existent pas sous une autre forme ) :

 

Exemples : s’absenter, s’abstenir, s’acharner, s’adonner, s’ébattre, s’ébrouer, s’écrier s’efforcer, s’emparer (de), s’empresser, s’enfuir, s’enquérir s’ensuivre s’entraider s’envoler s’éprendre s’esclaffer s’escrimer s’évader, s’évanouir s’évertuer s’exclamer s’extasier s’immiscer s’ingénier s’insurger s’obstiner, s’opiniâtrer, se blottir se carrer, se chamailler, se dédire, se démener, se désister, se gargariser, se gausser, se lamenter, se méfier, se méprendre, se pâmer, se parjurer, se prélasser, se prosterner, se rebeller, se rebiffer, se récrier, se recroqueviller se réfugier se renfrogner, se rengorger se repentir se soucier se souvenir se suicider se tapir, se targuer (de)…

 

  • Elle s’est évanouie
  • Elle s’est élancée sur la piste du stade.
  • Ils se sont adonnés à la peinture.
  • Elles se sont efforcées de rétablir l’équilibre.
  • Les oiseaux migrateurs se sont envolés vers les pays chauds.
  • Les habitants se sont entraidés lors de l’inondation d’octobre.
  • Les chats se sont réfugiés derrière le canapé.

Les verbes « s’évanouir », s’élancer », « s’adonner », « s’efforcer », « s’envoler »,
« s’entraider »  « se réfugier » n’existent que sous la forme pronominale.

Il y a donc accord du participe passé avec le sujet.

 

2 / Les verbes pronominaux non réfléchis

 

Exemples :

s’apercevoir (de), s’attaquer (à), s’attendre (à), s’aviser (de), se douter (de), s’échapper (de) s’ennuyer (de) se jouer (de), se plaindre (de) se prévaloir (de), se refuser (à) se saisir (de) se taire

  •  Elle s’est aperçue de son erreur.

L’action d’apercevoir ne se reporte pas sur le sujet « elle » n’a pas aperçu « s’ » mis pour « elle », donc c’est un verbe non réfléchi.

  • Devant tant de mauvaise foi, ils se sont tus.

Le participe passé s’accorde avec le sujet « ils », donc au masculin pluriel.

 

3 / Les verbes pronominaux de sens réfléchi

 

Exemples : se laver, se regarder, se cacher, se cogner, se couper, se croire, se raser, se chausser,  s’adjoindre, se coucher, se peigner, se relever, se montrer, se blesser, s’égratigner, se déshabiller…

Dans ces verbes, le pronom personnel réfléchi « se » renvoie au même être ou au même objet que le sujet. Donc accord du participe passé avec le sujet

 

  • Je me suis cognée contre la fenêtre.

J’ai cogne « me », c’est-à-dire « moi, ma personne » contre la porte : le sens du verbe est dit réfléchi.

  • Elle s’est maquillée minutieusement pour cette soirée.

C’est elle-même (« s’ », mis pour « elle ») qu’elle a maquillée.

 

4 / Les verbes pronominaux de sens passif

 

Exemples : s’en vouloir, se mentir, se rire (de), s’entre-nuire, se nuire, se sourire,  se complaire, se parler, se succéder, se convenir, se plaire, se suffire, se déplaire, se ressembler…

 

  • Les abricots se sont bien vendus cette année.

« Les abricots » (sujet) subissent l’action d’être vendus.

  • Ces deux rois se sont succédé sur le trône.

On succède à quelqu’un, d’où l’expression « tran­sitivité indirecte ».

  • Mère et fille se sont parlé de leurs difficultés.

On se parle, éventuellement de quelque chose, mais on ne se parle pas « quelque chose » ; il ne peut y avoir ici de COD.

  • Ils se sont menti. 

On ment à quelqu’un ou l’un à l’autre, « se » est ici complément d’objet indirect et non COD, donc menti reste invariable.

 

5 / Les verbes pronominaux de sens réciproque

 

Exemples :

se battre, s’entre-haïr, se chercher, se disputer,  s’entre-dévorer, s’appeler, s’insulter, s’embrasser, s’injurier, s’entre-déchirer, s’entraider, s’enlacer…

Dans ces verbes, l’action est accomplie par un sujet sur un autre sujet, l’un par rapport à l’autre, l’un envers l’autre.

  • Ils se sont battus

Ils se sont battus l’un contre l’autre, réciproquement.

  • Ils se sont disputés puis ils se sont battus.

Ils ont disputé qui ? ils ont battu qui ? « se », pro­nom COD placé avant le verbe, mis pour « ils », donc accord au masculin pluriel. Donc le participe passé s’accorde avec le sujet.

 

 

3 / Participes passés invariables

 

Les participes passés des verbes pronominaux suivants demeurent invariables :

Ceux des verbes de sens réfléchi dont le COD est placé après le verbe :

 

  •  Elle s’est lavé les cheveux.

Il faut faire le raisonnement avec l’auxiliaire « avoir » : elle a lavé quoi ? « les cheveux » : le COD est placé après le verbe, donc le participe passé reste invariable.

En revanche, dans l’exemple : « Elle s’est lavée », lavée, participe passé d’un verbe pronominal de sens réfléchi, s’accorde avec le pronom COD « s’ » (elle a lavé qui ? « s’ », mis pour « soi », donc au féminin singulier).

 

Ceux des verbes intransitifs ou transitifs indirects employés comme verbes pronominaux, qui ne peuvent avoir de COD :

  • Les deux jeunes gens se sont plu

On plaît à quelqu’un, donc plu est invariable.

  • De nombreux rois se sont succédé sur le trône de France.

On succède à quelqu’un, donc succédé est inva­riable.

 

Le participe passé du verbe « se faire », lorsqu’il est suivi d’un infinitif.

  • Elles se sont fait connaître auprès de leurs voisins.

 

4 / Cas particuliers :

 

Le participe passé suivi d’un attribut du pronom réfléchi 

Les participes passés des verbes pronominaux suivis d’un attribut du pronom réfléchi s’accordent avec ce pronom.

  • Elle s’est crue intelligente en lançant sa remarque.

Crue est suivi de « intelligente », attribut de « s’ ». Il s’accorde avec « s’ », COD mis pour « elle », donc au féminin singulier.

  • Elles se sont imaginées bronzées au bord de la piscine.

Imaginées est suivi de « bronzées », attribut de se ». Il s’accorde avec « se », COD mis pour elles », donc au féminin pluriel.

***

 

Voilà j’espère que ce tour d’horizon des accords des participes passés des verbes pronominaux vous sera utile et vous évitera les hésitations au moment d’écrire.

 

À vos succès d’écriture...