Archive for août 2012

Quelles peurs peuvent empêcher d’écrire ?

Écrire, vous y pensez depuis toujours. Vos avez des tas d’idées et vous vous sentez prêts, mais en même temps, vous éprouvez un frein. Vous avez beau le refuser, mais ce frein, c’est la peur !

La peur nous affecte tous plus que nous ne voulons bien l’admettre, et elle est particulièrement insidieuse chez les écrivains.

Je n’aime pas perdre de temps parce qu’il m’est trop précieux. Mais en regardant en arrière, je constate que j’ai perdu beaucoup de temps dans ma vie d’écrivain parce que j’ai laissé des peurs m’envahir.

La solution est simple : ne pas se laisser gagner ! Rappelez-vous, le vrai courage n’est pas de ne pas connaître la peur, mais d’accomplir ce qui doit être fait, malgré la peur !

Voici les principales craintes qui retiennent les écrivains, quelques conseils pour y remédier et se mettre quand même au travail.

Lire plus

Les écrivains peuvent-ils bénéficier d’aides à la création ?

Un des lecteurs m’a posé cette question, il y a quelques jours. Plutôt que de lui répondre individuellement, j’ai pensé que la réponse méritait bien un article.

Les écrivains vivent-ils de leurs plumes ?

En France, on estime à moins de 25 000 le nombre d’auteurs à percevoir des droits d’auteur, c’est-à-dire dont les livres rapportent de l’argent, même peu. Selon Bernard Lahire, sociologue ayant publié La Condition littéraire, la double vie des écrivains, moins de 2000 d’entre eux peuvent être considérés comme de vrais professionnels et vivent de leur production littéraire. 40 % se contentent de mensualités équivalentes au SMIC et seulement 4 % touchent plus de 10 000 euros par mois (les auteurs de best-sellers).

L’ étude de B. Lahire nous apprend aussi que la majorité des écrivains ayant réussi sont ceux qui ont pu bénéficier d’un soutien financier, venant souvent de leur famille ou de leur conjoint. En effet, si les bourses attribuées aux écrivains ayant déjà publié au moins un ouvrage à compte d’éditeur sont relativement nombreuses, les allocations versées aux auteurs « inconnus » sont extrêmement rares. Les concours aux manuscrits demeurent donc le meilleur moyen d’obtenir soit une publication, soit une petite somme d’argent, histoire d’encourager un peu une vocation.

Ainsi, avant de chercher à obtenir la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, dont le montant s’élève à 25 000 euros, il faut souvent se contenter de peu pour trouver le temps d’écrire et un éditeur.

Les débuts des auteurs sont semés d’embûches, cependant il existe un grand nombre d’associations et de structures, nationales ou régionales, pouvant leur venir en aide.

Des associations pouvant aider les jeunes auteurs

Plusieurs sociétés et associations se consacrent à la promotion de la création littéraire et à l’aide aux auteurs. La Maison des écrivains et de la littérature (Mel) « a pour vocation de fédérer les écrivains et de les représenter, de les défendre et de promouvoir la littérature. » Installée à la Villa des Frères Goncourt (67, bd. de Montmorency – 75016 Paris), la Mel accueille les auteurs, débutants ou confirmés, et met à leur disposition d’importantes ressources documentaires. Elle est en outre compétente pour conseiller les auteurs sur leurs conditions de travail, la diffusion de leurs œuvres et leur offre un panel de services très complet. On peut déjà trouver un grand nombre d’informations sur son site www.m-e-l.fr.

La plupart des conseils régionaux de France proposent également des structures dédiées à l’aide à la création. Elles délivrent généralement de précieux conseils aux auteurs et peuvent les guider dans leurs démarches.

Lire plus

7 étapes faciles pour écrire beaucoup plus vite

Voici comment augmenter massivement votre vitesse d’écriture, en 7 étapes faciles.

# Étape  1 : Trouvez votre meilleur temps d’écriture

Ce point est crucial. Ne vous leurrez pas, toutes les heures sont inégales.

Vous devez savoir quand vous êtes le plus productif.

Pour moi, c’est le soir, quand tout le monde est couché et que la maison plonge dans le silence.

Pour vous, cela pourrait être le matin, le midi ou le soir. Vous avez probablement déjà une idée de vos meilleures heures de travail. Bien sûr, rien n’est simple, car la vie se charge de nous happer et de nous prendre tout notre temps. Mais si vous voulez écrire, il faudra s’astreindre à un planning de travail régulier. Si vous peinez à vous libérer dans la semaine ou n’avez pas réussi à déplacer certaines obligations, vous pouvez toujours utiliser vos meilleures heures les week-ends.

Maintenant, si vous n’êtes pas sûrs de votre temps favori d’écriture, essayez différents moments et voyez celui qui vous rendra plus productif !

# Étape 2: Réduire au minimum le risque d’interruptions

Ça y, vous avez établi que votre moment favori pour écrire, c’est le samedi de 10 à 12h.

Samedi donc vous vous asseyez à l’ordinateur, prêt à taper…

Et le téléphone sonne. Personne ne décroche et la sonnerie insiste. Résigné(e)s, vous répondez. Il s’agit d’un appel de démarchage. Après quelques phrases, vous raccrochez nerveusement. Tout cela pour cela !

Pas dix minutes passent quand votre mari ou votre femme arrive et vous demande ce qu’il (ou elle) peut préparer pour le déjeuner. Rien… tout est déjà dans le frigidaire !

Il (ou elle) repart et vous voilà enfin prêt à vous lancer quand une fenêtre de chat s’ouvre sur votre ordinateur. C’est un ami dont vous n’avez pas de nouvelles depuis un moment.

…Après tout cela, comment s’étonner que vous n’arriviez pas à écrire beaucoup ?

Au lieu gémir et de raccrocher nerveusement au nez du la personne qui tente de vous vendre son produit ou de renvoyer vertement votre conjoint (e), voici ce qu’il faut faire:

  • Éteignez votre téléphone mobile. Débranchez le téléphone fixe (ou assurez-vous que votre mari/ femme ou enfants sachent que ce sera à eux de répondre si le téléphone sonne
  • Prévenez votre entourage que vous allez écrire. Expliquez que vous serez libre seulement après midi, et vous seriez reconnaissant(e) de ne pas être interrompu(e) avant cette heure.
  • Travailler dans votre pièce favorite, votre espace, et fermez la porte. Attention si c’est dans la cuisine, vous risquez vraiment d’être interrompu(e)s.
  • Si vous ne pouvez vraiment pas trouver un moment de quiétude à la maison, prenez votre bloc-notes ou votre ordinateur portable et trouvez-vous un endroit où travailler au calme. Les bibliothèques par exemple sont ouvertes à tous et gratuitement. La plupart offrent des zones de travail.

# Étape 3: Éloigner les distractions

Réduire les interruptions aide beaucoup. Mais les distractions restent l’ennemi de l’écriture. Voilà à quoi elles peuvent ressembler :

  • Vous décidez que vous devez vraiment ranger votre bureau avant de commencer à écrire.
  • Lorsque vous butez sur les mots et les phrases, au lieu de rester concentré(e)s, vous ouvrez votre messagerie histoire d’y trouver quelque chose d’excitant.
  • Après les 200 premiers mots, péniblement alignés, vous cliquez sur un lien qui mène à une vidéo amusante sur YouTube ou un billet de blog que vous vouliez lire. Une heure plus tard, vous vous demandez où votre temps est allé.
  • Vous vous remettez au travail, mais une publicité pour ordinateurs portables bon marché arrive dans votre messagerie et attire votre œil instantanément…

Certaines distractions peuvent sembler légitimes. Après tout, votre bureau est en désordre. Mais vous n’avez pas besoin d’un nouvel ordinateur, et pourtant, vous ne pouvez pas résister à la tentation de regarder cette nouvelle offre !

Le truc, c’est que vous n’avez pas besoin de ranger votre bureau ou de regarder les choses tout de suite. Tout cela peut attendre une heure ou deux. Il y a beaucoup de façons de réduire les distractions. Vous pouvez :

  • Débranchez votre câble Internet (ou éteignez votre réseau sans fil).
  • Dégagez tous les objets de distraction de votre lieu de travail. Avez-vous vraiment envie de passer deux heures à essayer de trouver la solution de ce fameux Rubik’s cube posé sur l’étagère ?

Lire plus

L’incipit : une première phrase essentielle !

Définir l’incipit

Dans le seul domaine du roman, on désigne par incipit (masculin, du latin incipire) la première phrase du texte, aussi nommée « phrase-seuil ».

Plus que la simple amorce d’un texte, cette première phrase d’un roman ouvre la porte de l’imaginaire de l’auteur. Elle n’est pas forcément belle, ni originale. Mais elle est toujours précieuse et émouvante, car elle symbolise le seuil du livre, le point de passage entre deux mondes, la main tendue de l’auteur au lecteur.

On parle souvent du syndrome de la page blanche, mais on pense moins à ces satanés mots d’ouverture qui doivent donner le ton d’une histoire et l’envie de lire la suite.

L’incipit informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit. Autrement dit, c’est  le « la » d’un livre, dans sa forme, son, son rythme le choix des mots, sa précipitation ou sa lenteur, son intention à décrire ou sa tendance à l’ellipse, sa volonté de séduire ou sa curieuse banalité.

Incipit célèbres

Certains incipit sont restés furieusement célèbres à commencer par :

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure », une première phrase par laquelle Marcel Proust ouvre le chemin de À la recherche du temps perdu. Sur dix personnes interrogées au hasard dans la rue, cinq ont entendu cette phrase, deux l’attribuent à Proust.

Pourtant, avouons-le, ces huit mots n’ont rien de particulier. On a beau les lire et les relire, les déclamer, les chuchoter, il ne s’agit jamais rien d’autre qu’une formulation sans charisme. Pourquoi cette phrase demeure-t-elle alors l’une des plus fameuses de notre littérature ?

Certains voient en ce « longtemps » un côté hypnotique prenant d’emblée le lecteur par la main pour le renvoyer à son propre « longtemps », son propre passé.

Mais on constate le même effet avec Albert Camus et son Étranger : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Une phrase à rebond. Une première phrase à deux étages avec un vrai point au milieu. La première phrase enferme le récit dans un événement donné, singulier sur lequel l’auteur s’expliquera. La deuxième s’annonce comme un électrochoc moral. Tout est dit dans ces quelques mots « peut-être », « je ne sais pas ». Et étrangement, ce sont ces mots les plus doux qui se révèlent les plus violents.

Lire plus

Que gagnent les écrivains ?

Écrivains et droits d’auteur

Quand je suis en salon du livre, on me pose souvent des questions au sujet des gains des écrivains. Je reste évasive car le milieu de l’édition est opaque et le sujet toujours sensible. D’après ce que j’en sais, même les chiffres réels de vente de livres restent flous. Mais disons-le,  il n’est pas de bon ton de parler d’argent dans le monde de l’édition.

Au cœur du système, on trouve les droits d’auteur. C’est la part du prix du livre  directement empoché par l’écrivain. En France, le contrat-type prévoit que l’auteur touche

  • 8 % de droits jusqu’à 10 000 exemplaires vendus,
  • 10 % entre 10 001 et 20 000,
  • 12 % au-delà.

Donc, pour un livre vendu 20 euros, cela représente entre 1,60 et 2,40 euros par exemplaire pour l’auteur. Pour les beaux livres et le poche, on approche des 5 %. Nous comprenons donc aisément que l’immense majorité des écrivains français ne vivent pas de leur activité d’auteur.

Des variantes existent avec des répartitions 10/12/14 % ou des seuils fixés à 5 000 et
10 000 exemplaires. Bien entendu, si vous avez eu un prix important (Goncourt, Renaudot…), l’éditeur pourra proposer de monter jusqu’à 14 ou 15 %.

Il existe encore mieux. Vladimir Nabokov percevait 17,5 % de droits d’auteur de la part de son éditeur américain McGraw-Hill dès le premier exemplaire pour son succès mondial Lolita ! En 1951, Louis-Ferdinand Céline a exigé 18 % de Gaston Gallimard sur chaque exemplaire. Mais le record va à Françoise Sagan qui aurait négocié 20 % de droits, à l’extrême fin de sa vie, avec le Groupe de la Cité. Il faut rappeler que l’auteur de Bonjour tristesse menait un sacré train de vie…

A côté de ces contrats en or, Gallimard propose parfois un taux fixe de 7 % de droits pour des premiers romans.

Écrivains et à-valoir

La puissance d’un écrivain se mesure aussi à un autre critère : le fameux à-valoir, une avance consentie par un éditeur pour un livre au moment de la signature d’un contrat. Une somme que l’auteur n’aura pas à rembourser, même en cas de mévente.

Aujourd’hui, en France, cette avance va de 800 euros pour un auteur débutant à une fourchette située entre 10 000 à 30 000 euros pour un romancier connu. L’éditrice Anne-Marie Métailié affirme qu’elle peut monter jusqu’à 2 000 euros pour un premier roman qui l’emballe et ne pas dépasser les 20 000 euros pour un auteur reconnu.
Mais il arrive que certains éditeurs, et non des moindres, refusent tout bonnement d’en verser.

Cependant, notons qu’un à-valoir faible peut aussi être profitable à l’auteur.
Pour « Le champ de personne », l’éditeur a proposé à Daniel Picouly de baisser son avance, mais d’augmenter ses droits de 1 %. Il fut inspiré d’accepter cette offre vu les centaines de milliers d’exemplaires du livre vendus, l’opération s’est révélée excellente pour lui.

Quoi qu’il en soit, un auteur ne doit jamais rembourser un à-valoir. Il est définitivement acquis sauf si l’auteur ne remet jamais son manuscrit, évidemment. Ce qui arrive parfois et se termine par un recours en justice.

Mais les droits d’auteur ne sont pas tout. Il y a aussi les clauses annexes, celles écrites en minuscule que les auteurs débutants ne lisent jamais et que les éditeurs et auteurs aguerris tentent de faire pencher en leur faveur. Par exemple, les éventuels droits d’adaptation au cinéma. Traditionnellement partagés à 50/50, il arrive qu’un auteur, surtout s’il a déjà été porté au grand écran, obtienne une répartition plus favorable du type 60/40.

Il en va de même pour les droits sur les traductions à l’étranger : certains auteurs se réservent aussi contractuellement l’intégralité des droits pour un pays étranger, où ils sont bien introduits.

Enfin, les auteurs les plus médiatiques peuvent jouir d’une « clause de publicité » qui fixe par écrit un budget minimum, destiné à financer des messages à la radio ou de l’affichage dans les gares. Cela peut monter à 30 000 euros. Certes la démarche flatte l’égo de l’auteur mais il faut savoir que souvent, les sommes se calculent sur les tarifs publicitaires officiels, or les gros annonceurs négocient systématiquement des rabais considérables auprès radios.

Lire plus